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*Dans une nouvelle Collection, "Les Coléoptères du Nouveau Monde", vient de paraître RUTELINI 1,  Révision des "PELIDNOTINA 1" et des "LASIOCALINA" , avec les genres Strigidia, Chalcoplethis, Sorocha n. gen., Chalcoplethis, ...; bel ouvrage de 176 p, entièrement en couleurs, avec photos de toutes les espèces et de presque tous les types ! Au prix de 75 euros + le port (Veuillez me passer directement commande...).

et RUTELINI 2, Révision des "PELIDNOTA 2", avec les genres Mecopelidnota, Heteropelidnota,  ... , une cinquantaine de pages, au prix de 30 euros + le port

Chez Hillside Books, les 26,1; 26,2; 26,3; 26 et 29 sont toujours disponibles !

 

HISTOIRES NATURELLES

"Il y a quelque chose de merveilleusement doux dans cette étude de la Nature qui attache un nom à tous les êtres, une pensée à tous les noms, une affection et des souvenirs à toutes les pensées et l'homme qui n'a pas pénétré dans la grâce de ces mystères a peut-être manqué d'un sens pour goûter la Vie ."

Charles Nodier.


Il y a quelques années, je rendais visite à mon ami entomologiste et grand chasseur d'insectes, Michel Ferrand, alors instituteur dans un village de Guyane près de Maripasoula.
Nous partions chaque jour poser différents pièges dans une des toutes dernières forêts primaires de la planète, aux environs de Wakapou. Il s'agissait de capturer des insectes essentiellement coprophages.
L'année précédente, lors d'une expédition aux îles Célèbes, je voyageais sous la canopée avec un troupeau de babiroussas, ce qui me permettait d'avoir en permanence des excréments frais pour alimenter mes pièges.
Cependant, en Guyane, mon ami Michel avait dû organiser une collecte journalière de matière fécale auprès des villages indiens environnants. Les métropolitains de la station météo s'étaient également portés volontaires pour déféquer dans des petits pots.
Nous disposions ainsi d'une grande quantité d'appâts pour nos chasses.

Comme chaque matin, à deux sur la moto de Michel, nous étions lancés à vive allure sur la grande piste de latérite. A l'arrière de la moto, chargé d'un lourd sac à dos rempli de petits pots, je me suis tout à coup assoupi à cause de la fatigue accumulée et d'un accès de dengue. Comme je basculai en arrière, mes deux bottes sont venues frapper Michel en plein sous les aisselles et la moto s'est cabrée.
Après une "roue arrière" tout à fait prodigieuse, digne d'un Grand Prix, nous nous sommes vautrés pêle-mêle dans le fossé. N'étant pas nous-mêmes particulièrement coprophages nous avons gardé de cet incident un souvenir mémorable.

Marc Soula


"Ce coléoptère a un vol très puissant et j'en ai su quelque chose un jour où je chassais à la lumière; j'ai été presque étourdi comme par un coup de poing en plein front; c'était un gros Megasoma acteon mâle qui, attiré par la lumière, était venu se jeter sur mon visage. J'en ai eu une grosse bosse pendant quelques jours. C'est le seul exemplaire que j'ai capturé personnellement. J'en ai bien eu une série de mâles et de femelles, mais qui m'ont été apportés par des forçats-bûcherons."

(Tiré de l'excellent "Mes chasses aux papillons" du grand Le Moult).


Une rencontre sympa :

"Samedi 21 Octobre 1989 -11h00- Je pars en forêt en compagnie d'un chien errant (appartenant sans doute à quelque ouvrier du chantier - du barrage de Petit Saut, sur la Sinnamary; Guyane française -); l'animal me colle aux basques, attentif et déjà fidèle; je suis posé sur une souche, près de la rivière, Médor à mes pieds, lorsqu'une intense vibration envahit l'air humide - trop fort pour un bourdon, pas assez pour un hélicoptère - ; à un mètre juste au dessus de mon sac, un colibri intrigué m'offre son vol stationnaire (j'ai entendu dire que les colibris sont attirés par le rose; c'est exact !); ses ailes à une vitesse telle qu'on ne les voit pas; il hésite encore un instant puis disparaît entre les arbres; plus tard, mon copain canin se levant d'un bond, hume l'air avec frénésie, tournant en tous sens autour de moi, l'oreille dressée et l'œil inquiet; "mais que…?" (me dis-je) lorsque, brusquement, je suis suffoqué par une terrible odeur de ménagerie : l'odeur puissante des fauves du Zoo de Vincennes (odeur - fauve - Amazonie = jaguar !); Médor est déjà à vingt mètres, sur le chemin du retour; je remballe en vrac mes outils et file sur sa trace en 5 secondes chrono, sans demander mon reste; je cours ainsi, l'air ridicule, mon aquarelle entamée dégoulinant au bout de mes doigts, jusqu'au camp où le chien disparaît comme il était venu."

(Du remarquable "La Croisière Verte - Mission Radeau des Cimes" de TRIPP)


Safari dans la bouse :

"Lorsque les petits bergers berbères m'ont vu, dans la campagne proche de Rabat, couché à plat ventre, en train d'observer les scarabées sacrés qui roulaient leur boule de crottin, leur opinion sur mon compte a été plutôt péjorative:
- Tu vois, le chrétien, il mange de la merde…
(…). La même chose m'est arrivée dans nos prairies normandes. Toujours à plat ventre mais cette fois devant une bouse de vache énorme, juteuse, à l'endroit exact où elle attire les scarabées coprophages qui m'intéressaient à ce moment là. Mes scarabées se trouvaient bien au rendez-vous et je tentais de les déloger en touillant la matière avec une paire de pinces. Survint un vieil indigène qui se montra poliment surpris de voir un monsieur d'un certain age dans cette posture pour le moins surprenante. Il me demanda ce que je fabriquais et quand je lui appris que j'étais professeur et donc payé par l'Etat pour remuer la bouse, il eut du mal à contenir son indignation et déplora que les impôts servent à ce genre d'exercice."

(De "Une étrange Passion - Une vie pour les Insectes" de l'illustre Rémy Chauvin).


Digression entomologique:

"Un matin où je grimpais dans la canopée (méthode "spéléo"…), au Pérou, ma corde se détacha et je tombais brusquement de quelques centimètres en tournoyant sur place. De la terre et des brindilles me tombèrent dans les yeux, m'aveuglant. J'avais les mains encombrées de matériel et, pour me stabiliser, je saisis avec les jambes une haute branche sur le côté - j'écrasais alors, bien malgré moi, un jardin d'épiphytes qui recouvrait une fourmilière protégée. Les ouvrières se glissèrent le long de mes jambes et se jetèrent sur moi telles des kamikazes - Camponotus femoratus - réussis-je à penser tandis qu'elles m'entaillaient la peau de leurs mandibules et déversaient de l'acide formique dans mes écorchures; dure entrée en matière pour mon premier contact avec un jardin de fourmis !"
"(…). Je suis surpris de voir combien de personnes (y compris celles qui manifestent une passion pour les scarabées) ne voient pas en eux des êtres vivants mais des objets d'art à épingler dans une boîte sans y penser. L'opinion de ces aficionados pourrait changer s'ils rencontraient un Goliath géant d'Afrique ou un Hercule d'Amérique; certains de ces géants sont aussi gros que des oiseaux-chanteurs. Leur vol vous casse les oreilles comme celui d'un avion à réaction. Ils s'adaptent superbement à la canopée et déguerpissent dans les arbres sur de longues pattes. Lorsqu'on les attrape, ils s'agrippent obstinément. Il faut parfois se mettre à deux pour détacher du bras d'un troisième les six pattes à double pince d'un Hercule.
J'ai capturé un mâle de cette famille de Coléoptères lors de mon premier voyage sous les tropiques, à l'age de dix-sept ans. Il avalait chaque jour un gros morceau de banane et m'empêchait de dormir, la nuit, par sa bruyante respiration. Il ne ratait pas une occasion de me montrer qu'il était vivant ! "

(De l'excellent "Le Monde des Cimes - Exploration de la canopée tropicale" de Mark Moffett)


Folles sont mes pensées envers toi, et brûlant mon désir de te serrer dans ma main, avec une soif de plaisir incontrôlable pour ce que tu m'as fait. La nuit était chaude et calme, et j'étais dans mon lit quand, subrepticement, tu t'es approché. Tu as frôlé mon corps nu avec ton corps, sans la moindre pudeur. Remarquant mon apparente indifférence, tu t'es pressé contre moi et tu m'as mordu sans scrupule jusqu'à mes plus intimes recoins. Je me suis endormi. Quand je me suis réveillé, je t'ai cherché avec une ardente avidité, mais en vain. Tu avais laissé sur mon corps et dans les draps des preuves irréfutables de ce qui s'était passé entre nous cette nuit-là.
Cette nuit, je me coucherai plut tôt pour t'attendre dans ce même lit. Quand tu arriveras, je veux t'étreindre avec fougue et impatience. Je veux te serrer avec toute la force de mes mains. Il n'y aura pas un millimètre de ton corps que mes doigts ne toucheront pas. Je n'aurai de répit que lorsque je verrai le sang chaud couler de ton corps. Ce n'est que comme cela que je t'éclaterai la gueule !!! Saloperie de moustique !!!

(C'est un peu "lourd", j'en conviens… ).


"Même des recherches ne portant que sur des groupes bien déterminés de végétaux ou d'animaux ont apporté de précieuses informations. Ce ne sont parfois que les pièces d'un puzzle au niveau de l'ensemble des êtres vivants. Mais peu à peu, chacun se met à sa vraie place dans un schéma général. La Systématique a certes un rôle immédiat en qualifiant un être comme un mot le fait d'un objet. Elle a surtout pour but de reconstituer la phylogenèse et l'ordre des parentés tel qui résulte de l'évolution.
La Systématique a même des applications pratiques. Des espèces très voisines, que ne peuvent distinguer que des spécialistes avertis, ont parfois des rôles bien différents dans les écosystèmes, mais aussi comme réservoirs ou vecteurs spécifiques de germes pathogènes ou de parasites, comme ravageurs des cultures.
(…).La Systématique conserve ainsi une place éminente. Ceux qui la pratiquent ne sont pas de simples collectionneurs réfugiés derrière des boîtes encombrées de cadavres piqués sur des épingles.
Une collection d'histoire naturelle n'est pas une collection de timbres-poste (mon propos n'est en rien péjoratif, car je suis moi-même philatéliste). En dépit de ses détracteurs, la Systématique restera jusqu'à la fin des temps une des disciplines fondamentales de la Biologie."

(De "Et si on parlait un peu de la Vie" de l'éminent Jean Dorst, ancien Directeur du MNHN).


UN INDUSTRIEL ALLEMAND CONSACRE SA VIE A EPINGLER DEUX MILLIONS DE COLEOPTERES. UNE FABULEUSE COLLECTION QUE SE DISPUTENT BALE ET MUNICH :

 "Un coléoptère est mille fois plus sympathique qu'une mouche" plaide Michel Brancucci, chef du Département d'Entomologie au Muséum de Bâle, ardent supporter de la Collection Frey ("l'Empereur" du Loden). Intarissable sur les Coléoptères, il souligne leur intérêt scientifique : ils sont remarquables par la diversité des espèces qu'ils regroupent (400 000 pour l'instant…) et par l'habileté avec laquelle, ils ont su s'adapter à toutes sortes de milieux naturels.
Frey a fait mieux que les autres amateurs. Avec plus de deux millions d'insectes épinglés, il a constitué la plus grosse collection privée. Sa passion l'a pris dès le collège et sa veuve raconte que ses premières boîtes emplissaient les armoires conjugales. A 26 ans, il s'est voué presque entièrement aux insectes, rachetant pas moins de 42 collections, partant autour du monde armé d'un "parapluie japonais" qui sert à recueillir les insectes perchés sur des branches; Barbara, sa femme, l'accompagnait souvent dans ses voyages et se souvient qu'il faisait sécher ses proies dans les tiroirs des chambres de palace, aux grand dam des femmes de ménage. Frey avait d'ailleurs établi un classement bien particulier des palaces de par le monde. Méritaient cinq étoiles ceux dont l'éclairage extérieur attirait les coléoptères. Un critère qui, après tout, en vaut bien un autre.
Lorsque la maison familiale de Tuzzing, en Bavière, a été trop envahie, Frey a fait construire au beau milieu de la propriété un musée pour abriter les 6500 cadres contenant les chères bestioles. Il a dû engager des savants pour l'aider à déterminer et à classer les spécimens. Totalement autodidacte en la matière, il a reçu de l'Université de Munich le titre de docteur honoris causa. Il était en correspondance avec les entomologistes du monde entier et les spécialistes se pressaient dans son musée qui renfermait 20 000 "types", les individus qui permettent de définir une espèce.

(Tiré d'un article de "l'Hebdo" du 12 Novembre 1987)


Conflit germano-suisse :

"Bâle hérite de 3 millions de scarabées". Les Bâlois bourdonnent : après dix années de querelles juridiques, le Musée d'Histoire Naturelle de Bâle s'enrichit de la plus grande collection privée de coléoptères (du moment...).
Une précieuse cargaison a franchi, vendredi matin (24 octobre 1997...), la frontière germano-suisse à Bâle à bord de trois camions. Il s'agit de la collection privée de Georg Frey, un millionnaire bavarois, qui au terme d'un feuilleton juridique de 10 ans est devenue la propriété de ce musée.
fabricant de lodens à Munich, G. Frey a voué un véritable culte aux coléoptères. durant 50 ans, il collectionne toutes les petites bêtes à six pattes portant une carapace qui lui tombent sous la main, se livrant, ainsi, à un travail de fourmi (ndlr : il n'a pas seulement "bêtement" collectionné, mais aussi beaucoup travaillé sur ses bêtes et décrit de nombreuses espèces nouvelles...). Pour assouvir sa passion, il finance 40 expéditions, des Andes aux steppes de l'Asie en passant par l'Himalaya. Et pour compléter son impressionnante galerie, il rachète 65 collections privées pour faire de la sienne la plus grande du monde.
A sa mort, en 1976, la collections soigneusement répertoriée par G. Frey est rangée dans le grenier de sa villa à Tutzing. Dix ans plus tard, Michel Brancussi, le responsable du service d'Entomologie du Muséum de Bâle, la tire de l'oubli en demandant à Barbara Frey, la veuve du collectionneur, de lui faire une offre de vente. La collection est estimée à 2,3 millions de DM (7,7 millions de francs).
Pour rassembler les fons nécessaires, M. Brancussi crée l'association "Käfer für Basel" (scarabées pour Bâle) qui fait appel aux mécènes et à la générosité des Bälois [ ... ].
La vente de la Collection Frey échoue car le Muséum de Munich la fait inscrire sur la liste des "biens culturels allemands", empêchant ainsi un départ en Suisse. L'association bâloise porte plainte. En vain.
Touchée par l'enthousiasme de ces Bâlois pour ses "Käfer", Barbara Frey décide de braver les autorité allemandes : elle conclut, en 1987, un contrat de location sur 30 ans avec l'Association bâloise dont elle fait l'héritière de la collection. A sa mort, en 1992, le "bien culturel allemand" est transféré de Tutzing au Muséum de Munich.
Les "héritiers bâlois" réclament leur bien. Un tribunal de Munich confirme, en 1994, la validité du testament. Mais la bataille juridique se poursuit. Finalement, le jugement est définitivement confirmé en mai 1995 par la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, l'instance suprême de la justice allemande. La collection, déclarée propriété légale de l'Association "Käfer für Basel", demeure cependant "bien culturel allemand" et reste de ce fait bloquée en Allemagne. [ ...].
En attendant l'autorisation spéciale de sortie du ministère fédéral de l'intérieur, les 3 millions de scarabées sont entreposés, en juillet 95, au grenier du Museum am Lindenplatz de Weil-am-Rhein, la banlieue allemande de Bâle. Bonn a finalement délivré l'autorisation de sortie, le 1er octobre dernier, en se référant à "la bonne réputation de Bâle".

("Le pays" du dimanche 26 octobre 1997)


 Les bizarreries de la Nomenclature :

"Et, feuilletant les Faunes, l'on tombe de temps en temps sur un scutellohumeroconjunctobasimaculata ou sur un nigrohumeraliscutellohumeroconjuncta qui témoignent d'une volonté d'accorder à tout prix aux désignations une forte valeur sémantique. Ces noms ne sont dépassés en longueur que de trois ou quatre lettres par la caricature qu'en donne Isidore de Gosse dans un pamphlet : tel naturaliste est censé rebaptisé la carotte Micromacroglucoxanthoerythroleucorhyzos pour la raison que ce légume est petit ou gros, jaune ou rouge, et sucré : avec un tel nom, "pas moyen de ne pas le reconnaître !".

(Emprunté à "Des animaux et des Hommes" de notre grand ami Yves Delaporte)

Le plus long taxon connu est Brachyta interrogationis interrogationis var. nigrohumeralisscutellohumeroconjuncta Plavilstshikov, 1936.
On rencontre aussi :
cancelloidokytodermogammarus (Loveninsuskytodermogammarus) loveni Dybowski
Leonardo davincii Bleszynski
La cucaracha Bleszynski
La paloma Bleszynski
Aha ha Menke, 1977
Agra vation Erwin, 1983
et du même Brachinus aabaaba
Ytu brutus Spangler, 1980
Colon rectum Hatch
Cartwrightia cartwrighti Cartwright, on est jamais aussi bien servi que par soi-même !
Panama canalia Marsh
Chaos chaos Linné, 1758
Zyyyzzyx Pate
Zyzzyxdonta Solem
Zyzzuva Casey
Ababa Casey
Mamma Moersch
Papa
Reichenbach
Paratype
Felder
Cannabis 
Blyth
Les  blancbonneti et bonnetblanci Rigout de notre cher éditeur,
et aussi :
Discodon petaini
Cryptocephalus petaini
Cryptocephalus lavali
Lema darlani ...

et les célèbres Anophtalmus hitleri Schreibel  et Rôchlingia hitleri Gûthorl !


Art (de la promotion) et insectes :

Pour l’éternité Roy Orbison (1936-1988) survit dans Orectochilus orbisonorum (Col. Gyrinidé). C’est Quentin Wheeler – directeur de l’International Institute for Species Exploration (université de l’Arizona, États-Unis) - qui a nommé ce gyrin indien en l’honneur du “plus grand chanteur du monde” (dixit Elvis Presley). Pour sa production lexicale, Q. Wheeler est bien connu, y compris de nos services : je l’ai épinglé en 2005 pour avoir créé, pour 3 silphes nouveaux pour la science, les noms d’espèce bushi, cheneyi, rumsfeldi. L’annonce a été faite lors d’un concert commémoratif, le 25 janvier 2008 ;  Q. Wheeler y a en outre présenté Whirligig, infographie signée Charles J. Kazilek, « œuvre d’art entre Warhol et Darwin ».
 


Grand-Croix de l’ordre des Coléoptères :

De nombreux insectes portent une croix, les Coléoptères en général sur leurs élytres et pas mal d’entre eux ont été nommés d’après cet ornement. Passons sur les crucifera, crucigera, crucicollis, cruciatus, crucialis… où se reconnaît le radical crux, croix en latin, pour pointer les purs, ceux qui s’appellent crux. 
Parmi les exemples de Coléoptères crucifères, vient évidemment en premier Cryptocephalus crux crux (Chrysomelidé), d’un très vaste genre de traîne-logette. Sans vouloir (ni pouvoir) dresser une liste complète, voici, choisis dans les meilleures familles quelques croisés : le Curculionidé Curculio crux, le Brentidé Higonius crux, le Cérambycidé Pedestredorcadion crux, le Coccinellidé Verania crux. Croix noire, croix jaune : Deuterocampta crux nigra, Ctenochira crux-flava (Chrysomélidés). Petite croix : le Carabidé Lebia cruxminor, connu pour ses particularités – imaginal, il est floricole et pollinivore ; larvaire, il subit une hypermétamorphose à l’instar des Méloïdés.
Mais c’est un Panagée (Carabidé Harpaliné) qui porte une grande croix : Panagaeus cruxmajor (alias crux-major, alias crux major) ; pourtant, sa croix est plus ou moins évidente selon les spécimens. C’est une espèce peu commune, protégée en Ile-de-France, qu’on peut rencontrer au printemps et à l’automne sous les pierres dans les prés humides, près des rivières. En Grande-Bretagne, où il se nomme crucifix groundbeetle, il était autrefois très commun. On a bien failli mettre une croix dessus, jusqu’à un petit miracle : sa redécouverte toute récente à Wicken Fen, une réserve de nature au Cambridgeshire – où il n’avait pas été vu depuis 1951.


LA CANTHARIDE :

"Le coléoptère le plus utilisé en médecine, jusqu'à une date récente, est la cantharide ou "Mouche de Milan" qui était naguère le type des coléoptères vésicants :
"Ces insectes jouissent d'une faculté particulière, celle de produire sur la peau la formation de vésicules remplies de liquide séreux. La science médicale utilise souvent avec bonheur cette vertu inflammatoire et attractive pour rétablir notre santé altérée." (Mulsant)
Mais elle passait aussi pour un puissant aphrodisiaque. Les "dragées d'Hercule" et autres préparations, contenant de petites quantités de poudre de cantharides mêlée à du chocolat ou du sucre, étaient absorbées par les hommes qui voulaient renforcer leur virilité :
"L'ingestion de cette poudre détermine des émissions d'urines sanglantes et une grande irritation des organes génitaux, avec priapisme opiniâtre et souvent délire vénérien insatiable ! Aussi cette poudre est fréquemment entrée dans des préparations, comme pastilles, opiats..., destinées à assouvrir la lubricité."
Quoi qu'il en soit, sa réputation d'aphrodisiaque est surfaite et dangereuse. Son action principale est d'irriter l'urètre, ce qui peut en effet provoquer une forte érection et un gonflement du gland, par une excitation réflexe dont le point de départ se trouve dans les muqueuses urinaires enflammées.(....). Parfois, si la dose absorbée est trop forte, des accidents mortels peuvent se produire. Ces phénomènes sont provoqués par un alcaloïde très puissant, la cantharidine, dont 50 à 100mg suffisent à provoquer la mort par un choc hémorragique."

(D'après l'excellent et très documenté "Le Scarabée et les Dieux" de notre collègue et ami Yves Cambefort).


La passion peut sauver :

"Incarcéré sous le Directoire et compris dans un groupe de condamnés à la déportation en Guyane, celui qui allait devenir "le Prince des Entomologistes", Latreille, trompait son ennui en étudiant un petit coléoptère bleuté qui lui était inconnu et qui vivait en abondance dans les locaux pénitentiaires où il consommait les asticots multipliés par une hygiène lamentable. Cette attention apportée à un chétif insecte, dans ces conditions, frappa l'un des geôliers qui s'en ouvrit à des personnalités bordelaises importantes. Celles-ci s'émurent et obtinrent la libération de Latreille, au moment où ses compagnons de captivité s'embarquaient pour un voyage vers les Amériques qui se termina quelque part dans l'Atlantique. Revenu à ses études, Latreille reconnut le rôle de l'Insecte en le baptisant Necrobia - la Vie dans la Mort."

(Du très intéressant "Les Coléoptères à la conquête de la Terre" de l'éminent Renaud Paulian - chez BOUBEE).


Miam-miam :

"Les civilisations au stade de la cueillette ont certainement toutes fait une large place à la consommation de larves et d'adultes de Coléoptères : Scarabéides, Lucanides, Cérambycides, Buprestides et Curculionides ont ainsi contribué à nourrir les hommes un peu partout; au Mexique et à Madagascar, des coléoptères aquatiques sont aussi consommés.
Une grosse larve de Scarabéide représente une aubaine intéressante, et dans beaucoup de populations tropicales et rurales, les enfants complètent leur alimentation par la capture de telles proies. Outre leur valeur énergétique, non négligeable, les larves de coléoptères ont une teneur élevée en vitamines, dont l'importance est grande pour les peuples tropicaux.
Cet usage diffus est très généralement attesté, mais il y a peu de coléoptères qui soient l'objet d'une exploitation systématique accompagnée d'une commercialisation, comme cela se produit pour…"

(Voir le très bon livre cité précédemment).


Une charmante anecdote pour les amoureux de l'Amazone (dont je fais partie…!) :

"- Nao fassa isso !… la pression est tombée, accoste !…
Les machines s'immobilisèrent. Entraînés par le courant violent, nous reculions sous les acclamations délirantes de ce public bariolé (ndlr : Arrayal da Conceicao), heureux d'assister à une réjouissance aussi rare.
Notre lancha pour BelemQuelques caïmans dormaient, les mandibules en angle droit, sur un banc de sable chaud de la rive opposée. Pris de panique par l'arrivée inopportune de l'arrière du navire, ils cherchèrent un refuge au fond de la rivière.
Le gouvernail creusa un profond sillon dans ce sable d'or, et sa tôle, formant charnière, se tordit comme une mince feuille de papier, pendant que l'avant tournait dans le sens du courant.
En travers du fleuve (ndlr : l'Iça), le bateau dérivait lentement et les échos atténués de la population en liesse nous apportaient encore des : Bravo ! Antonio !
Une demi-heure après, par une marche en crabe grâce au gouvernail faussé, nous abordions enfin.
Noble et digne, l'homme de barre hurla dans le porte-voix de la machine, l'ultime manœuvre :
- Stop !…
A l'avant, le cuisinier, devenu maître de manœuvre, lança à une main bienveillante un filin trop court qui retomba à l'eau.
Le capitaine Antonio en avait vu d'autres depuis qu'il commandait le Marquez-de-Chavez. Sans se démonter, il lança ce nouveau commandement :
- Un peu plus vite que stop !…"

(De "5000 km EN AMAZONIE", par Roger Courteville, chez Flammarion).


Beuuuuh ... :

"La peau du serpent, d'un bon mètre de largeur, fascine mon attention. Je cherche à me représenter l'importance du monstre de son vivant. N'ai-je pas déjà lu, dans une revue de Rio, qu'un fazendeiro de l'Etat de Céara, parti à cheval de sa ferme, fut attaqué dans un bois par l'un de ces reptiles enroulé à un arbre ?
Le cheval, pris de peur, désarçonna le malheureux cavalier déjà entouré par les anneaux. Son personnel tua la bête quelques jours plus tard. Au milieu de la bouillie sanglante contenue dans l'estomac, on retrouva bottes et éperons avec 30 contos de reis que le défunt avait enfermés dans une blague en caoutchouc.
Intuition ou divination; le latex est le seul produit résistant à l'action destructrice de la paroi stomacale…"

(Du même "5000 km EN AMAZONIE", par Roger Courteville, chez Flammarion).


"Scarabiasis" ou "canthariasis" :

"On a signalé plusieurs cas où des coléoptères, ayant pénétré dans les orifices du corps humain, avaient produit divers dommages. Un exemple célèbre et dramatique est celui du capitaine Speke, le célèbre explorateur de l'Afrique Orientale qui découvrit le lac Victoria : un "scarabée" ayant pénétré dans son oreille avait failli le rendre fou de douleur; les blessures qu'il s'était faites avec un canif pour tenter de l'extraire mirent plusieurs mois à guérir. On connaît aussi plusieurs cas de pénétrations dans le nez...
Mais le plus souvent, c'est par l'anus ou le vagin qu'a lieu la pénétration. La médecine légale connaît ces phénomènes sous le nom de "scarabiasis" lorsque le coléoptère en cause est un scarabéide (Onthophagus ou Caccobius) ou de "canthariasis" lorsqu'il appartient à un autre groupe (Tenebrio, Blaps, etc).
De nos jours, scarabiasis ou canthariasis n'ont été signalés que rarement sur des personnes vivantes, en particulier en Inde et à Ceylan. Ils étaient sans doute beaucoup plus fréquents autrefois, quand une hygiène défectueuse les favorisait : Au XVII siécle, Aldrovandi signale "l'accouchement" d'un "scarabée" par une femme; c'était sans doute la simple expulsion d'un insecte ayant pénétré de lui-même dans l'anus ou le vagin. Vers la même époque, le médecin anglais Mouffet rapporte l'évacuation "postérieure" (downward...), par une vieille femme, d'un grand coléoptère noir tout vivant; il s'agissait probablement d'un Blaps et donc d'un cas de canthariasis..."
(D'après l'excellent et très documenté "Le Scarabée et les Dieux" de notre collègue et ami Yves Cambefort).


Il pisse des coléos :

Un indien de 13 ans a uriné...des coléoptères ! Le jeune garçon avait en effet abrité dans son corps des oeufs qui ont produit dans ses urines des insectes ailés et longs de plus d'un demi-centimètre, a déclaré un responsable de la Santé Publique de L'Etat du Bengale-Occidental; le Dr. Maity a expliqué que l'enfant se plaignait de douleurs dans la région de l'aine en urinant...

(France Soir du 18/VI/2003)


L'invasion :

Juin 1985 : la presse locale répand la nouvelle : un sinistre rampant vient perturber le monde agricole, dans les cantons sud-ouest des Deux-Sèvres; ce fléau paraît ignoré de l'antique Egypte, quand Dieu frappait la terre des Pharaons des dix plaies vengeresses et, comme il ne connaît pas de frontières administratives, il chevauche généreusement la Charente-Maritime et dévaste la forêt de Benon : ce sont les chenilles défoliatrices. Peu exigeantes sur la nourriture, elles ont dénudé les bois et les haies, et maintenant, possées par la faim, elles envahissent jardins et vergers et pénètrent même dans les maisons ! On avance des noms : Bombyx disparate (Lymantria dispar) et Processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea)[...]. Futaies, taillis et buissons semblent brûlés par un feu dévastateur; mais plus encore, c'est un bruissement insolite qui étonne l'oreille ! Le ciel est d'un bleu candide; pas un nuage, pas un souffle d'air, et pourtant, on perçoit un froissement confus der feuillage en même temps qu'un pianotement léger, discrète symphonie dans ce paysage morne et figé, comme si une ondée molle de printemps, chuintant d'une invisible nuée, heurtait d'imaginaires frondaisons; serait-ce l'esprit de l'air qui abuserait mes sens, comme dans une comédie de Shakespeare ? Mais l'analyse dissipe la féerie ! La cause, Ô combien matérielle, rampe dans la broussaille : il y a là des milliers de chenilles errantes; ensemble, elles découpent en festons, de leurs mandibules tranchantes, des restes de parenchymes, ensemble, elles fientent et de de petites crottes fermes rebondissent de brindille en brindille et tombent sur la couche de feuilles mortes ! Adieu, l'extravagant, l'imaginaire !
[...]. Les promeneurs sont invités à ne plus se rendre sur les lieux infestés et cela durant plusieurs mois; on rappelle les risques d'allergie, le danger réel d'inhalation des poils urticants, les complications possibles pulmonaires et oculaires. sages conseils ! cde fait, des exuvies diaphanes pendent en grappes serrées, accrochées à des bourses de soie; il en est par milliers, prêtes à voltiger au moindre souffle d'air [...].
Juin 1986 : [...]. Le fléau se sera déplacé vers d'autres lieux; la télévision ne vient-elle pas de diffuser des images aberrantes ? A 800 km de là, "l'Alpazur" est paralysé sur ses rails englués de cadavres; on a filmé, en gros plans, les vedettes de ce fait divers : ce sont des Processionnaires ! Pour dégager la voie montante, les cheminots ont usé du balai : ils n'y ont gagné qu'éruptions allergiques; et le feu et les insecticides eux-mêmes seraient inefficaces tant l'armée ennemie est nombreuse et sans cesse renouvelée. Tant pis ! Au siècle du TGV, on roulera au pas !

(Ces charmantes lignes sont de notre collègue Louis Cloux, dans le Bulletin "Sciences Nat n°54)


Les différents types d'entomologistes :

Voici un beau texte de 1842 qui ne manque pas d'humour et dans lequel nombre d'entre nous se reconnaîtront encore aujourd'hui (emprunté au dernier excellent bulletin de l'ACOREP) :
"Et d'abord, qu'est ce qu'un entomologiste ? la définition n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire, car chez ces êtres, comme dans leurs collections, il y a une foule de variétés :
Il a l'entomologiste collectionneur , dont la vocation n'est point spéciale, et qui ne fait qu'obéir au développement particulier de son crâne, qui l'a voué dès sa naissance à la manie des collections. Il ramasse et amasse des insectes comme il ramasserait des plantes, des coquilles , des médailles, des bouquins et souvent en effet il cumule tous ces goûts. Réunir le plus possible d'objets soigneusement rangés et étiquetés, pouvoir se vanter de posséder seul tel Carabus ou tel Elvézir, tel est son suprême bonheur. Du reste, il use peu ou point de ses propriétés une fois acquises; chaque objet a sa place dans son casier et dans sa mémoire, mais il ne sort pas plus de l'un que de l'autre.
Il y a l'entomologiste commerçant, qui reporte sur la Science une vocation pour le négoce qui n'a pu s'exercer autrement. Celui-là ne rêve qu'échanges, correspondances, comptes ouverts, ventes et achats. Ce qui n'est pour le premier qu'un moyen de se procurer les objets qui lui manquent devient pour lui le but principal. Tombe -t-il sur une espèce recherchée, il en remplit ses boîtes, son chapeau, ses poches. Il cote la valeur de chaque bestiole et consent à rabattre quelques centimes s'il manque une patte ou une antenne; du reste, il déploie dans l'exercice de ses goûts une activité, une adresse, un arsenal de ruses et d'éloquence commerciales, qui l'auraient mené loin dans une autre partie !
Pour l'entomologiste voyageur, les insectes ne semblent qu'une occasion de courir le monde; son imagination ardente lui représente sans cesse des forêts obscurcies par le vol des lépidoptères ou de prairies dont chaque brin d'herbe est chargé d'un coléoptère. L'expérience ne le guérit point et, s'il a parcouru 4 parties du monde, c'est dans la cinquième qu'il placera cet impossible Eldorado. C'est du reste un héros pour le courage et la persévérance; les dangers ne sont rien pour lui et partout où surgit un Cook, un Laplace ou un d'Urville, il ne manque jamais à l'appel.
Son opposé est l'entomologiste observateur, qui sort peu de son jardin, où il passe sa vie à suivre les manœuvres du nécrophore ou les pérégrinations de la fourmi. Celui-là lit peu ou point de livres et, les faits les plus connus étant nouveaux pour lui, le nombre de ses jouissances défie les plus étroites limites. Aussi ce goût d'observation se rencontre-t-il souvent dans les hommes les plus illettrés, chez lesquels il témoigne d'une franche admiration pour les beautés naturelles.
L'entomologiste classificateur est tout différent. Il vit au milieu des livres et accepte généralement comme prouvé tous les faits qui y sont consignés ou plutôt il s'en inquiète peu. Un coléoptère a-t-il 4 ou 5 articles aux tarses, voilà pour lui la question capitale. Il écrira des volumes pour prouver que tel qui paraît avoir 4 segments en a en réalité 5; seulement ce cinquième n'est pas visible, voilà tout ! Il ne se soucie que médiocrement des affinités des espèces entre elles et de la conformité de mœurs ou d'habitudes par laquelle la Nature semble avoir voulu les rapprocher; pour lui, la Vie même est une faculté accessoire : il n'étudie que des cadavres !
Enfin, il y a l'entomologiste amateur, à qui le ciel n'a départi qu'une seule étincelle du feu sacré. Il ne recueille que les insectes les plus brillants, ne se tourmente nullement pour trouver leurs noms et leurs genres et emploie tout son temps et tous ses soins à les disposer, avec la symétrie d'un maître d'hôtel, dans des cadres élégamment dorés qu'il append dans sa chambre à coucher, au-dessus du piano ou de la couseuse."

("Les Entomologistes peints par eux-mêmes", d'Achille Guenée, 1842)


UNE PARTIE DE PÊCHE DANS L'ACRE :

"Dans un méandre, nous rencontrons une pirogue arrêtée avec trois hommes pêchant à l'épervier. D'un geste élégant, ils lancent leur filet qui s'arrondit dans l'eau comme un parachute. Ils ressemblent assez au joueur de banjo du film "Délivrance" ! Au deuxième coup de filet, le plus hideux des trois remonte une longue anguille, et dans le même temps, un autre dépose une grosse carpe blanche au fond du bateau.
Les hommes s'amusent à nous prêter un filet. Arthur essaye le premier mais il ne prend qu'une multitude de poissons-chats aux piquants venimeux et des petits piranhas aux dents pointues. Les hommes s'empressent de leur couper la tête, les nageoires et les piquants. Caddy est encore moins chanceux et, maladroitement accroche le filet au fond de l'eau. Les hommes qui nous ont dissuadés de nous baigner parce qu'ils savent bien que leur rivière est infestée de piranhas et de crocodiles, n'hésitent pas à plonger pour aller décrocher le filet.
Quant à mes propres expériences de pêcheuse, elles sont plutôt grotesques : j'attache l'extrémité de la ficelle à mon poignée gauche comme on me l'a montré, je prends dans ma main gauche le haut du filet, dans ma droite le bas et, dans mes dents le milieu. Le filet doit s'arrondir à la surface de l'eau. Je lance de toutes mes forces et… vlan. Mais j'oublie de desserrer les dents et, entraînée par mon élan, je pique du nez dans la gueule des piranhas, en faisant chavirer la pirogue. Nous en sommes tous quitte pour un bon bain et les poissons ont rejoint leur élément naturel.
- "Forte, molto forte, natoure", s'exclament ces hommes qui ne m'en veulent pas du tout et rient en exhibant leurs gencives édentées.
- C'est une chance que vous ayez eu des dents naturelles, reprend Arthur, sinon votre râtelier serait parti dans la rivière !
Les hommes reprennent donc leur filet et, au bout de quelques minutes, la pirogue déborde de gros poissons. Ils nous conduisent dans leur cahute où leurs femmes nous préparent un déjeuner succulent. Que cela fait du bien de savourer du poisson frais aromatisé aux tiges d'oignons; enfin un plat délectable ! Je suis affamé et je dévore presque autant que Caddy et Arthur dont les appétits m'ont toujours étonnée. Bien qu'habitant dans la plus primitive des cahutes, et malgré leurs mines de spectres, ces gens ne sont pas du tout sauvages ou hostiles aux visiteurs. Les femmes nous parlent avec beaucoup de gentillesse et de curiosité. Le fait que nous soyons de tout jeunes mariés en pleine lune de miel les amusent beaucoup et elles nous souhaitent beaucoup, beaucoup d'enfants."

(Du très sympathique et rafraîchissant "L'équipée amazonienne" d'Evelyne Coquet, chez Robert Laffont).


Les insectes lumineux :

Ver luisant par dominikfoto"Les lampyres mâles et femelles se reconnaissent entre eux et signalent qu'ils sont prêts pour l'accouplement, moins par la luminosité (les mâles peuvent même être attirés par des éclairs lumineux artificiels) que par la durée des intervalles entre chaque éclair. Pour l'un des deux sexes, ces signaux sont normalement courts et se succèdent très rapidement, jusqu'à 8 éclairs par seconde; chez le partenaire au contraire, ils sont isolés et prolongés. Chez quelques espèces, l'émission de lumière est au contraire très lente : un mâle brillera seulement toutes les 5 ou 6 secondes et la femelle répondra 2 secondes plus tard. De plus, l'intensité lumineuse est variable selon les taxons.
Sous les Tropiques, certaines espèces s'assemblent chaque nuit sur des arbres particuliers; alors des milliers de mâles et de femelles vont et viennent d'une branche à l'autre, faisant clignoter leurs lumières tout en se déplaçant, tandis que de nouveaux arrivants viennent en volant se mêler au ballet. L'arbre est transformé en une scintillante pyramide d'étincelles et est entouré d'un nébuleux halo; même les grosses pluies n'ont pas d'action sur l'activité de ces insectes.
Un des plus stupéfiants phénomènes offerts par certains de ces Lampyres tropicaux est également présenté quand les mâles s'envolent par milliers des herbes et des broussailles pour se rassembler sur les arbres, émettant de la lumière à perte de vue; cet étrange comportement n'est pas sans rappeler celui des mâles de certains "oiseaux du Paradis" qui s'assemblent en nombre sur un arbre isolé où ils se livrent à leur somptueuse parade nuptiale. Les lampyres s'illuminent en même temps, éclair après éclair, en complet synchronisme, comme si, contrôlés par un alternateur, les formes des arbres se découpaient momentanément dans l'obscure nuit tropicale.

En plus des Lampyrides, les larves et les adultes de quelques autres espèces produisent de la lumière. La plus connue est le Taupin d'Amérique tropicale du genre Pyrophorus, souvent appelée "Mouche de Feu". Ces utiles ennemis des parasites de la canne à sucre sont des insectes brunâtres de 2 à 4 cm; leur lumière, le plus souvent verte, est émise de 3 endroits : sur le dos du pronotum, un peu en avant de ses angles postérieurs aigus et, en dessous, à la base de l'abdomen; d'autres espèces ont une lumière abdominale rougeâtre et peuvent émettre en deux couleurs, comme un "feu rouge" de circulation ! La lumière émise par ces Pyrophores est la plus puissante de celle émise par les coléos. ; avec un de ces insectes dans la main, on peut lire un journal dans la nuit ! Aussi longtemps qu'il est maintenu, il continuera à émettre mais s'arrêtera dès qu'il est relâché; ce fait suggère ici que la fonction de la lumière est sans doute d'effrayer les ennemis. Les jeunes indiennes les fixent souvent à leurs cheveux ou à leurs vêtement, dans un petit sac en filet, comme une superbe décoration; de même, quand le coléo. est maintenu dans une cage, il constitue une véritable lampe vivante pour éclairer la case."

D'après le fameux "Insectes du Monde" de Walter Linsenmaïer).


Les insectes ont-ils mal ?

Ils ne crient ni ne pleurent et se plaignent encore moins. Plus sérieusement, ils n’apprennent pas à éviter ce qui blesse, ce qu’on considère comme le rôle positif et adaptatif de la douleur chez les vertébrés. Et il est banal d’observer un criquet ou un puceron qui continue à mâcher son brin d’herbe ou à ponctionner la sève tandis qu’il est déjà à moitié dévoré par une mante ou une coccinelle (respectivement) ou grignoté de l’intérieur par un parasitoïde. Autres indications : un insecte amputé d’un tarse appuie son moignon sur le substrat avec la même force que si son membre était intact et l’on n’a jamais vu un insecte tenter de protéger une plaie. Certains comportements ressemblent superficiellement à ceux de vertébrés (tortillements suite à l’application d’un stimulus agressif, réactions de défense par la projection d’un liquide corrosif ou d’un son) ou favorisent la survie des congénères (phéromones d’alarme). Mais les anatomophysiologistes nous enseignent qu’ils ont un système nerveux « trop simple » (sans cortex cérébral, notamment) et dépourvu de neurones nocicepteurs.
On admet donc que les insectes ne ressentent pas la douleur .
Et l’asticot de se faire embrocher vif sur l’hameçon sans émouvoir le pêcheur .
Mais, on l’a découvert récemment, l’asticot
3  possède des neurones multipolaires analogues à ceux qui chez les vertébrés assurent la nociception. Ils innervant l’épiderme et possèdent un canal ionique « painless » indispensable (chez les vertébrés) à la perception des stimulus nocifs. Par ailleurs, l’asticot se tortille si on le pique.
Une équipe de l’université de Stanford (États-Unis), mettant en œuvre des techniques de ciblage génétique et de photoactivation de la rhodopsine – qui permettent de bloquer ou de réactiver des neurones – vient de montrer que ces neurones multipolaires sont nécessaires à la réaction de l’asticot. Et que celle-ci aurait un certain caractère adaptatif : si l’on approche de sa cuticule une épingle chauffée, l’asticot s’arque à sa rencontre – et non pour s’en éloigner, comme on aurait pu le penser. Plus efficace pour faire dévier l’oviscapte d’un parasitoïde, Leptopilina boulardi (Hym. Eucoïlidé), en l’occurrence ?
Ce n’est sans doute pas un simple réflexe, car ses mouvements impliquent de nombreux muscles et sont visiblement coordonnés depuis un « étage supérieur » du système nerveux.
On connaît un peu mieux la physiologie nerveuse de l’asticot (pris comme modèle d’insecte) mais la réponse, à ce stade, reste non, les insectes ne souffrent pas
.
 


DES TEMPS HEUREUX :

"Il faut d'abord évoquer les déprédations désastreuses qu'ils commettaient alors. Ainsi, en 1688, les hannetons détruisirent toute la végétation du comté de Galway, en Irlande, de sorte que le paysage prit un aspect hivernal. Le bruit de leurs mandibules dévorant les feuilles était comparable au sciage d'une grosse pièce de bois, et, le soir, le bourdonnement de leurs ailes résonnait comme des roulements éloignés de tambours. Les habitants du pays avaient peine à retrouver leur chemin, aveuglés par cette grêle vivante. En contrepartie, des hannetons furent servis à tous les repas, cette année là, dans le comté. En 1804, des nuées immenses de ces insectes, précipitées par un vent violent dans le lac de Zurich, formèrent un banc épais de cadavres amoncelés sur le rivage, dont les exhalations putrides empestèrent l'atmosphère. Le 18 mai 1832, à 21 h, la route de Gournay à Gisors fut envahie par de telles myriades de hannetons qu'à la sortie du village de Talmoutiers les chevaux de la diligence, aveuglés et épouvantés, ne purent avancer. En 1841, les vignobles du Mâconnais furent ravagés et des nuées s'abattirent sur la ville même de Mâcon au point qu'on avait grand-peine à s'en garantir et qu'on les ramassa à la pelle dans les rues. Sous la Troisième République, les entomologistes firent des dénombrements plus précis; c'est ainsi que dans le canton de Gorron (Mayenne), entre le 8 mai et le 12 juin 1887, on ramassa à la main près de 100 millions de hannetons adultes, pesant environ 75 tonnes !
(.....). Cette année là (1497), l'évêque de Lausanne chargea un clerc d'aller proclamer aux hannetons, en latin, une sommation à comparaître avant 6 jours devant le tribunal épiscopal. Les hannetons ne bougèrent pas des champs et ne vinrent pas au tribunal... Après leur avoir accordé un sursis, un second mandement fut proclamé, où ils étaient qualifiés de "vermine détestable, qu'on ne peut appeler animale, ni d'ailleurs nommer en aucune façon". Mais ces créatures innommables n'en furent pas autrement émues. Comme elles ne voulaient rien entendre, il fallut se résoudre à sévir : le clergé se rendit en procession dans les champs et la sentence suivante fut rendue :
"Nous, Bénédict de Montferrat, évêque de Lausanne, ayant entendu la plainte des fidèles de notre diocèse à l'encontre des hannetons, armé de la très Sainte Croix et tourné vers Dieu, de qui proviennent les justes sentences, déclarons coupable l'infâme engeance des hannetons, les frappons d'excommunication et les maudissons au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit ". Ce jugement est resté célèbre comme un des seuls cas d'excommunication prononcée à l'encontre d'insectes !"

(D'après l'excellent et très documenté "Le Scarabée et les Dieux" de notre collègue et ami Yves Cambefort).


Une recette culinaire pour coléoptériste :

"Prenez une trentaine de hannetons bien vigoureux et dépouillez-les tous vivants de leurs élytres, puis réduisez-les en pâte dans un mortier. Le scarabée étant réduit en pâte, faîtes frire dans le beurre frais, puis ajoutez du bouillon fort ou faible, ou même de l'eau, et faîtes chauffer. Enfin, versez à travers un tamis de crin sur des tranches de pain blanc grillé et ...dégustez !
Le consommé de hannetons l'emporte incomparablement en délicatesse, en saveur et en parfum sur la meilleure soupe d'écrevisses. Un préjugé seul peut priver l'homme de cette fine nourriture essentiellement propre aux convalescents; mais lorsqu'on aura triomphé de cette répugnance irréfléchie, les hôpitaux auront fait une belle acquisition".

(Recette allemande provenant d'un recueil culinaire très estimé ...)


D'intéressants animaux de compagnie :

"Son corps mesurait environ 5 cm et ses pattes 18 cm; le corps et les pattes étaient entièrement recouverts de gros poils gris et rougeâtres. Je fus attiré par un mouvement du monstre qui se tenait sur un tronc d'arbre, juste au dessus d'une profonde cavité au travers de laquelle s'étendait une épaisse toile blanche; la partie inférieure de celle-ci était déchirée et deux petits oiseaux, des pinsons, y étaient empêtrés; ils avaient à peu près la taille de notre chardonneret et il devait s'agir du mâle et de sa femelle. L'un était déja mort, l'autre agonisait sous le corps de la mygale, tout enduit de l'immonde salive du monstre. Je chassai l'araignée et pris les oiseaux, mais le second ne tarda pas à mourir... Certaines mygales sont énormes. J'ai surpris un jour les enfants d'une famille indienne qui collectait pour moi des échantillons, promenant l'une de ces hideuses bestioles dans leur case, une corde attachée à la taille, exactement comme un chien en laisse !
(...) On trouve dans cette région d'Obidos une étrange sorte de grillon des forêts; les mâles font un bruit très fort et assez mélodieux, en frottant les uns contre les autres les bords de leurs élytres. Ces notes sont les plus perçantes et les plus insolites que j'aie jamais entendues produire par un orthoptère. Les indigènes appellent ce grillon le Tananá; nom qui évoque les stridulations de l'animal : ta-na-ná, ta-na-ná, ..., telles sont les syllabes qui se succèdent sans discontinuer. Quand les indiens en capturent un, ils le gardent dans une cage en vannerie pour le plaisir de l'entendre chanter. Un de mes amis en a gardé un 6 jours; son entrain n'a duré qu'une soixantaine d'heures, durant lesquelles son chant a résonné d'un bout à l'autre du village."

(D'après "The Naturalist on the River Amazons" de l'illustre Henry Walter Bates).


Le "mâlanguille" :

En 1987, notre collègue Marc Soula (si !) posait quelques pièges à Capestang (Hérault), localité connue pour ses Carabus clathratus arelatensis, carabe semi-aquatique qui vit en bordure d'un vaste étang. Il fut alors interpellé assez violemment par des paysans qui s'inquiétèrent fort de ce qu'il capturât des "mâlanguilles", c'est à dire, lui expliqua-t-on avec quelque acrimonie, des anguilles mâles, l'anguille qui vit dans cet étang constituant l'une des ressources locales.
(........). De tout ceci, il ressort que dans une très vaste zone géographique, les noms populaires attribués aux gros coléoptères aquatiques (Dytiscus, Cybister, Hydrous...) ou semi-aquatiques (Carabus) en faisaient, et en font encore, soit des anguilles (Normandie), soit la génitrice des anguilles (Sardaigne, Gard, Camargue), soit le mâle des anguilles (Hérault).
L'explication de ces surprenantes associations se trouve dans la biologie si particulière de l'anguille, qui se reproduit en Mer des Sargasses, entre les Antilles et la Floride. Depuis l'Antiquité, les pêcheurs ont été intrigués par l'absence d'oeufs et l'impossibilité de distinguer les mâles des femelles.

(Y. Delaporte, dans le n. 19 du "Le Coléoptériste")


"Faut pas être dégoûté !"

Il doit se baisser pour éviter le maxillaire humain suspendu au dessus de l'entrée; en se penchant, il découvre un tambour surmonté d'une main desséchée enduite d'une cire d'abeille sauvage. Dans l'ombre épaisse animée seulement par le rougeoiement de quelques braises éparpillées sous une poterie, il distingue enfin une vieille femme, d'autant moins visible qu'elle est recouverte de latex; le caoutchouc noircit à l'air; cette seconde peau est tatouée d'incrustations blanches et jaunes; le blanc est une variété de kaolin, le jaune est une sorte d'amadou pulvérisé produite par certaines espèces de fourmis. Crevaux s'habitue à l'obscurité; dehors, il entend son fidèle Apatou faire les cent pas devant la case, fusil en main; il s'approche de la vieille qui lui tourne le dos; de temps en temps, elle remue son frichti avec une vieille flèche. Crevaux s'apprête à lui proposer d'échanger une assiette pleine de son ragoût contre un couteau ou tout autre objet; va savoir ce qu'une indienne peut réclamer ! Dans la vapeur du pot, il distingue des orbites marquées... : encore du singe, songe-t-il, toujours du singe, dans cette forêt sans beaucoup d'autre gibier. Puis, il fronce les sourcils; d'un geste sec, la vieille a retourné la "chose", et Crevaux sursaute : vu la taille et les lambeaux de chair, c'est une tête humaine ! Le ventre creux, il file rejoindre le reste de ses piroguiers...

(D'après "Le mendiant de l'Eldorado" du très célèbre Jules Crevaux).


Les Dix Commandements ou l'Abécédaire de l'Entomologiste :

Les Anciens tu honoreras
Les Biotopes tu respecteras
Les Conseils tu écouteras
Les Directives tu appliqueras
Les Espèces tu recenseras
Les Faunes tu rédigeras
Les Graphiques tu établiras
Les Habitus tu dessineras
Les Insectes - types tu déposeras
Les Jeunes tu initieras

R.M. Quentin


Décembre :

Soulevez une pierre : vous trouverez peut-être une coccinelle recroquevillée, dure comme la pierre; elle n'est pas morte, juste en diapause, l'hibernation des insectes. Durant l'hiver, elle reste immobile et cesse de se nourrir. elle lutte contre le froid en produisant du glycérol, un antigel animal. La diapause est programmée pour chaque espèce : la coccinelle ne sortira de son abri qu'après avoir passé un certain temps au froid. Inutile d'essayer de la réchauffer ...
 


 "Une épouse amoureuse (sur le tard...)."

S'ennuyant à Lima et séparée de son mari depuis dix-huit ans, Isabela décide de le rejoindre à Cayenne (faut jamais désespérer...!); les mers étant très peu sûres en ces périodes de guerre (1767), elle décide de traverser le continent; accompagnée de ses deux militaires de frères qui commandent à une douzaine de soldats, elle commence le voyage sur une jolie mule blanche, encadrée par ses deux servantes... Le lendemain matin, les guides indiens se sont enfuis en emportant tout ce qu'ils ont pu; tant pis !, elle va user ses jolies bottines jusqu'à la première rivière et chercher un canot. Le troisième jour, leur "skipper" indien (tremblant de fièvre...) se noie en voulant récupérer le chapeau d'un des deux frères, tombé à l'eau. Personne ne sachant diriger l'esquif, un soldat est désigné pour partir chercher du secours dans un village voisin, situé à 6 jours de marche; après 25 jours d'une attente désespérée, les deux frères décident de construire un radeau en balsa. Ce dernier n'a pas passé deux méandres qu'une branche basse assomme tous les passagers; pris dans les tourbillons, le radeau se retourne; les dernières provisions coulent avec Mme Godin; ses deux frères la sauvent par deux fois de la noyade ! Les survivants préfèrent alors "couper" par la forêt; dépourvus de guides, ils se perdent; déchirés par les épines, dévorés par les insectes et la soif, ils meurent les uns après les autres, les servantes, les 2 frères le même jour, puis les derniers soldats; Isabela s'effondre à son tour; les fourmis arrivent déjà... Après un collapsus de 2 jours, elle sort de sa léthargie et décide de se battre pour survivre (et revoir son mari !); à coup de baïonnettes, elle taillade les bottes de ses frères pour se bricoler des spartiates, et elle part droit devant elle. Mr Godin peut-il se considérer comme veuf ? NON ! Soixante jours après, un squelette de sexe féminin titube sur les bords du Rio Bobonafa; nue sous une mantille lacérée, déchirée par la végétation, taraudée par les piqûres d'insectes, émaciée par les privations, Isabela s'effondre dans la mission franciscaine. Le moine de service refuse de lui parler tant qu'elle n'aura pas une tenue décente !
Après quelques mois de "starisation" dans les salons parisiens, elle finira ses jours en épouse parfaite dans la province française la plus paisible...

Marc SOULA (D'après diverses sources...).


Une épouse modèle!

Un entomologiste, le Dr. Marcel Leclercq, est spécialisé dans l’étude des taons. Savez-vous comment il les capturait pour les inventorier ? Il couvrait son épouse d’une peau de vache et elle attendait patiemment dans les prés que les taons viennent la visiter!

J’entends souvent dire que les épouses d’entomologiste doivent composer avec l’entomologie, une terrible rivale; mais là, quelle abnégation !!


Entomologie conjugale

Charles et Lois O'Brien, se sont rencontrés en 1958 dans une chaire d’entomologie (université de l’Arizona). Ils possèdent  chez eux, à Green Valley (un lotissement pour vieux en Arizona, États-Unis) 1 200 grands tiroirs vitrés sur le dessus. Dedans, 1 250 000 spécimens de Coléoptères (c’est la collection de Charles) et de Fulgoroidea (celle de Lois), pesant (ensemble) 11 000 livres (5 tonnes).
Charles a chassé le coléo sur toute la Planète, souvent lors d’expéditions loin de tout. Un jour, raconte-t-il, il a été à deux doigts d’être épinglé sur une lance. Les gens l’avaient pris pour un officiel à la recherche des voleurs de 3 cochons. Le chef de ses porteurs l’a sauvé en déployant un drapeau états-unien et en criant « American ! American ! ».
(Ça s’est passé au fin fond des îles Salomon, en 1960).


Une histoire à dormir debout …

M. Clive et Mme Vicky Hames vont se coucher, et s’endorment en dépit d’un bruit - comme le vrombissement d’une guêpe. Au réveil, madame entend toujours le bruit, qui vient du lit, et soulève l’oreiller, déclenchant la fureur des guêpes (pas une, beaucoup !) qui avaient bâti leur nid entre l’oreiller et la tête du lit. Elle s’en tire avec une piqûre ; son mari est parfaitement indemne.

 


Une espèce menacée :


Homo entomologicus Linné


"Un "hold-up" historique, qui a encore de grandes répercussions, de nos jours, pour les naturalistes voulant étudier le Brésil" (j'en sais quelque chose...) :

Le drame s'est joué vers 1880, à Manaus, quand un savant anglais, agent d'un complot ourdi au jardin botanique de Kew, près de Londres, a réussi à s'introduire partout sous prétexte de cueillir les plus belles orchidées du monde pour la gloire de la reine Victoria. Wickham, jouant le savant fou, le flambeur, le bambocheur des rios et, en dépit de la parano des possédants, réussit à dérober des graines d'hévéa, comme d'autres le feu. Des hautes eaux qui surélèvent le fleuve de 15 mètres, il sut se faire un allié. La crue paralysant les seringueiros, Wichkam en profite pour se faire enfermé sur une île par la marée brune, cette inondation qui dure six mois. Cette flaque de terre ballottée entre les courants porte quelques "seringa", juste assez pour récolter les 2400 graines historiques ! Ces 2400 graines vont ridiculiser le plus durable des mythes de la "forêt de la pluie". "Wichkam le rouge" a prévu un bateau, un rafiot rouillé qui n'inspire que la pitié . Les graines sont enfouies dans des pots de terre à fond de cale. A toute vapeur vers les bouches de l'Amazone, devenues une mer de boues alluviales charriant des millions de tonnes de déchets. La police arrête l'anglais à Belem, puisque les autorités vivent dans la hantise des voleurs de graines; mais le consul anglais sait arranger les plus douloureux états d'âmes ! De l'or change de mains et le bateau aux orchidées cingle officiellement vers Buckinkam; la reine ne doit pas attendre les plus belles fleurs du monde ! Wichkam fonce dans l'Atlantique sud, frôle les falaises de Sainte Hélène, double le Cap de Bonne-Espérance, relâche à l'île Maurice pour faire du charbon et rafistoler le bastingage, s'élance à travers l'Océan Indien, s'engouffre dans le détroit de Singapour et jette ses ancres rouillées dans les eaux mortes du port de Malacca. Les graines sont aussitôt plantées et donneront 2400 hévéas qui vivront mieux que dans leur terre mère !


"On essaye de communiquer..." :

- Qu'est ce que tu as d'autre ? demanda le chef qui semblait s'appeler Maipuri.
Il ne précisa pas sa pensée mais il suffisait de suivre son regard. Je sortis quelques cartes postales de la poche de ma chemise; je lui en mis une dans la main : on y voyait la reine d'Angleterre en grande tenue, avec le château de Windsor à l'arrière-plan.
- Qu'est ce qui est écrit ?
- "Salutations de Londres."
- Ton chef envoie des salutations de Londres ? Mais c'est une femme !
- Oui, c'est une femme.
Je lui montrai une autre carte :
- Ça, c'est sa maison et ça, c'est une image d'un grand village appelé Londres où elle vit.
- Mmmmmmm..., ton chef a une grande hutte !
- On l'appelle Buckingham Palace. Mon chef est la personne la plus riche du monde; elle attend mon retour.
Deux guerriers regardaient par dessus son épaule pour voir les photos, mais il les plaqua contre sa poitrine comme s'il s'agissait d'un jeu de cartes.
- Mais c'est vraiment une femme ?!
- Eh oui...
Le chef, mal à l'aise, toussota, se tourna vers ses hommes et bredouilla quelque chose en wai-wai. Les villageois s'esclaffèrent.
- Quand cette femme va -t-elle venir ici ?
- Quand je serai rentré sain et sauf.
Maipuri fronça les sourcils :
- Comment s'appelle-t-elle ?
- Elisabeth.
- Lizbeth, expliqua Maipuri à ses hommes.
- Mmmmmmmm...
Puis il se tourne vers moi :
- Lizbeth, elle aime l'or ?
- Énormément.
- Alors, tu donnes l'or de Maipuri à Lizbeth ? Tu es d'accord ?
Les indiens qui m'entouraient se hissèrent sur la pointe des pieds pour mieux m'observer; ils retenaient leur souffle. Je mijotai un moment au soleil.
- D'accord, j'accepte.
- Sssssssssssssss...Les hommes eurent un long sifflement de soulagement. Le chef était radieux et ses hommes le regardaient avec admiration.
- À une condition.
Il y eu un long silence inquiet.
- Que veux-tu dire ? demanda lentement Maipuri.
- J'ai besoin d'aide pour continuer ma route. Et avec mes bagages, bien sûr.
Maipuri bredouilla quelque chose tout en ouvrant et fermant ses poings. Puis marchant droit sur moi, il croisa ses bras et releva triomphalement sa tête :
- Je garde tes bagages; tu es mon prisonnier. Alors tais-toi !
- Mmmmmmmm..., approuvèrent les hommes. Tais-toi !
Ils entreprirent de se consulter, regardant mes bagages avec envie.
- J'ai pris une décision, lança Maipuri en levant sa main droite, les doigts vers le ciel pour imposer le silence. Tu es mon prisonnier, alors tu es en grande difficulté. Tu es en grande difficulté, alors tu as besoin de Lizbet. Nous aussi, nous sommes en grande difficulté et nous avons besoin de Lizbet. Alors, tu lui parleras de Maipuri qui est un ami.
- Je lui répondis que cet accord me semblait satisfaisant. Maipuri me demanda alors :
-Tu es fort ?
- Je peux faire cent pompes, tu veux voir ?!
Maipouri répondit qu'il avait une meilleure idée :
- Nous allons te regarder tuer le cochon à mains nues !


Le vol sacrilège du coléoptère :

Du rififi dans le petit monde des insectes. Depuis quinze jours, les spécialistes du Muséum n'ont qu'un sujet aux lèvres : le vol, commis le 10 décembre dernier, du Titanus giganteus femelle, un spécimen rarissime subtilisé au beau milieu de l'après-midi dans les rayonnages du pavillon d'entomologie. Le chapardeur a été identifié et la "bête", restituée avant-hier, a retrouvé ses quartiers. "Nous avons été stupéfaits par une telle audace", confie le responsable de la section coléoptères du Muséum. "Notre Titanus femelle, le seul spécimen que nous possédions, a été victime d'un malheureux concours de circonstances. Cet animal fait partie du patrimoine national, comme une peinture du Louvres".
Amour insolite : Moins coloré qu'un Van Gogh, sa carapace brune est pourtant presque aussi unique : seuls dix spécimens femelles de Titanus giganteus - le mâle, lui, est tristement banal - sont recensés à travers le monde. Comme son nom l'indique, l'insecte affiche un gabarit impressionnant. "Le Titanus adulte peut mesurer jusqu'à 20 cm et son poids est le triple de celui d'un moineau" rappelle savamment l'entomologiste. "On le trouve dans la partie tropicale de l'Amazonie". Inoffensif pour l'homme, l'animal vole à un rythme de croisière de 20 km/h à la recherche de sa nourriture, une larme de sève et quelques fruits pourris. Et il est très craintif. Dernièrement des scientifiques américains ont organisé deux ans d'expédition en Guyane française pour piéger ... deux de ces "dames" !
Prisé, l'insecte coûte très cher. "Pas moins de 100 000 F" disent les spécialistes. Thomas, 20 ans, connaît la valeur de l'animal. Mais il n'a pas les moyens de l'acheter. Etudiant en DEUG de "Sciences de la Nature et de la Vie" à l'Université de Savoie, il voue, depuis 10 ans, une passion sans borne pour l'Entomologie. Cet amour insolite (!?), révélé après une enfance passée en Afrique, se concentre sur les coléoptères, leurs mandibules broyeuses et leur jolie paire d'ailes membraneuses (!?). Le 10 décembre dernier, Thomas quitte Annecy, où il vit chez sa mère, pour venir à Paris. Il file au Muséum; le laboratoire d'Entomologie recèle le plus beau des trésors que puisse imaginer le jeune homme. Au beau milieu d'une kyrielle de cafards, de mouches et d'araignées - il y a 50 millions de coléoptères -, Thomas ne sait plus où donner de la tête quand il tombe en arrêt devant un couple de Titanus. Profitant d'un moment d'inattention de la gardienne, il craque : d'un coup sec, il déverrouille la sécurité, s'empare de la femelle et disparaît.
Le vol est constaté dans la soirée par deux visiteurs. Les policiers du commissariat du cinquième arrondissement sont immédiatement chargés de l'enquête et le parquet du tribunal de Paris ouvre une information judiciaire. Confondu par un pense-bête oublié sur les lieux du crime, le voleur de coléo. a été interpellé le 18 décembre à son domicile savoyard. sans opposer la moindre résistance, Thomas a rendu l'insecte au commissaire Ambiaux en expliquant qu'il avait agit en état "d'hallucination". Il a été laissé en liberté. Lors de sa garde à vue, Thomas s'est montré intarissable à propos de sa passion. Un enquêteur a avoué avoir beaucoup appris sur les moeurs des bêtes à six pattes...


L’insecte le plus long :

35,7 cm (56,6 avec les pattes antérieures étendues) : c’est la taille d’un phasme de Bornéo, récolté en 1989 par un villageois qui l’a confié à Datuk Chan Chew Lun, entomologiste amateur. L’insecte a été mesuré tout récemment à Londres, où il est conservé. On ne connaît que 3 spécimens de Phobaeticus chani (Pha. Phasmatidé).
 


Un échantillon qui revient de loin... :

Auguste Dejean a aussi sa légende entomologique : Général de division, il fut mêlé à toute la vie militaire de la Révolution et de l'Empire; à la bataille d'Alcanizas, sur le point de charger à la tête de ses dragons, il captura et piqua dans son casque doublé de liège un Cebrio ustulatus ; à la fin de la bataille, il le retrouva intact quoique ce casque ait été "horriblement maltraité par la mitraille" !


Insectes de Sainte Hélène :

Il semble que le destin ait choisi cette illustre geôle pour abriter des êtres d'exception. On sait que, parmi bien des endémiques, s'y trouve un coléoptère remarquable, carabe appartenant à un genre qui n'a de représentant nulle part ailleurs, Haplothorax burchelli. Les trois spécimens de cette espèce détenus depuis longtemps par le Muséum, tirent un intérêt historique, non seulement de leur provenance, mais encore du fait qu'ils ont été capturés et ramenés en France par le dernier gardien du tombeau de l'Empereur et furent donnés au Muséum par un de ses descendants.


O Tempora ! O mores ! :

"La Nature" du 17 Avril 1997 : ainsi on vend maintenant les noms d'insectes entre 5000 et 10000 DM en les dédiant à un entomologiste fortuné. Cette pratique économique n'a pas encore été interdite par le "Code", la Bible des afficionados. On peut d'ailleurs tourner cet ignoble mercantilisme : Cartwright et Abdullah se sont dédiés des genres gratuitement et le premier y a ajouté une espèce. D'ailleurs, pour ces sommes considérables, on ne vous dédie même pas un genre mais une espèce; cela coûterait infiniment plus cher.
Les services astronomiques des USA vendent dès maintenant des noms d'étoiles et on peut offrir à sa fiancée, pour Noël,à un prix raisonnable, une étoile (il y en a tellement...) mais pas encore une galaxie (bien qu'il y en ait également beaucoup !); cela coûterait aussi beaucoup plus cher et ne serait accessible qu'au sultan de Brunei ou à l'ex-futur beau-père de l'infortunée Diana... Vendre une étoile, quelle poésie. Dans ma jeunesse, on proposait la Lune aux enfants, mais c'était au figuré.
Récemment, des escrocs ont fondé aux USA une société fictive qui a vendu de faux noms d'étoiles ou plutôt a dédicacé à ses victimes des étoiles fictives sans aucun droit de le faire. Cela me rappelle la vente de faux billets de foot aux brésiliens, écossais et mexicains pour la dernière Coupe du Monde...
Dans Nature du 13 février 1997, on cite l'oiseau Vireo masteri dédié à B. Master en échange de 70 000 $; il est vrai que la somme était utilisée pour la création d'une Réserve Naturelle.
Tout se vend, même les noms d'insectes,les titres nobiliaires, les étoiles et pourquoi pas les plantes et les fossiles ...Il y aura bien des amateurs pour payer. Il est vrai que c'est le National Museum of Natural History (à Londres !) qui, par le biais du CAB, a inventé les déterminations payantes. Récemment, un de mes collègues, dont je respecterai l'anonymat, réclamait à une infortunée mexicaine 45 $ US par détermination d'insecte. Jusqu'où s'arrêtera le progrès ?!

(D'après notre collègue et ami P. Jolivet, dans le numéro 33 du "Le Coléoptériste").


L'entomologiste et le cycliste :

C'était une assez belle journée, un peu fraîche, que ce 24 mars 1999. Ma femme Claire et moi avions décidé de faire une ballade mi-randonnée, mi-chasse aux insectes comme nous en faisons parfois. Cette fois nous avions choisi d'aller dans la vallée de La Renarde, une jolie petite région de l'Essonne. La récolte n'avait guère été fameuse, et en revenant à la voiture que nous avions laissée dans le coquet village de Breux-Jouy, je donnais quelques derniers coups de fauchoir au bord de la route, avec pour seul butin quelques Lema melanopus que je décidais de capturer quand même, pour le principe ...
J'étais en train de procéder à l'opération avec mon aspirateur lorsque deux cyclistes passèrent auprès de moi; le premier ralentit un peu, et le second s'arrêta pratiquement, me regardant faire un moment avant de reprendre sa route; je l'entendis distinctement héler son compagnon : "T'as vu ?! Y a là un fou qui attrape les petites bêtes avec un grand filet, et après il les aspire avec un tuyau pour les manger !". La réponse du compagnon se perdit dans le lointain ...
 Ce genre d'anecdote arrive de temps à autre dans la vie d'un entomologiste et je l'aurais sans doute rapidement oubliée si, quelques jours plus tard, je n'avais pas entendu l'émission radio de P. Bouvard "les Grosses Têtes" sur RTL, émission que j'aime bien écouter, entre autres lorsque je fais de petits travaux, comme préparer les insectes ...
A propos de je ne sais plus quoi, un des participants, Jacques Balutin je crois, féru de randonnée cycliste, intervint soudain : "Ah, mais en France aussi il y a des gens qui mangent les insectes. Un de mes amis qui se promenait à vélo il y a quelques jours, du côté de Breuillet ou par là, m'a dit.... " - suivait le récit qui précède, vu par le cycliste.
La date et l'endroit correspondaient et, d'après le cycliste, je devais être passablement cinglé. Sur ce dernier point, j'étais déjà au courant, mais il n'y a pas à dire, faire parler de soi aux "Grosses Têtes", c'est la consécration !!

(De notre cher et estimé collègue Jean-François Voisin dans "Le Coléoptériste")


Parmi les captures insolites effectuées en région parisienne, celle d'un Batocera lineolata qui a inspiré à notre collègue et ami Jean-Jean Menier les vers qui suivent :

Le Canard et le Capricorne :

Vert et doré de toutes les laques de l'Orient,
Maître Canard - dont l'origine est incertaine -
Était parvenu à nos rives par mille voies détournées.
Comme il sied à palpipède de son espèce,
De bois massif il était fait.
Par Dame Puill fut acheté,
Dans son logis sur un meuble posé.
Agréable ornement il devait cependant
Causer quelque frayeur à notre Dame,
Et rien ne semblait alors promettre notre Anas
À renommée qui méritât d'être contée.
Il apparu qu'un jour - longtemps plus tard-
Sous le ventre du palmipède,
Deux longues cornes dépassaient,
Se tortillant dans l'air et cherchant à sortir.
Las, le Canard fort lourd ne céda pas d'un pouce.
La Dame le souleva et fut fort effrayée
De voir un Capricorne de très honnête taille
- plus de deux pouces il mesurait -
Sortir tout de go et se mouvoir libre.
Vite, elle courut au Jardin pour consulter
Sur ce prodige.
Notre Rédac' Chef - expert es-capricorne s'il en fût -
Déclara que l'animal était connu
Depuis que Chevrolat en 1852
Le baptisa Batocera lineolata.
Il provient de Chine, du Tonkin ou de Nippon,
Où il est, dit-on, fort commun.
Sans doute une larve habitait le canard qu'avant d'être doré
Et avait trouvé moyen de venir à son terme,
En besognant galerie dans le corps de l'objet.
Moralité :
Voilà comment au coeur de la cité
L'ornithologie peut vous mener
À colliger
La Batocère linéolée.

(De notre collègue et ami Jean-Jean Menier, dans l'Entomologiste d'octobre 1992).


D'intéressantes rencontres à Paris ... :

Citons d'abord notre collègue et ami Henri Inglebert qui a tant travaillé (et brillamment ...) sur le sujet :
"Je n'utilise qu'un piège U.V. simplifié sur mon balcon, dans le 20 ème arrondissement ; il est orienté en direction du cimetière, proche, du Père Lachaise, sans grands immeubles faisant barrage. Ce cimetière, sous l'angle entomologique, représente un espace vert de 42 ha avec de vieux arbres et une grande variété de plantes et arbustes; on n'y utilise peu ou pas les pesticides, fongicides ou autres, et peu d'arbres sont abattus; c'est donc un biotope relativement stable (!!) , qui peut réserver des surprises [ ... ]. On voit d'ailleurs souvent, sur les murs et trottoirs entourant le cimetière, coléoptères, hémiptères, lépidos., ... J'ai donc décidé, cette année de piéger de façon systématique sur mon balcon, de piéger (quand je le porrai) dans les espaces verts et de chasser à vue, au crépuscule et en début de nuit sous les éclairages publics.
Ayant appris que la Ville de Paris avait fait faire un inventaire du square Georges Brassens, j'ai demandé au responsable de l'étude la liste des coléoptères. je le remercie de son amabilité. Il s'agit d'un square relativement récent (anciens abattoirs de Vaugirard). Le piegage au sol ou avec des assiettes jaunes a fourni 53 espèces de coléos., dont je ne connaissais qu'une partie comme "parisiennes". Dans ce même square Y. Cambefort m'a signalé cette année la présence de Lucanus cervus L .
Sur mon balcon viennent aux U.V. toutes sortes d'insectes :
- 25 espèces de lépidos. [...].
- 17 espèces d'hémiptères en 3 familles  [...].
- 242 espèces de coléos. en 46 familles [...].
[...] . Je ne peux prospecter seul tous les espaces vers de Paris. Si vous le pouvez, prospectez en quelques uns."

Quelque temps après notre excellent collègue publiait son très intéressant "Catalogue des Coléoptères de Paris Intra-muros" (Supplément du Bulletin de Liaison de l'ACOREP de mars 1996)
 


D'autres insectes exotiques à Paris :

Il est assez amusant de constater l'importation des insectes exotiques dans les grandes villes. Le cas est classique dans les grands ports maritimes. Certaines espèces se sont même par la suite acclimatées en France. Tel est l'exemple de Laemosthenes janthinus Duft. qui se trouve dans le O6 et le 04 et de Perigona nigriceps, ce rare carabique qui a été trouvé une fois au Bois de Boulogne (en ce dernier lieu, on trouve aussi maintenant beaucoup de mammifères bipèdes exotiques importés aux moeurs étranges ...).
Un de nos collègues, habitant Le Havre, obtenait l'autorisation, à chaque arrivée de cargo, d'aller visiter les cales; il balayait tous les détritus se trouvant au fond , mettait le tout dans des grands sacs de toile et, chez lui, il triait tous ces débris; il a pu prendre ainsi toute une faunule de carabiques, cérambycides, curculionides et chrysomèlides de diverses provenances.
On rappellera les captures faites dans les entrepôts de bois du Fb. St. Antoine d'un grand Elatéride phosphorescent (Phyrophorus ...) et d'un Acrocinus longimanus. Plus récemment encore, notre collègue Hardy capturait sur son balcon, Bd. Pereire, un très beau Cérambycide de Madagascar.
La toute dernière capture en date, tout aussi étonnante, est celle faite par Mme. de Saint-Albin d'un scolyte du Japon pris au fauchoir à La Ferté-Alais.
[...].
Tout dernièrement, j'ai eu l'occasion, me trouvant à la gare d'Orléans-Messageries, de capturer un fort bel insecte de la Famille des Cassidinae sur des bananes provenant d'Afrique; cet insecte, originaire du Cameroun appartient au genre Aspidomorpha.

(De notre collègue P. Grandchamp, dans le Bulletin de l'ACOREP n° 30)


Le grillon du métro :

À peine plus gros que son cousin des campagnes, le grillon domestique (Acheta domesticus), mesurant entre 16 et 20mm, n’a d’autre particularité apparente que d’être aveugle. Les grillons domestiques (du métro) sont omnivores et se nourrissent principalement de miettes, de détritus, de papiers gras, de brins de laine, et même des mégots qui traînent sur les ballasts. Entre deux rames les mâles stridulent pour attirer les femelles. Lorsque celles-ci approchent, les mâles se réunissent entre les rails pour se défier au chant. Ceux qui stridulent le plus fort font fuir les autres. Les grillons en viendront aux pattes si les mauvais chanteurs refusent de décamper. Puis les mâles et les femelles grillons restent là à attendre le métro. Quand la rame arrivera, ils se placeront sous le rhéostat des voitures, là où l'air est le plus brûlant, pour se livrer à leurs ébats romantiques. Quand on s’aperçut pour la première fois de leur présence dans les souterrains du métro parisien, on ne leur accorda aucune importance. Leur prolifération fut néanmoins si rapide que la municipalité lança un programme pour les détruire jusqu’à ce que quelques scientifiques, qui s’étaient penchés leur son cas pour étudier les moeurs de cette nouvelle espèce, déclarèrent que le grillon du métro parisien était d’une importance majeure dans l’écosystème des galeries. Ils démontrèrent en effet que le grillon, en se nourrissant de tous les déchets qui jonchent les voies et les tunnels, était devenu une sorte “d’éboueur écologique” dont il serait dommage de se passer. C'est à la station Saint-Augustin qu'ils sont actuellement les plus nombreux et les plus faciles à observer. Ils ne craignent que deux choses : les araignées cracheuses de glu (Scytodes) et les grèves qui font refroidir les rails... !!!
Plus tard, forts des résultats des études scientifiques, d’autres formèrent des associations pour protéger le grillon. Dans les années 80, la direction du métro parisien chercha à tirer parti de cette terrible voracité en favorisant la reproduction des grillons pour en faire le principal nettoyeur des voies. Plus tard, à l’aube des années 90, commencèrent de courir des bruits qui faisaient allusion à une commande de la Ratp aux chercheurs du CNRS qui étudient les moeurs du grillon. Il s’agissait, disait-on, d’un projet qui favoriserait l’émergence d’une espèce de grillon créée en laboratoire, avec les mêmes caractéristiques que celle qui fut découverte à l’origine dans les tunnels du métro, mais plus grosse et plus vorace. Une espèce qui ne serait lâchée qu’à la période des fêtes de fin d’année. En un mot, d’une espèce capable de dévorer les suicidés du métro.

La Ligue de Protection des Grillons du Métro Parisien (LPGMP), association constituée en 1992, comprenant une centaine de membres, se propose de promouvoir l'existence des grillons dans le métro et veille au maintien de leurs conditions de vie. Elle revendique notamment la limitation en durée et en fréquence des grèves qui ont pour effet de faire chuter la température dans les galeries ainsi que l'assouplissement de la loi Evin qui, par l'interdiction de fumer, prive les grillons de mégots, source importante de nourriture.

 


Le cafard moscovite dans le rouge :

Autrefois, à Moscou et dans les environs, tout le monde avait plein de cafards chez soi. Pouchkine rapporte comment chez une dame, la vaisselle était confiée, une fois les chandelles éteintes, à ces aimables insectes domiciliaires, qui se précipitaient par centaines pour accomplir cette tâche avec délectation. Aujourd’hui, le cancrelat se fait rare au point que l’inscription de certains sur la liste des espèces en danger est sérieusement envisagée.
Les appartements communautaires soviétiques avec recoins et fuites d’eau étaient leur paradis. Les immeubles et les meubles modernes ne plaisent pas aux cafards russes traditionnels.
L’avenir de la Blatte orientale, Blatta orientalis, inquiète Alexander Lagunov, entomologiste, qui réclame son classement. Jusqu’au milieu du XXe siècle, c’était le cafard le plus banal chez les gens ; il était arrivé en Russie avec l’invasion mongole (vers 1230) et les paysans le voyaient d’un bon œil car il portait chance.
Introduite au XVIIIe siècle par des soldats depuis la Prusse, la Blatte germanique, Blattella germanica, l’a supplantée petit à petit. Puis s’est raréfiée ; sans doute s’est-elle déplacée dans les caves et les soupentes où il fait désormais assez chaud. Pour A. Lagunov, l’espèce est à inscrire au livre rouge et une population pourrait être installée au zoo de Tchéliabinsk. Au cas où on en aurait besoin et pour ne pas répéter la pénible (il a fallu trois mois de traque) récolte des 64 individus nécessaires à une mission spatiale, en 2007 (1).;
D’autres espèces prennent patte à Moscou, en envahisseuses, comme la Blatte des meubles, Supella longipalpa (qui aime les équipements modernes) et la Blatte américaine, Periplaneta americana (2), bien acclimatées .


Allez les tanks ! :

Après l'unification de l'Allemagne, fin 1990, les entomologistes ont constaté que les anciennes zones militaires abritaient de nombreux insectes que l'on croyait disparus. Explication : pendant les manoeuvres, les tanks arrachaient et broyaient la végétation comme le faisaient jadis les bisons, aurochs et chevaux sauvages ! Les tanks ont ainsi recréé un environnement favorable à des espèces qui avaient disparu avec les grands herbivores.

(Science et Vie, en 1997)


Recette camerounaise :

Les chenilles au koko
300g de chenilles séchées, 300g de graines de courges, 2 tomates, 2 oignons, 1 grande louche d'huile de palme, 3 paquets de feuilles de koko, sel, piment.
trempage : 12 h
préparation : 20 mn
cuisson : 35 mn
- Bien nettoyer les chenilles en enlevant les piquants (!); les faire bouillir pendant 1 mn, les rafraîchir, les égoutter, les laisser tremper 1/2 journée dans de l'eau tiède.
- Préparer une pâte lisse avec les graines de courges écrasées.
- Eplucher les oignons, les émincer et les faire dorer dans l'huile. Ajouter les chenilles, les tomates hâchées, le sel, le piment.
- Couvrir d'eau froide, porter à ébullition et laisser cuire 15 mn.
- Incorporer la pâte de courges, remuer, laisser cuire à nouveau pendant 15 mn.
Ajouter le koko lavé, cuit et égoutté, laisser cuire encore quelques minutes puis servir chaud.


La ferme de coléoptères :

Pas n'importe quels coléoptères, mais une espèce particulièrement redoutable d'aspect, les "lucanes cerfs-volants", un insecte noir de 2,5 à 6 cm de long, à la tête hérissée de cornes et de pinces qui le font ressembler à un samouraï de l'ancien temps.
Toshio Imamura en possède actuellement plus de 100 000 qu'il livre périodiquement dans les divers magasins de Nagoya, d'Osaka ou de Tokyo. Des comptoirs spéciaux ont été ouverts et les enfants japonais viennent en masse les acheter à raison de trois pour 100 yens. Ils les installent dans de petites cages de bambou, les nourrissent et organisent des combats avec ceux de leurs camarades.
- Je me suis toujours passionné pour les coléoptères, avoue Toshio, et étant enfant je passais mes journées à en ramasser à travers les chemins et les forêts. Si j'ai choisi de me spécialiser, c'est parce que le lucane est le plus vigoureux, le plus combatif de tous et qu'il vit au moins deux mois. Je ne m'attendais absolument pas à faire fortune avec ça ! J'étais seulement content d'avoir trouvé un métier qui me permettait de poursuivre un rêve d'enfant.
Un rêve d'enfant qui a apporté en deux ans à son réalisateur la possession de deux maisons, d'immenses terrains au sud de la capitale, d'un bateau et d'une voiture américaine avec lesquels il va livrer son cheptel.
Les grands magasins ne sont pas moins satisfaits :
- Les coléoptères sont une excellente marchandise, sans surprises et qui ne se démode pas, assure le sous-directeur du gigantesque Mitsukaschi de Tokyo. Et les petits acheteurs amènent leurs parents qui deviennent nos clients. Nous nous proposons même d'installer sur le toit du magasin un parc spécial, avec en permanence 5 000 à 10 000 insectes pour que les enfants puissent les voir s'ébattre en liberté et les choisir eux-mêmes. Cette passion qui fait fureur n'a jusqu'ici rencontré que deux sortes d'opposants : les mères qui détestent trouver de "repoussants" insectes jusque dans leur potage. Et les professeurs : ils se sont aperçus que chaque fois qu'ils voyaient leurs élèves tranquilles et visiblement occupés à réviser leurs leçons, ceux-ci étaient en fait occupés à observer leur "poulain".

(Le journal "L'Aurore", en 1968, déjà...).


André GIDE coléoptériste :

"Vers l'âge de 8/9 ans je me suis intéressé à le Nature, à la botanique et plus particulièrement aux coléoptères dont j'avais commencé de faire collection; et mes poches étaient gonflées de boîtes et de tubes où j'asphyxiais mes victimes de benzène ou de cyanure de potassium.
J'observais alors tous les insectes et leurs larves, particulièrement les chenilles. A Paris, je tentai d'élever des vers à soies, ceux-ci ne coûtaient pas si cher que les feuilles de mûriers pour leur nourriture, que je devais aller prendre, deux fois par semaine, chez un herboriste de la rue St. Sulpice.
Dans le Midi, je chassais également les mantes religieuses, qu'on appelle là-bas des "prega-diou" et dont les paquets d'oeufs conglutinés et pendus à quelques brindilles m'intriguaient si forts.
Je doute si jamais livres, musiques ou tableaux me ménagèrent plus tard autant de joies, ni d'aussi vives, que ne faisaient, ces premiers temps, les jeux de la matière vivante. J'étais parvenu à faire partager à Suzanne ma passion pour l'entomologie; du moins me suivait-elle dans mes chasses et ne répugnait-elle pas trop à retourner avec moi bouses et charognes à la recherche des nécrophores, des géotrupes et des staphylins. Il faut croire que ma famille finit par prendre en considération mon zèle car, si enfant que je fusse alors, c'est à moi que l'on fit revenir toute la collection d'insecte de feu Félix Archimède Pouchet, cousin germain de ma Grand'mère. Ce don de 24 boîtes à fond de liège pleines de coléoptères, classés, rangés, étiquetés... je n'ai pas souvenir qu'il m'ait fait un bien énorme plaisir. Car, dans ma pauvre collection, combien m'était plus précieux chacun de ces insectes que j'y avait épinglés moi-même, après les avoir moi-même capturés. Ce que j'aimais, ce n'était pas la collection, c'était la chasse."

(André GIDE, "Si le grain ne meurt", 1927).


Ernst Jünger, écrivain entomologiste

L'infiniment petit nous apprend que le monde est immense. Et c'est dans l'univers pullulant et gris des insectes, qu'il peut se manifester. Ernst Jünger, élève rêveur, l'a compris très tôt. Sans doute après avoir découvert enfant, dans une sablière de Rehburg une cicindèle chatoyante. Il croyait ramener chez lui une  rareté, 500 de son espèce étaient déjà répertoriées. S'ouvraient ainsi les Chasses subtiles, où Jünger découvrait, selon Claude Gaudin, "un acte magique car jamais notre désir ne pourra se hausser jusqu'au trésor dont il ne perçoit que la menue monnaie".
L'apprenti entomologiste va se passionner immédiatement pour cet univers invisible et infini, pour collectionner sans relâche les rencontres au cours des différentes époques de sa vie. A tel point qu' il chasse au plus fort des deux guerres mondiales. Ainsi s'émerveille-t-il en 1940 devant un couple de typhées cornus, qui vaque à ses pieds. "Faut-il s'étonner si, en me penchant vers ce couple menu, j'oubliai ma mission guerrière -le lieu, le temps et la consigne? Des deux réalités, celle-ci était la plus forte."
Pour Jünger, la réhabilitation de ces animaux méprisés vient de ce que le langage en a fait des êtres connus
et reconnaissables. Depuis sa première cicindèle, l'entomologiste averti était devenu un familier des nomenclatures. Nomenclatures auxquelles il adhère, selon Claude Gaudin, comme à l'hypothèse de Platon dans le Cratyle : il existe entre le nom et ce qu'il désigne un rapport de convenance profonde, la justesse. Et les noms attribués aux insectes ont de la justesse, car ils ont été donnés par de savants classificateurs. Grâce à eux, les insectes ne sont plus des signes dispersés mais forment un alphabet.
"Doubler la pratique littéraire par la chasse aux insectes, ce n'est donc pas ajouter une corde à un arc de l'écrivain, c'est faire l'apprentissage d'un moyen de déchiffrement", conclut l'essai de Claude Gaudin. Le rapport entre l'écrivain et l'entomologiste joue sur cette note là. Ainsi, comme il se penche avec minutie sur le coléoptère infime mais étiqueté, Jünger considère les lettres isolément comme des "signes plus puissants que les textes qu'elles figurent". Avec elles, il rêve d'une écriture dans laquelle serait visible le profil des choses. La leçon entomologique enseigne ainsi qu'il faut libérer notre esprit des fausses associations, des harmonies factices et partir à la conquête de l'unité des choses.
Les Chasses subtiles se ferment sur la "poussière irisée" où finit toute collection. Dans leurs vitrines, il y a aujourd'hui des scarabées, des papillons, baptisés d'après Jünger, et même une sous-espèce de cicindèle, qui s'appelle jungerella.

 


Les insectes romains :

Plus de 5000 espèces différentes d'insectes ont été recensées à Rome et sa banlieue selon une monographie de plusieurs milliers de pages à laquelle ont contribué plus de 90 spécialistes. Plus de 50% des insectes romains sont constitués de coléoptères comprenant entre autres les scarabées, les coccinelles, les staphylins et les lucioles.
Il y a aussi 500 espèces de papillons, 230 de fourmis, une vingtaine de puces mais seulement 4 de cafards et 2 de poux... Cette recherche, présentée au Musée de Zoologie de Rome est un instrument précieux pour la connaissance de l'habitat et pour la planification urbaine de la capitale.
"Rome est la première métropole au monde à s'être dotée d'un tel instrument riche en données et en suggestions pour des interventions sur l'environnement" a estimé le professeur A. Vigna de l'Université de La Sapienza.

(AFP Sciences, en 1997)


Gilbert Lachaume, expert en entomologie et voyageur philanthrope :

Expert en Histoire Naturelle à Drouot depuis près de 25 ans, ce passionné de voyages parcourt l’Amérique latine pour ses recherches sur la biodiversité des lépidoptères, forme des étudiants en Bolivie et au Pérou pour les aider à classifier leur extraordinaire patrimoine entomologique et se passionne pour les rapports humains dans son métier . Interview.

Comment devient-on entomologiste ?

Par passion ! Depuis toujours, la plupart des entomologistes sont autodidactes, sauf par exemple les spécialistes d’entomologie médicale qui sont souvent médecins de formation. Pour ma part, je viens d’une famille d’amoureux de la Nature : mes grands parents cultivaient des plantes rares et mon cousin m’envoyait régulièrement des papillons. Enfant, j’allais souvent au bois de Vincennes, à l’époque où les pesticides n’avaient pas encore tout ravagé et où l’on rencontrait encore de nombreux insectes. Et puis il y avait Deyrolle. Au début des années 1960, c’était un lieu fascinant où on pouvait passer des heures à observer les papillons, tirer les tiroirs… C’était la liberté ! En me privant, j’arrivais parfois à repartir avec un papillon dans une boîte. Le bonheur ! Après une maîtrise de physique, j’ai ensuite eu la chance de rencontrer des collectionneurs passionnés qui m’ont permis de partir en Amérique latine chasser des papillons pour leur compte. Lors de ces chasses nocturnes en Bolivie, au début des années 1980, j’ai pu découvrir une trentaine de nouvelles espèces. En 1982, j’ai posé ma candidature comme expert en histoire naturelle suite au décès de Monsieur Groult, l’ancien propriétaire de Deyrolle qui officiait à Drouot, et je suis devenu expert à 30 ans.

Aujourd’hui, en quoi consiste votre activité ?

J’étudie les problématiques de la biodiversité en Amérique latine, pour le compte de musées français, péruviens et boliviens. On redécouvre énormément d’orchidées, d’oiseaux et d’insectes dans ces pays, dont le potentiel est encore méconnu. Enormément de jeunes scientifiques en Amérique latine sont sensibilisés à ces questions et je les aide à mettre en place leurs travaux de recherche, par exemple dans le cadre du programme « Mariposas andinas » lancé par des musées occidentaux.

Où peut-on voir de beaux papillons ?

Chez Deyrolle ! Les collections d’insectes des muséums sont réservées aux chercheurs, et protégés de la lumière dans des tiroirs. Les couleurs des papillons s’estompent à la lumière vive et les bêtes exposées sont perdues pour la science, sauf pour les manifestations temporaires. Les pigments rouges de certaines variétés peuvent ainsi blanchir en quelques jours, contrairement aux ailes bleues des morpho, dont la couleur résulte de l’incidence du rayon lumineux. Mais le manque d’expositions d’insectes s’explique surtout par le manque de budgets : l’Histoire Naturelle est devenue le parent pauvre de la culture, alors qu’elle représentait un fondement de la connaissance au 19eme siècle.

Comment se porte le marché de l’entomologie ?

On compte quelques milliers de collectionneurs, qui se retrouvent dans les bourses et dans le réseau associatif, mais les ventes se font de plus en plus rares. Il s’agit essentiellement de ventes de succession. Les collectionneurs ont une démarche individualiste, qui exclut souvent les membres de la famille, ce qui explique que celle-ci préfère s’en débarrasser au moment de l’héritage ! Les pays anglo-saxons sont encore très férus d’entomologie, comme ils l’étaient de botanique et de sciences naturelles, mais l’essentiel des ventes à lieu en France.

Quelles sont les sommes en jeu ?

Les prix des insectes ont considérablement chuté depuis que les moyens d’accès vers les pays tropicaux ont été facilités. A la fin du 19eme siècle, les papillons, comme les orchidées, coûtaient de véritables fortunes. Des familles comme les Rothschild investissaient des sommes exorbitantes dans leurs collections, de l’ordre de plusieurs immeubles victoriens ! Aujourd’hui, un Ornithoptera rotschildi d’Indonésie vaut 40€, alors qu’il coûtait encore 4000F dans les années 1980. Les élevages, les techniques de collecte et les transports ont fait baisser les prix, et le marché s’est ouvert aux collectionneurs amateurs. Le record de vente des dix dernières années est un agrias, qui a atteint 70.000F, mais lors des ventes aux enchères, la grande majorité des lots part pour 100€ ou 200€.

Qui sont les collectionneurs de papillons ?

Il y a beaucoup de personnages passionnants et atypiques dans ce milieu, du simple amateur au scientifique plus exigeant. Certains ont une démarche très pointue, voire obsessionnelle, tandis que d’autres abordent l’entomologie en esthète. L’étrange beauté des insectes a toujours attirée les artistes, comme Breton et les surréalistes. Le rapport humain est très important dans mon métier, la façon de collectionner dit beaucoup sur la personnalité des collectionneurs.

Que répondre à ceux qui trouvent les collections de papillon désuètes ?

Qu’il existe toujours des milliers d’insectes inconnus et que la science a toujours besoin de collections entomologiques, avec des données biogéographiques précises, effectuées par GPS, pour comprendre et protéger la Nature.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui voudrait faire votre métier ?

Il n’y a pas de formation spécifique et les débouchés restent très limités, mais un diplôme en biologie me semble indispensable. Aujourd’hui, je conseillerai de se tourner vers l’entomologie agricole et les recherches de l’INRA, l’entomologie médicale mais aussi la systématique, grâce à la biologie moléculaire qui ouvre de nouveaux horizons de classification.Les problématiques sur les nuisibles et l’utilisation des insecticides sont de plus en plus passionnantes. Il existe aussi de nombreuses associations et d’excellents guides qui accompagnent l’amateur dans sa passion. Mais je conseillerais surtout de prendre du plaisir à observer la diversité de la nature !


Chasser le papillon rare à Drouot :

"La chasse aux papillons ? Un art plus difficile qu'il n'y paraît !" s'exclame l'expert Gilbert Lachaume. En effet, les plus fascinants lépidoptères vivent de préférence dans de lointaines contrées, souvent dangereuses d'accès. Et leur traque demande de solides connaissances ainsi qu'une patience à toute épreuve. Les plus discrets ne sortent guère qu'une heure par jour. D'autres, ultra-casaniers, élisent domicile à la cime des arbres pour ne plus en bouger. Enfin, certains se déplacent à une telle vitesse qu'il est pratiquement impossible de les attraper en vol. Pour toutes ces raisons, le prix des papillons et autres insectes exotiques est longtemps resté prohibitif. Au début du siècle, seuls quelques amateurs fortunés pouvaient se les offrir. Depuis une trentaine d'années, la démocratisation des voyages et l'apparition de techniques de chasse plus performantes ont entraîné une baisse très sensible des prix. Conséquence : lors des ventes d'entomologie menées régulièrement à Drouot, des lots composés d'une dizaine de papillons (ou d'autres insectes...) s'enlèvent couramment à partir de 1000 F. Une aubaine pour les collectionneurs.
Bon à savoir : les prix dépendent avant tout de la rareté. Du coup, toutes sortes d'espèces hautes en couleurs, mais fréquentes sur le marché, demeurent très abordables. Comme les scarabées d'or (Rutelinae !), originaires d'Amérique Centrale, véritables petits bijoux aux reflets métallisés d'or blanc, vert, jaune pâle ou feu. Si vous êtes amateur, comptez environ 3 000 F pour une vitrine enfermant six spécimens.
Autres insectes de toute beauté, les curieuses sauterelles-feuilles. Reines du mimétisme, aux ailes fines comme du papier à cigarette, elles prennent des formes de feuilles, aux coloris subtils. En raison de leur grande fragilité, il est bien rare de les trouver intactes. Ce qui explique leur prix relativement élevé : de 3 000 à 5 000 F la boîte de six.
Si vous préférez les papillons, vous serez sans doute frappé par le bleu intense des ailes du morpho. Particularité de ce prince des forêts tropicales d'Amérique du sud : sa couleur dite "physique" est uniquement liée à la réflexion de la lumière sur ses écailles. De fait, elle varie selon son orientation du mauve au bleu-vert, au bleu électrique, en passant par des tonalités plus assourdies.
Très répandu, ce magnifique insecte se vend environ 50 F pièce; à condition toutefois qu'il s'agisse du mâle d'une espèce commune; car la femelle vaut dix fois plus. L'explication ? : le mâle multiplie les activités et se déplace énormément; ce qui l'expose à être rapidement capturé; en revanche, la femelle se cantonne aux parages de la plante nourricière et on la rencontre peu. Ce schéma parfaitement conventionnel, concerne d'ailleurs peu ou prou toutes les familles de lépidoptères. Sachez enfin qu'un morpho hermaphrodite, peu fréquent, se négocie autour de 3 000 à 4 000 F.
Exercice de haut vol :
Cependant, certains papillons rarissimes peuvent parfois... s'envoler au delà de 10 000 F. Le 6 mai dernier, un Papilio werneri partait à Drouot pour la coquette somme de 15 000 F. Pourtant ce spécimen, relativement terne avec ses ailes sombres légèrement marquées de bleu et d'orangé, ne paie pas de mine; seule son extrême rareté explique sa valeur. sa capture reste un exercice hautement périlleux : p. werneri vit en Colombie, dans une région bien peu hospitalière où la guérilla des FARC sévit, la pluie tombe en abondance et, pour couronner le tout, l'insecte se plaît exclusivement au sommet des arbres...
Autre prix record, certes nettement plus ancien, mais néanmoins significatif : en 1966, un Papilio allotei était disputé jusqu'à 10 500 F, toujours à Drouot; ce qui représente 66 000 F actuels. "Aujourd'hui encore, cet hybride naturel entre deux espèces partirait à prix d'or !" commente Gilbert Lachaume. A condition de le retrouver !
Si les collectionneurs à l'esprit scientifique s'attachent uniquement aux espèces rares, d'autres se montrent avant tout sensibles à la richesse décorative des ensembles présentés; d'où la convoitise suscitée par certaines boîtes offrant des compositions particulièrement éblouissantes; un point qui contribue bien sûr à la montée des enchères. Tout comme la taille des sujets mis en vente; il existe, à l'intérieur d'une même famille, des variations d'envergure parfois très importantes; en raison de leur côté spectaculaire, les spécimens géants sont nettement plus prisés.
Autre élément à prendre en considération, l'état de conservation des insectes, très variable d'un lot à l'autre, qui peut entraîner des écarts de prix importants. Mieux vaut éviter d'acheter des sujets en mauvais état ou réparés avec les moyens du bord. Une fois la boîte ouverte, une observation attentive permet de repérer une patte recollée ou une aile restaurée à l'aide d'un fragment prélevé sur un autre spécimen.
Pour les conserver en beauté :
En dépit de leur apparente fragilité, papillons et autres insectes peuvent fort bien se conserver durant de longues années. Pour preuve, des milliers de boîtes détenues par des musées datant des 3 derniers siècles.
Cependant, pour leur garder tout leur éclat, quelques précautions s'imposent. Prenez soin, tout d'abord, de les installer au sec; l'humidité provoque l'apparition de moisissures entraînant des dommages irrémédiables. Ensuite, n'oubliez pas de placer à l'intérieur des vitrines un produit antiparasite (feuillet antimite, naphtaline...), à renouveler chaque année. Méfiez-vous également de l'exposition prolongée à la lumière; celle-ci risque fort de ternir les couleurs dites "chimiques", c'est à dire les rouges, les bruns et les jaunes. Les couleurs "physiques", comme le bleu caractéristique des morphos, se révèlent plus résistantes. Vous pourrez donc parfaitement exposer une boîte emplie de morphos dans un endroit bien éclairé; mais c'est l'exception qui confirme la règle...
Quelle que soit la beauté de votre collection, n'espérez pas trop la disperser un jour en effectuant une plus-value substancielle : ce domaine en marge des modes n'a rien de spéculatif; seuls les ensembles constitués au début du vingtième siècle se revendent aujourd'hui à bon prix. Rassembler "insectes" et papillons exotiques reste donc avant tout un plaisir.

(un article de Noëlle Joly dans "Investir Magazine" de septembre 1999)


Un paradis des papillons :

En Equateur, sur 1 km² de forêt tropicale,volent 1700 espèces de papillons? C'est ce que viennent de découvrir deux entomologistes américains; ils ont étudié ,entre autres, l'Anteros kupris , au vol très rapide, qui vit sur la canopée à la recherche de partenaires; ou Anteros renaldus ♂, dont les pattes semblent ornées de petits pompons. Certains imitent l'apparence d'espèces dangereuses pour se protéger des prédateurs; ces imitations ne sont pas toujours parfaites; c'est le cas pour le Stalachtis phaedusa. Un Oleria quadrata ♂, aux ailes transparentes, butine un Aster; cette fleur contient des alcaloïdes qui donnent au papillon un goût désagréable; le mâle transmettra cette protection à la femelle lors de l'accouplement.


Arguments en faveur du gradualisme :

Ces dernières années, de magnifiques transformations anagénétiques lentes et graduelles de séries d'espèces ont été observées par les paléontologistes. On apprend que, contrairement à ce que l'on a cru longtemps, les espèces voisines se croisent facilement dans un si grand pourcentage de cas, en donnant des descendants fertiles (ce qui remet sérieusement en question la notion même d'espèce...), qu'il est impossible de penser que leur constitution ait été souvent un phénomène brusque. De très nombreuses observations sont là confirmant ce gradualisme de la spéciation. La spéciation est en général un phénomène continu de vitesse très variable, ce qui à peut-être parfois trompé les partisans du ponctualisme.

(D'après M. Delsol, 1995).


Les équilibres ponctués, ça existe aussi :

L'évolution n'est pas un long fleuve tranquille d'où émergent, millénaires après millénaires, les espèces nouvelles. Elle peut aussi s'emballer : un lézard de l'Adriatique en apporte une preuve des plus éclatantes. 36 années ont suffi pour changer notablement la morphologie et les moeurs du petit reptile,   
Les lézards Podarcis sicula de l'île de Pod Mracaru ne ressemblent plus à leurs ancêtres restés sur un autre îlot croate. En 36 ans, l'évolution a été fulgurante. Des mensurations précises le confirment : ils sont plus grands d'environ 6 mm, leurs pattes plus courtes, ralentissent leur course, leur tête est plus large et plus longue. pourquoi ces transformations ? A cause de leur nouveau régime alimentaire, révélé par des lavages d'estomac : jusque là principalement insectivores, ils mangent désormais des plantes fibreuses; une nourriture plus abondante qui les a fait grandir et rendus plus paresseux et plus paisibles.
mais aussi, découverte extraordinaire, le doter d'un organe digestif totalement nouveau ! Certes, il ne s'agit pas encore d'une nouvelle espèce; mais cette découverte n'en confirme pas moins que, contrairement à ce que les biologistes pensaient encore il y a un demi-siècle, "l'évolution peut être très rapide, sur des échelles de temps écologiques visibles par l'homme" ....
Gould avait donc vu juste : Si cette fulgurance biologique passionne les biologistes de terrain, c'est aussi que sa portée théorique n'est pas négligeable; car elle confirme de façon éclatante la clairvoyance des célèbres paléontologues américains Stephen Jay Gould et Niles Eldredge; en 1972, les 2 compères avaient jeté un pavé dans la mare en affirmant que l'évolution fonctionnait par à-coups et non par une accumulation lente et imperceptible de changements. Dans cette théorie dite des "équilibres ponctués", les petites populations isolées en périphérie de l'habitat "normal" de l'espèce jouent un rôle moteur; constamment sur le fil du rasoir écologique dans un milieu à la limite des tolérances de l'espèce, ces populations subissent une pression intense et doivent s'adapter très vite, formant de nouvelles espèces. ....

(Ce très bon article complet dans le "Science et Vie" d'août 2008)


Le péril "jaune" :

asian_longhorn1Des quartiers résidentiels de Chicago et New York sont envahis actuellement par le longicorne asiatique Anoplophora glabripennis, coléoptère qui a été trouvé également, en moins grand nombre, dans des entrepôts de 12 états. Cette espèce proviendrait de Chine et aurait été introduite avec le bois de cageots et de palettes utilisés pour l'emballage et la manutention de divers produits d'importation. Les dégâts sont tels que les Etats-Unis exigent que les chinois traitent toutes leurs caisses d'emballage avant exportation, le département d'état américain de l'agriculture redoutant une acclimatation sur certains arbres des forêts américaines. Les agences de presse chinoises indiquent que ces mesures entravent fortement le commerce entre les deux pays, déjà atteint par la crise asiatique.

(The Economist, 1998)


Classé X :

En 1896, Henri Gadeau de Kerville publie un article sur l'observation de moeurs pédérastes chez les hannetons; l'auteur signale qu'il y a deux sortes de pédérastie : la pédérastie par nécessité qui résulte du simple manque de femelles et la pédérastie par goût quand l'accouplement entre mâles se produit en présence de femelles ...!
L'auteur donne ensuite des détails croustillants observés chez ces hannetons : ces aimables insectes se livrent tout d'abord à quelques préliminaires; le mâle jouant le rôle actif monte sur le dos du mâle passif et l'étreint de ses pattes, puis se renverse sur le dos, les pattes plus ou moins repliées; ils ne tardent pas à passer à l'acte et l'auteur nous révèle, dessin à l'appui que "celui qui jouait le rôle actif dans la copulation avait son pénis solidement engagé dans le cloaque de l'autre mâle..."!
L'auteur signale en outre qu'une des premières observations de pédérastie chez les hannetons est due à l'Abbé Maze, en 1884, qui, après avoir longuement médité sur le sujet, présenta une communication à la Sorbonne, publiée dans le Journal Officiel (sans doute dans le but d'un appel à la protection des bonnes moeurs...!).
 


L'entomologie criminelle :

"Cependant, si la biologie moléculaire est devenue un outil essentiel, des disciplines plus classiques continuent d’apporter leur contribution. C’est, de façon surprenante, le cas de l’entomologie, science qui étudie les insectes. La première affaire criminelle résolue avec l’aide des insectes date du treizième siècle en Chine lorsqu’un assassin fut trahi par les mouches attirées par l’arme du crime, sa faucille. Toutefois, les bases de l’entomologie criminelle ont été posées en France à la fin du dix-neuvième siècle par le vétérinaire Jean Pierre Mégnin (1828-1905) qui publia en 1894 La Faune des cadavres. Dans cet ouvrage, il décrivait les huit vagues d’insectes qui se succèdent sur les cadavres en décomposition et dont l’étude permet de dater, souvent précisément, la date de la mort. Un autre chercheur, Yovanovitch, avait publié dès 1888 des planches en couleurs décrivant ces animaux nécrophages trouvés sur les cadavres. Depuis cette époque, les connaissances se sont affinées, notamment par l’utilisation de modèles animaux. Aux États-Unis, il existe même une Body farm (ferme des cadavres) où ces phénomènes sont étudiés directement sur des cadavres humains placés dans différentes conditions alors qu’en France on préfère utiliser des cadavres de porc considéré comme un modèle fiable."

A visiter : http://www.univ-ubs.fr/ecologie/necrophages.html


Combien d'espèces d'insectes, combien d'espèces de Coléos. ? :

"Les insectes, ainsi que d'autres arthropodes terrestres, sont si importants que s'ils disparaissaient, l'humanité ne pourrait probablement pas durer plus de quelques mois. La plupart des amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères connaîtraient l'extinction à peu près dans le même délai. Ensuite disparaîtrait la plus grande partie des plantes à fleurs, et avec elle la base physique de la plupart des forêts et des autres habitats terrestres du monde. La surface des continents se mettrait littéralement à pourrir. Tandis que la végétation morte s'entasserait et se dessécherait, ce qui stopperait les cycles des substances alimentaires, d'autres formes complexes de végétation mourraient, et avec elles, presque tous les vertébrés terrestres. Les champignons, après avoir connu une explosion formidable, déclineraient rapidement, et la plus grande partie de leurs espèces disparaîtraient. La surface des continents reprendrait approximativement l'aspect qu'elle avait au début du paléozoïque : le sol serait recouvert d'un tapis de végétation pollinisée par les vents, parsemé de petits bouquets d'arbrisseaux et de buissons, et largement dépourvu de toute vie animale.
Générateurs de vie, les arthropodes nous entourent donc de toutes parts, sans que nous sachions leur nombre exact. Il y a beaucoup plus d'espèces que les 875 000 ayant reçu un nom scientifique à ce jour. En 1952, Curtis Sabrosky, qui travaillait pour le ministère américain de l'Agriculture, avança l'hypothèse, sur la base du flot de nouvelles espèces qui se déverse sans arrêt dans les muséums, qu'il devait y avoir environ 10 000 000 d'espèces d'insectes, la biodiversité des autres arthropodes restant inconnue. En 1982, Terry Erwin tripla la mise, estimant qu'il devait y avoir 30 000 000 d'espèces d'arthropodes, dont une grande majorité d'insectes, rien que dans la forêt tropicale. La plus grande partie de cette biodiversité se trouve dans la canopée. Cet étage de feuilles et de branches, au niveau duquel se réalise la plus grande partie de la photosynthèse, était déja connu pour sa richesse en variétés d'animaux. Cependant, il était resté inaccessible, à cause de la hauteur des arbres, de la surface libre des troncs, et des essaims de fourmis et de guêpes qui attendent les grimpeurs à tous les niveaux.
Pour surmonter ces difficultés, les entomologistes ont mis au point la technique de la"bombe insecticide", consistant à envoyer, dans la cime des arbres depuis le sol un nuage d'insecticide à action rapide, chassant les arthropodes de leurs cachettes et les tuant. Ce protocole a été utilisé par Erwin en Amérique centrale et méridionale, au cours d'interventions surtout nocturnes. Marchant le soir dans la forêt tropicale humide, ils choisissaient un arbre, disposaient en dessous de lui une série de bâches en entonnoir d'un mètre de large, reliées à des flacons partiellement remplis d'alcool à 70%, liquide généralement employé pour la conservation des spécimens. Le matin suivant, avant l'aube, au moment où le vent tombait, l'équipe envoyait l'insecticide en l'air grâce à une sorte de canon, et ceci, pendant plusieurs minutes. Puis les chercheurs attendaient pendant cinq heures, tandis que les arthropodes morts ou en train de mourir tombaient en pluie par milliers, nombre d'entre eux étant recueillis dans les entonnoirs. pour finir, les spécimens ainsi collectés, étaient triés, grossièrement classés en fonction des grands groupes taxonomiques et envoyés à des spécialistes pour être étudiés de plus près.
Erwin lui-même a fait l'étude des coléoptères du couvert; il a effectué quelques dénombrements sur un petit échantillon de forêt vierge du Panama, puis par extrapolations successives, il a avancé une estimation du nombre total des espèces d'arthropodes qui sont peut-être présentes dans les forêts tropicales du monde entier. Il a donc recensé 163 espèces de coléoptères vivant exclusivement dans la couronne des arbres d'une seule espèce d'arbre, Luehea seemannii, une légumineuse. Il existe à peu près 50 000 espèces d'arbres tropicaux en tout, de sorte que si Luehea seemannii est un exemple moyen, le nombre total des espèces de coléos. tropicaux habitant le couvert forestier serait de 8 150 000. Les coléoptères représentant environ 40% du total des arthropodes. Si cette proportion est la même dans tout le couvert tropical, le nombre d'espèces dans cet habitat doit être environ de 20 000 000 ; comme il y a environ deux fois plus d'espèces d'arthropodes dans le couvert de la forêt vierge que sur le sol, le nombre total d'espèces pourrait bien être de l'ordre de 30 000 000 pour la seule zone tropicale humide...".

("La Diversité de la Vie" de l'éminent Edward O. Wilson)

Plus récemment : Une étude semblable mais plus récente, menée cette fois dans une forêt équatoriale humide de Nouvelle-Guinée, porte cette estimation à 4 millions d'espèces d'insectes seulement. Cette équipe de chercheurs a observé que la monophagie stricte, c'est à dire la consommation par un insecte d'une seule espèce végétale, reste rare. L'extrapolation est ainsi bien plus modérée. Il resterait quand même plus de 3 millions d'insectes à décrire et à nommer. Les entomologistes ont encore du pain sur la planche.

A peu près la même information : Une étude lancée par la NSF (National Science Foundation) et publiée dans Nature relance donc le débat en avançant un chiffre de seulement 4 à 6 millions; les recherches ont été basées sur des données relatives aux rapports entre 900 espèces d'insectes et 51 espèces de plantes des forêts de Nouvelle-Guinée. A l'aide de savantes équations intégrant données écologiques et génétiques, les chercheurs sont arrivés à ce nombre réduit par rapport aux estimations précédentes.

Ces chiffres, très théoriques, risquent malheureusement de ne jamais être atteints. En effet, les riches forêts tropicales où se concentrent les plus gros bataillons des insectes sont partout surexploitées pour le bois et pour laisser la place à de médiocres terres agricoles devant la pression démographique engendrée par l'augmentation (intolérable) de la population mondiale. Chaque jour qui passe, des dizaines d'espèces d'insectes, mais aussi d'autres animaux, de plantes, de champignons, de bactéries disparaissent à jamais. On dit que lorsque meurt un Ancien en Afrique, terre de culture orale, c'est une bibliothèque qui brûle. C'est un peu la même chose quand disparaît une espèce vivante. L'agencement original de son matériel génétique, résultat de centaines de millions d'années d'évolution, disparaît à jamais. Cette érosion régulière de la biodiversité, sans comparaison par son ampleur avec les grandes extinctions de la fin de l'ère primaire et de l'ère secondaire, est l'un des signes majeurs de l'influence négative de la pression humaine sur la biosphère dont nous dépendons pour vivre.

Qu'on arrête de se multiplier !!

Qu'on arrête de persécuter les entomologistes qui essayent de capturer et de décrire le plus grand nombre d'espèces avant qu'elles ne disparaissent !!


Avec près de 350 000 espèces recensées, les coléoptères représentent plus de 25% des formes de vie sur la planète. Les raisons qui expliquent cette étonnante diversité font l’objet de multiples recherches.

 

Mieux vaut éviter d’étudier trop longtemps la classification des coléoptères sinon la migraine risque de poindre vu le fouillis organisé qu’y règne : pas moins de  4 sous-ordres, 17 superfamilles et 168 familles !!! Et les distinctions entre un grand nombre de ces groupes ne sont pas tout à fait claires. Afin de remettre un peu d’ordre dans ce fatras, une équipe de l’Imperial College de Londres et du Museum d'histoire naturelle a comparé le patrimoine génétique de près de 2000 espèces recouvrant 80% des familles de coléoptères. Les scientifiques ont ainsi pu reconstruire un nouvel arbre évolutif regroupant espèces actuelles et fossiles.

Si ce nouveau classement n’a pas profondément modifié le précédent issu de données morphologiques et anatomiques, il bat néanmoins en brèche l’idée selon laquelle l’extraordinaire diversité des coléoptères serait due à l’apparition des plantes à fleurs (il y a 140 millions d’années) qui auraient offert abris et nourriture en abondance à ces insectes. En effet, il apparaît que de nombreuses lignées de coléoptères modernes sont apparues bien avant autour de 300 millions d’années avant notre ère, à peu près à la même époque que les dinosaures.

Le grand nombre d’espèces de coléoptères s’expliquerait plutôt par une importante survie des premières lignées ainsi par une grande adaptabilité leur permettant d’occuper une importante variété de niches écologiques. Lors de l’apparition des premières plantes à fleurs, il existait déjà une centaine de variétés modernes de coléoptères. Le rôle des plantes n’est pas encore élucidé mais elles ont très certainement contribué à la spéciation des espèces et à leur évolution, tant d’insectes dépendent des plantes qu’il existe forcément un lien entre elles et les coléoptères.

Ce nouvel « arbre généalogique » fait l’objet d’un article publié aujourd’hui dans la revue Science. L’analyse de l’évolution des coléoptères est un élément important de compréhension du vivant. Elle procure des pistes aux spécialistes qui étudient la biodiversité et la structure évolutive des espèces. Avec 300 millions d’années d’histoire, ils ont de quoi faire…

 


 

Combien d'espèces d'insectes en Europe ? Et en France ?

On compterait environ 50 000 espèces en Europe et 36 000 en France.
En France
, environ 9 500 espèces de coléos (100 de Coccinelles, 1 000 de Charençons), 8 000 espèces d'hyménos (plus de 1 000 espèces d'abeilles ...), 6 500 espèces de diptères, 5 000 espèces de lépidos (seulement 250 de jour ...), 3500 d'hémiptères, 90 espèces de libellules. 112 espèces sont protégées.
(Et 1500 espèces d'araignées en France).


Une journée mémorable :

Ce fut le 14 août 1944. Donc, quelques jours seulement avant l'entrée dans Paris des troupes alliées.
A l'époque, quelques bons amis lépidoptéristes et moi, nous efforcions d'utiliser systématiquement nos fins de semaine, ou autres jours de liberté, à des excursions entomologiques aux environs de Paris. Les seuls moyens de transport étaient alors le train et la byciclette.
"A quelque chose malheur est bon !" ... dit le proverbe, et de fait, on ne rencontrait pratiquement personne dans ces déplacements. La nature était belle, intacte, et les saisons de ces années 1942-1950 ont laissé en moyenne des souvenirs entomologiques très satisfaisants
toujours est-il que ce fameux 14 août régnait une activité militaire assez exceptionnelle, notamment dans le domaine aérien. D'importants mouvements des troupes d'occupation avaient lieu vers l'est, et la veille - si mes souvenirs sont exacts- nous fûmes avisés que seule la gare de Lyon serait ouverte au public le lendemain, les 5 autres grandes gares devant restées fermées.
Or, il s'agissait par ailleurs d'une date parfaite pour nous rendre compte si le fond du champ de tir de Fontainebleau hébergeait toujours - entre autres choses - la lycène idas armoricana Oberthür. Ce fut également l'avis de mes bons amis : le Dr. Henri Oberthür, son beau-frère, Georges Carlioz, et Gérard Nobel tous trois disparus aujourd'hui hélas !! ...
Aussi gagnâmes-nous tous les quatre, au jour dit, la gare de Lyon sur nos vélos que nous déposâmes à la consigne avant de prendre l'unique train quittant Paris ce jour-là, avec Fontainebleau pour terminus (et qui, fort heureusement, devait nous ramener le soir !! ...). Il n'y avait presque personne ... et nous ne pouvions nous empêcher de regarder ce qui se passait dans le ciel !! ...
Arrivés à Melun, le train roulait au ralenti, et à moins de 100 m de la voie, la queue d'un avion de chasse Messerschmidt tout fumant, sortait d'un petit pavillon, sur lequel il venait visiblement de s'écraser ! Dieu veuille que les habitants du pavillon aient été absents ! ...
A Fontainebleau, nous gagnâmes rapidement le carrefour de l'Obélisque pour prendre à droite la route de Malesherbes, laquelle coupe le champ de tir. La circulation militaire était assez intense. entre le carrefour et le champ de tir - espace alors boisé - deux escouades de fusils mitrailleurs étaient "enterrées" en position de tir de chaque côté de la route, et défendaient, en direction de Malesherbes, l'accès du carrefour. un sous-officier s'exerçait au revolver sur de vieilles boîtes de conserve placées sur une souche à quelques mètres de là.
 Je dois avouer que lorsque nous les dépassâmes avec nos filets à papillons déployés, nous nous jetâmes un coup d'oeil en coulisse, nous sentant un peu gênés, et nous attendant vaguement à être interpellés ... Mais il n'en fut rien. Nous tournâmes à droite 100 m plus loin, dans le champ de tir vers les buttes, là où nous comptions trouver nos bestioles. Il faisait une de ces belles journées d'été, sans grands nuages, et la densité des papillons était vraiment très élevée ... mais l'activité aérienne de l'aviation de chasse était continuelle et l'on entendait régulièrement les rafales de mitrailleuses - oh ! combien rapides ! - de combats aériens. La forêt devait flamber certainement un peu, car de là où nous étions, on voyait dans deux directions s'élever au loin des colonnes de fumée ...
Quoi qu'il en soit, ceux que nous étions venus chercher étaient au rendez-vous, qui plus est en parfaite condition. D'autres spécialités du lieu comme les satyres hermione et statilinus, ainsi que l'arethusa, étaient également présents, le premier aux femelles encore acceptables. De très belles femelles syngrapha de la lycène corindon étaient nombreuses ainsi que d'autres espèces de la saison. Mais la capture la meilleure - et innatendue ! - fut certainement l'hespérie cirsii Rambur, que nous n'avions jamais rencontrée encore aux environs de Paris, et dont je contemplais, surpris, un beau spécimen dans mon filet !! ... A ce moment précis, un crépitement suraigu de mitrailleuses d'avion éclata à quelques cinquante mètres au dessus de nous, à la lisière de la forêt où nous nous trouvions, et nous eûmes à peine la vision fugitive d'une silhouette d'avion de chasse en poursuivant probablement un autre au ras des arbres dans un fracas assourdissant !!!
 "Il faudrait tout de même qu'il y en ait un de nous qui surveille les "taxis" !!! ..." , phrase textuelle - et indignée - prononcée alors sans rire par Nobel, lequel venait de capturer lui aussi, à sa grande surprise, un autre cirsii ! ... Personne, bien entendu ne se soucia pour autant des "taxis" ! ... Il faut dire que 8 jours plus tôt - le 7 août exactement - Nobel et Oberthür, prospectant le plateau de St. Mamès, près de Moret, s'étaient brusquement trouvés dans la trajectoire d'un chasseur américain "Lightning" descendu en rase-mottes mitrailler leur train resté sur une voie de garage, à quelques centaines de mètres de là. Mes amis avaient donc exécuté un superbe plat ventre avec un ensemble parfait et sont rentrés le soir dans un train jonché d'éclats de verre !
Pour en revenir aux cirsii, Nobel et moi eûmes la chance, dans la journée, d'en reprendre chacun trois exemplaires mâles. Ils sont tous aujourd'hui dans ma collection avec, du reste, toutes les Hespérides de la Collection de Gérard Nobel, ami charmant, compagnon parfait et lépidoptériste très habile
Vers midi, nous étions revenus au début de l'agglomération dans un petit restaurant qui nous avait assuré le matin pouvoir nous servir quelque chose pour compléter nos bien maigres provisions. L'endroit était bourré de militaires, plus occupés à regarder leurs cartes et à se rafraîchir qu'à nous prêter attention. Pour notre part, nous nous sentions très détendus, voire même passablement gais ! ...
Après déjeuner nous sommes retournés au champ de tir. Les fusils mitrailleurs et leurs servants étaient toujours en place, attendant l'assaillant. Le gradé avait disparu.
Notre après midi fut euphorique. C'est alors que nous complétâmes les deux cirsii du matin et fîmes quelques bonnes captures, y compris, bien sûr, la lycène idas armoricana au pied des buttes de tir, où elle était abondante.
Nous étions assez éloignés de la gare de Fontainebleau, et nous n'étions pas très sûrs de pouvoir revenir à Paris. Aussi, nous arrachâmes-nous à ce merveilleux endroit pour arriver à la gare une heure après.
Nous n'avions plus éprouvé d'alertes nécessitant "la surveillance des taxis ", sauf peut-être une ?? ... Je ne m'en souviens plus.
Ce dont je me souviens très bien par contre, c'est d'avoir, ainsi que mes amis, récupéré nos vélos après 21h à la gare de Lyon et d'être revenus rive droite par les quais, mis soudain à sens unique par les occupants dont les véhicules roulaient sur quatre rangs en sens inverse du nôtre, tous feux éteints (comme nous, du reste !...). Je n'ai jamais entendu autant de jurons et d'imprécations germaniques pour nous éviter dans une demi-obscurité ! Comment sommes-nous arrivés intacts place de La Concorde ?? Je l'ignore ! ... Toujours est-il que nous avons tous les quatre dormi dans notre lit.
Ce fut vraiment une journée mémorable !... A tous points de vue !!

(De notre cher H. de Toulgoët ...)
 


L'origine des coléoptères :

Au commencement, et ce commencement se situe au Permien inférieur, il y a quelque 200 000 000 d'années, après des tâtonnements qui n'ont semble-t-il pas laissé de descendants, de vrais coléoptères apparaissent pour la première fois en Asie centrale. Tel est la leçon que nous apporte pour l'instant la paléontologie.
Ces premiers coléos. appartiennent au sous-ordre des Archostemata qui ne compte plus qu'un faible nombre de représentants vivants.
Au Trias, les gisements de la même région fournissent encore une proportion importante d'Archostémates (plus de 50%...) et, parmi ceux-ci, la famille des Cupédidae domine nettement. Ainsi à Djajlyaucho, on a pu reconnître la présnce de 29 espèces de Cupédides, 16 espèces de Schizophorides (réparties en dix genres, ce qui marque déjà une considérable diversification), quelques Tricoléides, Adémosynides et Canitides. Mais à cet étage, à côté des Archostémates, les deux autres sous -ordres principaux constituant aujourd'hui, pour l'essentiel, l'ordre des Coléos., apparaissent : les Adéphages sont alors connus par des Carabides et des Trachypachyides; les Polyphages par des Elatériformes (Protoagrypnides et Préélatérides).
A partir du Jurassique moyen d'Asie centrale, et surtout du Jurassique supérieur, un changement brutal semble se manifester. Certes les Archostémates sont encore nombreux (10% des restes retrouvés au Kazakhstan), avec toujours une nette domination des Cupédides, mais ils sont manifestement en régression. Les Adéphages se diversifient, avec l'apparition, dès le Jurassique moyen, des Parahygrobiides, des Coptoclavides et des Gyrinides, tous trois aquatiques; ils en viennent à former 10% de l'ensemble de la faune au Jurassique supérieur.
A ce moment, les Polyphages sont en pleine expansion et on peut y reconnaître des Staphyliniformes, des Elatériformes, des Cucujiformes, des Scarabéiformes et des représentants des Cléroides, des Chrysomélides et des Curculionides, avec des Eubélides.
Après ce premier saut qualitatif, un nouveau seuil de rupture est constaté en Sibérie, au Crétacé inférieur : on retrouve bien encore des Coptoclavides parmi les Adéphages, mais les Polyphages sont beaucoup plus diversifiés, avec la brutale multiplication des Scarabéoides et l'apparition, sous des formes bien reconnaissables, de la plupart des familles actuelles. On peut admettre qu'à la fin du Crétacé, la faune des Coléos. est résolument moderne.
Alors que les faunes permienne et jurassique n'étaient connues que de stations peu nombreuses et assez localisées, la faune crétacée, elle, est présente sur toute la surface de la Terre.
On peut donc considérer que, prise dans son sens actuel, l'expansion de l'ordre des Coléoptères s'est produite à partir du Crétacé moyen.

Les découvertes récentes de la Biologie Moléculaire tendent à prouver que les insectes ont une parenté étroite, non plus avec les Myriapodes, mais avec les crustacés; les premiers insectes seraient donc des crustacés adaptés à la vie terrestre ...


Un dinosaure insectivore :

On apprend la découverte d'un dinosaure insectivore; Masakiasaurus knopfleri , ou "le dinosaure vicieux du fondateur de Dire Straits", sur les airs duquel (!!) ce fossile aurait été découvert à Madagascar. Ce "monstre" (bien qu'il ne mesure que 1,80 m de long ...) de la fin du Crétacé présente 4 dents très proéminentes à l'extrémité de sa mâchoire, dont 2 sont presque horizontales; ce qui fait dire à ses découvreurs qu'on aurait affaire à un dinosaure insectivore. Ce qu'admet bien volontiers notre confrère philippe Taquet et qui nous rassure sur "l'effet média" que cette découverte pourrait présenter. Cette découverte , la première dans le monde prolifique des dinosaures, tendrait à prouver qu'au Crétacé l'entomofaune était suffisamment diversifiée et riche pour subvenir aux besoins énergétiques de tels animaux.

("Libération" du 25 janvier 2001)


Un indien philosophe :

Nous n'avions plus maintenant qu'un seul marin, le Mamaluco, qui, en dépit de ses dispositions acariâtres, travaillait bien lorsqu'il n'était pas sous l'influence du cachaça - Chose qui lui arriva deux ou trois fois quand il profitait de mon absence pour puiser à ma dame-jeanne - . Son aspect déjeté était une preuve de l'amour immodéré qu'il portait habituellement aux boissons fortes. Philosophe à sa manière, il me divertit souvent de ses vues cyniques sur la vie. Il paraissait alors aussi "désillusionné" qu'un roué de la ville ou que l'Ecclésiaste lui-même. Un soir, couché sur le pont, il regardait un cafard qui se débattait pour se libérer de sa vieille enveloppe. Lorsqu'il y parvint finalement, il paraissait faible et titubant mais propre et blanc comme un sou neuf. Notre Maître Jacques éprouva alors le besoin de moraliser :
-"Comment se fait-il que presque tous les animaux, à l'exception de l'homme, renouvellent, à des saisons données, leur jeunesse et leur beauté ? Les oiseaux muent, les serpents changent de peau, même ce misérable petit "bicho", ce cafard, rejette son ancienne peau. Tous deviennent ainsi aussi beaux et magnifiques qu'aux jours de leur jeunesse; mais nous, - et il jeta un regard désolé à sa vieille main toute ridée - nous devenons chaque année plus laids et plus fanés, et cette peau dans laquelle nous sommes nés doit nous servir jusqu'à l'heure de notre mort ".

("Voyage au Rio Negro" de l'illustre Richard Spruce)


Les voitures aussi, tuent les insectes, ou, les voitures tuent aussi les insectes... :

Compte tenu du réseau routier et du parc automobile, l'utilisation des plaques engluées a permis de montrer que plus de 66 billions d'insectes (66 000 000 000 000...) peuvent être tués chaque année par collision avec les voitures sur les seules routes de France. A ce premier chiffre, il faut ajouter environ 40 tonnes d'insectes tués et projetés sur les bas côtés. Ce chiffre, compte tenu de la disparition et du renouvellement des cadavres, peut être multiplié par quatre ou cinq pour l'année, ce qui représente 120 à 200 tonnes de matière animale déposée annuellement. La période de la journée au cours de laquelle les insectes sont les plus vulnérables se situe dans la tranche horaire 13-18 h. La mortalité est plus élevée en zone boisée qu'en zone cultivée ou urbaine.

A la suite d'une initiative de la Société Royale de Protection des Oiseaux, un projet intitulé Big Bug Count a été lancé et 40 000 anglais se sont ingéniés à compter les insectes écrasés sur leur plaque minéralogique. Cette étude est destinée à vérifier l'observation de la raréfaction des insectes et des oiseaux insectivores en Grande-Bretagne. ("Le Figaro" du 16 septembre 2004)


Distraction :

Ensure, assureur britannique, a calculé (par extrapolation d’une enquête faite auprès d’un millier de personnes) que les insectes sont responsables de 650 000 accidents d’auto par an, en distrayant les conducteurs. La présence d’un insecte dans la voiture perturbe 75% d’entre eux. 4% pilent, 21% lâchent le volant d’une main pour tenter d’évacuer l’intrus (sans freiner, eux). La guêpe fait plus peur que frelon (52 contre 14%).
La bonne réaction, si l’on ne supporte pas ce genre de compagnon de voyage, est de s’arrêter et d’ouvrir les vitres, le tout calmement. La prévention : rouler climatisé.
Ensure vend un filet (moustiquaire renforcée) à poser à la place de la vitre ouverte.
 


Un coléoptère plutôt "chameau" :

Un Ténébrionide Stenocara sp., habitant le désert de Namib, filtre le brouillard du matin au moyen de ses élytres pour recueillir des gouttelettes d'eau : encore un magnifique exemple d'adaptation !


Un "scarabée" détecteur d'incendies :

Le Buprestide Melanophila acuminata repère les feux jusqu'à 80 km de distance en détectant les rayons infra-rouges émis par le bois en combustion.


Chaud sapin :

Leptoglossus occidentalis (Hem. Coréidé) ponctionne les graines des conifères. Cette punaise détecte à distance les cônes en formation grâce à des récepteurs sensibles à l’infrarouge. En effet, les cônes sont plus chauds que les aiguilles – ils conservent mieux la chaleur du jour et sont le siège d’un métabolisme plus élevé. On connaît de nombreuses plantes qui produisent de la chaleur au niveau de leurs fleurs : leur parfum attirant pour les pollinisateurs est renforcé. Les Coléoptères pyrophiles, comme le Bupreste pyromètre, Melanophila acuminata, repèrent les bois incendiés aux IR émis, de même que des punaises hématophages comme Triatoma ou Rhodnius (Hém. Réduviidés) trouvent le vertébré à sang chaud.
C’est la première fois qu’on met en évidence ce genre de détecteur chez un insecte phytophage.


La Nature est vraiment bien faite !

Stable comme un fil d'araignée : les araignées ne tournoient jamais au bout de leur fil, comme il arrive parfois aux alpinistes ou spéléologues suspendus à une corde. Le fil reste stable grâce à une propriété de la structure moléculaire de la soie qui lui fait reprendre en souplesse sa forme initiale; il est doté d'une "auto-mémoire de forme", comme viennent de le montrer des chercheurs du laboratoire de physique des lasers (CNRS, Université de Rennes). Le fil amortit les forces de torsion et, s'il a été tordu, il reprend de lui-même sa forme initiale, sans imprimer au poids qu'il supporte l'amplitude d'un mouvement de balancier. cette caractéristique est vitale pour l'araignée; en restant stable, elle échappe aux perturbations ambiantes et n'attire pas l'attention des éventuels prédateurs.

("Nature" du jeudi 30 mars, repris par "le Figaro" du Mardi noir, très noir ...).


Insectes plongeurs :

Une équipe américaine vient de montrer (2008) comment s'y prennent certains insectes pour respirer sous l'eau en emprisonnant une bulle d'air. Plus les poils implantés sur le plastron sont rapprochés, plus la bulle résiste à de fortes pressions, autorisant les plus téméraires à plonger au-delà de 30m !



Un exemple de lutte biologique intéressant :

Le delta du fleuve Sénégal a été totalement recouvert par la "fougère d'eau" Salvinia molesta, algue verte prolifique, introduite accidentellement en 1999 et qui menaçait de détruire la totalité de la flore et de la faune. L'arrachage n'ayant donné aucun résultat, les chercheurs se sont tournés vers une solution efficace trouvée en Afrique du Sud où cette algue sévissait aussi : l'utilisation du Curculionidae Cyrtobagous salvinae, originaire du Brésil et ennemi naturel de l'algue. Un millier d'individus a été envoyé à une station biologique à des fins d'élevage; puis des lâchers ont été réalisés dans le fleuve à partir d'avril 2001; l'algue a déjà fortement régressé depuis et seules des poches de résistance persistent aujourd'hui ...


Le rôle de la lumière lunaire :

Une équipe composée de chercheurs suédois et sud-africains a montré que le scarabéide rouleur africain Scarabeus zambesianus utilise avec profit la polarisation de la lumière émise par la lune pour s'orienter et ainsi enfouir plus rapidement sa boule d'excréments en suivant un chemin rectiligne.
Nul doute que de autres nombreux insectes utilisent également la lumière lunaire pour s'orienter...


Pas si drôle que ça... :

Un beau soir d'été, à la tombée de la nuit, un ami polyomélitique tétraplégique se promenait sur une petite route de la Creuse, en compagnie de son épouse. Sa main gauche, posée sur le levier de commande de son fauteuil, fut à un moment chatouillée par un insecte, puis un second et bientôt une bonne dizaine. A l'examen, il s'agissait de vers luisants mâles, attirés par le petit voyant lumineux vert (7 à 8 mm de diamètre) du boîtier de commande du fauteuil, qu'ils avaient pris pour l'abdomen fluorescent de leurs femelles.

J. Porcher dans le bulletin de l'Acorep, numéro 20


Pratiques "lesbiennes" :

Les femelles d'une espèce de Curculionide d'Amérique centrale, Diaprepes abbeviatus, s'accouplent entre elles devant des mâles, prétendant potentiels auxquels cette vision doit "donner des idées" et qui, pour pouvoir alors s'accoupler à la femelle "d'en bas", doivent d'abord repousser la femelle "d'en haut" !

("AFP Sciences", numéro 1209, d'octobre 1999)


Un petit insecte grandira t-il au cours de sa vie ?

Non; lorsque un insecte est adulte, sa taille et ses couleurs sont définitives (chez certains insectes, il faut quelques heures pour que les couleurs définitives s'établissent à la sortie de la nymphe ...). Une minuscule mouche n'est donc pas un "bébé" de mouche, mais une toute petite espèce de mouche; et elle ne grandira pas plus !


La gay-pride des punaises :

La littérature scientifique précise que le mâle de la punaise des lits (Cimex lectularius ou Cimex hemipterus) "serait transporté par un rut d'une intensité incroyable, par une fureur amoureuse, vers la femelle autour de laquelle il tourne à toute vitesse, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre...". Mais il saute aussi sur tout ce qui bouge, enfonçant son pénis perforateur indifféremment à travers l'exosquelette d'autres mâles (50% des cas), dans des femelles (30%; il serait donc plutôt "pédé"...) et même dans des animaux "étrangers" dont certains individus ne s'en remettent jamais !
(d'après "Le stress du bigorneau" d'Isabelle Brisson, chez Plon)


L'amour vache :

Chez Callosobruchus maculatus (une bruche...), la copulation n'est pas vraiment une partie de plaisir; le mâle, au pénis hérissé de picots, lacère l'appareil génital de la femelle; cette dernière, dotée de pattes arrières robustes, se débarrasse alors de son partenaire en ruant violemment mais, une fois fécondée, sa durée de vie n'est plus que de 10 jours au lieu d'un mois ...

(d'après un "Science et Avenir" de décembre 2000)


Tout est relatif... :

Deux mouches sont en train de dîner sur un superbe étron; l'une des deux pète; l'autre : "T'exagères; pas en mangeant !! "


Le coin du philosophe :

"Tous ceux qui ont eu la bonne fortune d'être mordus par la passion de l'Histoire Naturelle, savent l'ivresse de la recherche et le chant intérieur au moment de la trouvaille. Alors les grincements aigres des soucis se taisent. L'hymne de la joie prend possession de l'âme. Il ne faut pas négliger cette source précieuse, puisque, comme le dit le vieux Golaud dans Pelléas :
- "De la joie, on n'en a pas tous les jours..."
En vérité, celui qui sait regarder la Nature n'est jamais seul. Il ne connaît jamais le verbe s'ennuyer. Il peut être abandonné par ses camarades (ndlr amère : ou "lâché" par une quelconque bourrique...), trahi par le temps, il trouvera toujours autour d'une cabane abandonnée de quoi être heureux."

(Dr. J. Poucel dans "le Coléoptériste")


Success story : honey

Tout le monde a entendu parler de ce monsieur qui s'est fait une célébrité en élevant depuis 20 ans des abeilles sur le toit de l'Opéra Garnier. Peu d'entre nous savent en revanche qu'il y a été attiré par un copain pompier qui élevait lui-même des truites dans les sous-sols ...
 


Chat alors !

On connaissait les poissons-chats, voilà les chats-oiseaux. Une chinoise a en effet récemment déclaré que deux "ailes",   longues de plusieurs centimètres, avaient poussé sur le dos de son chat. Au départ, il n'y avait que deux bosses sur le dos de l'animal, qui n'auraient pas tardé à se développer, formant 2 appendices comparables à des ailes. Les cas de "chats ailés", bien que rares, sont connus des scientifiques, qui les identifient parfois comme de longues bourres de poils, et dans d'autres cas comme des mutations génétiques !


Il faut choisir le bon venin... :

Une équipe de scientifiques de l'Université de Californie vient de découvrir que les scorpions disposent de deux sortes de venin pour piquer leurs proies ou leurs agresseurs : d'abord une "prétoxine" qui cause de violentes douleurs chez le piqué, puis le véritable venin, souvent mortel. L'explication serait que la prétoxine, à base de sels de potassium, serait facile à produire par le scorpion, alors que le venin létal est composé de protéines et de peptides dont la production est épuisante pour l'arachnide. Du coup, le scorpion tenterait de paralyser d'abord sa proie avec la prétoxine et ne recourrait au deuxième venin qu'en cas de besoin. Conseil pratique des chercheurs : si jamais vous vous faites piquer, regardez bien la goutte qui perle de son dard : si elle est translucide vous aurez très mal mais la vie sauve, et si elle est plus épaisse, vous allez mourir...

("Marianne" de la fin janvier 2003)


Amitiés particulières chez les mouches en chaleur :

On ne prend pas les mouches homos avec du vinaigre, mais avec des neurones chauffées à bloc !
C'est ce que vient de démontrer le Pr. Toshiro Kitamoto, qui a introduit un gène mutant, sensible à la température, dans les petites têtes des drosophiles viriles; à chaud, le gène en question coupe la sécrétion d'un transmetteur chimique, ce qui a pour effet d'interrompre les communications entre des neurones spécifiques; à partir de 30 degrés C, les mâles qui n'avaient de gros yeux que pour les femelles commencent subitement à s'intéresser à des congénères du même sexe et à battre de l'aile... Remises au frais, les mouches reprennent très vite leurs esprits et leurs comportements sexuels hétéros; c'est que le gène mutant n'affecte que provisoirement les nerfs du goût que les mouches ont dans la tête et sur les gambettes; des nerfs qui, en temps normal, bloquent l'attirance entre insectes du même sexe en censurant les signaux aphrodisiaques émis par la gent masculine sous forme de phéromones. Toshiro, du Service de neurosciences du centre médical de City of Hope, fait valoir qu'à la différence des autres études menées sur le même délicat sujet qui, elles, induisaient des comportements homos irréversibles, ses propres manipulations provoquent un "rapport mâle-mâle" qui pouvait "être activé ou désactivé" à volonté en jetant des chauds et des froids...
Une recherche de fond qui montre que, pour devenir gays, les mouches doivent fréquenter assidûment les saunas !

("Marianne" de fin septembre 2002)


L'homme ne pèse pas beaucoup plus lourd qu'une mouche :

C'est l'un des enseignements important de l'exploration du gênome humain : le patrimoine héréditaire de l'homme n'est guère plus important que celui d'une mouche ou d'une petite souris; environ 25 000 gênes ont été identifiés par le consortium de chercheurs internationaux qui a rendu publique la carte achevée du gênome humain; c'est à peine plus qu'un banal ver de terre qui possède environ 19 000 gênes ou qu'une mouche qui en possède près de 13 600. Pourtant, au début du projet de séquençage - il y a bientôt quatorze ans - , les chercheurs estimaient que l'homme possédait 100 000 gênes; puis ce chiffre a été revu à la baisse pour atteindre 80 000; au final, l'homme n'aurait qu'une poignée de gênes différents de ceux de la mouche du vinaigre..."Nous recevons une grande leçon d'humilité, ironisait hier J. M. Claverie, directeur de recherches au CNRS. La complexité de l'homme ne viendrait pas en fait du nombre de ses gênes mais de leur organisation et de la façon qu'il a de les utiliser ensemble". Tout l'enjeu pour les chercheurs va donc être de définir la fonction de chacun de ces 25 000 gênes et donc de comprendre comment ils s'assemblent les uns avec les autres.

(France Soir du 11 avril 2003)


Vive le cafard géant de compagnie ! :

CANBERRA (Reuters) - Les Australiens adoptent de plus en plus souvent des cafards géants comme animaux domestiques à la place des chats ou des chiens, qui nécessitent plus d'espace et de soins. (rrhhaa !! berk berk berk !! des cafards !!) 
 Selon des professionnels australiens de la vente d'animaux de compagnie, la demande pour les insectes, et plus particulièrement les cafards géants, a augmenté au cours des cinq dernières années avec la baisse de la taille des logements.  
 "Il faut reconnaître que ce sont des animaux de compagnie un peu hors-du-commun (oui en effet !), mais les enfants peuvent jouer avec eux sans se faire mal et ils nécessitent très peu d'attention" (re-berk !! et les enfants les caressent comme les chiens ? ils leur font des ptits bisous et tout ?? rrrhhhaa re-re-berk !!), a déclaré John Olive, un des plus importants fournisseurs de cafards géants en Australie. (au moins ça créé des emplois...) 
 Les amateurs australiens de cafards ont jeté leur dévolu sur le plus gros cafard géant du monde, le cafard creuseur ou cafard rhinocéros, originaire de l'Etat australien du Queensland, dans le nord-est du pays. (ben oui, autant prendre le plus monstrueux des cafards !! re-re-re-berk !!!) 
 Adultes, les bestioles atteignent la taille de la paume d'une main (c'est ignoble !! re-re-re-re-berk !), soit environ 80 millimètres et pèsent 35 grammes. Elles vivent jusqu'à 10 ans. 
 Bien que la tendance soit relativement nouvelle en Australie, le marché des insectes vivants a toujours été important au Japon où des scarabées sont disponibles dans certains distributeurs automatiques. (?!! sont tarés ces japonais...)


Encore des cafards géants...! :

Des centaines de cafards africains géants vont être incinérés à Bangkok, maintenant que la police n'en a plus besoin comme "preuves" dans le cadre d'une enquête sur des trafics, a annoncé hier une responsable de la Santé. Ces cafards avaient été importés frauduleusement après leur interdiction en Thaïlande l'an dernier; à l'époque, objet d'un étrange phénomène de mode, les grands cafards africains, et notamment le "cafard sifflant de Madagascar", étaient devenus les animaux domestiques les plus en vogue chez les Siamois; les cafards africains, qui peuvent atteindre 10 cm de long et vivre 7 ans, s'étaient arrachés sur les marchés de Bangkok avant que les autorités n'interdisent leur vente. Les responsables de la Santé s'étaient en effet inquiétés des risques de propagation de la typhoïde et de la gastro-entérite que leur présence favoriserait.

(France Soir du 23 mai 2003)


Quand les poules auront des dents... :

Une équipe de chercheurs, conduite par un professeur de l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, est parvenue à faire pousser des dents aux poules après transplantation de cellules souches dentaires de souris; une réussite susceptibles d'ouvrir la voie à une révolution des soins dentaires...

(La Dépêche de Midi du 3/06/2003)


Je vois rouge !

Les hommes sont plus attirés par des femmes portant du rouge, tout comme les chimpanzés et les babouins, selon des travaux publiés hier (octobre 2008) et réalisés par des chercheurs de l'Université de Rochester. Si les effets aphrodisiaques du rouge sont en partie le produit d'un conditionnement sociétal, cette étude révèle que ceci s'explique probablement davantage par une réaction ayant des racines biologiques profondes. Les femelles babouins et chimpanzés rougissent lors de l'ovulation, ce qui constitue un message sexuel qui attire les mâles ...


Venin d'araignée, espoir :

La pariwixin 1, extraite du venin d'une araignée brésilienne, protègerait les cellules nerveuses de l'excès de glutamate responsable de la maladie d'Alzheimer, de la sclérose en plaques et de la schizophrénie chez le rat. Reste à Joachim Coutinho-Netto, de l'Université de São Paulo, à vérifier si c'est aussi le cas chez l'homme ...

(Le Point, n° 1868)


Mâle ou femelle ??

Chez la majorité des insectes, le mâle possède un seul chromosome X tandis que la femelle en possède 2; les mâles sont donc de type XY ou XO, si seul le chromosome X est présent. Chez les Hyménoptères, les mâles sont issus d'oeufs non fécondés, ils sont donc haploïdes et ne possèdent qu'un chromose X; chez la plupart des Lépidoptères, les femelles sont hétérogamiques (XY) et les mâles homogamiques (XX). L'importance du chromose X et de sa présence en un exemplaire unique ou en doublon dans le déterminisme du sexe explique en partie la prévalence des gynandromorphes chez les insectes; en effet la perte ou la non séparation des chromosomes X lors de certaines divisions cellulaires au tout début du développement embryonnaire peut déboucher sur la coexistence chez le même individu de lignées cellulaires de type femelle et mâle et à la production d'un imago gynandromorphe. Si l"évènement survient lors de première division, il en résultera un individu divisé en deux parties égales (gynandromorphe bipartie ou biparti); si l'évènement est plus tardif dans la vie embryonnaire, il débouche sur un individu en mosaïque où les territoires mâle et femelle sont distribués de façon plus complexe.
 Les exemples de gynandromorphes restent toutefois exceptionnels chez les insectes, même si on en connaît à travers de nombreux ordres. ... Chez les coléoptères, les exemples publiés sont relativement rares; différents exemples ont cependant été décrits ces dernières années; ils se recrutent évidemment parmi les espèces présentant un dimorphisme sexuel accentué (des Cétonidae, Lucanidae, Cerambycidae ...)... Mais de nombreuses espèces ont un dimorphisme sexuel faible ou même inexistant, ce qui rend l'observation des gynandromorphes très difficiles. Les exemples de gynandromorphes bipartites restent bien sûr les mieux illustrés ...


Un paradis des papillons :

Des mordus du lépidoptère viennent de créer le premier "jardin des papillons" à ciel ouvert de France, à Digne, afin d'étudier et faire connaître certains insectes largement ignorés du public. Sur quelque 260 espèces diurnes recensées en France, 200 sont présentes dans les Alpes-de-Haute-Provence, explique Nicolas Maurel, 37 ans, président de l'association "Proserpine", à l'origine du projet. Au delà de la chasse, interdite dans ce département depuis 1978, les papillons ont d'abord été victimes du recul de l'agriculture extensive. L'opération, dont le coût s'élève à 12 000 euros, "nous permet d'avoir un laboratoire grandeur nature dans lequel les spécialistes pourront étudier la biologie de ces papillons" et le public "découvrir leur richesse" tout en les protégeant, assure l'association.

(France Soir du 16/VI/2003)


Un nouvel ordre d'Insectes :

Le nombres des Ordres d'insectes actuels s'élevait jusqu'à présent à 30, les deux derniers décrits étant les Zoraptères (1913) et les Notoptères (1915); depuis plus rien....Olivier Zompro, du groupe d'écologie tropicale de l'Institut de Limnologie Max Plank de Plön (Allemagne) vient de décrire dans la célèbre revue américaine Science (du 19/IV/2002) un Ordre nouveau : les Mantophasmatodae, dont la morphologie les situerait à première vue entre les Mantes et les Phasmes. Le premier échantillon a d'abord été trouvé dans de l'ambre de la Baltique vieux de 45 millions d'années; puis des espèces bien vivantes ont été découvertes en Tanzanie et en Namibie. Une étude génétique est en cours pour étayer la validité de ce nouveau taxon qui laisse sceptiques certains spécialistes. La presse a largement fait écho de cette découverte...

("Le Coléoptériste" de juin 2002)


Des micro-antennes radars :

Au Canada, des chercheurs ont entrepris des études à grande échelle sur le Doryphore pour enregistrer ses déplacements en vol entre les champs de pommes de terre ou sur les lieux d'hibernation : pour cela, ils ont équipé leurs cobayes d'antennes servant de répondeurs radars; ils ont testé en chambre de vol à l'aide de fausses antennes (tronçons de 20 mm de fils métalliques...) le poids maximal qu'un doryphore pouvait supporter en vol sans être perturbé.

("Le Coléoptériste" de juin 2002)


Toujours le "pique-prune" :

Osmoderma eremita - Scarabée pique-pruneLe "pique-prune" fait de nouveau parler de lui dans la presse et sur les chaînes de télé : après avoir interrompu la construction de l'autoroute qui devait traverser la forêt de Bercé, l'Osmoderma eremita vole maintenant au secours d'habitants de plusieurs communes du Gers dont les terres sont menacées par l'élargissement des routes nécessaire au passage jusqu'à Toulouse des éléments du futur Airbus géant; ces propriétaires se sont aperçus de la présence sur leurs terres de vieux arbres hébergeant des colonies d'Osmodermes (de leurs larves, du moins...), insectes hautement protégés; ce qui a engendré une subite et inattendue prise de conscience pour les problèmes d'environnement...


Pas que le "pique-prune" ... ! :

Des opposants à la ligne à grande vitesse Bordeaux-Paris ont découvert sur le trajet, à Linars plus précisément, un insecte protégé, le Cérambycide bien connu Rosalia alpina et ont fait constater sa présence à l'ON de la Chasse de la Charente dont les représentants ont photographié des spécimens et ont transmis leur procès-verbal au préfet de la Charente ainsi qu'à la DIREN de la Région Poitou-Charente. La nouvelle inquiète la Société RFF (Réseau Ferré de France) qui affronte une contestation grandissante, les opposants estimant tenir là un argument pour le détournement de la ligne TGV ...


Une espèce qui s'accroche à la vie :

"Notre petit champion", c'est ainsi que Thomas Eisner, chercheur à l'Université de Cornell (Ithaca, Etat de New York), surnomme Hemisphaerota cyanea. Cet insecte puissant vit sur des feuilles de palmiers nains, où les fourmis tentent de le renverser. Mais, quand cette chrysomèle plante ses "pieds", munis de 60 000 poils adhésifs, sur une feuille, les fourmis sont bien en peine de le faire bouger. Sa force est à ce point phénoménale qu'il peut, par exemple, supporter une traction de 2 g, soit 150 fois son poids...

(National Geographic, Mai 2002)


Une force inexpliquée :

Le scarabéide Xyloryctes thestalus, équivalent nord-américain de notre Oryctes nasicornis national (le rhinocéros ...), a fait l'objet de recherches biomécaniques de la part d'un chercheur américain, R. Kram. Ces études rejoignent d'une certaine manière la mythologie en révélant que ce coléo est un véritable Hercule, capable de soulever 100 fois son propre poids tout en continuant son chemin et au prix d'une dépense d"énergie considérablement inférieure aux valeurs prévues.
Le "Guiness Book of World Records" affirmait en 1992 que certaines espèces pouvaient porter 850 fois leurs poids; les expériences de Kram sont venues à bout de telles affirmations fantaisistes mais montrent qu'un coléo peut donc soulever 100 fois son propre poids, chiffre déjà considérable.
Kram a conçu pour ses expériences un dispositif original, adapté à son sujet d'étude, le Xyloryctes restant un animal de labo peu banal ; il a collé une pièce de Velcro sur le dos du scarabée et une pièce identique sur une petite barre de bois recevant des charges de plus en plus lourdes à l'avant et à l'arrière de l'insecte, à la façon d'un porteur d'eau, pour équilibrer les charges ; l'insecte et son fardeau ont été ensuite placés sur un tapis roulant miniature, enfermé dans une boîte servant de respiromètre pour la mesure des échanges gazeux et de la consommation d'oxygène; l'insecte pesait 2,38g ; il a pu porter des charges considérables, jusqu'à 100 fois son poids, pour une consommation d'énergie 10 fois moindre que celle prévue d'après le modèle biomécanique établi. Ce système physiologique n'est pour l'instant pas élucidé et nécessitera des études approfondies du tissu musculaire et du métabolisme de l'insecte.
Ces observations rejoignent celles concernant notre Lucanus cervus dont les mâles, suspendus par leurs mandibules à un support, peuvent résister à la traction d'un poids de 200 g fixé à leur corps, ce qui équivaudrait à une charge de 10 tonnes pour un homme de 70 kg !!!

("La Recherche" de décembre 1996)


Pauvre douanier :

Un coléoptériste célèbre collectionnait, avec un collègue, les scarabéides dans les bouses à la frontière italienne. Il dut repasser la frontière pour revenir en France et il fut arrêté par les douaniers. Il faut alors dire qu'il ramassait les bouses qu'il mettait en vrac dans un sac, comptant le vider à l'hôtel pour en récupérer les insectes (pauvre hôtel ...). "Qu'avez vous là dedans ? ", lui demanda le douanier curieux. "De la merde", répondit l'entomologiste. "Soyez poli", lui demanda le douanier; et il demanda de nouveau, "Qu'avez-vous dans ce sac ?". "De la merde", répondit à nouveau l'entomologiste. "Suivez-moi au poste", dit le douanier. Les 2 entomologistes allèrent à la douane et le douanier insista pour leur faire ouvrir le sac. Notre collègue ouvrit le sac sur le bureau du douanier et déversa le contenu sur les papiers qui l'encombraient ! Tout ceci se termina quand même par un procès !


Insectes-médicaments :

L'entomologiste Roland Lupoli explore les forêts primaires de Guyane. Au cours d'un seul piégeage lumineux, il peut récolter plus de 150 espèces d'insectes différents, potentiellement intéressantes. Sa récolte nocturne rejoindra bientôt les laboratoires alsaciens d'une start-up en biotechnologies. Il reçoit également des sachets d'insectes utilisés en médecine traditionnelle chinoise...
Fin 1998, Entomed est créée; seules trois entreprises travaillent sur ce domaine dans le monde... A terme, il s'agit de comprendre quelles molécules entrent en jeu dans la défense des insectes, puis de les reproduire, les améliorer et les utiliser dans nos médicaments... Les espèces les plus intéressantes sont aposématiques : en cas de danger, elles cherchent à être vues; une façon de signaler à leurs prédateurs qu'elles ont des substances toxiques et qu'elles peuvent se défendre... Les insectes sont broyés, puis mis dans un solvant; après macération, les chimistes extraient quelques centilitres d'un liquide brunâtre; ils fractionnent ces extraits et les font réagir, in vitro, avec des cellules en culture; si l'une de ces fractions présente une activité antimicrobienne ou anticancéreuse, on cherche à savoir quelle molécule donne cette activité... Il faut environ douze mois pour détecter une molécule intéressante; 24 mois supplémentaires pour augmenter son activité au maximum; elle peut alors être brevetée....
"La diversité des plantes et des micro-organismes est exploitée depuis fort longtemps, mais se servir de la biodiversité des insectes pour créer des médicaments, c'est encore tout nouveau. Entre 1999 et 2002, nous avons travaillé sur les peptides; l'un d'eux est un antifongique, l'autre est efficace contre les infections nosocomiales"

("National geographic" de juillet 2004)


Une autre passion qui peut s'avérer mortelle :

Un apiculteur de 90 ans a survécu à un millier de piqûres d'abeilles après avoir renversé une ruche. Hermann Danner, apiculteur depuis 70 ans en Haute-Autriche, avait de par son métier une certaine accoutumance au venin des abeilles, ce qui lui a sans doute sauvé la vie.
Alors qu'il travaillait sans masque de protection la semaine dernière, il avait trébuché et atterri la tête la première dans l'une de ses ruches; attirées par le miel répandu sur son visage, et rendues particulièrement agressives par les chaudes températures de juillet, les abeilles ont attaqué l'homme pendant une demi-heure; jusqu'à ce qu'une voisine l'aperçoive et avertisse les services de secours qui le transportèrent immédiatement à l'hôpital. "Il y avait au moins 1000 piqûres" a raconté le médecin qui a mis une heure à extraire l'ensemble des dards avec l'aide de quatre assistants... "C'est comme un miracle; à son age, même quelques centaines de piqûres pouvaient être mortelles" a-t-il dit, ajoutant que le vieil homme avait subi "des douleurs presque insupportables"... Hermann a passé quatre journées en soins intensifs et sa vie a été un moment en danger; mais Hermann, qui doit quitter l'hôpital dans les prochains jours, n'a qu'une hâte : retourner auprès de ses abeilles.
"Je ne me priverai pas de ma passion", a-t-il affirmé sur son lit d'hôpital...!
(Dans "l'Entomologiste" de septembre 2004)


A Tingo Maria, dans les années 50, la vie ne valait pas cher :

Je suis hélé sur la route du village par un groupe de gens qui veulent venir avec moi (dans ma jeep) :
- Monsieur Daniel, tu peux nous prendre avec toi ? Nous et un petit cadavre ?
- Un quoi ?
- Un petit cadavre.
- Un quoi ? Mierda de mierda.
- Un petit cadavre; il est pas grand; il va pas t'encombrer; il pèse pas lourd.
Finalement, je conduis au village le petit cercueil, qui pue épouvantablement, et 5 ou 6 personnes complètement ivres qui rient à s'en décrocher la mâchoire. L'attitude devant la mort est quelque chose qui appartient en propre à chaque peuple. Là, il n'y a pas d'universalité.
Un autre jour, un péon vient me voir :
- Monsieur Daniel, Il faut que tu me prêtes de l'argent pour que j'achète des médicaments pour mon fils. Si tu ne veux pas, ça va me coûter plus cher.
- Comment ça, plus cher ?
- Si j'achète deux ampoules maintenant, ça me coûtera 20 soles; les enterrements coûtent de plus en plus cher; il faudra que j'achète au moins 2 ou 3 caisses de bière pour ne pas passer pour un ladre, et ensuite il y a le curé, puis le cimetière.
Je suis convaincu par cette démonstration et lui prête les 20 soles.
Une pauvre femme, après avoir été soignée à l'hôpital de Tingo, vient mourir à la plantation. Ses parents et amis pensent qu'elle a été mal soignée. Alors, ils l'emmitouflent dans des couvertures. Certains disent qu'elle est morte, d'autres qu'elle le sera bientôt; et ils partent pour le village, passablement éméchés, comme il convient dans de pareilles circonstances.
Arrivés là-bas, ils font le tour des endroits où on sert à boire, avec leur paquet qu'ils déposent chaque fois sur une chaise ou sur un banc. Tard dans la nuit, marchant difficilement; ils tournent quelque temps dans le village, cherchant la maison du médecin qui avait mal soignée - disaient-ils - la défunte. L'ayant trouvée, ils abandonnent leur paquet devant la porte de la maison ...

(Extrait du très bon livre "Tingo Maria au Pérou" de Daniel Salleron).
 


Dernière minute : les abeilles envahissent St. Girons !

….une collision s’est produite entre une voiture et une camionnette à plateau qui transportait une dizaine de ruches habitées ; le choc était très violent…Quant aux ruches renversées sur la chaussée et démantelées, elles laissaient échapper les essaims qui envahissaient aussitôt le quartier et les arbres environnants. Gendarmes, pompiers et agents de la DDE se mobilisaient pour sécuriser le site et mettre en place une déviation, le temps d’évacuer les 2 véhicules, de reconstituer les ruches sur lesquelles tournoyaient les abeilles et d’installer des panneaux invitant les automobilistes à fermer les vitres, tandis que l’accès était fortement déconseillé aux deux-roues et aux piétons. Sorti de l’hôpital, l’apiculteur a attendu le soir pour tenter de récupérer toutes ses abeilles…

(La Dépêche du Midi du 19 juin 2005)


La « mouche d’Espagne » :

C’est un petit coléoptère vert doré et brillant que l’on trouve en Espagne et dans le sud de la France (Lytta vesicatoria est en fait un Meloïde et non un Cantharide… !). Les élytres de ces insectes sont séchés et réduits en poudre, puis traités chimiquement pour en extraire un toxique appelé « cantharidine ».
On prétend qu’il suffit d’en verser quelques gouttes dans le verre de votre dulcinée : même si , jusque là, elle est restée de marbre devant toutes vos tentatives, elle est censée se transformer instantanément en insatiable obsédée sexuelle, vous implorant d’éteindre les feux de sa passion…Vous vous souvenez de l’histoire de ce type qui avait fait avaler quelques gouttes à une jeune femme et l’avait conduite devant un point de vue romantique en attendant les résultats : la belle s’était métamorphosée en nymphomane déchaînée et, ayant épuisé son amant après quatre assauts d’affilée, avait entrepris d’avoir un rapport sexuel avec le levier de vitesse de la voiture du monsieur… ! C’est une charmante histoire mais, sans doute, de la pure fiction…Voilà une version plus plausible : 10 minutes après l’ingestion, la jeune fille est prise de convulsions ; elle est conduite aux urgences et le jeune homme au cabanon ; si elle survit (50% de chances), ils s’en tirent bien ; si elle y passe, il est condamné pour homicide involontaire…
La cantharidine est vraiment un aphrodisiaque très efficace…pour les animaux de ferme ! Chez l’homme, la dose efficace et la dose mortelle sont très proches ; la cantharidine est très irritante ; une fois ingérée, elle descend dans les reins, passe dans l’urine et arrive à la vessie ; en chemin, elle brûle la tunique interne de la vessie et de l’urètre, et stimule par réflexe les organes génitaux ; chez les femmes, elle provoque l’érection du clitoris, l’engorgement des lèvres et un chatouillement vaginal ; chez les mâles, elle entraîne une érection intense et douloureuse…
(Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…)

Suite :
L'application d'infimes quantités de cantharide a pour effet immédiat de stimuler les reins. Des doses trop importantes peuvent s'avérer dangereuses, voire mortelle. Apparue dans l'antiquité, la cantharide ou mouche espagnole est d'abord séchée, broyée et réduite en poudre. Hippocrate préconisait déjà son emploi comme aphrodisiaque et les romains croyaient très fort à ses propriétés stimulantes. En effet, elle peut déclencher une forte érection par la présence d'un composé : la cantharidine. Une propriété que n'ignorait pas le marquis de Sade, grand libertin, qui se plaisait à offrir des biscuits chocolatés à la cantharide pour ses orgies.


La collection Oberthür :

La famille Oberthür est d’origine alsacienne. Le grand-père de René….contribua à mettre au point la « lithographie »…L’un de ses enfants, François-Charles…a l’idée de génie qui va changer le cours de sa vie et celle de ses descendants : il crée l’ « Almanach des Postes »…Pour des milliers de familles modestes, le « Calendrier des Postes » est le seul accès à l’art…Longtemps avant sa disparition, François-Charles avait associé ses deux fils, Charles et René, à son entreprise. Celle-ci emploie quelque 1000 personnes : l’imprimerie Oberthür, à Rennes, est l’une des entreprises les plus importantes de la région et la première imprimerie de France.
François-Charles était amateur de papillons, notamment lycènes et zygènes….dont il avait réuni une intéressante collection. Dès 1861, il la laisse à son aîné Charles… ; parallèlement, il offre à son cadet, René, quelques boîtes de coléoptères, rassemblés un peu au hasard ; cela décide de la vocation de ce dernier qui sera coléoptériste et entrera à la SEF en 1871…Les deux frères se livrent si sérieusement à leur passion que leurs collections prennent, en une vingtaine d’années, des proportions considérables. La maison familiale est envahie (on connaît…). En 1884, François-Charles décide de faire construire à côté de celle-ci un pavillon consacré à l’entomologie….Le soin du détail est poussé très loin : les céramiques des toilettes sont également ornées de motifs entomologiques ! Outre les deux frères, plusieurs préparateurs ou préparatrices surveillent, entretiennent et classent les collections que les deux frères cherchent à accroître le plus possible ; Pour cela, ils financent les voyageurs naturalistes de leur époque : …. En outre, ils concluent un marché avec les principales congrégations missionnaires : en échange de la fourniture gratuite de tous les imprimés nécessaires à leurs activités (bibles, missels, catéchismes, bulletins, lettres paroissiales…), les missionnaires devaient récolter, ou faire récolter par leurs ouailles, tous les insectes qui passaient à leur portée…
Outre les matériaux qu’il se procurait auprès des voyageurs et missionnaires, René Oberthür pratiqua une politique d’achats à grande échelle…Surtout, il pu acquérir presque toutes les grandes collections qui furent mises en vente pendant sa vie…
En 1925, à la mort de Charles, le Muséum de Paris ne put pas se rendre acquéreur de sa collection de papillons, qui partit…à Londres. Désormais, le bâtiment de Rennes fut entièrement à la disposition de René. On lui prête l’exclamation suivante, assez peu fraternelle et certainement apocryphe : « Enfin, je vais pouvoir m’occuper de papillons !»…Pendant toute sa vie, René Oberthür occupa la plus grande partie de ses loisirs à travailler à sa collection ; il supervisait lui-même l’étiquetage, la détermination et le classement ; pour faire identifier cet énorme matériel, il avait recours aux spécialistes de toute l’Europe…
Pendant la seconde guerre mondiale, le Dr. Georg Frey, lui-même (très grand…) collectionneur de coléoptères, qui était alors officier dans l’armée allemande, eut soin que le bâtiment abritant la collection soit convenablement chauffé et entretenu. René Oberthür décéda le 27 avril 1944…René Jeannel, Directeur du Laboratoire d’Entomologie du Muséum, avait toujours gardé un œil sur les collections des deux frères ; il n’avait pas apprécié le départ des papillons de Charles vers le British ; mais enfin, ce n’étaient « que des papillons »… ! Après la guerre, il fit tout son possible pour que l’énorme corpus de René, cette « Collection des Collections », suivant le mot de Frey, puisse entrer dans le patrimoine national . Encore une fois, les Anglais menaçaient….Mais Jeannel put obtenir le classement de l’ensemble au titre de « monument historique », ce qui empêchait la sortie du territoire français. L’achat fut alors négocié avec la famille pour 32 millions de francs de l’époque, montant raisonnable compte tenu de ce qu’avait coûté la collection (20 fois plus, soit quelque 600 millions, disait-on alors), mais qui ne put pas être réuni au Muséum avant 1951….Le 13 décembre 1952, elle faisait son entrée au Laboratoire d’Entomologie, où elle fut installée au troisième étage du 45 rue Buffon, aménagé pour l’occasion. A son arrivée, elle comptait quelque 20 000 boîtes et 15 armoires, le tout renfermant au moins 5 millions de spécimens, y compris des dizaines de milliers de types. Mais seule une moitié de cet ensemble formait une collection proprement dite…, l’autre moitié n’était qu’un immense « magasin », renfermant 2 à 3 millions de spécimens non identifiés et non classés…Enfin, une grande Exposition entomologique fut organisée au Muséum, de mai à septembre 1953, pour commémorer cet évènement. Elle fut inaugurée par le ministre de l’Education Nationale, M. André Marie, qui remit à Chopard la Légion d’honneur. Ce fut la première, la dernière et la seule fois que la République française célébra solennellement l’entomologie, les coléoptères, leurs collections et leurs collectionneurs…

(Dans « le Coléoptériste » de juin 2004, « René Oberthür (1852-1944) et sa collection » par Yves Cambefort ; j’invite les lecteurs à se procurer l’intégralité de cet excellent article…)


Lutte biologique :

Produisant 250 000 plantes par an, les serres municipales des Issards, à Albi, n’utilisent plus d’insecticides depuis mai 2004. La ville s’est lancée dans la « lutte biologique intégrée » pour laquelle « elle se montre précurseur » affiche Geneviève Parmentier, l’adjointe du maire aux espaces verts. Les ravageurs des végétaux sont combattus par des coccinelles qui mangent les pucerons (très connu…). Les services municipaux ont recours à d’autres auxiliaires naturels, comme les petites punaises vertes, également dévoreuses de pucerons, ou des petites guêpes qui pondent leurs œufs dedans…(moins connu…). Pour choisir la bonne arme en fonction du prédateur, la ville s’est adjointe le concours d’une ingénieure-conseil, Edith Mulhberger, du cabinet Hydroflor de St. Jory. Les « bêtes à Bon Dieu » sont expédiées à Albi dans des boîtes contenant du pop-corn, qui évite leur écrasement pendant le transport. L’expérience est étendue aux jardins du palais de la Berthie.

(La « Dépêche du Midi », juin 2005)


Au poste !

Le Professeur Jean Leclercq, spécialiste des Hyménoptères, se servait d’abri-bus comme d’un piège-fenêtre; il récoltait chaque année les insectes pris à l’intérieur de la cage vitrée lors de plusieurs visites annuelles…..manège suspect,….un pédophile?....., il fut intercepté lors de ses récoltes et dû longuement s’expliquer sur ses chasses entomologiques!


Le paradichlorobenzène est-il dangereux ? :

La cancérogénicité du produit a été étudiée chez le rat et la souris; administré par voie orale, il a produit des adénocarcinomes rénaux chez les rats mâles et des tumeurs hépatiques chez les souris des deux sexes. Il a aussi été testé par inhalation (plus intéressant pour nous ...!) dans ces 2 espèces et n'a pas augmenté la fréquence des tumeurs observées ; cependant, la durée d'exposition dans cette dernière étude était trop brève (56 à 76 semaines). plusieurs cas de leucémie ont été rapportés chez des travailleurs exposés au paradi..., sans qu'il soit possible d'établir un vrai rapport de cause à effet. Le Centre International de Recherche sur le Cancer considère qu'il n'y a pas de preuve de la cancérogénicité du produit pour l'espèce humaine, mais qu'en revanche, il y a des preuves suffisantes de sa cancérogénicité chez l'animal. Sur ces données, il propose de classer le paradichlorobenzène dans le groupe 2B des substances possiblement cancérogènes pour l'espèce humaine.
Quant à la créosote, elle serait plus dangereuse; le Centre International de Recherche sur le Cancer estime qu'il y a des preuves limitées de la cancérogénicité des créosotes dans l'espèce humaine mais que ces preuves sont suffisantes sur l'animal. Sur ces données, il a classé les créosotes dans le groupe 2A des substances probablement cancérogènes pour l'homme.
Conclusion : ne dormez pas dans une pièce où serait entreposée votre collection !
A moins évidemment que vos boîtes ne soient rigoureusement hermétiques.
 


 Halloween 2005 , une très sale blague…. :

Lundi 30 octobre 2005, je regagne mon village ariégeois après une semaine passée à Paris et à Beauvais (« Mondial de l’Insecte ») ; 19 h 30, je commence à vider ma voiture des multiples boîtes d’insectes qu’elle contient ; après une heure de va-et-vient, je me préoccupe de ma valise : disparue… ! Je fouille mon appartement et mon jardin, les alentours de la maison, rien… ; je téléphone à mes amis parisiens pour qu’ils vérifient que je ne l’ai pas laissée chez eux ou devant leur maison… ; je refais dans ma tête l’itinéraire de la journée, les arrêts essence et pipi…Je passe une très mauvaise nuit car elle contenait, outre mes vêtements et mes affaires de toilette, deux boîtes extrêmement précieuses, remplies de « types » des Muséums de Londres et Berlin (laissées pour photos à notre cher éditeur ...) : une vraie catastrophe… ! Au matin, je refouille la maison et ses alentours ; j’aperçois alors, en haut de ma rue, ma valise ouverte, les vêtements éparpillés autour et trempés par la pluie ; je me précipite : les boîtes ont disparu ; en fouillant les environs, je découvre un papier (qui emballait une des boîtes) accroché au grillage d’une maison ; comme un indice m’indiquant une direction à suivre… : les « Allées du Pouech » ; je fouille pendant une heure cette belle Promenade massatoise, les poubelles, le court de tennis, les bacs fleuris ; enfin, sur le dernier banc de la Promenade, les deux boîtes, posées, trempées… ; à l’intérieur, les insectes rarissimes avaient certes bougé mais été intacts… ! Quel soulagement !! Heureusement, nous ne sommes pas à Clichy/Bois… ! La « blague » était vraiment très « limite » et aurait pu avoir des conséquences désastreuses ; pour moi et pour la « Science »… ; une blague finalement assez « réfléchie » (si j’ose dire… !), aux limites responsabilité et irresponsabilité, qui semble bien, finalement, une blague d’adultes plus ou moins imbibés et un peu cons…!!
Après coup, j'ai reconstitué le déroulement des "évènements" : j'ai descendu la valise de la voiture et l'ai posée le temps de récupérer quelques lettres dans la boîte; n'ayant pas les clés, j'ai glissé les doigts dans la fente pour pincer les lettres; au moment de retirer les doigts, impossible, coincés (c'est le schéma du singe, de la grosse bouteille et de la banane dans la bouteille...!); fatigué et énervé, je tire stupidement et m'ouvre profondément le majeur; ça pisse le sang ; tellement, que j'abandonne la valise le temps d'aller nettoyer la plaie et les vêtements; c'est à ce moment qu'un petit malin l'a récupérée pour la monter en haut de la rue; des témoins l'ont vue, encore fermée, vers 21h; plus tard, un autre individu (ou plutôt un groupe) ont eu l'idée (mauvaise...) de l'ouvrir et d'échafauder le jeu de piste ...Quant à moi, dans l'affolement (la plaie était vraiment profonde et aurait justifié un point ou deux), impossible de me rappeler ce que j'avais fait de cette valise...!


Quelle méprise !

De Beauchamp écrivit un jour un livre sur les insectes de la plage, notamment les Aepus, ces coléoptères subaquatiques, et il l'intitula "Les grèves de Roscoff". L'Humanité en commanda une centaine, pensant qu'il s'agissait d'une étude sociologique sur les grèves à la gloire du génial Petit Père des Peuples !!


Les mygales de Jussieu :

Pour voir les mygales de Marie-louise Célerier, il faut quasiment se glisser sous les combles de l'université Pierre et Marie Curie; au huitième étage, face à la Seine et à Notre-Dame, on entre dans des locaux qui sentent le bois ciré et les vieux ouvrages; elle vous emplit le cerveau, cette atmosphère de bonne vieille recherche fondamentale qui survit en ces temps sombres où la "rentabilité" à court terme fait figure de divinité...
Poussez quelques portes cadenassées; et là, sur chaque table et chaque recoin d'étagères, des boîtes en plastique; dans chacune, une boule de poils; il y a des vives, petites comme des pièces de monnaie, et des pataudes, grosse comme un steak; au total, 300 mygales vivent ici; la gorge pique à cause des soies urticantes que les araignées répandent en se frottant le dos de leurs pattes; certaines sont là depuis 20 ans, la durée de vie d'une mygale. "On ne peut pas les mettre ensemble, sinon elles se mangent" explique le professeur.
Même s'il est tentant de fantasmer sur un scénario du genre "Arac attack à la fac", pas question de se faire peur; nous sommes au laboratoire "Fonctionnement et évolution des systèmes écologiques", unité mixte du CNRS et de Paris VI; mais la chercheuse fait aujourd'hui ses valises pour partir à la retraite, et l'université ne privilégiant pas les arachnides, l'élevage devra être euthanasié.
Etudier les araignées est un travail de fourmi; il faut d'abord les dénicher; Marie-Louise était la seule spécialiste française. "En 1971, j'ai ramené ma première araignée d'Afrique entre mes jambes dans l'avion"; la plupart des araignées sont nées ici, et "environ une centaine ont été apportées par les douanes à la suite de saisies".
Une grosse partie du travail concernait l'étude des mues annuelles; chacune étant pesée et mesurée. "Les mues permettent de comprendre le cycle de développement des araignées"; mais le thème le plus tendance concerne le venin; sans se laisser impressionnée par la position défensive de la mygale qui brandit ses pattes avant, Marie-Louise l'attrape par le dos - "Je me suis fait mordre une seule fois dans ma carrière; c'est très douloureux mais pas mortel" - Il faut ensuite placer un bâton sous les crochets de la bestiole pour voir sortir le fameux liquide.
   Et c'est là que je m'adresse à ceux qui se disent depuis le début que je cherche à les apitoyer sur des monstres dont ils n'ont que faire. Sache, lecteur dubitatif, que l'étude des araignées est utile. En montrant une mygale baptisée Psalmopoeus cambridgei, Marie-louise raconte pourquoi : "On a découvert que son venin contient une toxine qui s'attaque au parasite qui transmet le paludisme." Logique, après tout, car le venin contient des toxines à l'action paralysante. Dans le même registre, des chercheurs viennent de découvrir que le venin pourrait bloquer la prolifération des cellules cancéreuses; d'autres toxines agiraient sur les maladies cardiaques, et d'autres encore sur la douleur, en raison des anesthésiants présents dans le venin. Cette araignée que tu méprises, c'est peut-être elle qui te sauvera la vie.
Et malgré tout, on ne sait quasiment rien des médicaments que recèlent les sous-bois des forêts tropicales. "Sur 2500 espèces de mygales, on a des embryons de connaissances sur une centaine seulement"; sans oublier que chaque espèce possède un venin composé de centaines de toxines...dont, au mieux, seulement une ou deux ont été étudiées ! C'est dire l'univers qui reste à explorer...!
Un univers sur lequel, l'Université ferme ses portes. Ce n'est pas faute de jeunes chercheurs disposés à prendre le relais. Mais "tout le monde veut récupérer le local pour en faire autre chose". Bien sûr, le recherche est un processus dynamique, et tous les jours des thèmes disparaissent avec le départ à la retraite du chercheur qui les a portés, pendant que de nouveaux sujets démarrent.
Quand même, on peut regretter que les araignées soient tuées. Et ce n'est pas une question de sensiblerie. D'ailleurs, bien qu'une mygale vive plus longtemps qu'un chat, Marie-Louise ne voue pas de tendresse particulière à ces animaux qu'elle considère comme du "matériel" de recherche. Sauf que "ça fait de la peine de mettre à plat trente ans de boulot. En plus, c'est une question de respect de la vie".
Et aussi de budget. "Nous avons rédigé un projet de création d'un centre de ressources biologiques destiné à fournir des venins aux labos qui en ont besoin, mais nous n'avons pas eu gain de cause". Si elles ne trouvent pas repreneur, les mygales finiront dans un congélateur, où à - 40°, elles mourront en quelques secondes. (Là, j'en appelle à tous mes amis amateurs éleveurs de mygales pour essayer de les récupérer...).
Cette histoire illustre au moins deux points : d'abord, que le respect du vivant ne doit pas se mesurer à l'aune des critères anthropomorphiques de la sympathie que nous inspire tel ou tel animal; ensuite, que si la recherche publique ne voyait pas ses moyens financiers rétrécir d'année en année, elle n'en serait pas réduite à jeter à la poubelle des décennies de recherches originales.

("Charli Hebdo" du 18/01/2006)


Des poux dans la tête :

À Tours, une chercheuse, docteur en sciences, étudie la vie des poux, ces insectes passionnants et dévorants. Et comment l'éradiquer. Dans son labo, depuis plus de dix ans, elle répond aux nombreuses questions de ceux que le sujet démange.

Sous la lumière clinique d'un néon, des dessins d'enfants : des poux, en libre interprétation, des roses, des bleus, des rigolards. Et puis les remerciements d'une école maternelle. Une paillasse en carrelage blanc, un microscope au garde-à-vous. Moins de 15 m2, au fond de la fac de pharmacie de Tours. Nous sommes dans un des trois ou quatre laboratoires au monde qui élève des poux.
« C'est ici que ça se passe », dit Berthine Toubaté, ingénieure de recherche, en montrant le coin où s'empilent trois étuves. L'une affiche 28 °C, « la température où ils vivent normalement. Je les nourris le matin avec du sang de lapin ». Avant le week-end, ils sont placés dans l'étuve à 24°C, température qui ralentit leur métabolisme et leur permet de ne pas manger pendant deux jours. L'étuve du haut, à 34°C, sert aux éclosions.
« Ils », ce sont des poux, environ 10 000, conservés vivants dans des boîtes de Petri, ces boîtes rondes et plates utilisées en microbiologie. Des milliers de poux « qui passent le plus clair de leur temps à copuler dès qu'ils ont plus de 18 jours », lâche nonchalamment Berthine Toubaté. La majorité sont des poux de corps, élevés sur du tissu. On trouve aussi quelques poux de tête, accrochés à un cheveu ou deux, mais ils ne survivent pas longtemps loin d'une zone capillaire humaine et « franchement, je ne suis pas candidate à les cultiver sur moi », rigole Catherine Combescot-Lang.
Elle est la patronne du labo, 62 ans, tignasse frisée sympathique, « bavarde » toujours en mouvement. Une des trente scientifiques au monde spécialistes de cet insecte. Du pou, elle connaît le mode de vie, le cycle de reproduction, le degré de résistance. Elle peut affirmer, pour avoir étudié leurs enzymes et leurs chromosomes, que poux de corps et poux de tête présentent les mêmes caractéristiques. Les premiers, élevés au laboratoire, sont plus résistants que les seconds. Ils servent donc avantageusement à différents tests. Elle n'a pas fini la comparaison génétique des deux espèces : « Pas le temps, déjà, je ne dors presque plus ! » Elle répond aux sollicitations des industriels, écoles, particuliers, entre les enseignements qu'elle donne à l'université. En ce moment, elle compare l'efficacité de vingt produits anti-poux courants. Ses résultats sont très attendus...
Car le pou est devenu un phénomène de société. « Toute la journée, des gens m'appellent : « C'est horrible, comment m'en débarrasser ? » Dans un repas mondain ou dans le train, le sujet attise les questions. Parce que tout le monde a des problèmes de poux, que l'on soit PDG ou employé. » Bête noire des cours de récré, le pou intéresse. Le pou interpelle. Quelques spécimens suffisent en France à déclencher des phobies, « alors que dans de nombreux pays, plus de la moitié des gosses en ont, et parfois vingt à cent à chaque coup de peigne ! ». Chez nous, il fait pleurer les enfants : « Pour certains, c'est un drame. » L'autre jour, « on a traité mon fils de ' pouilleux '», lui a confié une mère désespérée. Le pou reste tabou.
C'est même une vraie question sociale, pense la chercheuse. « On ne peut pas travailler sur les poux sans travailler sur ce qu'il y a autour », affirme-t-elle en servant un café-gâteaux sur une table haute coincée entre son bureau et celui de Berthine. Elle file à son ordinateur : des courbes montrent la chute considérable de la pédiculose à Tours, 22 % des élèves dans les années 1990 à 3 % aujourd'hui. Remarquable. Mais parmi les enfants atteints, elle a fait ce constat : « Certaines catégories sociales plutôt ' favorisées ' ont passagèrement des poux, mais ne les gardent pas, alors que d'autres généralement ' défavorisées ', les gardent. »
Rien à voir avec l'hygiène. Qu'on se le tienne pour dit, le pou ne préfère pas les cheveux sales. C'est autre chose : « Qu'est-ce que quelques poux dans la chevelure d'un enfant par rapport au chômage chronique, à l'instabilité du ménage accablé de tracas multiples, entraînant des soucis d'argent ? » Les produits anti-poux coûtent cher, entre 12 et 17 € le flacon. Et comme la plupart des lotions ne tuent plus les lentes (oeufs), il faut trois applications, à une semaine d'intervalle, pour toute la famille, même nombreuse. Les poux creusent l'exclusion...
C'est d'ailleurs pour éviter une stigmatisation grandissante que Tours a décidé d'agir en 1985 : « Des parents menaçaient d'enlever leurs enfants de l'école si tel élève avait encore des poux », se souvient Jean-Pierre Cheneveau, inspecteur au service d'hygiène de la ville. Un programme d'observation des élèves a été développé depuis : une à trois visites par an, des réunions pour dédramatiser le sujet et même une « fête des poux ». Cette politique, exceptionnelle, profite de la proximité du laboratoire de recherche de Catherine Combescot-Lang.
« J'ai commencé mon élevage, vers 1992, dans le service de mon mari, peu avant sa retraite. Charles Combescot était professeur en parasitologie, ' le ' spécialiste des poux en France. » Au microscope, Berthine « chatouille le ventre » de quelques bébêtes, histoire de voir si elles vivent encore. Catherine reprend : « J'avais un faible pour les invertébrés, notamment les mollusques marins. » Mais Charles a ramené sur terre cette fille de biologistes, étudiante à Orsay, dont il a fait son assistante à Tours. Aujourd'hui, elle porte son labo à bout de bras. Que deviendra-t-il à sa retraite, dans deux ans ? Elle ne le sait pas. Le pou intéresse. Mais il ne paie pas toujours.
 


Au poste à nouveau :

Un brave entomologiste français qui s’occupait de collections de Coléoptères Silphidae au musée de Lille, voulait enrichir ce patrimoine et se mit à déposer en forêt des cadavres de petits animaux, qu’il trouvait sur le bord des routes, pour attirer les nécrophages (insectes qui mangent les cadavres). Manège suspect, le voici interpellé par les forces de l’ordre, accusé de pratiquer des rites «Vaudou» ou sataniques, il fut conduit au poste où il demeura plus de 24 heures, il fallut l’intervention du directeur du Musée pour le libérer!


Les tiques attaquent :

Au départ, cela ne ressemble à rien; tout au plus une petite piqûre dans les bois que l'on oublie bien rapidement. C'est par la suite que les choses se compliquent : un mois après, cela se transforme en une grosse tache rouge, accompagnée parfois de maux de tête, de raideurs articulaires, voire d'une immense fatigue. Et si aucun traitement à base d'antibiotiques n'est prescrit, la maladie peut devenir mortelle : atteinte cardiaque, méningite et même encéphalite.
Cette maladie terrible, appelée maladie de Lyme, provoque actuellement une véritable psychose en Allemagne : plus de trois millions et demi d'habitants en seraient menacés. Et surtout cette maladie peut mettre des mois à se déclarer.
Aux USA, par exemple, elle a été récemment classée maladie numéro 2 parmi les plus dangereuses, juste après le sida ! Une réaction irraisonnée certes, mais qui montre à quel point elle peut faire peur.
Le plus souvent, ces tiques se laissent tomber des arbres sur les promeneurs; ou s'accrochent aux vêtements à la traversée de hautes fougères. Minuscules au début - elles mesurent à peine 5 mm - elles gonflent ensuite jusqu'à atteindre cent fois leurs poids initial, et cela rien qu'en suçant le sang !
La maladie de Lyme n'a d'ailleurs été isolée que depuis une vingtaine d'années, dans un petit village des USA (Lyme) où une grande partie de la population souffrait d'arthrites mystérieuses. depuis on sait la traiter facilement, avec quelques antibiotiques classiques.
Le meilleur moyen pour s'en prévenir est de bien regarder ses bras, ses jambes et ses parties plus intimes, après une promenade en forêt, pour en enlever toutes les tiques à l'aide d'éther (ce qui les fait tomber ...). Mais en cas de doute, même quelques semaines plus tard, mieux vaut aller voir un médecin qui vous donnera le traitement approprié.
Les écologistes, les ramasseurs de champignons, tous les adeptes de promenades dans les bois sont désormais prévenus ... Certains experts estiment d'ailleurs que 50 000 Français seraient chaque année atteints par la maladie de Lyme.

Dernière nouvelle (novembre 2008): La chaleur incite les tiques du chien à s'en prendre à l'homme, annoncent des chercheurs français, qui publient aujourd'hui leurs travaux sur le site de la revue scientifique "PLoS Neglected Tropical Deseases". D'où un risque d'épidémies de maladies transmises par ces tiques en cas de réchauffement climatique. Les tiques sont des acariens qui se nourrissent du sang des animaux et peuvent parfois piquer l'homme, à qui ils pourraient transmettre des dizaines de pathologies comme la maladie de Lyme.


Beurk ... :

La peur des serpents et des araignées serait innée. Un héritage génétique de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, qui se méfiaient de leurs piqûres. Deux psychologues de l'Université de Virginie l'affirment après avoir constaté que des enfants de moins de 5 ans à qui on présente des images complexes repèrent quasi instantanément ces animaux. (Psychological Science).


Des joyaux ailés (qui sont des Rutelinae !):

C'est la tête dans les nuages, dans les forêts tropicales d'altitude du Honduras, que David Hawks et moi (Ronald D. Cave) traquons l'insecte aux mille feux. Tels des pêcheurs ayant jeté leurs filets, nous montons la garde auprès d'un drap de lit blanc étendu sur le sol et éclairé par des lampes; lorsque les scarabées s'y précipitent, c'est une pluie de couleurs qui s'abat sur le tissu.
Chrysina cupreomarginata.jpgNotre mission consiste à les récolter - afin d'estimer leur nombre, d'étudier leur écosystème et leur répartition. Dave m'a rejoint ici en 1992. Depuis, avec d'autres, nous avons découvert sept nouvelle espèces (de Chrysina ...) au Honduras et exhumé une huitième, considérée comme disparue.
Ces joyaux ailés ont aussi attiré l'attention des collectionneurs; la valeur d'un spécimen rouge vif peut atteindre 2000 F , tandis qu'un splendide doré vaut dans les 3500 F; certains conservateurs craignent que, avec leur tête ainsi mise à prix, les scarabées soient voués à une disparition certaine; un point de vue que notre étude ne validera pas forcément.
La chasse aux insectes ne ressemble en rien à un safari; des millions d'oeufs, de larves et autres pupes demeurent enfouis sous terre, tandis que seuls les adultes (les imagos) intéressent les collectionneurs; ce ne sont pas les passionnés d'entomologie qui menacent cependant le plus ces scarabées, mais la disparition de leur environnement à mesure que les forêts tropicales font place aux cultures. Selon nous, la récolte réglementée de ces joyaux par les habitants locaux - puis dans un avenir plus ou moins proche, la pratique de l'élevage - pourrait bien ralentir ce processus. En cas de développement de cette activité, il y a fort à parier que les habitants accordent davantage de valeur à une forêt peuplée de scarabées qu'à un lopin de terre nue.

(Extrait de l'excellent article de nos collègues américains paru dans le "National Geographic" de février 2001; accompagné de superbes photos; on peut voir certaines de ces photos dans ma rubrique "Galerie d'images")


Les plus petits insectes, des as de la miniaturisation :

L'exosquelette condamne les insectes à la petitesse. Les mouches et les guêpes parasites internes, limitées par la taille de leur hôte, rassemblent les plus petites espèces. Le mâle aptère d'une petite guêpe parasite mesure à peine 0,14 mm, 139 microns pour être précis ! Sa femelle est une géante en comparaison, avec ses 0,2 mm; ces minuscules animaux se développent dans les oeufs des psoques, des insectes proches des pucerons qui ne dépassent pas eux-mêmes quelques mm de long à l'âge adulte. Sachant que jusqu'à 3 mâles peuvent sortir d'un oeuf de psoque, on comprend que la limitation de ressource alimentaire ne leur autorise pas une croissance soutenue. Et pourtant, cette minuscule goutte de protéine permet la croissance de 3 merveilleuses petites machines vivantes en état de fonctionnement, respectant en tout point l'organisation complexe des insectes les plus gros...

("Les insectes petits mais costauds", chez Belin)


Chikungunya : les tribulations du "tigre asiatique" :

On l'a d'abord repéré en septembre, dans un jardin public de Menton; les lieux ont été traités, mais cela n'a pas suffi; début octobre, Aedes albopictus, également appelé le "tigre asiatique" en raison de son aspect zébré noir et blanc et de son agressivité - il pique le jour, surtout au crépuscule - était signalé dans d'autres quartiers de Menton, puis à Nice; depuis le froid a eu raison de lui; "les adultes meurent l'hiver, mais des oeufs peuvent subsister et éclore le moment venu; on le saura aux alentours de juillet" indique Christophe Lagneau, directeur du laboratoire de l'EID Méditerranée. Chaque année, il neutralise les larves de moustiques sur 300 000 hectares, de l'étang de Berre jusqu'à Cerbère. Culex ou Anophèles, tels sont les ennemis habituels. Mais depuis 2000, dans le cadre d'un partenariat entre les autres EID et le centre de démoustication de Martinique, les chasseurs de moustiques traquent aussi l'insecte vecteur de l'épidémie de chigunganya, la maladie qui sévit actuellement à La Réunion. "Ce moustique est présent dans le nord de l'Italie depuis le début des années 90; mais nous avons établi cette surveillance, à la demande de la Direction Générale de la Santé, après que des foyers ont été signalés dans l'Orne et dans la Vienne, en 1999" précise C. Lagneau. 
Tour du monde des pneus usagés : Comment diable "le tigre asiatique", originaire d'Asie comme son nom l'indique, est-il arrivé jusque-là ? Grâce aux voitures, plus exactement aux pneus usagés; "les femelles d'Aedes albopictus pondent en bordure de petites collections d'eau, telles que l'on peut en trouver dans ces pneus usagés lorsqu'ils sont exposés à l'air libre; les larves voyagent ensuite avec les pneus", explique C. Lagneau. Le moustique a donc trouvé avec ce commerce des pneus un moyen de transport idéal, qui l'aide à effectuer son tour du monde. Des pneus importés d'Asie lui auraient ainsi permis de découvrir l'Amérique du Nord dès 1972; on l'a signalé en Albanie en 1979, au Brésil en 1986, en Italie en 1990; au fil de ses pérégrinations, l'insecte tropical a su s'adapter; "il semblerait que les larves soient susceptibles d'éclore pendant plusieurs, voire jusqu'à un an; il s'adapte par ailleurs à un climat tempéré : il supporterait l'isotherme 5°, voire 0°; on l'a signalé à Anvers, en Belgique, c'est dire ..." dit C. Lagneau.
Pour Didier Fontenille, chercheur à l'IRD de Montpellier, pas de doute : Aedes albopictus est en pleine expansion et s'apprête à coloniser la planète; "il progresse, c'est vrai, mais pour l'instant, il n'est pas en mesure de détrôner les autres, chez nous" tempère le professeur Deudet, du laboratoire de parasitologie du CHU de Montpellier; lequel rappelle la compétition acharnée qui règne entre les espèces; dans le sud des USA, notre Aedes a ainsi supplanté Aedes egypti, ce qui n'est pas un mal : le second est le vecteur de la fièvre jaune ...!
Restent les risques en métropole de Chikungunya ou de dengue, virus dont albopictus peut être l'hôte; les spécialistes se veulent rassurants; "bien sûr, une personne peut transporter le virus jusqu'ici, mais il faudrait ensuite qu'il soit transmis à quelqu'un d'autre par le moustique; or ce n'est pas la saison; donc, il n'y a aucun risque actuellement", illustre le Pr. Deudet; cet été ? "Peu probable", renchérit le parasitologue, qui évoque nos "habitats plus soignés, nos "habitudes domestiques différentes", et "une lutte contre les moustiques plus efficace"; cependant, on n'est pas à l'abri, prévient-il : "surtout dans quelques années, si le réchauffement climatique que l'on nous prédit se produit".

(Dans "L'Indépendant"  du 17/02/2006)

Dernières nouvelles :

 Aedes albopictus peut transmettre le chikungunya et/ou la dengue ! Lors d'une double épidémie au Gabon, en 2007, des chercheurs français ont analysé 800 personnes et 20groupes de moustiques (selon espèce et distribution) : le "moustique tigre" apparaît comme le principal vecteur de transmission. S ur les 321 patients infectés, 275 avaient le chi., 54 la dengue, et 8 les 2 maladies. Reste à savoir si la même piqûre peut délivrer les deux virus à la fois ...


 Un coup de cafard :

Vous ne vous êtes sans doute jamais dit, en regardant une blatte : "Elle n'a pas l'air en forme", mais plutôt : "Où ai-je mis l'insecticide ?" Cette créature qui nous répugne pourrait pourtant nous aider à percer certains mystères du vieillissement. Ce processus se résume t-il à une défaillance mécanique, une décrépitude des articulations et des muscles ? Ou bien vieillir est-il un problème plus général né quelque part dans un cerveau à bout de course ? Les blattes sont d'excellents sujets d'étude : ce sont de gros insectes, ce qui facilite l'analyse de leur système nerveux relativement simple. Et elles nécessitent peu de soins : il suffit se les placer dans une poubelle, de badigeonner le rebord de vaseline pour décourager les évasions, de leur jeter de la pâtée pour chien de temps en temps, et tout le monde il est content. Ce n'est pas un hasard si les blattes existent depuis plus de 300 millions d'années. L'un de leurs atouts est leur étonnante capacité à s'enfuir en cas de danger. Les plus rapides ont beau ne détaler qu'à 5km/h, c'est amplement suffisant pour se réfugier dans une fissure du mur le plus proche. Christopher Comer, spécialiste de neurosciences à l'université de l'Illinois, étudie le comportement des blattes en fuite."Quand vous lui soufflez dessus, la blatte déguerpit en 50 millisecondes", explique t-il. "Et si vous tapotez vivement l'une de ses antennes, elle peut tourner les talons et disparaître en 15 à 20 millisecondes". A titre de comparaison, le cerveau humain a généralement besoin de 200 millisecondes pour répondre à un stimulus. Mais, comme nous, les blattes vieillissent. Angela Ridgel, de la Case Western Reserve University (Ohio), a réalisé des films à grande vitesse (125 images par seconde) montrant des blattes courant dans un étroit couloir, sur une surface transparente. Elle a noté qu'environ 60 semaines après leur dernière mue, elles commencent à trébucher; leurs pattes antérieures se prennent dans celles du milieu et les vieilles blattes dérapent dans les côtes.......... Outre leur aide précieuse dans la compréhension du vieillissement, les recherches sur les cafards pourraient bénéficier aux programmes spatiaux. Il précise que leurs mécanismes de fuite prouvent l'existence de deux circuits indépendants...........Certaines expériences ont montré que, même décapité, l'insecte parvient à se déplacer. "Imaginez que l'on veuille concevoir un système de commande pour un Rover martien; on pourrait baser son fonctionnement sur le type de double circuit des blattes". Et si le Rover tombe en panne, les ingénieurs auront toutes les raisons d'avoir le cafard !
 


Les cafards sont de fines mouches :

Comment se fait-il que les blattes, capables de courir à environ 5 km/h, parviennent à filer sous votre nez quand vous vous apprêter à les écraser ? La réponse est simple ; les minuscules poils de leurs cerques captent les variations de l'air; la descente d'une chaussure vers le sol provoque un courant à basse fréquence qui diffère des mouvements normaux de l'air, dès que l'insecte détecte quelque chose de suspect, il détale. Vous pouvez malgré tout déjouer le système de vigilance des blattes en les visant avec l'embout d'un aspirateur; elles interprètent la succion comme un courant d'air venant de la direction opposée et s'enfuient par conséquent droit vers l'aspirateur !


MacCain vainqueur   ??!!
 

Opposé à Obama, McCain a remporté indiscutablement l’épreuve. Une course de 6 pieds de long dans un couloir en plexiglas, disputée par 2 Blattes souffleuses de Madagascar, Gromphadorhina portentosa (Blatt. Oxyhaloïdé), organisée – comme avant chaque élection présidentielle états-unienne par l’Association de lutte contre les ravageurs du New-Jersey depuis 1941. 
Et la blatte républicaine a battu la démocrate dans le second concours, pour la présidence.
Cette course est réputée indiquer le prochain président dans 86% des cas !!!


Guérir le paludisme avec un herbicide ?

Rappel : chaque année, plus de 500 millions de personnes dans le monde sont atteintes de paludisme et plus d'un million en meurent, selon l'OMS. La capacité du parasite, Plasmodium falciparum, à développer des résistances aux traitements rend la lutte antipaludique périlleuse. Or, à l'heure actuelle, il n'existe aucune alternative efficace aux associations médicamenteuses comportant de l'artémisinine, molécule issue de la pharmacopée chinoise; quant au vaccin, bien peu de candidats prometteurs ont été mis au point. On comprend donc l'urgence de rechercher de nouveaux traitements aux modes d'action inédit !
C'est en 1997 que 2 équipes indépendantes découvrent que certains parasites (dont P. falciparum ...) possèdent un petit organite normalement présent chez les plantes, un plaste....Tout l'enjeu étant de trouver des traitements qui attaquent le parasite sans affecter les cellules humaines .... Un raisonnement qui amène ........ à réaliser les premiers essais sur l'homme d'une molécule herbicide, la fosmidomycine .....Mené en 2002, le premier essai clinique contre le palu s'avère prometteur : l'herbicide est efficace et bien toléré. après administration à des patients pendant 5, 4 et 3 jours, les taux de guérison sont de 89, 88 et 60%. le biologiste travaille désormais à combiner la fosmidomycine avec d'autres antipaludiques au mode d'action différent pour en augmenter l'efficacité ......

(L'article entier dans Science et Vie d'août 2008)


 

La superbe histoire de la vanille :

La vanille (Vanilla planifolia) naquit dans la forêt tropicale mexicaine. Elle appartient à une famille d'orchidées (Vanillia) qui compte de nombreux membres, mais elle seule exhale un si doux parfum. Il séduisit le peuple Totomac, sur la côte du golfe du Mexique, probablement le premier à cultiver le vanillier, voilà plus de 1000 ans ..... Quand les Aztèques vainquirent les Totomac, ils leur réclamèrent un tribut annuel en gousses de vanille, qu'ils mélangeaient à leur boisson chocolatée. A leur tour, les conquistadors espagnols apprécièrent la vanille qu'ils tentèrent vainement d'acclimater en Afrique et en Asie . Il faudra attendre le coup de pousse  d'Edmond Albius pour que la culture du vanillier se répande hors de son berceau natal. Madagascar est devenu le premier producteur mondial; mais, aujourd'hui, la vanille naturelle n'assure plus que 5% de la consommation mondiale; l'industrie alimentaire lui préfère la vanille artificielle, fabriquée par milliers de tonnes à partir du bois. 
 Ce sont les Espagnols qui baptisèrent cette plante vainilla, mot dérivé du latin vagina (également à l'origine de vagin !), signifiant étui, gousse. Le plus amusant, c'est que cette orchidée aurait continué longtemps à végéter dans sa patrie natale sans un esclave noir de 12 ans, Edmond Albius. Né en 1829 sur l'île Boubon (La Réunion), cet orphelin de naissance fut adopté par Beaumont, son maître qui l'instruisit en botanique. Quelques années avant la naissance d'Edmond, le vanillier Portrait d'Edmond Albius devant des lianes de vanille paru en 1863 dans l'Album de l'île de la Réunion d'Antoine Roussin.avait été introduit sur l'île dans l'espoir qu'il produise la gousse parfumée; il semblait s'y plaire, donnant de superbes fleurs ... mais de gousses : point ! Désespoir. A l'époque, personne ne se doutait que la plante avait besoin d'un insecte entremetteur pour assurer ses besoins sexuels; chaque fleur possède bien des organes mâles et femelles, mais un hymen empêche l'autofécondation; pour transférer le pollen de l'organe mâle (l'anthère) à l'organe femelle (le stigmate), le vanillier mexicain s'est assuré les services d'une abeille locale ( Euglossa viridissima) en lui faisant miroiter un orgasme ... A cette fin, le rusé vanillier s'est dessiné une fleur ressemblant à une abeille femelle, poussant même la tromperie jusqu'à émettre un parfum très sexe ! L'abeille mâle, toute émoustillée, se précipite sur ce qu'elle prend pour une femelle consentante, déchire les membranes protectrices, tente un accouplement, puis, comprenant sa méprise, s'enfuit, furieuse, mais enduite de pollen; trop bête pour en tirer une leçon, l'insecte recommence aussitôt avec une autre fleur où il dépose son pollen: le vanillier est aux anges : il peut accoucher d'une gousse !
Ce n'est qu'en 1836 que cette mystification fut découverte fortuitement par Morren. Ce botaniste belge goûtait paisiblement une tasse de café dans un hôtel de Vera Cruz (Mexique) quand son attention fut captée par le manège d'une minuscule abeille noire en train de virevolter autour d'une fleur de vanille. Intrigué, il s'installe pour mieux observer et constate que l'insecte, tartiné de pollen, pénètre dans la fleur; Morren patiente et voit la fleur se fermer; quelques jours plus tard, constatant l'apparition d'une gousse, il comprend le rôle joué par l'insecte. Bientôt il conçoit une technique de pollinisation artificielle qu'il teste avec succès au Jardin Botanique de Liège; mais elle s'avère trop compliquée pour être utilisée dans une plantation. C'est alors qu'intervient le génie du jeune Edmond. Un jour de l'année 1841, Beaumont découvre deux gousses sur ses vanilliers; stupéfait, il interroge son personnel; bientôt le jeune Edmond avoue : c'est lui le coupable; avec un éclat de bambou, il a eu l'idée de déchirer la membrane protégeant l'anthère, puis d'un adroit geste rapide du pouce de transférer le pollen de l'anthère vers le stigmate. En 1848, l'abolition de l'esclavage libère Edmond, qui reçoit le nom d'Albius en référence à la couleur blanche de la fleur de vanille; il devient garçon de cuisine; il est emprisonné pour un vol qu'il n'a pas commis, puis libéré eu égard à son invention. Ce qui ne l'empêcha pas de mourir dans la misère en 1888, dédaigné par tous ces Blancs qui lui devaient leurs fortunes. Pauvre Edmond !!


L'espion Frézier qui ramena sa fraise !

En 1711, Le Roi-Soleil confie à Amédée-François Frézier, officier du génie maritime, la délicate mission de se rendre au Pérou et a&u chili pour, officiellement, servir de conseiller militaire aux colonies espagnoles: le monarque vient en effet de placer son petit-fils sur le trône d'Espagne. Mais, secrètement, le roi charge Amédée de rapporter le plan de toutes les places fortes et le maximum d'informations sur ces colonies. Les alliances se renversent si vite !! Le 7 janvier 1712, l'espion du roi embarque à bord du navire corsaire "Saint Joseph", et après 160 jours de traversée, débarque à Concepcion, au Chili. accueilli à bras ouverts, Frézier sillonne la côte du Pacifique durant deux ans et demi. Or cet ingénieur de 29 ans, à l'esprit digne du siècle des Lumières, est un fondu de botanique; entre 2 forteresses, il visite l'arrière-pays, s'intéressant aux coutumes locales et aux plantes cultivées; c'est ainsi qu'il découvre dans les champs des fraises énormes et blanches; il n'avait jamais rien vu de tel en France; il écrira : "On y cultive des campagnes entières d'une espèce de fraisier différent du nôtre par les feuilles plus arrondies, plus charnues et fort velues. ses fruits sont ordinairement gros comme une noix, et quelquefois comme un oeuf de poule; ils sont d'un rouge blanchâtre et un peu moins délicats au goût que notre fraise des bois." Frézier décide d'en ramener quelques plants en France; quand le navire regagne Marseille, le 17 août 1714, après 6 mois de navigation, 5 ont survécu; l'espion en remet 2 à M. Roux de Valbonne, l'officier du bord chargé des réserves en eau, sans qui les plantes seraient mortes de soif; il offre un pied à son ami Antoine Jussieu, directeur du Jardin Royal (aujourd'hui Jardin des Plantes), et un autre au jardinier de Versailles; il garde le dernier pour lui qu'il plante près de Plougastel. Coïncidence extraordinaire : ce nom de Frézier est une déformation du mot fraise !!


J'aurai pu faire beaucoup d'argent ! :

A cours de fonds, de nombreux musées cherchent de nouvelles sources d'aide financière. Depuis un an, le Zoologische Staatssammlung München (ZSM ou Muséum de Munich ...) met en oeuvre une nouvelle initiative de financement. Pour 5000 DM  et 10 000 DM, respectivement, un individu ou un établissement choisit un animal; le donateur reçoit un document confirmant que l'espèce a été nommée en son nom (ou du nom de quelqu'un de son choix), un dessin original (dont une copie est publiée) et dix tirés-à-part de l'article publié. Les documents et les dessins sont présentés lors de cérémonies qui ont lieu deux fois par année. Une société d'amis du muséum, la "Freunde der Zoologischen  Staatssamlung", administre les fonds à des fins de recherche zoologique. L'argent sert à l'achat de collections ou de livres, au financement de voyages à des fins scientifiques et à l'acquisition d'équipement instamment nécessaire. L'approche a de grands mérites. Elle permet de recueillir, en cette période de compressions budgétaires par les gouvernements surendettés, des fonds grandement nécessaires. Elle rehausse en outre le profil des travaux taxinomiques et attire l'attention sur le nombre de nouvelles espèces en voie d'être décrites et de celles qui ne le sont pas encore. Enfin et surtout, elle forge un lien entre les gens et les espèces sauvages, un nom étant un puissant symbole spirituel.

(dans "Nature" du 17 avril 1997)

(ndlr : les astronomes font de même en dédiant de nouvelles étoiles ou planètes découvertes à de généreux donateurs...!)


Papillon cherche parrain :

Qui n’a pas eu envie de choisir le nom scientifique d’une espèce d’insecte tout juste découverte ? Pour vous qui avez noté quelques binoms « latins » au cas où, voici l’occasion du siècle – une très belle occasion car, pour une fois, il ne s’agit pas d’une variante indiscernable d’une teigne microscopique ni de quelque insignifiant thrips mais d’un beau et grand papillon orange. De la famille des Brassolidés (Nymphalidés), du groupe des Opsiphanes, il vient d’être découvert dans le désert de Sonora (Mexique).
Proche de lui, on connaît (trop bien) O. tamarindi sous le nom commun de Chenille verte du bananier plantain, un redoutable défoliateur.
Mais foin de cette digression agricole, comment fait-on pour profiter de cette aubaine (avant le 2 novembre 2007) ? Il suffit d’aller sur le site iGAVEL  et de faire une offre. Eh oui, ce n’est pas gratuit : l’université de Floride a en effet mis aux enchères le nom (uniquement le nom, c’est bien précisé) de ce papillon nouveau pour la science ; la somme recueillie servira aux recherches sur les Lépidoptères du Mexique et à leur protection.

Pour vous éviter de perdre du temps avec des surenchères un peu trop faibles, sachez qu’en 2005, le nom d’une nouvelle espèce de singe (de Bolivie) a été adjugé pour 450 000 €  !!



Art (de la promotion) et insectes

Pour l’éternité Roy Orbison (1936-1988) survit dans Orectochilus orbisonorum (Col. Gyrinidé). C’est Quentin Wheeler – directeur de l’International Institute for Species Exploration (université de l’Arizona, États-Unis) - qui a nommé ce gyrin indien en l’honneur du “plus grand chanteur du monde” (dixit Elvis Presley). Pour sa production lexicale, Q. Wheeler est bien connu, y compris de nos services : je l’ai épinglé en 2005 pour avoir créé, pour 3 silphes nouveaux pour la science, les noms d’espèce bushi, cheneyi, rumsfeldi. L’annonce a été faite lors d’un concert commémoratif, le 25 janvier 2008 ;  Q. Wheeler y a en outre présenté Whirligig, infographie signée Charles J. Kazilek, « œuvre d’art entre Warhol et Darwin ».

 


Pourquoi pas ??

Le docteur Kraatz, célèbre coléoptériste allemand, éprouvait une telle passion pour ses recherches et sa collection qu'il demanda par testament à être incinéré et que ses cendres soient déposées dans un carton à insectes. Il repose donc, pour l'éternité (?!), au milieu de sa collection, conservée à l'Institut d'Eberswalde.

(Boll. Soc. Ent. Aragonesa,13, 1995)


L'Ariège, mon cher département, se "méditerranéise" :

"Ce sont les témoignages de deux de nos fidèles lecteurs, l'un à Ganac, l'autre à Madières, qui nous ont, pour ainsi dire, mis la puce à l'oreille : il y aurait des cigales en Ariège; presque un comble dans un département qui se veut avant tout montagnard ...On peut leur faire confiance et , surtout, ne leur dîtes pas qu'il s'agissait de grillons ! Ils sont certains d'avoir entendu des cigales et ne sont sûrement pas les seuls. Abondante en Provence, la cigale a en réalité un habitat planétaire; d'autant que selon les scientifiques, il en existerait 4500 espèces dans les régions chaudes et tempérées du globe. Est-il possible que l'espèce ait mis une patte dans notre département ? "Il est tout à fait raisonnable de le penser, répond le Directeur de la F. D. de la Chasse, car nous assistons à une "méditerranéisation" de notre climat et de notre relief; que ce soit la faune ou la flore, il y a des exemples qui ne trompent pas, comme l'apparition du chêne vert, l'espèce la plus commune de la région méditerranéenne. Idem avec les coteaux qui deviennent secs et font penser à la garrigue, l'abaissement des forêts. Et le vent d'autan qui est de plus en plus présent ..."
Autre exemple encore cité par Jean Guichou, l'apparition du guêpier, un oiseau de la taille d'un merle au plumage aux brillantes couleurs; présent en Languedoc, en Provence, il a également fait son apparition en Ariège, sur l'Hers entre autre, probablement attiré par les anciennes sablières et les berges sablonneuses des rivières.

("La Gazette Ariégeoise")

Dernière heure : des cigales ont été entendues dans les environs de mon cher village de Massat; encore plus à l'ouest, encore plus loin de la Méditerranée ... !!


Les 21 glaciers de mes chères Pyrénées

auront disparu avant 2050 en raison du réchauffement climatique. Un pronostic funeste donné hier (5/09/2008) par une équipe de chercheurs espagnols qui a désigné la montée progressive de la température, un total de 0,9°C de 1890 jusqu'à maintenant, comme le principal responsable. De 1990 à nos jours, le dégel a déjà provoqué la disparition totale des glaciers les plus petits et la réduction de 50 à 60% de la superficie des plus grands !


L'asticot-thérapie :

"Comme le montre, de façon ludique, cette passionnante exposition ("Insectes, je vous aime", au Muséum de Lyon, cet été 2006), l'entomophagie n'est pas la seule utilité que l'homme trouve à l'insecte. Ces bestioles se révèlent également d'une grande utilité en médecine, où l'on pratique très sérieusement  ... l'asticot-thérapie. Au XVI ème siècle, le chirurgien Ambroise Paré avait remarqué que les grands blessés, dont les plaies étaient envahies d'asticots, survivaient mieux que les autres et évitaient même l'amputation. On a récemment compris, qu'en se nourrissant des tissus morts, les asticots éliminaient les microbes et désinfectaient les plaies grâce à la sécrétion d'allantoïne. De plus, en remuant, ils exerçaient un massage bénéfique à la cicatrisation. Une thérapie aussi efficace que n'importe quel traitement moderne et nettement moins coûteuse. Durant l'année 2002, l'asticot-thérapie a été réintroduite dans quelque 2000 centres de soins à travers le monde. Mais sans grand succès à cause de la réticence des patients ...

(Dans "Aujourd'hui en France")

Dernière nouvelle (10/2008) : Les sécrétions de l'asticot de la mouche verte, Lucilia sericata, contiennent un puissant antibiotique. En labo, ce composé, baptisé sératicine, est efficace contre 12 souches différentes de staphylocoques dorés résistantes aux antibiotiques, ainsi que contre d'autres bactéries impliquées dans des infections nosocomiales. Prochaine étape : synthétiser la molécule et la tester sur l'homme; pour l'heure, les quantités extraites des asticots sont beaucoup trop faibles pour espérer une utilisation à grand échelle.


Bonjour à tous,

Généraliste de mon état (spécimen rare), mes premières chasses furent consacrées autant à des coups de filets aux gestes rouillés qu'à des prospections sous multiples roches, ainsi qu'à des fouilles dans les souches pourries encore à demie-gelée...

Pour faire diversion aux lépidoptéristes :p mes premières captures (mise à part celle du premier mars...voir message du 03-03-04) furent surtout des insectes d'autres ordres. J'ai notamment capturé (débusqué serait le mot plus exact) trois vespidés dans une souche pourries (en passant, j'oublie le nom latin mais tsé là les grosses guêpes noires et blanches qui piquent en t.....). Coudons j'imagine que ce sont les "reines" qui survivent à l'hiver car les spécimens trouvés semblaient de taille plus importante que les ouvrières régulièrement rencontré l'été. Ah oui parmi ces trois pseudo-reines se trouvait une guêpe germanique elle aussi de belle taille. J'ai aussi trouvé plusieurs de ces petites "guêpes" d'un cm avec le bout des antennes jaune et un point de la même couleur sur leur thorax noir ainsi qu'un abdomen rougeâtre...vous savez celles qui bougent les antennes comme des pompiles...(désolé pour la perte de mémoire des noms latin...alcool à l'appui...à cause de la victoire des habs:P). Elles étaient plus de 6 dans la même cavité dans une autre souche pourries. Elle vivent pourtant en mode solitaire mais plusieurs hyménos hivernent en gang je pense. En tout cas selon Mister Fabres cela est observable chez plus d'une espèce (les serpents le font bien eux). Toujours dans les hyménos j'ai vu plusieurs terriers d'abeilles (mégachille?) dans le sable de la bute mentionnée dans le message du trois mars. J'ai aussi aperçu ces abeilles en vol mais le filet ne fut pas assez preste, diantre. Pour changer j'ai attraper en vol (vu leur démarche aérienne définitivement plus baba) quatre scarabées d'environ 8 mm que je raccorde à la famille des scarabeinae vu l'absence de tarse sur les pattes antérieurs mais dont l'identification n'est pas encore établie. Sous les pierres, hormis les nombreux nid de fourmis s'activant presto à reprendre vie, les dizaines de millipèdes, diplopodes et grillons, j'ai fais la découverte de quelques carabes des taille ridicule et de trois espèces de staphylinidae dont ce qui me semble être Ontholestes cingulathus, qui est de loin (selon moi) le plus impressionnant de nos staphylins. Et puis pour finir en beauté j'ai vu pas mal de dityques et de gyrins dans un étang ainsi qu'une chrysomèle du genre calligrapha qui y pataugeait bien malgré elle. Bain oui évidement que j'ai vu des tites vanesses et des Mot-Riaux mais je crois qu'il furent mentionné par d'autres avant moi...Est-ce que je me trompe? :P

Ne prenez pas trop peur, je ne vous ferez pas l'inventaire de chacune de mes chasses cet été bien que ce n'est pas l'envie qui me manque...Je crois juste qu'il ne faut pas oublier les pauvres autres petites bibittes qui sont elles aussi fières du retour de la belle saison!

À tous chers collègues entomologistes, Une EXCELLENTE saison de chasse, des surprises et la réalisation de vos plus beaux fantasmes entomologiques! (un des miens c'est d'attraper un lépido avec mon filet en faisant un front-flip dans une trail...je vais me pratiquer sur ma trempoline avant...me semble de voir le gars avec son filet sur la trempo en train de se prendre pour un entomo-ninja...!!!!!!!)

Ok cé assez :P Sioux soon!

Victor VERMETTE

Représentant de la section Montréal

http://205.236.43.168/tt.aspx?forumid=17, pour d'autres anecdotes canadiennes très savoureuses !


La biodiversité de l'Île de Santo :

La France organise une campagne d'exploration de la plus grande île du Vanuatu :

Dans la grande tradition des expéditions scientifiques du XVIII ème siècle, celles de James Cook ou de La Pérouse, le projet Santo 2006 appareillera au début du mois d'août pour 5 mois de recherche sur l'île d'Esperito Santo; la biodiversité que renferme cette île, la plus grande de l'archipel, va être l'objet d'études des 160 "savanturiers" de 25 nationalités différentes ..."Au rythme où vont les choses, il faudrait 1000 ans pour décrire l'intégralité des espèces vivantes", précise Philippe Boucher, spécialiste des mollusques au Muséum. Et d'ici là, plus de la moitié pourrait avoir disparu ...
Le but de l'opération est de faire "un arrêt sur image" de l'état de la biodiversité de l'île à un moment donné, depuis le plus haut sommet (1800m) jusqu'à 1000m au fond de la mer; les 4000 kilomètres carrés de l'île constituent à bien des égards un terrain de choix pour se pencher sur la faune et la flore. .... L'équipe ne compte pourtant pas découvrir de nouvelles espèces d'oiseaux ou de grands mammifères, mais compte se concentrer sur les "petites bêtes"."Il faut arrêter avec cette focalisation sur des animaux "charismatiques" comme les ours blancs", déclare Olivier Pascal, botaniste et Directeur des programmes de Pro-Natura.  Les insectes, par exemple, dont 80% demeurent inconnus à ce jour, sont les principaux garants de l'équilibre des écosystèmes. De plus, ils pourraient être d'excellents indicateurs des changements environnementaux. Et c'est là l'un des premiers objectifs des chercheurs. Alors que la disparition de nombreuses espèces vivantes n'est plus à démontrer, certains parlant même d'une sixième grande vague d'extinction, ils espèrent modéliser la place des insectes au sein des écosystèmes pour déterminer des espèces témoins, afin de déceler des modifications dans le milieu naturel ... Carte de l'Île Santo

(Dans le JDD du 23/VII/2006)

Les entomologistes inventorient le vivant

Chez les entomologistes, chaque spécialiste s'occupe de son « piège ». Il est tantôt« Malaise » (capture en plein vol),
« lumineux », « Winkler » (faune du sol), « battant » (insectes associés aux plantes),
autant de noms étranges que de méthodes de capture. Ces petites bêtes s'appellent arthropodes, hyménoptères (guêpes), coléoptères, papillons nocturnes, arachnides.

Premier bilan : pour les papillons de nuit, 5 500 spécimens pour une estimation de 350 espèces auront été collectés par le Dr Roger Kitching, de Griffith University (Australie).
Pour les araignées, Christine Rollard a identifié 23 espèces présentes à Santo, parmi lesquelles 5 sont inconnues ailleurs.
Dans les galeries souterraines, le nombre des espèces de micro-invertébrés est de 30 à 40 % supérieur à celui des régions tropicales du Sud-Est asiatique.

 

Sous le sol de Santo

Jamais une telle diversité de micro-invertébrés du sol n'avait encore été observée en Asie.
La présence d'une nouvelle espèce de cloporte, un taxon d'origine marine qui se serait adapté à l'eau douce, est soupçonnée.

Côté grottes, gouffres et siphon, dix-neuf personnes ont enfilé leur combinaison dès la mi-octobre. L'équipe constituée par Louis Deharveng a sillonné pendant un mois les grottes et les réseaux calcaires de la partie orientale de l'île et découvert un réseau souterrain de plusieurs kilomètres. Il n'aura pu être complètement parcouru lors de cette mission. Mais déjà, après avoir exploré dix-huit kilomètres de grottes, ils ont trouvé huit espèces de chauve-souris, les seuls mammifères endémiques de l'île, et cinq espèces de crustacés d'eau douce.

Les merveilles entomologiques d'une île préservée (ce n'est plus Santo, mais Vanikoro !) :

Ayant déjà contribué à l'opération Lapérouse en 2003, Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste au Cirad, a pris part à l'expédition 2005. Il a collecté, sur l'île, entre trois et quatre mille insectes représentant plus d'un millier d'espèces différentes dont certaines sont encore inconnues des scientifiques.
Le passalide Gonatas naviculator de Vanikoro © Cirad, H.P. Aberlenc

Le passalide Gonatas naviculator de Vanikoro © Cirad, H.P. Aberlenc
 

Parmi ces merveilles, figure la larve de Gonatas naviculator (Percheron, 1844), une espèce de coléoptère de la famille des Passalides, dont des spécimens adultes n'avaient auparavant été recensés qu'à peu de reprises : en 1844, le spécimen type décrit par Percheron, à la fin du XIXe siècle cinq couples pris par le Docteur Philippe François, et, en 2003 et en 2005, une série d'adultes pris par Henri-Pierre Aberlenc. Une poignée d'exemplaires sont disséminés dans d'autres collections. La larve était totalement inconnue jusqu'à ces dernières semaines. Elle a pu être prélevée en de nombreux exemplaires à trois stades successifs de croissance. Ces exemplaires ont été déposés au Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) de Paris, à côté des exemplaires du Dr François, et dans la collection d'insectes du Cirad. Une étude de l'ADN viendra par la suite compléter l'étude purement morphologique.
Tri des insectes pris par les pièges jaunes © Cirad, H.P. Aberlenc

Tri des insectes pris par les pièges jaunes © Cirad, H.P. Aberlenc
 

Henri-Pierre Aberlenc a également retrouvé deux espèces endémiques de Vanikoro précédemment décrites dans la littérature : le passalide déjà cité et le charançon Elytrurus lapeyrousei, découvert par Dumont d'Urville. A l'heure actuelle, la moisson d'espèces nouvelles pour la science et endémiques de Vanikoro se chiffre à trois : les coléoptères buprestides Maoraxia bourgeoisi - dédié à Yves et Hugues Bourgeois - et Agrilus funebris vanikorensis, ainsi que le coléoptère psélaphien Laperouseus conani - dédié à la fois à Lapérouse et à Alain Conan - qui représente non seulement une espèce nouvelle mais aussi un genre nouveau. Le chercheur suppose que d'autres espèces, en cours d'étude, pourront être qualifiées de nouvelles : des coléoptères ténébrionides, une cigale, des punaises, des mouches, etc.
Un piège lumineux © Cirad, H.P. Aberlenc

Un piège lumineux © Cirad, H.P. Aberlenc
 

Quelques espèces ont été prélevées en alcool absolu afin de pouvoir en réaliser le séquençage Adn dans le cadre du projet barcoding(1). Cette technique permet de comparer les espèces entre elles. Elle apporte une information complémentaire à celle tirée de l'étude morphologique.
L'étude entomologique est doublée d'une étude biogéographique. Elle consiste à déterminer l'origine géographique des espèces collectées, par quels chemins elles sont arrivées à Vanikoro et permet même parfois d'estimer la date de leur arrivée. D'après les premiers résultats, l'essentiel du peuplement provient de Papouasie-Nouvelle-Guinée et du Sud-Est asiatique. Le peuplement s'est fait d'ouest en est. Pour certaines espèces, Vanikoro représente en effet la limite orientale de répartition.
Cet insecte est une punaise indéterminée qui a été trouvée à Vanikoro lors de la mission 2005. © Cirad, H.P. Aberlenc

Cet insecte est une punaise indéterminée qui a été trouvée à Vanikoro lors de la mission 2005. © Cirad, H.P. Aberlenc
 

L'inventaire et l'étude de la totalité des espèces collectées s'étalera sur plusieurs années. Pas moins de vingt chercheurs, répartis dans cinq pays à travers le monde - l'Angleterre, la France, l'Italie, la Nouvelle-Calédonie et la République Tchèque - sont déjà associés à ce travail depuis 2003. L'étude des diptères, très prometteuse en espèces inédites et remarquables, ne pourra certainement pas être terminée d'ici plusieurs dizaines d'années en raison du manque de spécialistes dans ce domaine.
Cependant, d'ores et déjà, il s'avère que cette île petite et relativement isolée est remarquablement préservée : sa richesse biologique est étonnante pour un aussi petit territoire.

Dernières nouvelles :  Même ce qui semble se situer au milieu de nulle part recèle toujours une diversité de vie incroyable. Au cours de 5 mois d'études sur l'île de Santo, plus de 150 botanistes, zoologistes marins et autres spécialistes ont passé au peigne fin les montagnes, les forêts, les grottes, les récifs et l'océan en quête d'organismes vivants. L'équipe internationale a recensé plus de 10 000 espèces, dont des crustacés, des insectes, des plantes, et même un champignon fluorescent. Il se pourrait qu'environ 2000 d'entre elles soient inconnues pour la Science. ces découvertes fourniront un repère pour mesurer les changements à venir dans cette région. "80% des espèces de la planète restent à découvrir", souligne un des chefs de l'expédition. A une époque où on s'inquiète surtout de ce que le monde perd, cette aventure nous rappelle tout ce qui reste à trouver !

 


 Le criquet italien :

Invasion de criquets dans le Sud-Aveyron ; « Saint Affrique, ce n’est pas l’Afrique ! » (Article revue de presse)

21 juillet 2005, La Dépêche du Midi, Le Monde, Maroc Infos, RFI, France 3, AFP et Webagri

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L’alerte a été lancée à la veille du 14 juillet par la chambre d’agriculture de l’Aveyron : des criquets par milliers dévorent les champs du sud du département. Un peu étonné, un site d’information marocain publie un gros titre sur la présence de criquets sur le sol français. L’article reprend en fait in-extenso une chronique de Radio-France Internationale qui se demande si les phénomènes d’invasions de criquets pélerins « jusqu’à présent limités à l’Afrique de l’Ouest et du Nord, sont en train de toucher l’Europe du fait du réchauffement de la planète et des changements climatiques ». « Saint-Affrique, ce n’est pas l’Afrique », relativise toutefois Dominique Delpiroux dans La Dépêche du Midi, qui explique que les éleveurs aveyronnais, pour agacés qu’ils soient de voir leurs champs de luzerne dévastés, « se gardent bien de comparaisons indécentes ». Dès le 16 juillet, la préfecture de l’Aveyron, citée dans un article du Monde en date du 18 juillet, réagissait en faisant savoir que « cela n’a rien à voir avec les invasions que connaissent les pays africains ». Le journaliste du Monde, Philippe Gagnebet, décrivait

« un criquet rouge (...) entre 4 et 5 cm (...) reconnaissable à ses ailes rouges lorsqu’il s’envole (...)qui se déplace en essaim ». Son confrère de La Dépêche explique aujourd’hui qu’il s’agit d’un criquet italien, calliptamus italicus. Sa collègue de RFI, Colette Thomas, pensait avoir à faire à Psophus stridulus, en raison des ailes rouges de l’insecte. « Les invasions de criquets sont si rares en France que les instituts spécialisés en agronomie ne travaillent pas sur ces insectes », affirme la journaliste. France 3 Sud explique que malgré son nom, le criquet italien existe à l’état endémique dans la zone sèche des Grands Causses, proche du Larzac, tout en soulignant que les moeurs de ce criquet sont insuffisamment connues, en raison même de la rareté de ses épisodes de prolifération jusqu’ici. En juillet 2004, une colonie de criquets italiens avait déjà envahi l’aéroport de Nice. Une dépêche de l’agence France-Presse relatait alors que la Chambre de commerce et d’industrie avait décidé de traiter l’essaim « à l’aide d’un produit phytosanitaire ». Mais cette fois, les autorités et les agriculteurs eux-même se montrent plus prudents. Il s’agit de trouver un produit efficace contre le criquet mais auquel résistent d’autres espèces, notamment l’abeille, et qui reste inoffensif pour le bétail, explique rapidement le site professionnel Webagri, qui souligne que le produit qui se montre le plus efficace en Afrique est... le Fipronil. (Revue de Presse Quotidienne. Mission Agrobiosciences. 21 juillet 2005, La Dépêche du Midi, Le Monde, Maroc Infos, RFI, France 3, AFP et Webagri)

Si des invasions de criquets se produisent épisodiquement en France, d’autres criquets sont sur la liste des espèces protégés, comme le criquet de la Crau (site du CIRAD)- Lien sélectionné par la Mission Agrobiosciences

Accéder aux articles concernant "Criquets et Afrique"- édités par le magazine Web de la Mission Agrobiosciences


¿Salieron del mar los insectos?

TEMAS: biología, zoología, entomología, insectos

Un prestigioso biólogo alemán que estudia la fauna marina en la ría de Ferrol respalda la tesis emergente que atribuye a los crustáceos el pasado de los insectos en el proceso evolutivo.

 Wolfgang Wägele, prestigioso biólogo marino alemán, forma parte de un grupo de científicos convencidos de que muchos insectos son en realidad el resultado de una evolución terrestre de ciertos crustáceos. La corriente es todavía minoritaria en la comunidad de zoólogos y estudiosos de la evolución de las especies, pero Wägele está convencido de que bajo el mar se esconden las claves del pasado de los insectos. Según esta tesis, cangrejos, cigalas y otros parientes cercanos emergieron en algún momento a la superficie, se adaptaron al nuevo medio y tomaron la tierra.
«Los insectos son crustáceos terrestres», explica Wolfgang Wägele. «Tienen en su cerebro estructuras muy similares a las de los cangrejos, pero hasta hace poco nadie sabía por qué». Lo cuenta el científico en un laboratorio de la estación de biología de A Graña, en Ferrol. Está trabajando en ella con un grupo de alumnos de la Universidad de Bonn que preparan sus tesis doctorales. Han viajado por carretera desde Alemania hasta la ría ferrolana para recoger muestras de la fauna marina local.
Secretos

Está por ver si las aguas de Galicia y la vida que contienen contribuirán a desvelar los secretos científicos que se esconden tras la evolución de los insectos. Lo seguro es que en esta tierra los científicos tienen material para estudiar. «En la playa de Doniños hay un animal muy raro, la Mystacocarida», cuenta Wägele, mientras señala en un libro el dibujo de esta peculiar especie. Tiene la forma de un ciempiés y su tamaño es mínimo: medio milímetro.
«La ría de Ferrol es muy rica en fauna», cuenta el biólogo alemán. «Con las mareas, el agua va cambiando y se renueva mucho». No considera que esté especialmente sucia, pese a carecer de sistema de depuración. «Siempre se nota algo, por la actividad en los puertos y eso... Pero en otras zonas en las que hemos estado cerca de puertos hay más suciedad», asegura.
Wägele ha conocido también otras zonas de Galicia, entre ellas la ría de Arousa. «Es una zona parecida a ésta, aunque el agua está más caliente, y por esa razón hay otras especies», explica el biólogo. En cuanto a Ferrol, no es la primera vez que viene, ni será la última. «Volveremos aquí con alumnos y también para dar cursos de zoología». Tal vez lo haga con nuevas certezas sobre el parentesco evolutivo entre los crustáceos y los insectos. 

Fuente: La Voz de Galicia


Les premiers insectes :

Fouisseurs, giboyeurs, suceurs de sang, frugivores, herbivores, ou même coprophages, les insectes se sont adaptés à tous les modes de vie et ont envahi tous les milieux, même les plus hostiles. Ces invertébrés à six pattes sont partout et en grande quantité : près d'un million d'espèces ont été à ce jour répertoriées et les spécialistes estiment qu'il en existe entre 3 et 70 millions(I) !
Quand sont-ils apparus ? Nul ne le sait précisément car il n'existe aucune preuve fossile de leur origine. Les premiers vestiges incontestables d'insectes ont été découverts à Gilboa, près de New York, dans des terrains vieux de 385 millions d'années (Dévonien moyen)(1). Il s'agit d'archéognathes, des insectes dépourvus d'ailes et dont les pièces buccales saillent hors de la tête. Ces formes sont déjà très modernes et l'on pense que les archéognathes sont apparus plus tôt, dès le Silurien moyen (vers 430 millions d'années). De petite taille (quelques millimètres), ils peuplaient le sol et la litière, aux côtés d'autres arthropodes, grands amateurs de détritus.
Les premiers insectes ailés (ptérygotes) apparaissent plus tard, au Carbonifère, il y a quelque 325 millions d'années. Delitzschala bitterfeldensis , découvert l'an dernier dans la région de Bitterfeld-Delitzsch, en Allemagne, est le plus ancien représentant connu d'un groupe aujourd'hui disparu, les paléodictyoptéroïdes(2). Ces insectes primitifs étaient dotés de deux paires d'ailes bien développées, et d'une paire de lobes sur les flancs du premier segment thoracique, souvent interprétés comme étant des ailes rudimentaires. A la différence de la plupart des ptérygotes actuels, ils étaient incapables de les replier sur le dos au repos. Des pièces buccales très spécialisées leur permettaient de déchirer les cônes des plantes ou bien de percer les ovules afin d'en sucer le contenu(II).
Les insectes se sont considérablement diversifiés au Carbonifère supérieur et au Permien inférieur (entre 320 et 280 millions d'années), probablement en liaison avec le développement des plantes vasculaires. A l'aube de l'ère secondaire, les principales lignées d'insectes ailés sont déjà représentées. Certaines ont disparu comme les protodonates, ancêtres géants des libellules actuelles ; les autres, les plus nombreuses, ont survécu : éphémères, blattes, hémiptères (pucerons, cigales, punaises, etc.), orthoptères (grillons, sauterelles, criquets, etc.), coléoptères (scarabées, carabes, staphylins, etc.), diptères (moustiques, mouches, tipules, etc.), etc.
Il est généralement admis que tous les insectes déri-vent d'un même ancêtre : ils forment un groupe monophylétique défini par un certain nombre de caractères évolués (dits apomorphes) parmi lesquels : la présence d'un organe sensoriel complexe dans le deuxième segment de l'antenne ; un flagelle (extrémité de l'antenne) dépourvu de muscle ; le tarse de la patte subdivisé en tarsomères ; ou encore l'existence d'un long appendice filiforme (ou paracerque) à l'extrémité de l'abdomen. Mais quel est cet ancêtre ? Faut-il le rechercher du côté des entognathes hexapodes (ensemble des diploures*, protoures* et collemboles) ? Ou parmi les autres grands groupes d'arthropodes, à savoir les crustacés*, les myriapodes* et les arachnides* ?
Les hexapodes ont une origine phylogénétique commune : leur corps est divisé en trois (tête, thorax, abdomen) et leur thorax est équipé de pattes bien développées. On a cru pendant longtemps que les diploures, qui ressemblent aux poissons d'argent, étaient les plus proches parents des insectes. Mais aucun des critères utilisés pour apparenter les deux groupes n'était convaincant. Tombée un temps en désuétude, cette thèse refait pourtant aujourd'hui surface. Les hexapodes ont également été rapprochés de leurs cousins myriapodes (mille-pattes, iules). On les réunit traditionnellement au sein d'un supertaxon, les trachéates ou atélocérates. Et pour cause : tous ces invertébrés sont pourvus de tubes de Malpighi (organes d'excrétion), d'un système de trachées respiratoires et n'ont plus qu'une seule paire d'antennes.
Ce schéma ne fait pas l'unanimité : il se pourrait que ces trois caractéristiques soient le fruit d'une adaptation à la vie terrestre et donc qu'insectes et myriapodes aient évolué indépendamment les uns des autres. On s'est aperçu que les tubes de Malpighi et les trachées existent également chez de nombreux arachnides (animaux terrestres). La seconde paire d'antennes qui sert habituellement à la locomotion aquatique et à la filtration n'est, quant à elle, plus nécessaire en cas de vie terrestre.
Finalement, si l'on exclut les diploures et les myriapodes, qui sont les plus proches parents des insectes ? Les crustacés, répondent les spécialistes de phylogénie moléculaire après avoir comparé les arn ribosomiaux (12S et 18S) de différentes espèces d'arthropodes(3).
Les myriapodes auraient pour leur part une origine indépendante. Ces résultats, même s'ils demandent à être confirmés (le nombre d'espèces étudiées reste encore insuffisant), sont compatibles avec le fait que crustacés et insectes partagent de nombreux caractères évolués : cuticule, structure segmentée de la tête, coeur en position dorsale, système circulatoire ouvert, etc. La structure cellulaire et le plan de développement de leurs systèmes nerveux et sensoriel sont en outre similaires mais différents de ceux des myriapodes.
Dans ce schéma, auquel bien des adeptes de l'analyse morphologique refusent pour l'instant d'adhérer, crustacés et insectes auraient un ancêtre commun. Mais lequel ?


Enquête sur la comédie de la mort :

Certains, parmi le peuple des six-pattes, feignent la mort subite. Puis, des dizaines de minutes plus tard, s'éveillent et décampent. Pourquoi cette étrange tactique ?
Tiens ! Aujourd'hui, Fabre se cache derrière un meuble. Dehors, c'est vacarme de cigales et océan de lumière. Lui, immobile, dans la grande pièce-laboratoire de l'Harmas, scrute. Sur une table, à 10 pas de là, un scarite; ce petit prédateur, redouté éventreur des sables, a été tracassé par notre savant. tripoté, roulé entre les doigts, retourné sur le dos; jusqu'à ce que, figé, il ne remue plus une mandibule. Alors Jean-Henri file et va se cacher comme un gamin; un quart d'heure, une heure; montre en main, il patiente; jusqu'à ce que le minuscule insecte veuille bien remuer et filer à toutes pattes; à ce moment-là, inépuisable, il recommence son manège; secoue la bestiole jusqu'à la torpeur; et va de nouveau se cacher pour guetter le retour au mouvement. Pour un éventuel visiteur, la question devient : l'entomologiste aurait-il fini par souffrir des ardeurs solaires ? Sa raison l'aurait-elle abandonné ? 
On répondra qu'une fois de plus une question empoisonnée s'est emparée de l'esprit du chercheur; une interrogation qui nécessite quelques stratagèmes : pourquoi certains insectes simulent-ils la mort ? Pourquoi restent-ils des dizaines de minutes, parfois des heures, statues immobiles ?
Alors il observe, obsessionnel; et note : 17 minutes de totale immobilité, puis 20, 25 et- 33 et encore 50 minutes lors de 5 expériences consécutives sur le scarite.
Avouons notre idée d'entance, celle que nous avons forgée en jouant au chat avec quelques laborieux six-pattes tombés entre nos griffes, c'est que l'insecte compte nous décourager. Et comment ! Gamin, nous nous fatiguons d'aussi peu de velléité à décamper ou à réagir; et abandonnons la créature jugée morte pour d'autres jeux.
Fabre aussi le constate; mais en se dissimulant dans un coin de son bureau, il renifle une méprise du géant humain sur les intentions du nain : "L'attitude mortuaire n'est pas une supercherie de l'insecte en danger; ici, rien n'intimide plus l'animal; autour de lui, tout est silence, repos; s'il persiste dans son immobilité, ce ne saurait être maintenant pour duper "intelligemment" l'ennemi ...".
Coma de stress : A cette thèse, plusieurs arguments; d'abord le scarite en question ne craint nul prédateur; ce chasseur nocturne n'est même pas menacé par le bec des oiseaux; pire, pendant l'immobilité, ce faux mort se réveille et décampe au moindre risque de danger inconnu; qu'une mouche vienne l'explorer de sa trompe et le voici qui remue, s'agite et se carapate. Plus encore, tous les insectes ne pratiquent pas ce jeu; le scarite lisse, cousin minuscule du scarite géant, et qui aurait bien plus de raison de feindre la mort s'il s'agissait de se protéger, décampe pour sa part obstinément, sans jamais jouer cette comédie du grand sommeil ...
Autre expérience avec un bupreste, un énergumène sensible à la chaleur et au froid; Fabre le terrorise, puis le plonge dans un bocal refroidi d'une douzaine de degrés; gagné ! Avec la diminution de température le coma se prolonge; la mort est simulée jusqu'à 5 heures, au lieu d'une demi-heure en conditions normales; voilà notre détective sur la piste d'une catalepsie que le froid perpétue ... Fabre se souvient alors de son enfance; et du jeu pratiqué avec d'autres garnements : mettre des troupes de dindons en hypnose en leur glissant la tête sous l'aile, puis en les balançant un instant dans cette posture; une occupation aussi étrange que drôle pour une bande d'écoliers. Le rapprochement avec les insectes est troublant; car les six-pattes s'éveillent doucement, au contraire de sauter sur leurs membres pour s'enfuir s'ils étaient en situation de crainte; non, décidemment, tout se passe comme si les minuscules étaient en hypnose, en syncope. Une autre légende met Fabre dans cette idée : celle des scorpions qui se suicident. Fabre fait l'expérience du feu qui désespère l'animal; la Provence est riche de scorpions blancs; mais au lieu de laisser l'animal pour mort une fois les braises éteintes, il patiente encore; et l'arthropode, dont on dit qu'il se suicide en se piquant, s"éveille et s'enfuit au bout d'un long laps de temps; lui aussi était dans un coma. Ainsi donc, si on extrapole, la crainte mettrait tous ces animaux dans une torpeur profonde; un simple coma de stress ...

(Par Patrice Lanoy)


Un tueur de palmiers sur la Côte :

Alerte au tueur de palmiers sur la Côte d'Azur, où des inspections systématiques vont tenter désormais de s'opposer à la très redoutable invasion d'un insecte capable de dévorer l'intérieur de ces arbres symbole de la Riviera; plus connu sous le nom de charançon rouge et mesurant de 2 à 4 cm, le Rhynchophorus ferrugineus représente un véritable fléau. Sa capacité de nuisance a pu encore être mesurée l'an dernier en Espagne, dans la célèbre palmeraie d'Elche, près de Valence; pas moins de 3000 arbres infectés ont dû être abattus.
Sur la Côte, les spécialistes prennent donc très au sérieux la récente apparition, à la mi-octobre dernier, de premiers cas de contamination repérés à Sanary. "Ces insectes sont désormais présents à la La Croix-Valmer, Sainte-Maxime et Grimaud , dans la région tropézienne. Egalement dans les Alpes-Maritimes, où la localité de Saint-Martin-du-Var a été touchée. La Corse n'est pas épargnée non plus."
Si l'on sait qu'il n'existe actuellement aucun moyen de traitement naturel ou chimique, la menace pèse désormais sur plus de 100 000 palmiers recensés sur la Côte. Apte à se déplacer en volant sur environ 7 km, cet envahisseur se reproduit à une vitesse considérable; chaque femelle laisse sa trace sous la forme de 100 à 300 oeufs et larves; lesquelles, une fois écloses dans les anfractuosités de l'arbre, creusent des milliers de galeries, rongeant alors complètement le palmier de l'intérieur
L'arbre se transforme inéluctablement en une coquille vide, avec le danger non négligeable de le voir brusquement s'effondrer sur une chaussée ou dans un jardin. Un seul remède, plutôt onéreux (4000 euros par arbre infecté) s'imposerait alors aux pouvoirs publics et aux particuliers après le repérage d'un sujet infecté : un abattage pur et simple et une incinération.
Une Croisette ou une Promenade des Anglais sans leurs palmiers n'est plus une perspective inconcevable ... 

 

Là ou comme ailleurs sur la Côte, depuis quelques jours, on traque la moindre apparition des signes d'infection : chute de palmes, présence de sciure à la base du tronc, présence aussi de cocons de la taille d'un oeuf de poule à la base des palmes ...


La grande fête des insectes :

Les insectes, animaux à sang froid, profiteront-ils du réchauffement climatique ? La question était encore théorique il y a quelques années; les entomologistes répondent désormais, sans ambiguïté, par l'affirmative ...
L'évolution est déjà visible à travers l'expansion géographique de certaines espèces et l'apparition de nouveaux comportements; prenons la pyrale et la sésamie, deux papillons dont les larves se nourrissent des tiges et des épis de maïs; traditionnellement, la pyrale se contentait d'une génération par an; de son côté , la sésamie, sensible au gel continu en hiver, restait cantonnée au sud du pays. "Tout cela est en train de changer; on retrouve désormais la sésamie dans la région Centre, en Indre et Loire, où elle n'avait jamais été vue auparavant; on en a aussi vu dans la plaine de Caen, tandis que des pyrales étaient signalées en Belgique" confirme ... Cette remontée vers le nord s'accompagne chez la pyrale d'une augmentation du nombre de générations annuelles, le voltinisme ...; l'insecte peut désormais effectuer trois cycles dans la saison, ce qui accentue la pression sur les récoltes; le multivoltinisme s'observe aussi chez le carpocaspe des pommiers et poiriers; "dans les années 1970, à Avignon, on n'avait que deux générations par saison; on en compte désormais trois; on se retrouve dans la situation du Maroc, il y a 30 ans" constate ....
... L'étude des pucerons révèle elle aussi l'impact du changement climatique. "Nous ne constatons pas d'augmentation de la quantité de pucerons, mais de leur diversité". Des espèces probablement présentes sur le territoire en faible quantité, qui étaient "sous le radar", deviennent "piégeables"; le nombre moyen d'espèces capturées chaque année est ainsi passé de 168, entre 1978 et 1982, à 211 actuellement.... Par ailleurs, la date de début de migrations des pucerons est toujours plus précoce : ... , depuis trente ans, elles ont commencé en moyenne un jour plus tôt chaque année; les pucerons qui s'attaquent à la pomme de terre et à la betterave ont donc gagné un mois d'activité sur cette période !
La chenille processionnaire, premier "défoliateur forestier" français, offre un exemple supplémentaire de progression. Les colonies meurent lorsque la température descend sous -16 °C; pour que les chenilles sortent du nid pour se nourrir, il faut une température supérieure à 9°C pendant le jour et à 0°C la nuit. "Au sud du Bassin Parisien, ces contraintes ont été levées ces 10 dernières années " assure ... Dans le Briançonnais, des populations implantées expérimentalement ont survécues à 1850 m en face sud, alors que le "front" en altitude est actuellement limité à 1200m ... En latitude, ce front progresse vers le nord d'environ 5 km par an, conditionné essentiellement par les faibles capacités de vol des femelles imagos, alourdies par leurs oeufs. "Les colonies atteindront Paris en 2025" estime ..., qui cherche à savoir si les pins bordant les autoroutes ne facilitent pas leur progression.
... On ne compte plus les signalements de bestioles exotiques repérées bien plus au nord que leur "niche" d'origine. Ces délocalisations sont une des facettes de la mondialisation ! Ces insectes - dont 41 "ravageurs" nouveaux introduits en France métropolitaine entre 2000 et 2005 - ont profité des circuits commerciaux pour coloniser de nouveaux territoires.

(Une partie de l'excellent article de Hervé Morin dans "Le Monde" du 27/XII/ 2006)


Complètement piqué !

C’est grâce à un moustique, un vulgaire moustique, que la police finlandaise a mis la main sur un suspect. La bestiole se trouvait dans une voiture volée abandonnée, retrouvée à Seinäjoki. En passant le véhicule au peigne fin, les enquêteurs y ont trouvé l’insecte gorgé de sang  humain. L’analyse ADN a révélé l’identité d’un homme déjà fiché. Le suspect nie les faits, rapporte le tabloïd Ilta-Sanomat, mais n’exclut pas que le sang puisse lui appartenir. La justice doit encore décider si la preuve suffit à l’inculpation. A suivre !


Le vin à coccinelles :

Cette année là, la coccinelle à sept points pullulait dans le Pays de Retz (à l'ouest de Nantes), y compris dans les vignes où des centaines d'individus s'étaient faufilés entre les grains de raisin. Les vignerons n'ayant rien remarqué, les grappes furent pressées avec leurs squatters. Quand vint le temps de l'assemblage, les oenologues restèrent perplexes devant un arôme qu'ils ne pouvaient identifier. En effet, les alcaloïdes contenus dans le corps des coccinelles avaient été pressé en même temps que le raisin. Plus de 1000 hl de ce vin finalement imbuvable furent jetés à l'égout !

(D'après J. P. Coutanceau)


Les Coccinelles !

 
larves et adultes de CoccinelleComme pour les " bousiers ", c'était en Vendée, et c'était il y a longtemps....
 
La saison battait son plein et les plages étaient prises d'assaut par des milliers de vacanciers avides de soleil et de flots bleus. C'est alors que des nuées de coccinelles se sont abattues sur le littoral, au grand dam des corps dénudés assaillis de toutes parts à l'instar de vulgaires colonies de pucerons ....
À l'époque le phénomène faisait quasiment la une des médias, et le monde scientifique se perdait en conjectures tandis que les langues allaient bon train dans les chaumières, ou plus exactement dans les " bourrines ".....
Les entomologistes, eux, se frottaient les mains car de telles abondances sont exceptionnelles et souvent prometteuses d'espèces ou de variations quasi introuvables en temps normal.
En compagnie d'un ami âgé (en fait Michel C., mon maître es entomologie!), nous chassions sur le haut de la dune surplombant la plage, et ne savions où donner du flacon tant les coccinelles de toutes sortes abondaient. C'est alors qu'un grand gaillard en maillot de bain nous interpelle, et vient vers nous en gesticulant. Intrigués nous l'attendons, et là... surprise !
L'homme captait les coccinelles comme un aimant la ferraille. Elles arrivaient et se posaient sur lui par dizaines, et sitôt chassées sitôt revenues. L'explication était certes classique (il transpirait beaucoup suite à un long footing, et bon nombre d'insectes apprécient ce type d'effluves), mais le résultat n'en demeurait pas moins spectaculaire.
 
Bien entendu ce qui devait arriver arriva......
 
Bras levés, et juché sur un promontoire naturel, notre gaillard tournait lentement sur lui-même tandis que mon vieil ami se livrait à une inspection corporelle en règle, tout en " picorant " du bout des doigts les bestioles jugées ça et là intéressantes.
  Cet ami était plutôt frêle et petit, et la disparité des statures ajoutait encore à la cocasserie de la situation. Le comble a été atteint quand notre vacancier s'est figé dans une pose digne d'une statue antique, et que le vieil homme s'est mis à graviter autour de cet éphèbe d'un nouveau genre, tout en continuant de " picorer " les fameuses coccinelles au gré d'une cuisse, d'un torse, d'une épaule... ou d'un maillot !
 
Ce jour-là j'ai eu le sentiment que toute la plage nous regardait... et c'était sans doute vrai !
 
J'ai emprunté cette excellente anecdote au très intéressant et sympathique site de notre collègue André Lequet dont je recommande très vivement la visite : http://perso.orange.fr/insectes.net/index.htm

 

Un an à regarder voler les papillons des jardins français :

L'observatoire des papillons des jardins (OPJ) donne son premier bilan après un an de fonctionnement :
C'est symboliquement le jour du printemps que le premier bilan de l'OPJ a été rendu public; un rendez-vous que les organisateurs voudraient maintenir chaque année à la même date. Cet observatoire a été lancé par le Muséum (MNHN), l'Association Noé Conservation et la fondation Nicolas H ulot pour sensibiliser le grand public aux enjeux de la biodiversité. Enjeux principalement liés aux changements climatiques, à la politique agricole commune et au programme Natura 2000 qui ont une action sur la faune et la flore.
Partant du fait qu'en Europe 50 % des papillons de prairie avaient disparu en quinze ans, l'Observatoire essaie de constituer un véritable réseau de surveillance de la biodiversité. pour que le projet réussisse, il faudrait que la France, qui n'a pas de grande tradition naturaliste comme la Grande-Bretagne (hum !!!), les Pays-Bas ou les Etats-Unis, parviennent à mobiliser un public de plus en plus large de volontaires. A titre d'exemple, en Grande-Bretagne, 20 000 bénévoles parcourent chaque année 2 861 aires d'observation; alors qu'en France, si environ 15 000 observateurs se sont inscrits sur le site Internet de l'OPJ (www.noeconservation.org), seuls 5 000 à  6 000 d'entre eux y participent régulièrement.  
Les premiers résultats de l'OPJ sont intéressants; ils se concentrent sur 28 espèces de papillons communs parmi les plus répandus alors qu'il en existe 260 espèces de jour et 4 827 de nuit; d'ores et déjà, ils indiquent que le nord du Bassin Parisien (Picardie) compte en moyenne 10 espèces recensées par commune, contre 19 pour le sud-ouest du Bassin (Beauce). La côte du Languedoc présente une richesse inférieure à celle de la Côte d'Azur.

Bassins miniers incriminés
Dans certaines régions, comme le bassin du Creusot et L'ouest de la Moselle, les bassins miniers sont incriminés pour justifier le faible nombre de papillons. Dans la région parisienne, c'est le tissu urbain. Alors que pour d'autres zones, comme le nord de la Dordogne, les Hautes-Pyrénées, le sud de l'Alsace et le nord de la Franche-Comté, l'explication nécessitera des analyses supplémentaires.

Il a également été observé que le cycle de vie des papillons comme l'aurore se déroule entre avril et juin tandis que la belle -dame est visible d'avril à octobre; cette donnée témoin permettra de faire des comparaisons durant les années suivantes, d'observer d'éventuels décalages et de les corréler avec les phénomènes météorologiques, notamment.
Par ailleurs, certains papillons, comme le brun du pélargonium, une espèce invasive venant d'Afrique du Sud, se propage vers le nord.

Forts de ces renseignements qui seront complétés dans les années à venir, les jardiniers en herbe devraient adopter des comportements plus favorables aux papillons et à l'environnement. Les jardins français représentent plus d'un million d'hectares, soit environ 2 ù de la surface de la France. Sensibilisées depuis 3 ans à ce sujet, les Côtes d'Armor ont installé 100 hectares de refuges à papillons grâce à l'Association Vivarmor.

(Le Figaro des 24-25 mars 2007)


Entomologie / Biologie en Patagonie :

Resp. Jean-Jacques Menier et Christian Clot

Lors de l'expédition 2004, nous avons été surpris de constater qu'un nombre impressionnant d'insectes couraient sur le glacier Marinelli. Des insectes de plusieurs centimètres, au corps effilé et avec de longues pattes comme nous n'en avions encore jamais vu sur un glacier. Certes, cela ne veut pas dire grand-chose vu nos connaissances restreintes en entomologie. Cependant il n'est pas impossible que le caractère préservé de la Cordillera Darwin ait permis le développement d'espèces uniques.

Ce que nous avons fait.

Selon une procédure mise en place avec le musée d'histoire naturelle, nous avons ramené un certain nombre d'échantillons pour être analysés dans le calme d'un laboratoire. Ces insectes entre 1 et 2 cm, de couleur noire et plus rarement orangée, Du groupe des Plécoptères, des insectes analogues ont été récemment découverts sur le Hielo Patagonico Sur, en 2004 et ont été nommés Dragons de Patagonie. Il est possible que ceux observés en Cordillère de Darwin par Karine Meuzard, Christian Clot durant leur première expédition en 2004 et ramenés par Ultima Cordillera 2006 soient arrivés durant la glaciation du canal de Magellan, voilà 40’000 ans et se soient développés depuis en totale autarcie. Une espèce passionnante, méconnue, qui intéresse aujourd’hui autant les entomologistes que les chercheurs sur le développement de la vie dans la glace : l’adaptation de ces insectes à la vie dans la glace ouvre de nombreux questionnements. Les échantillons ramenés pour étude sont les premiers au monde venant de ce secteur, séparé du continent par la mer.

 


Les portables soupçonnés de décimer les abeilles :

Les abeilles seraient menacées d'extinction par ... le téléphone portable. C'est en tout cas  la thèse que vient de publier le professeur Jochen Kunh, de l'Université de Landau, en Allemagne. Selon ce chercheur, les champs magnétiques émis par les mobiles provoqueraient des interférences avec le système de navigation naturel des abeilles et les empêcheraient de retrouver leur ruche. désorientées, perdues, incapables de s'alimenter, elles n'auraient pour seule issue que la mort.
Pour Jochen Kuhn, ce phénomène pourrait expliquer la multiplication à travers le monde depuis quelques années des cas de colony collapse disorder (CCD), ces ruches retrouvées un beau matin totalement vidées de leur colonie, la reine ayant été abandonnée avec ses oeufs par les ouvrières. Les chercheurs allemands ont mené diverses expériences et ont notamment remarqué qu'à chaque fois qu'ils plaçaient un portable près d'une ruche, celles qui fabriquaient le miel refusaient d'y pénétrer.
Une diminution de près de 30 % en dix ans :
"
Il y a quelques années, une étude avait déjà accusé les lignes électriques à haute tension d'être à l'origine du même phénomène. Mais finalement, les scientifiques n'ont jamais vraiment pu prouver cette hypothèse. cette histoire de portable est possible, mais selon moi ce n'est pas la raison principale de la baisse du cheptel apicole que nous constatons effectivement depuis une dizaine d'années" sou ligne Philippe Lecompte, président du réseau biodiversité pour les abeilles. En France, le nombre d'abeilles a diminué de 30 % en dix ans. Pour le défenseur de la nature, cette baisse s'explique plutôt par la modification du paysage botanique changeant le bol alimentaire des abeilles, l'apparition de deux nouveaux parasites au début des années 2000, et surtout depuis octobre 2005, l'arrivée d'un frelon asiatique. Repéré pour la première fois dans le Lot et Garonne, Vespa velutina se développe à grande vitesse. Son hobby principal ? Certainement pas téléphoner avec son mobile, mais bel et bien manger ses cousines européennes !

(A. E., dans "Aujourd'hui en France")
 


Ce n'est pas une bonne nouvelle pour la baise, mais c'est sans doute une bonne nouvelle pour la Planète :

Depuis 50 ans (en 2008), la production de spermatozoïdes, chez l'homme, a diminué de moitié. En 20 ans, les hommes parisiens ont perdu 40% de leurs spermatozoïdes, soit près de 2% chaque année, selon une étude menée par le Professeur Jouannet, ancien chef de service de Biologie de la Reproduction à Cochin. De plus, les quelques spermatozoïdes qui restent sont de moindre qualité, moins mobiles et difformes !!


La faune et la flore en cours d'inventaire :

Si vous les voyez tendre l'oreille à l'écoute des oiseaux un carnet à la main, soulever des plaques de caoutchouc sous lesquels se chauffent des serpents ou se promener de nuit, en voiture, avec un appareil à ultrasons qui sort par la vitre, ne soyez pas surpris. Ces amateurs et scientifiques aguerris réalisent tout simplement, avec la plus grande attention, l'atlas de la biodiversité seine-et-marnaise; ils donnent d'ailleurs rendez-vous aux curieux ce 16 juin 2007 pour évoquer les premiers résultats après deux ans de cette enquête unique.
 Le Conseil Général de Seine-et-Marne est le seul en France à avoir engagé une telle démarche, entourée d'un solide protocole scientifique. "Quand nous l'avons lancée avec les Associations partenaires, nous savions que c'était l'unique façon d'obtenir des résultats incontestables et dont nous pourrions estimer l'évolution en permanence", affirme Jean Dey, vice-président du Conseil Général chargé de l'eau, de l'air et de la terre. Côté scientifique, l'étude est menée avec le Conservatoire botanique national du Bassin parisien et l'Unité mixte de recherche formée de chercheurs du CNRS ou encore de l'Université Paris VI; 8 associations sont aussi totalement investies et missionnées pour les études de terrain par le département
"Je découvre des espèces que je n'ai jamais rencontrées ! ":
"C'est un projet ambitieux, très bien organisé scientifiquement, confirme Bruno Mériguet, entomologiste de l'Opie (Office pour les Insectes et leur environnement); nous nous sommes impliqués à fond en collectant les insectes avec 10 bénévoles. Je découvre également des espèces que je n'ai jamais observées !". Difficile de connaître l'évolution de ces espèces pour le moment, selon certains scientifiques, depuis 1880, plus de 200 variétés de plantes et beaucoup d'oiseaux ont disparu. "Nous assistons aussi à une homogénéisation des espèces, notamment à cause de la disparition de certains habitats, ou encore de la présence de grandes surfaces de cultures céréalières, explique Olivier Renault, chargé de mission biodiversité et réseaux naturels; mais nous étudions tous les milieux grâce à un échantillonnage aléatoire, y compris les zones industrielles ou le bord des autoroutes. Et il reste de bonnes nouvelles, comme un oiseau, le Guêpier d'Europe ou des papillons rares qu'on trouve plus qu'on ne l'espérait."
Les premiers résultats serviront notamment à proposer aux élus locaux les meilleures pistes possibles d'aménagement du territoire, pour ne pas rompre les liaisons entre les espèces. un budget de 1,3 millions d'euros sur trois ans a d'ores et déjà été débloqué par le département. Mais pour que l'étude de l'évolution soit intéressante, les recherches devront s'inscrire dans la durée.

(L. Parny, "Seine-et-Marne matin" du samedi 16 juin 2007)
 


Un dynastinae amazonien à St. Girons (09) :

Il y a quelques jours (fin juillet 2007), un voisin et ami de Massat, travaillant aux papeteries de Lédar ("banlieue" de St. Girons), me ramène un scarabée qu'il ne connaissait pas et qui lui paraissait un peu gros pour la région ... Et pour cause ! Il s'agissait d'un superbe mâle d'Enema Pan (dynaste néotropical très commun dans toute l'Amazonie), probablement sorti d'une palette; ces papeteries n'important pas de bois tropicaux, mais utilisant un très grand nombre de palettes. Je l'ai gardé vivant le plus longtemps possible pour observer un peu ses moeurs (nocturnes ...).
Du nouveau : d'une palette sûrement pas ... La larve est effectivement trop grosse; l'imago devait être coincé quelque part; peut-être dans de la terre ...


Carabes et réchauffement climatique :

Mes derniers piégeages de carabes en Ariège se sont avérés désastreux; ils m'ont cependant permis de constater que l'on trouve splendens de plus en plus haut ; jusqu'à peu de temps limité en altitude à 700-800m, on le trouve de plus en plus fréquemment au-delà de 1000m, repoussant les populations de punctatoauratus encore plus haut et s'hybridant plus souvent avec ce dernier.


"L'eau de Karabe" :

Ce superbe pot en faïence, ayant contenu de "l'eau de karabe", est conservé dans la fameuse Pharmacie du XVIIIe siècle de l'hotel-dieu de St. Lizier  (Ariège); je n'ai pas trouvé grand-chose sur cette eau de carabe; si quelqu'un en sait plus ... Après recherches, il pourrait s'agir d'une eau (ou d'un sirop) de Karabé, autre nom de l'ambre jaune ou succin ...


Mission périlleuse au coeur des Yungas :

 

Au cours d'une récente expédition dans les forêts qui couvrent les contreforts des Andes, des entomologistes ont prélevé de minuscules insectes tapis au sommet d'immenses arbres tropicaux. Un exploit physique, destiné à percer les secrets de l'évolution. Et qui contribue, au passage, à la préservation d'écosystèmes menacés. Reportage au cœur des Yungas argentines :
 

Les indiens Guarani qui vivent dans les épaisses et humides forêts des Yungas, sur les contreforts orientaux des Andes, racontent une curieuse histoire sur le « Yaguareté », le plus grand félin d'Amérique du Sud. Le jaguar serait toujours invisible aux yeux des hommes, mais ne cesserait de les observer, tapi sous les couverts végétaux. Si les Indiens disent vrai, alors le félin a surpris récemment un insolite ballet aérien au cœur des Yungas : trois hommes suspendus au bout de longues cordes rouges et jaunes, progressant en équilibre sur la cime des cèdres, des urundels et des robles, les arbres les plus courants dans la zone, et prélevant de mystérieux échantillons dans les branches les plus élevées, au moyen de perches et de nappes tendues dans les feuillages. Elagueurs des sommets ? Touristes en quête de sensations fortes ? Vous n'y êtes pas. Eric Guilbert, Cyrille D'Haese et Lionel Picart participent à une expédition scientifique, Cafotrop-Energia-Muséum, qui s'est déroulée en Argentine durant la première quinzaine de juin. Les deux premiers sont entomologistes au Muséum national d'histoire naturelle, à Paris. Le troisième est guide de « tree climbing », une technique de grimpe d'arbre permettant d'accéder en toute sécurité aux plus hautes branches, et dans le plus grand respect de la nature.
En compagnie de deux collègues argentins du Museo de La Plata, Diego Carpintero et Sara Montemayor, nos trois explorateurs ont sillonné les épaisses forêts tropicales, pour y traquer les insectes de leurs rêves, répondant aux noms de Tingides – insectes qui constituent une famille de punaises – et collemboles. Renouvelant en profondeur deux cents ans de pratique d'entomologie, ces scientifiques ne se contentent pas des bords de route et des sentiers de promenade pour collecter leurs spécimens. Tournant les yeux vers le ciel, ils vont au contraire chercher les insectes là où ils se trouvent : au sommet des arbres, dans la canopée, qui marque la limite entre le ciel et la couverture végétale.  « Ce milieu est encore largement méconnu, essentiellement pour sa difficulté d'accès, explique Eric Guilbert, responsable de la mission et co-créateur de la société Cafotrop, qui a pour vocation d'exploiter le « tree climbing » à des fins scientifiques. Pourtant, les études déjà menées ont montré que la canopée renferme une grande richesse biologique. C'est pourquoi nous avons décidé d'y concentrer nos efforts. »
Une fois en hauteur, parfois à 40 mètres au-dessus du sol, les scientifiques prélèvent les « sols suspendus» qui les intéressent, c'est à dire les mousses et les plantes qui poussent sur les branches. Ou battent les feuillages pour faire tomber dans leurs nappes suspendues les précieux insectes.
 Seuls problèmes rencontrés dans les cimes des Yungas, mais aussi du Gabon ou de Nouvelle-Calédonie, où Cafotrop a également réalisé des missions : la présence de serpents, de guêpes ou de fourmis, dont les piqûres à l'acide formique font redescendre les chercheurs illico ! Parfois, les rencontres sont plus agréables, comme celle d'un oiseau tropical, ou d'un groupe de singes venu assister au curieux spectacle des entomologistes voltigeurs. Mais au-delà de ces péripéties, et de l'apparence d'aventure sportive qui se dégage de la mission, les objectifs scientifiques sont bien réels. En collectant leurs insectes, les biologistes du Muséum accèdent en effet à des informations capitales sur l'évolution du vivant. Les études se déroulent de retour au laboratoire, où les échantillons sont analysés. Un véritable travail de fourmi, qui s'étale sur plusieurs années, tant le nombre d'insectes prélevés est grand, et les études minutieuses. Ainsi, pour la seule mission des Yungas, 820 spécimens, dont 614 hétéroptères et 206 collemboles, ont été collectés sur quatre sites. Un chiffre encore provisoire, puisque tout le contenu des pièges à insectes posés sur le terrain n'a pas été trié. L'ensemble représente, pour l'instant, quinze familles de punaises et cinq familles de collemboles. Chaque insecte est décrit morphologiquement, tout d'abord au microscope optique, puis au microscope électronique à balayage, qui permet des grossissements jusqu'à 90 000 fois : « Nous pouvons ainsi visualiser l'ultrastructure des insectes, comme des orifices glandulaires, des microvalvules ou des insertions de poils, explique Cyrille D'Haese. Ils nous permettent de situer chaque espèce dans les arbres phylogénétiques que nous construisons, basés sur leurs relations de parenté. » Cette étude morphologique est associée à une analyse de l'ADN de certains individus. Le séquençage d'une portion de gène, et sa comparaison avec d'autres espèces, permet également de déterminer les liens de parenté. Enfin, l'étude d'individus à des stades larvaires différents fournit des informations sur les vitesses de développement embryonnaire des insectes. Autant de données qui sont compilées et traitées par de puissants calculateurs afin de tester des hypothèses évolutives concernant des moments clés de l'histoire de la vie. Des événements survenus à des périodes très reculées, il y a 200 ou 300 millions d'années, et dont ces insectes portent la trace dans leur génome et leur morphologie. Exemples : la sortie des eaux de certains groupes d'insectes, ou l'apparition de formes extravagantes, comme ces ailes immenses dont sont dotées plusieurs espèces de Tingides.
Il arrive aussi que certains insectes contribuent à résoudre des questions plus inattendues : « En établissant les différences phylogénétiques entre des groupes vivants sur des continents différents, on peut déduire les dates de leur séparation, explique Cyrille D'Haese. Ces informations peuvent servir aux géologues, qui s'intéressent aux mouvements de la croûte terrestre, et à la chronologie de la séparation des continents. » Outre l'intérêt scientifique que représentent les insectes, la mission poursuit un second objectif, tout aussi important. À travers les connaissances acquises sur les groupes d'insectes qu'ils étudient, les chercheurs mettent en valeur la richesse écologique et biologique des forêts explorées, et encouragent les mesures de sauvegarde. Cafotrop concentre en effet ses efforts sur des zones appelées « hot-spots », connues pour leur biodiversité. Preuve de cette richesse : les 25 hot-spots répertoriés, couvrant à peine 1,4% de la surface de la Terre, contiennent les deux cinquièmes des espèces vivantes connues. Or, ces zones sont grandement menacées. Ainsi, la réserve de biosphère des Yungas, qui s'étend sur 1,3 million d'hectares dans les provinces très pauvres du nord de l'Argentine, est soumise à de fortes menaces dues aux activités humaines : déforestation, pollutions industrielles, fragmentation des espaces vitaux d'espèces animales du fait de la construction de routes ou de pistes.
Les décideurs argentins suivront-ils les recommandations des chercheurs qui, comme Eric Guilbert et Cyrille D'Haese, militent pour leur protection ? On peut l'espérer, pour ces zones naturelles dont la valeur écologique est inestimable… Mais aussi pour la survie du « Yaguareté » sacré des Indiens Guaranis, qui hante silencieusement les forêts des Yungas.

Pedro Lima (à Buenos Aires)

 Voici le site où l'on peut trouver l'intégralité de cet excellent article, avec de superbes photos :

http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_actu.php?langue=fr&id_article=8283
 


Une araignée venimeuse dans les étals :

Faire les courses au supermarché peut se révéler bien plus périlleux que prévu. Une dangereuse araignée brésilienne, la Phaneutria nigriventer, plus communément appelée "araignée-banane" vient en effet d'être découverte sur les étals d'une grande surface de la ville néerlandaise de Bolsward. Or, son venin entraîne de terribles souffrances et même des paralysies. Chez l'homme, la morsure peut également s'accompagner d'une douloureuses érection persistante pouvant mener, dans certains cas, à l'impuissance. La charmant bête a heureusement été capturée par un vétérinaire. Les amateurs de bananes ont eu chaud au slip ! 

(dans Marianne)



La consommation d’insectes aquatiques est un aspect méconnu des sociétés rizicoles. L’île de Bali (Indonésie) est plus célèbre pour ses superbes paysages de rizières étagées que pour l’entomophagie de ses habitants, lesquels se régalent de libellules (“nymphes” et adultes) et d’abeilles (larves, nymphes et miel). Une tradition séculaire, singulière par son ampleur passée, menacée de désintérêt. 

Une ressource alimentaire essentielle des sociétés rizicoles :

Dans le monde, plusieurs sociétés rizicoles consomment des libellules et d’autres insectes aquatiques. Thaïlandais et Laotiens mangent les libellules adultes frites ou rôties. Au Laos, Anax guttatus (Odonate Aeschnidé) est capturée au moyen d’une chandelle placée au milieu d’un grand bol d’eau. Les Vietnamiens en consomment également les larves. Les Japonais mangent les libellules cuites, ainsi que plusieurs Coléoptères aquatiques (Dytiscus, Cybister…) qu’ils attirent à l’aide d’une tête de poisson salée immergée. À Madagascar, les populations des hauts plateaux consomment les larves séchées des grosses libellules. Comme leurs lointains parents indonésiens, les riziculteurs des ethnies Merina et Betsileo apprécient les libellules frites. Sur le continent africain, les Pangwés du Sud du Cameroun consomment les larves et leur trouvent des qualités diurétiques que les Balinais attribuent aux insectes adultes.

Les libellules balinaises

Il existe à Bali plus de 45 espèces de libellules. Les Balinais interrogés en distinguent une quinzaine, rassemblées sous le vocable capung, un même nom local désignant parfois plusieurs espèces distinctes. Toutes les demoiselles et les libellules capturées sont consommées, principalement celles des espèces des genres Anax, Crocothemis et Neurothemis (Libellulidés) (d’après Pemberton, 1995). Les libellules sont consommées dans l’ensemble de l’île mais les noms vernaculaires, les méthodes de capture et les région à l’autre. Dans deux localités, parmi les espèces capturées et consommées, j’ai pu identifier Orthetrum sabina, O. glaucum, Potamarcha obscura, Crocothemis servilia, Neurothemis ramburii, ainsi que Cratilla lineata assidua, Trithemis aurora et Pantala flavescens. Les Balinais connaissent les habitudes de certaines libellules : O. sabina se rencontre dès le matin tandis que C. servilia vole le soir ; la grande libellule gelandok (de cou eur jaune, non identifiée) a la particularité de s’installer à l’envers, croyances peuvent différer d’une alors que celle appelée mas (mêmes caractéristiques) se pose rarement. Les larves, appelées belau’k ou blauk, sont récoltées dans les rizières inondées de préférence lorsque les pousses de riz atteignent une vingtaine de centimètres. Elles se vendent le matin sur certains marchés de l’intérieur de l’île : une portion comprenant une centaine de larves se vend l’équivalent d’environ 0,50 e. Elles seront consommées grillées ou en friture.

Techniques de capture :

De nos jours, seuls les enfants continuent à chasser les libellules. Les méthodes de capture varient selon les régions, le matériel à disposition et les terrains prospectés. Deux techniques utilisent la sève collante du jacquier (Artocarpus heterophyllus) et parfois celle d’un frangipanier (Plumeria sp.). La première consiste à approcher lentement une longue et fine tige dont l’extrémité est enduite de sève et, d’un coup sec, à coller la libellule au repos. La seconde, rapportée par Pemberton, consiste à agiter en cercle au-dessus d’une rizière une boule de sève placée à l’extrémité d’une longue tige, puis à attendre que les libellules se laissent prendre à cet appât. Connaissant la voracité des insectes, les Balinais utilisent également de petites libellules (Acisoma panorpoides ou Diplacodes trivialis) comme appât vivant. La captive est agitée à l’extrémité d’une perche : il suffit alors d’attendre quelques minutes pour qu’une libellule plus grosse fonde sur cette proie, laquelle est rapidement capturée. Une méthode plus simple consiste à attraper les insectes à la main. Pour ce faire, les enfants saisissent l’insecte par l’arrière, entre le pouce et l’index. Une technique plus brutale consiste à assommer les libellules, au repos ou en vol, avec un éventail ou un balai de tiges. Une fois leurs ailes coupées à la main, elles sont embrochées sur une tige ou placées dans un sac.

Entomophagie domestique :

jusqu’à trois fois par jour. Ces pratiques se sont estompées progressivement pour disparaître à la fin des années 1970. Avec les poissons, les anguilles, les grenouilles et les escargots, tous pêchés en rizière, les insectes représentaient auparavant une part indispensable des apports journaliers en protéines. À chaque repas, une vingtaine d’insectes, accompagnés de maïs, de fruits du jacquier et de patates douces cuisinés, étaient servis avec le riz. Denrée chère, la viande de porc, comme celle de poulet, était réservée aux nombreuses fêtes religieuses, familiales ou communautaires, ponctuant le calendrier hindouiste balinais.

Aujourd’hui encore, chaque Balinais a pour obligation de consommer au moins une fois dans son existence des libellules. Au premier anniversaire de l’enfant (de 3 mois à 210 jours, c’est-à dire une année balinaise), lors du repas qui suit la cérémonie de purification où les premiers cheveux sont coupés, des libellules, mais aussi des sauterelles frites, sont ainsi offertes. Certains Balinais se souviennent également avoir suivi un régime forcé de libellules dans leurs premières années pour soigner leur incontinence nocturne. Plusieurs modes de cuisson et recettes culinaires simples permettent de préparer les insectes. Si les libellules peuvent être rôties à même la flamme, les moins pressés préféreront une cuisson avec épices. Les insectes peuvent alors soit être emballés et rôtis dans une feuille de bananier, soit être bouillis accompagnés d’épices. Mais les libellules seront le plus souvent frites dans un large wok : les insectes entiers sont mélangés à de l’ail, à une variété de gingembre (Kaemferia galanga), à des feuilles de curcuma (Curcuma domestica), à des piments (Capsicum sp.), du sucre, du sel, et parfois aussi à de la noix de coco râpée. Les larves de libellules frites avec des épices constituent un mets fortement apprécié des connaisseurs. Comme dans d’autres pays, la dégradation de leur écosystème constitue une menace pour les insectes aquatiques. De l’avis même des Balinais, l’abondance des libellules a été considérablement réduite par l’usage des insecticides dans les rizières et les vergers. Le désintérêt actuel des Balinais pour les plats de libellules s’explique par une amélioration générale du niveau de vie sur l’île (grâce au tourisme notamment) et à la diversification des menus. À entendre les Balinais, le manque d’enthousiasme des enfants, plus prompts à jouer, à la sortie de l’école, aux jeux vidéo chez un voisin qu’à courir les rizières à la recherche de libellules, serait aussi en cause…

Autres insectes consommés et utilisés à Bali :

Les Balinais consomment également des Hyménoptères : principalement des larves et des nymphes d’abeilles sans aiguillon et de deux variétés de guêpes. Deux espèces d’abeilles sont concernées : nyawan

limpe (Melipona favosa, Apidé, Méliponiné) et nyawan kerang (non identifiée). Les nids sont collectés à l’état sauvage dans les jardins et les forêts mais peuvent aussi provenir d’élevages, le collecteur  abandonnant un petit morceau du couvain pour permettre à celui-ci de se reconstituer (une nouvelle récolte

pouvant avoir lieu après une quinzaine de jours). Une plante odorante (krasi) est utilisée pour garder les abeilles à distance. Les nids et leurs larves se vendent le matin au marché pour l’équivalent d’environ 3 le kilogramme. Après avoir prélevé le miel, les rayons sont bouillis. Les larves et les nymphes sont tamisées, puis recuites avec une mixture d’épices. Le résidu de cire fondue flottant à la surface, à qui les Balinais accordent des vertus thérapeutiques, est donné sous forme de boulettes à tout volatile précieux et à la patte cassée (coq de combat et volailles domestiques). Les Balinais consommaient aussi différents criquets (balang, famille des Acridiidés) récoltés dans les rizières. Cuisinés de la même façon que les libellules, ils étaient préférés grillés. Deux petits Orthoptères comestibles sont aussi utilisés dans la préparation d’une huile de massage. Auparavant les Balinais consommaient les larves de fourmis tisserandes (Oecophylla smaragdina, semangga en Balinais), ainsi que de grosses larves d'un Coléoptère, nommées jubel (non identifié), que les paysans prélevaient dans les petits talus bordant leurs rizières.

 

Si vous souhaitez consulter l'intégralité de ce reportage, avec d'excellentes photos : http://www.inra.fr/internet/Hebergement/OPIE-Insectes/pdf/i140cesard.pdf

 

L’auteur

Nicolas Césard est ethnologue. Ses travaux sur les insectes portent principalement sur l'Indonésie et l'Amazonie.

Contact : ncesard@wanadoo.fr


 

Au Japon, la crise fait chuter le cours du scarabée :

Yumiko Tanuma saisit entre ses doigts un scarabée long de huit centimètres. "Il est mignon", prononce-t-elle, lui souriant tendrement pendant qu'il remue les mandibules. Il peut être mignon, vu son prix. Ce scarabée est vendu l'équivalent de 300 dollars [un peu plus de 1 800 FF] au grand magasin Tobu, où travaille Mlle Tanuma.
Triste nouvelle pour les nombreux propriétaires japonais de scarabées : il y a encore cinq ou dix ans, ils n'auraient pas trouvé un tel insecte à moins de 6 000 dollars. Cette dégringolade du prix des scarabées est une véritable catastrophe. Il est vrai qu'une telle dépréciation touche pratiquement tous les investissements des Japonais, qu'il s'agisse de la porcelaine ancienne, des chevaux de course ou des ohkuwagata, variété très rare de scarabées cerfs-volants vivant cachés dans le bois pourri, qui sont chassés et domestiqués depuis des générations au Japon.
Les habitants de l'archipel ont la passion des insectes depuis plus de mille ans. Dans la "bulle économique" des années 80, ces animaux étaient devenus une marchandise précieuse. Les grands magasins avaient commencé à en vendre à des prix qui, jusqu'au début des années 90, atteignaient 7 000 dollars pièce.
L'effondrement des marchés boursier et immobilier a appauvri la population, entraînant une baisse des prix. Mais les forces du marché ont également contribué à accroître l'offre et à faire éclater la "bulle entomologique" au Japon. Sans compter que des entomologistes sont parvenus à élever des ohkuwagata.
Avec l'explosion de l'offre, les prix ont entamé une baisse catastrophique. De nombreux grands magasins ont cessé de vendre des insectes, les scarabées ayant perdu une bonne part de leur attrait. Par les temps qui courent, presque tous les ohkuwagata proviennent d'élevages, et la plupart des spécimens sont affichés à moins de 100 dollars pièce.
"Cet accroissement de l'offre va se poursuivre à cause de l'élevage", explique Kikuo Iwaguchi, entomologiste de l'Université d'agriculture et de technologie de Tokyo. "Les prix vont baisser, baisser, baisser." D'ici dix ans, à l'en croire, les petits ohkuwagata pourraient être offerts à moins de 5 dollars.
Autre facteur de baisse des prix, le marché parallèle des scarabées importés. On trouve des ohkuwagata ailleurs en Asie, et, à l'époque où les spécimens japonais se vendaient à des prix exorbitants, des voyageurs ont commencé à en introduire en contrebande au Japon. Les ohkuwagata étrangers ont par ailleurs l'avantage de rester actifs toute l'année, alors que les variétés japonaises hibernent plusieurs mois.
Tobu propose encore un couple d'ohkuwagata au prix de 12 500 dollars. S'ils sont si chers, c'est qu'ils ont les yeux blancs, une rareté. Mais, jusqu'à présent, ils n'ont toujours pas trouvé preneur.
Les ohkuwagata vivent quatre ou cinq ans, si bien que les propriétaires disposent d'un certain temps pour profiter de leurs petits compagnons. De plus, comme ils ne volent pas beaucoup, l'investissement ne risque guère de disparaître par la fenêtre. Bien entendu, il faut regarder où l'on met les pieds...

 


Beetlemania :

Chez nos amis nippons et taïwanais, c'est la «folay» : le scarabée (beetle en anglais) rhinocéros, oui l'insecte qui doit son nom à ses pinces rassemblées gracieusement en «cinquième position» au-dessus de sa «tête». Un peu écartées, les pinces, façon «je vous ai compris», peut-être. Mais on s'égare.
Au Japon, donc, et à Taiwan, c'est le nouvel animal de compagnie des enfants depuis qu'il y a 3 ans, certains vendeurs animaliers ont eu l'idée de les mettre en vitrine. Et ça s'arrache au prix fort, vu que la bestiole, pourtant d'un relatif retour affectif, peut chiffrer jusqu'à 300 euros. Les collégiens les trimballent dans des terrariums portables, les laissent marcher sur leurs bras avec leurs petites pattes collantes. Tu me diras, ça pue moins qu'un chat et sa caisse, c'est moins dangereux qu'un doberman, ça bouffe moins qu'un berger allemand. Quoi, c'est moyen l'éclate, aussi ? Peut-être, mais les Japonais ayant la passion des insectes depuis plusieurs siècles, on va pas se permettre de contredire.
D'autant que la personne est total inoffensive, se nourrit de miel et de sève et vit environ cinq ans, le temps de lui apprendre quelques petits tours ou d'organiser, comme c'est le cas là-bas, des combats. Le jeune Nippon est rare aujourd'hui qui n'a pas élevé son lucane ou son capricorne, joué à des jeux vidéo ou échangé avec ses copains des cartes à collectionner. Il y a même un dessin animé cultissime au Japon : Mushiking, le roi des scarabées.
 A Taiwan, un chercheur en entomologie a estimé le marché annuel des coléoptères et des produits qui y ont trait, depuis les aliments spécifiques jusqu'aux jeux et jouets, à 3 milliards de dollars taïwanais (66 316 664 euros). Pour de bonnes et diverses raisons, on n'a pas essayé personnellement les géotrupes : après la volée de bois vert qu'on s'était prise avec les bernard-l'hermite (bourreau de crabes, déforesteur de plages, insulteur de l'espèce animale, etc.), on ne se serait pas risqué à importer les bestioles, et basculer dans l'illégalité. D'autre part, ça n'est pas bon pour l'environnement. Vertueux du géotrupe, nous sommes. Nonobstant, si quelqu'un pouvait en trouver un, même petit, le pagourium lui est ouvert.
 


Entomomachie :

Ambiance combat de boxe, spots, caméra suspendue aux cintres, supporteurs agglutinés autour de l’estrade, d’autres devant un écran géant. Nous sommes au XXe Tournoi de combats de grillons de Pékin (Chine), organisé – pas du tout clandestinement - à l’occasion de la Semaine dorée d’octobre. Personnage remarquable : Kon Jinbao, éleveur. Sa production annuelle, 10 000 têtes. Les prix ? Gratuit dans la nature et moins de 0,5 € chez un paysan (la capitale du grillon est désormais Ningyang, province de Shandong). Mais un champion vaut jusqu’à 2 000 €.
Les concurrents (il n’y a que des messieurs) sont gardés 3 jours, hors de portée de leur propriétaire, chacun dans une petite jarre, avec une compagne, nourris tous pareil. Il y a 3 catégories : poids léger, moyen et lourd. Le combat est en 3 reprises ; gagne le grillon qui reste, perd celui qui se sauve. Rares sont les épanchements d’hémolymphe.
Les paris sont prohibés, mais ça mise gros. C’est un sport propre : il n’y a pas de dopage - ou alors très rarement…


Gladiateurs miniatures :

 A l'échelle d'un insecte, avec ces 7 cm de long, un scarabée dynastinae (rhinoceros) du genre Xylotrupes est un titan doté d'une force prodigieuse. Une puissante pince, formée par deux cornes noires, lui confère des qualités de combattants bien connues dans le nord de la Thaïlande. C'est ainsi que, chaque mois de septembre, des habitants de la Province de Chiang Mai, friands de jeux et de paris, délaissent les combats de coqs pour organiser des joutes de coléoptères. Des rencontres officielles se déroulent alors sous le regard de centaines de passionnés lors d'un festival retransmis par la télévision nationale ! "Il est remarquable qu'une relation  forte et originale entre l'homme et l'animal ait pu transformer certains villageois en experts du comportement des insectes", expliquent des anthropologues français, membres d'Artmap, une équipe de recherche interdisciplinaire. Capturés dans la nature, les scarabées mêles subissent une sélection rigoureuse en fonction, notamment, de leur taille et de la forme de leurs cornes. Tout en étant choyés, ils sont soumis à un véritable entraînement de gladiateurs ! "Le jour de la rencontre, ces coléoptères sont stimulés par des phéromones libérées par deux femelles retenues captives à l'intérieur d'un rondin de bois tenant lieu de ring et percé d'un petit trou. Les adversaires cherchent alors à se déséquilibrer à la manière de lutteurs. après plusieurs reprises, le combat se termine au bout de 20 minutes par l'épuisement du vaincu " !


Insectes en Thaïlande :

The appreciation of beetles in Asian culture far exceeds anything most non-beetle enthusiasts will tolerate in Western culture. For example, beetles are a common food item on the menu. The first bite of food I had during my trip to Guangdong Province, China in 2006 was sautéed Cybister japonicus. It was on a visit to Tailand in October 2007, however, that I saw an example firsthand of how the Oriental culture views scarabs with admiration.
Tailand is a country known for some fantastic insect species, but I went there looking for natural enemies of the cycad aulacaspis scale. After examining the cycad collection at the Queen Sirikit Botanic Garden near Chiang Mai, we were headed back to town when our guide and cooperator, Dr. Amporn Winotai of the Tai Department of Agriculture, alerted the driver to pull off the road a moment. Dr. Winotai was already fully aware of my interest in Coleoptera, particularly scarabs. Being in the back of the van and thus not able to see much outside to the front and side, I was curious to know why we had stopped. Upon exiting the vehicle, there in front of me was a meager roadside stand of poles, thatched roof, and a few benches and dangling from horizontal bars were a great number of sugarcane stalks about 1-2 feet in length. Grasping each stalk was a living male
Xylotrupes gideon! I was struck with awe and delight because my host had stopped at a small business selling this marvelous dynastine scarab as pets. Each male had a piece of yarn tied to its bifurcate pronotal horn and the other end of the yarn tied to a nail inserted into the bottom of the sugarcane stalk. Some beetles were feasting on the sweet sugarcane, leaving a small pile of powder directly below them.
Xylotrupes gideon
is widely distributed in Southeast Asia and is not considered uncommon. A search on the Internet found a very large number of sites with images and notes about this insect, indicating it is a very popular beetle. Most of the Xylotrupes at the stand outside Chiang Mai ranged in price from 80 to 120 baht (about $2.50 - $4); the larger the specimen and its horns, the higher the price. One unique specimen had six tarsal segments on a leg, and the owner wanted $20 for him. The Insect Company (www. insectcompany.com) depicts a Tai specimen with 7 legs. No female X. gideon were for sale or even exhibited, maybe because they are “boring” without horns, but I preferred to think the businessman left them in the wild so as to protect the perpetuation of the local population and the production of his livestock. I picked out three handsome gentlemen, paid my money, and hung the treasures inside our rented van. Upon returning to my hotel room, I hung the stalks in a suitable place and then went to a local restaurant to feast on fried bamboo caterpillars and breaded grasshoppers (among other traditional food items). When I returned to the hotel, I saw beneath each stalk the expected remnants of sugarcane fed upon by my new friends. I admired my pets for a few minutes and then went to bed. About 4:00 AM, I was awakened by a buzzing sound. I turned on the lamp light and lo and behold there was each male flying in a perfect circle below its stalk, still tethered by the yarn tied to the nail and its pronotal horn. This was fun to watch for a few minutes, but I had to sleep. So I placed each beetle back on its stalk and went back to bed.
We spent another day in Chiang Mai, so I left the pet beetles in the room to feed on the succulent sugarcane. Returning to the hotel room, it was obvious the maid had arranged the bed and swept the floor; there was relatively little sugarcane dust below each stalk. I wonder what thoughts went through her head when she entered the room and saw my prizes.
Curiosity? Disgust? Ambivalence? Unfortunately, the time spent with my dynastine pals was ephemeral.
Our return flight to Bangkok was very early the next morning, so with deep remorse I untethered each fellow and dunked him in a bath of ethyl alcohol. The three males now reside in a unit tray at home, with a short piece of yarn tied to their horn.
 


 MushiKing :

Se faisant passer pour des entomologistes d’instituts de recherche, des individus écument les collines arides des monts Amanus, au sud-est de la Turquie, au grand dam des associations locales de protection de la nature. Ces Allemands et ces Japonais, en se livrant une concurrence féroce, ramassent - ou rachètent aux paysans -, pour les expédier vivants au Japon, les plus beaux spécimens du cerf-volant Lucanus cervus akbesianus (Col. Lucanidé). L’imago mâle, noir, de 60 à 90 mm de long dont 35 pour les mandibules, très beau et très combatif, est vendu 250 € pièce au Japon.
La chasse est acharnée et la sous-espèce est en voie de disparition  ; pourtant, elle n’a aucune vertu aphrodisiaque ou thérapeutique supposée. Cette destruction de masse sert à l’amusement des gamins (de 6 ans) japonais, traditionnellement très intéressés par les insectes en élevage, mais présentement fous d’un jeu vidéo .
MushiKing (le roi des insectes), basé sur des duels de lucanes (de kuwagata), se joue sur console et est accompagné d’un dessin animé. On doit acquérir des cartes à insérer dans la machine. Celles-ci s’achètent (0,6 €) jusque dans les supérettes de quartier et/ou se gagnent si l’on est vainqueur d’un combat, qui se déroule selon le principe pierre-papier-ciseaux.
La passion de posséder un très bel insecte bien vivant ne s’assouvit pas, bien au contraire, par la maîtrise de son image virtuelle…

 


Le Barcoding du vivant :

... En 2003, Paul Meyer, de l'Université de Guelph (Ontario), propose de créer un barcoding universel, valable pour toutes les espèces vivantes. Il a choisi le gène du cytochrome c oxydase I (COI), porté par l'ADN mitochondrial, qui contient 648 nucléotides comportant des modifications d'une espèce à l'autre; par exemple les COI de l'homme et du chimpanzé se distingue par 60 nucléotides.
 La proposition de Meyer fait un tabac; aussitôt se constitue le Consortium for the Barcode of Life (CBOL) qui rassemble aujourd'hui 160 centres de recherches et muséums répartis dans 50 pays. Le Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris en fait bien évidemment partie. Directeur du Département Systématique et Evolution, Michel Veuille revient juste d'un symposium organisé par le CBOL à Taïwan; son enthousiasme est grand, car il juge que la taxonomie s'en trouve totalement révolutionnée. "Juste un exemple : lorsque nous allons en forêt tropicale faire un inventaire de la faune, nous récoltons des centaines d'espèces d'insectes que seuls de très rares spécialistes sont capables d'identifier; il nous faut les leur envoyer et cela prend des mois. avec le barcoding, il n'y en aura plus que pour quelques jours". A condition que le CIO du scarabée puisse être confronté à une liste de référence. Or l'établissement d'une telle liste est un travail cyclopéen; à ce jour, la Zoologie a décrit 1,8 million d'espèces, et il en reste peut-être dix fois plus à découvrir (si ...). Pour s'attaquer à cette montagne, les scientifiques se sont répartis en groupes spécialisés : il y a celui des poissons, celui des moustiques, des chauves-souris, des papillons ...; environ 31300 espèces ont déjà été barcodées, l'objectif étant d'arriver à 500 000 d'ici à 5 ans ...
... Michelle Veuille ... rappelle aussi que la méthode a servi à identifier de nouvelles espèces; l'exemple le plus célèbre est la découverte d'une espèce inconnue de baleine à bec : l'analyse de l'ADN mitochondrial de 5 cétacés échoués sur la côte californienne a permis de découvrir qu'il était suffisamment différent de celui des espèces recensées pour en justifier la création d'une nouvelle !

(Extrait d'un très bon article dans "Le Point" du 15/XI/2007)



L'inventaire du vivant obsède les chercheurs :

 

Pressés par le temps, les scientifiques veulent accélérer le recensement de la biodiversité. Une chance de survie pour les taxonomistes.

Après des décennies de purgatoire, c'est le retour en grâce des cabinets de curiosités. Un peu partout sur la planète des missions scientifiques s'organisent pour collecter le vivant, identifier, classer, compter et comparer les espèces. « L'engouement du public pour la biodiversité a révélé la masse d'ignorance des scientifiques sur le sujet. Avec le contingent encore inexploré du tissu vivant dans le monde du petit et de l'infiniment petit, le champ exploratoire est considérable », observe un taxonomiste de l'université d'Aix-Marseille, l'une des rares en France à former de jeunes docteurs à cette discipline désuète.

C'est aux Etats-Unis que les chercheurs ont d'abord osé sortir le plumeau à poussières. Sous l'impulsion du biologiste Dan Janzen, un vaste programme baptisé « All Taxa Biodiversity Inventory » a été lancé en 1998 dans le Great Smoky Mountains National Park au sud des Appalaches. Chaque année, il parvient à lever entre 250.000 et 400.000 dollars pour enrichir sa collection de lichens, d'insectes et autres gastéropodes. En dix ans, son équipe a ainsi découvert près de 6.000 espèces nouvelles dans le périmètre du parc, dont 874 étaient jusqu'alors inconnues de la science.

A l'heure où la planète s'inquiète pour la perte de sa biodiversité, ces résultats ont convaincu d'autres équipes de renouer avec cette curiosité qui régnait dans les sociétés savantes du XIXe siècle, après que le premier inventaire des espèces a ouvert en 1760 l'âge d'or de la taxonomie. Oubliée avec les débuts de l'ère industrielle, puis presque rejetée au ban de la science après les glorieuses découvertes de la biologie moléculaire, la discipline ne trouvait plus guère d'écho qu'auprès d'associations de passionnés. « Au point que les amateurs découvrent aujourd'hui plus d'espèces que les scientifiques », regrette Pierre Commenville, directeur adjoint du Parc national du Mercantour, un des 10 « hot spot » de la biodiversité du pourtour méditerranéen.

Pour se joindre à l'effort international et pallier à ce qu'ils qualifient de « handicap taxonomiste », 24 instituts de recherche, muséums d'histoire naturelle et jardins botaniques répartis dans 13 pays d'Europe ont eu l'idée de créer un réseau d'échanges baptisé Edit (European Distributed Institute of Taxonomy). Le but de ce consortium, coordonné depuis la France par le Muséum national d'histoire naturelle, est de faire entrer la description des espèces dans l'ère industrielle. « La taxonomie est à la base de la connaissance du vivant, mais elle souffre aujourd'hui d'un sérieux manque de considération et de moyens », explique Gaël Lancelot, l'un des animateurs du réseau : manque d'accès à l'information, manque de personnel compétent, manque d'infrastructures... Edit doit permettre d'organiser des structures de concertation, de décision et de gestion communes, pour créer de nouveaux outils facilitant le travail des taxonomistes, améliorer l'accès à l'information, ou élaborer des standards d'inventaire des espèces. Le réseau regroupe notamment le tiers des collections mondiales et 20 % des taxonomistes professionnels de la planète.

Budget important

Avec cette force de frappe, l'organisation a investi un territoire de 2.500 km2 regroupant le Parc national du Mercantour et son voisin italien, le Parco naturale Alpi Marittime, pour y conduire le plus vaste inventaire des espèces jamais réalisé en Europe. Près de 160 chercheurs et une quarantaine d'associations sont mobilisés par l'opération qui a démarré cette année. Leurs moyens sont considérables : le budget d'Edit se monte à 11,9 millions d'euros sur cinq ans au titre du 6e plan-cadre de recherche et développement européen, auxquels s'ajoutent une subvention de 300.000 euros du ministère français de l'Ecologie pour l'inventaire, une autre de 45.000 euros par an de la Fondation Albert-de-Monaco, et un financement sur deux ans (2010-2011) de 1,7 million d'euros provenant du programme Interreg.

Ces financements ne seront pas de trop car c'est un travail de fourmi qui attend les chercheurs. « Des inventaires de la faune et de la flore ont déjà été réalisés dans nos parcs, mais ils sont fragmentaires et très incomplets. La zone transfrontalière où nous nous situons est ce qu'on appelle un «triple point» qui subit des influences méditerranéennes, montagnardes et continentales. A cause de cette position géographique, la région abrite un nombre considérable d'espèces. Or nous n'en connaissons qu'une infime partie », explique l'écologue Marie-France Leccia, qui coordonne les recherches et la logistique de l'opération prévue pour durée au moins dix ans.

Protéger les insectes

Environ 1.700 espèces d'insecte (sur 35.000 en France) ont été identifiées dans les deux parcs. Il y en aurait plus de 8.000 au total. Même chose pour les champignons (200 espèces déterminées sur au moins un millier restant à découvrir), les lichens (300 espèces ont été identifiées dans une seule des 7 vallées du Mercantour), les araignées (plus de 316 espèces déjà recensées), les mousses, etc. « Des centaines de familles dans tous les groupes sont couvertes », résume Marie-France Leccia.

Ce vaste inventaire ne va pas servir qu'à satisfaire les collectionneurs. « Nous jetons les bases d'un suivi de la biodiversité à long terme », explique Pierre Commenville, le directeur adjoint du Mercantour. Certaines espèces serviront de marqueurs biologiques pour mesurer l'impact des pressions extérieures (fréquentation, pollution, réchauffement climatique...). D'autres devraient permettre de mieux comprendre les interactions naturelles et d'identifier notamment les espèces dites « clef de voûte » constituant un chaînon essentiel de la biodiversité. Les taxonomistes viennent par exemple de découvrir que les larves d'un coléoptère longicorne qu'ils connaissaient déjà étaient étroitement impliquées dans la dégradation du bois mort des sapinières de Ligurie. « Si on veut protéger ces forêts, il faut protéger l'insecte », résume Pierre Commenville. La réhabilitation de l'infiniment petit est sur les rails.

 


Le fichier du vivant : 

Imaginez un inspecteur du contrôle sanitaire d'un aéroport découvrant un insecte dans les bagages d'un passager : s'agit-il d'une espèce étrangère susceptible de nuire aux récoltes locales ? Le problème est qu'il pourrait bien n'y avoir qu'une poignée d'experts capables de l'identifier. Le biologiste évolutionniste Paul Hebert a proposé un système utilisant l'ADN pour identifier les animaux. Il veut mettre au point un catalogue électronique répertoriant ce qu'il appelle les code-barres de toutes les espèces animales. Chaque code serait représenté par une série de 645 A, C, G et T, à savoir les abréviations des bases qui composent l'ADN (adénine, guanine, cytosine, thymine). Cette séquence de 645 lettres se trouvent dans un gêne commun à tous les animaux et, pourtant, varie d'une espèce à l'autre. A l'avenir, une nouvelle espèce pourrait d'abord être connue par son code-barres; le nom scientifique en latin venant plus tard.
Au cours d'un récent essai en aveugle du système, Hebert s'est vu confier les pattes de 200 espèces de papillons de nuit; après avoir réduit en poudre chaque patte pour obtenir un échantillon d'ADN et analyser son code-barres, Hebert et ses collègues ont pu identifier chaque espèce, ce que même un spécialiste de ces papillons aurait bien du mal à faire, y compris s'il disposait de l'animal entier (nombre d'insectes sont identifiables par leurs organes sexuels, après dissection de l'abdomen. Ce système de code-barres pourrait aussi aider les biologistes à identifier une espèce au cycle de vie complexe, quand il ne dispose que d'un oeuf ou d'une larve; de nombreux invertébrés (plus de 95% de toutes les espèces animales) ne sont reconnaissables que sous leur forme adulte; le code-barres résout le problème, car le schéma de l'ADN est constant, de la conception à la mort.

("National Geographic" de juillet 2004)


LSID :

Examinons les 50 pages de la publication de Norm Johnson et ses collaborateurs, publiée en ligne dans la dernière livraison de Zootaxa (n° 1776, du 26 mai 2008). Il s’agit d’une révision du genre Heptascelio (Hym. Platygastridés), qui vit (en Asie et en Afrique) en parasite des œufs d’un Orthoptère Théricleidé. 
Pas moins de 8 espèces nouvelles pour la science ! Cependant, la nouveauté qui justifie que l’on en parle dans l’entomosphère, c’est l’emploi, pour la première fois, du code LSID pour des insectes.
Acronyme de Life Science Identifier, cet objet informatique à la syntaxe précise sert à tout identifier, sans ambiguïté. Tout ? Les taxons, les auteurs, les collections, les références bibliographiques…
Par exemple, l’auteur principal a comme LSID : urn:lsid:zoobank.org:author:3508C4FF-F027-445F-8417-90AB4AB8FE0D tandis que sa trouvaille, Heptascelio albipes Masner, van Noort & Johnson, n. sp., s’identifie sans erreur par urn:lsid:zoobank.org:act:B1E0E252-4038-4D6B-B633-B149677D7A08.
Personne n’imagine s’exprimer en ces termes ni retenir le moindre bout de code, à part les premiers éléments, mais les ordinateurs et les bases de données qu’ils hébergent sont très à l’aise avec ces expressions.


  Nom d' un cafard, c'est la jungle :

bushi, rumsfeldi, cheneyi... Chaque année, 15 000 espèces sont découvertes et baptisées en toute liberté. Des chercheurs proposent de créer le premier registre d'état civil des animaux, ZooBank.

Agathidium-slime-moldCe mardi-là (en 2006), George Bush a pris le téléphone et a chaleureusement remercié l'entomologiste Quentin Wheeler de lui avoir dédié un scarabée mangeur de «moisissure gluante» (slime-mold, dans le texte). C'était il y a un an, en avril, le 26 précisément, et non le 1er comme on pourrait le penser. La conversation était aussi sérieuse que l'hommage du scientifique au chef d'Etat était sincère. Républicain et professeur à l'université Cornell, Wheeler venait d'achever un vaste examen des collections d'insectes nord-américains, au terme duquel il avait annoncé, dans l'austère Bulletin du Muséum américain d'histoire naturelle, la découverte de 65 espèces appartenant au genre Agathidium. A trois d'entre elles, il avait donné les noms, respectivement, du président américain, de son vice-président et de son secrétaire à la Défense, «des hommes qui ont le courage de leurs idées», devait-il expliquer à la presse. Ainsi, Bush, Cheney et Rumsfeld entraient au panthéon de la zoologie, sur les élytres d'Agathidium bushi, crapahutant au sud de l'Ohio, et Agathidium cheneyi et Agathidium rumsfeldi, tous deux résidant au Mexique...
Une gloire, en effet, puisqu'il est dans la tradition naturaliste de nommer une nouvelle espèce, qu'elle soit rose ou puceron, d'après son souverain ou mécène. «Peu importe l'esthétique du spécimen, précise Philippe Bouchet, professeur au département Systématique et Evolution au Muséum national d'histoire naturelle à Paris. Pour un naturaliste, toutes les espèces sont précieuses, et leur découverte, une victoire.» Ainsi Victoria est-elle, outre une reine, un pigeon ; Roosevelt, un élan, et Rothschild, une girafe. Que l'Amérique républicaine, si peu soucieuse du réchauffement climatique, soit célébrée à jamais par d'honnêtes coléoptères, voilà qui a agacé bien des dents d'écologistes politiques et scientifiques. L'affaire a cependant eu le mérite d'attirer l'attention sur la foire aux noms d'espèces dans laquelle se démène la taxonomie zoologique, au risque d'y perdre son latin, et éventuellement son âme.
«Sur les 14 000 espèces animales qu'on estime nommées chaque année, la moitié sont des insectes», souligne Simon Coppard, de l'ICZN. Or, rien qu'en entomologie, on dénombre 1 100 journaux susceptibles de publier la description d'une nouvelle espèce. Sans compter la «déferlante de e-publications», relève Philippe Bouchet, et les comptes rendus de congrès qui font l'objet de livres. Difficile de suivre l'actualité des découvertes dans ces conditions, d'autant plus que «50 % d'entre elles, pour les insectes, sont le fait de naturalistes amateurs». Résultat, personne ne peut répondre à cette question simple : combien d'espèces vivantes ou ayant vécu (dinosaures compris) connaît-on ?
L'ICZN a donc proposé une solution, simple, publiée dans la revue Nature : créer, d'ici deux ans, ZooBank, une base de données où les zoologistes enregistreront gratuitement les noms de leurs découvertes et la décriront selon un formulaire normalisé. En accès libre, en ligne, et en réseau avec les bases documentaires zoologiques existantes, ZooBank contribuera «à faire de la taxonomie animale une science vraiment moderne», selon Andrew Polaszek, qui estime que «l'avenir» d'une telle base est au travail pionnier de «géolocalisation d'espèces» réalisé par l'entomologiste américain Brian Fisher en association avec Google Earth : sur le site du chercheur, on suit la répartition mondiale de diverses espèces de fourmis, et notamment celle de sa dernière découverte. Il l'a baptisée, très naturellement, Proceratium google.


Tous les Diptères de la Terre :

En 1950, Eugène Séguy évaluait à 100 000 le nombre d’espèces de cet ordre. On compte actuellement 156 599 Diptères actuels et fossiles, répartis en 154 familles et 11 671 genres. L’effectif s’accroît d’environ 800 nouvelles espèces décrites chaque année.
Ils sont tous répertoriés dans une base de données (Biosystematic Database of World Diptera - BDWD) accessible gratuitement. C’est à Chris Thompson (ARS Systematic Entomology Laboratory, Washington, États-Unis) et à ses collaborateurs qu’on doit cette compilation, bien organisée, facile à consulter, et qui livre pour beaucoup de taxons des informations sur la biologie, la répartition et les éventuelles nuisances.


Les plantes possèdent aussi une sorte de code-barres :

Les plantes possèdent un gène qui permettrait de les identifier à la manière d'un code-barres. C'est ce que vient de découvrir Vincent Sovolainen, de l'Imperial College de Londres. Le gène matK possède des séquences ADN qui changent d'une espèce à l'autre et aiderait ainsi à différencier plus facilement les plantes, y compris des espèces proches qui, à première vue, paraissent semblables. A partir de 1600 spécimens d'orchidées collectés au Costa Rica, le chercheur a réussi à distinguer plus de 1000 espèces différentes; découvrant que l'une des espèces connues auparavant se divisait en fait en deux espèces spécifiques. Les chercheurs espèrent développer un appareil portable qui, comme un lecteur de code-barres, identifiera instantanément une espèce de plante dans son milieu naturel.

(Science et vie d'avril 2008)

M. SOULA : un exemple de plus, qui montre qu'il y a, en fait, bien plus d'espèces distinctes que ne le croient beaucoup de systématiciens, en particulier américains.


Enfin !!!

Tout le monde l'affirme, personne ne l'a prouvé : le cerveau des femmes fonctionnent différemment de celui des hommes. Des neurologues espagnols ont mis en évidence une différence anatomique entre les 2 sexes au niveau du néocortex temporal, impliqué dans les comportements sociaux et les processus émotionnels. Les femmes ont, dans cette zone, une densité moins élevée (évidemment !!) de synapses, ces points de contact entre les neurones qui assurent la transmission des messages. Les chercheurs se déclarent incapables d'expliquer cette différence ...


La terrible coccinelle asiatique :

"Certains jours, je reçois plus d'une vingtaine d'appels au secours; de gens inquiets de voir s'agglutiner des milliers de coccinelles sur la façade de leur maison" explique le naturaliste Vincent Ternois, patron de l'Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France.
Au départ Harmonia axyridis devait être l'alliée du jardinier écolo. Une coccinelle qui dévore jusqu'à 270 pucerons par jour et seulement sur votre parcelle, puisqu'elle vole comme un fer à repasser ! Mais le rêve a tourné au cauchemar. Commercialisée au milieu des années 90 après avoir été importée et testée par l'INRA, la donzelle s'est mise à boulotter ses cousines indigènes, à se reproduire de façon anarchique et même à voler ! "Elle est désormais présente dans toute la moitié nord de la France, avec déjà des incursions en Rhône-Alpes. D'ici 3 ans, elle aura colonisé tout le territoire" prévient Vincent Ternois. La solution ? "Actuellement, elles cherchent un abri pour l'hiver; il faut colmater fenêtres, aérations et dessous de portes. Dans certains cas, la pose de moustiquaires peut s'avérer nécessaire. De toutes façons, il n'est plus possible d'enrayer l'extension de l'espèce. Il faut apprendre à vivre avec".

(Toujours extrait du "Le Point" du 15/XI/2007)


Une incroyable préscience de Darwin :

Les orchidées, dont la pollinisation est assurée par des insectes au terme d'une extraordinaire adaptation, intriguaient Darwin. Il avait constaté que le pédoncule étrangement modifié de la fleur avait son équivalent chez des plantes plus simples, dénotant un processus d'évolutions parallèles. En observant l'orchidée de Madagascar Angraecum sesquipedale, avec son éperon nectarifère de 28 cm de long, il supposa qu'un papillon doté d'une trompe de la même longueur, adaptée pour recueillir le nectar, devait vivre à Madagascar, où il n'était pas allé. Quarante ans plus tard, 2 entomologistes découvrirent le sphinx de Madagascar Xanthopan morgani predicta, confirmant l'hypothèse de Darwin. Cette adaptation mutuelle - le papillon et la fleur, la fleur et le papillon - est appelée coévolution.

(Extrait du "National Geographic"  de novembre 2004)


Un papillon hybride qui tourne le dos à ses parents :

Spécimen d'Heliconius heurippa conçu par hybridation en laboratoire. (Christian Salcedo, University of Florida, Gainesville)

En seulement trois générations, des biologistes ont créé en laboratoire une nouvelle espèce de papillon en mariant deux espèces existantes. Le Dr Frankenstein n’a rien à voir là-dedans : le papillon obtenu volette déjà dans la nature. L’objectif des chercheurs était de démontrer que l’hybridation peut permettre la création de nouvelles espèces. Ils publient leurs travaux dans la revue Nature.
Mauricio Linares (Universidad de los Andes, Colombie) soupçonnait depuis longtemps le papillon Heliconius heurippa d’être le fruit d’une hybridation entre Heliconius cydno et Heliconius melpomene. Ce processus est rare, surtout chez les animaux.
Souvent, lorsque deux espèces s’hybrident, leurs rejetons ne sont pas viables ou sont stériles �comme dans le cas de la mule. Parfois certains individus ainsi conçus, qui cumulent les stocks de chromosomes des deux parents, survivent et forment une nouvelle lignée. Plus rarement, l’hybridation donne naissance à un individu qui a le même nombre de chromosomes que ses parents (au lieu de les additionner). Cependant ces spécimens finissent souvent par se reproduire avec les deux espèces parentes et ne créent pas une nouvelle espèce.
C’est ce phénomène rare de spéciation par hybridation dite homoploïde que l’équipe de Linares et Jesus Mavarez (Smithsonian Tropical Research Institute) affirme avoir observé. C’est ainsi que l’Heliconius heurippa serait né.
Dans le cas de ce papillon coloré, les dessins des ailes auraient joué un rôle déterminant dans la spéciation. En effet Mavarez et Linares ont constaté en laboratoire que les hybrides préféreraient se reproduire avec des individus porteurs des mêmes couleurs et qu’ils fondaient rarement une famille avec les deux espèces dont ils sont issus.
Forts de cet exemple, les chercheurs suggèrent que l’hybridation contribue peut-être davantage qu’on ne pense à la spéciation. Ils soupçonnent déjà deux autres espèces d’Heliconius d’être des hybrides H. cydno et H. melpomene.


Les imbéciles vivent-ils plus longtemps ?

Plus une mouche fait travailler son cerveau, moins elle vit longtemps !
Chez les mouches, l'intelligence n'est pas un facteur de longévité ! Des chercheurs suisses ont appris à des drosophiles à associer une odeur de nourriture à un goût. au bout de 30 ou 40 générations, cette capacité d'apprentissage était devenue innée; mais,  en contrepartie, la durée de vie de ces mouches était écourtée : environ 46 jours contre 54 pour une mouche normale. Pourquoi ? En consommant plus de ressources, le cerveau prend de l'énergie vitale ...


Horreurs :

Les rapports secrets de la CIA sur les techniques d’interrogatoire applicables aux prisonniers spéciaux détenus à Guantanamo, tout récemment rendus publics, évoquent le « confinement with insects » (mémo de mai 2005).
Le Palestinien Abou Zubaida, hôte de ces lieux, a peur des insectes. On recommanda donc de l’enfermer en compagnie d’un insecte soit disant venimeux. En fait, on utilisa une chenille (son identité reste inconnue). Pour les avocats assurant l’encadrement juridique des méthodes d’interrogatoire poussées, en  prenant la précaution de signifier à la victime que l’insecte ne pouvait en aucun cas lui infliger une blessure grave ni le tuer, c'était impeccable.
Les insectes ne furent pas utilisés que pour terroriser les entomophobiques. Quelques supplices particulièrement cruels les ont mis en oeuvre, dont certains ont été en usage jusqu’au tout début du XXe siècle.
Plutarque a décrit le scaphisme, en usage en Perse (IVe siècle avant JC) selon lui. La victime, enfermée dans une coque, la tête seule dépassant, gavée de miel et de lait, est petit à petit (2 semaines) dévorée par les asticots.
Si la victime est attachée, enduite de miel et de bouillon de poisson, à un poteau ou liée à un pilori, on parle alors de cyphonisme, où interviennent surtout guêpes et abeilles. En Sibérie, la victime, attachée nue à un pieu, succombe exsangue aux piqûres des taons et autres Diptères vulnérants. Quant à l’émir de Boukhara (actuel Ouzbékistan), il utilisait des réduves (punaises prédatrices à digestion extra-orale) élevés exprès pour faire souffrir longuement ses prisonniers confinés au fond d'un puits. Enfin, les westerns ont popularisé la technique des Apaches, plaçant les condamnés sur une fourmilière.
 


Notre collègue et ami Conrad Gillett au Belize (Las Cuevas) :

 But it was not only dynastids that proved to be diverse at the lights. The rutelids were alsoery impressive and consisted among others of Macropoides crassipes, Macropoidelimus mnizechi, the newly described Epichalcoplethis monzoni  Soula (a few of our specimens were subsequently designated paratypes), Pelidnota belti, Pelidnota centroamericana, Pelidnota prasina (or similar species) (Figure 17). On one occasion we were able to take a portable battery powered light quite deep into the forest and this yielded Chrysina (Plusiotis) diversa, which I believe is also a new country record.

 

 

 

*

 


Combien de temps vit un insecte ?

Cela va de quelques jours à plusieurs années; mais, en général, pas très longtemps. Dans la plupart des cas, la larve vit plus longtemps que l'imago; ce dernier ne fait qu'assurer l'accouplement et la ponte. Ensuite, ils meurent rapidement, sauf ceux qui s'occupent des larves sorties de l'oeuf. En climat tempéré, l'hiver prolonge la durée de vie de certains insectes qui entrent en diapause. Un schéma type serait de quelques jours pour l'oeuf, puis plusieurs semaine en tant que larve et, enfin, quelques jours ou semaines pour l'adulte; chez ceux à métamorphose complète, on peut ajouter quelques semaines pour le stade de nymphe.
Les cycles complets les plus courts sont ceux de la mouche domestique (Musca domestica), une quinzaine de jours, et de certains moustiques, une semaine seulement !
Pour les cycles complets les plus longs, on peu citer certains longicornes (10 à 40 ans) ou certains buprestes (20 à 50 ans).
Les larves de nos scarabées (y compris donc "mes" RUTELINAE ...) vivent de 2 à 4 ans (quelques semaines pour la nymphe) pour une vie d'adulte de quelques semaines.
Les imagos de papillons de jours ne vivent guère plus de 45 jours; le cycle complet est souvent très court puisque beaucoup d'espèces ont plusieurs générations par an. Certaines espèces, comme le citron, peuvent cependant hiverner, en diapause évidemment; et vivre 10 mois en tout.
Certains adultes, qui ne se nourrissent pas, peuvent avoir une vie extrêmement courte : quelques heures, voire quelques minutes pour les éphémères (leurs oeufs se dispersent dans l'eau sous leurs cadavres qui flottent ...) ! Mais la larve vit bien plus longtemps !
La reine des abeilles vit de 2 à 5 ans, alors que l'ouvrière ne vit que quelques semaines. Les reines de termites peuvent vivre jusqu'à 15 ans. Une reine de fourmi noire des jardins a vécu 30 ans en captivité.


La Maison des Papillons :

C'est au 45 de la rue Buffon que se trouve la troisième collection de papillons du monde. L'endroit est magique, composé d'une succession de salles semi-obscures, où s'alignent des murs entiers de tiroirs en bois précieux, d'armoires de rangement, de casiers, de vitrines et de rayonnages contenant des milliers d'écrins. Ce cabinet de curiosités est le domaine exclusifs des chercheurs. Il ne se visite pas. Il rassemble plus de 3 millions de spécimens, surtout des imagos étalés et conservés à sec, mais aussi de nombreuses chenilles et chrysalides ainsi qu'un ensemble de 45 000 préparations microscopiques. L'essentiel des insectes provient de collections privées comme celle, classée monument historique et riche en papillons exotiques, de Mme Aimée Fournier de Horrack.
C'est le Professeur Jacques Pierre qui règne sur ce petit monde avec trois spécialistes des lépidoptères rattachés au Muséum, sa femme Claude, technicienne, et deux fidèles assistantes, Rose et Marguerite, "mes deux fleurs" comme il aime à les appeler. Homme de terrain - ses expéditions l'ont conduit aux quatre coins du globe - , mais aussi darwiniste convaincu, philosophe par extension, poète à ses heures, cet homme, avec ou sans filet, est passionné et passionnant. Les insectes sont un matériau privilégié pour étudier l'origine et la biodiversité des espèces car ils représentent 90% du monde animal. Passionné, Jacques Pierre voltige d'une théorie de l'Evolution à l'autre, d'observations in natura en découvertes de laboratoire. Il fourmille d'anecdotes, s'enthousiasme pour ses bestioles et se pose un milliard de questions. savez-vous comment les monarques du Mexique, ces papillons migrateurs qui parcourent des milliers de kilomètres entre le Canada et les forêts du Michoacan, ont réussi à survivre tout en agitant leurs ailes striées d'orange et de noir à la barbe des oiseaux ? Tout simplement en cessant de devenir comestibles ! L'étude de ces insectes se révèle passionnante, d'autant que l'existence de ces graciles invertébrés est fragilisée par la modification de leur milieu naturel. Le réchauffement climatique, la destruction massive des forêts, et bien sûr, la pollution, les mettent en danger. Si leur environnement est saturé de pesticides, les papillons, qui se nourrissent de nectar, s'empoisonnent et deviennent stériles. Dans les zones de culture où l'on rase tous les bosquets, haies, friches et bords de route, ils ne trouvent plus ni plantes nourricières ni lieux où pondre. Pour Jacques Pierre, la protection de certaines espèces n'est pas la bonne solution, elle engendre la contrebande et empêche les scientifiques de faire leur travail. Seul le maintien des habitats a un sens pour la sauvegarde de la faune.
Quant au commerce des papillons, il est essentiel aux chercheurs qui n'ont ni le temps ni les moyens de se procurer les plus rares. Autrefois, quelques riches collectionneurs avaient recours à des correspondants sous les tropiques, souvent des pères missionnaires ou des planteurs qui formaient des indigènes à la capture des papillons.
Aujourd'hui, des chasseurs indépendants publient des catalogues sur Internet et fournissent les amateurs privés en spécimens souvent trop coûteux pour les collections nationales (ajout Soula : mais les collections privées finissent tôt ou tard dans les collections nationales !). C'est pourquoi Jacques Pierre soutient le développement des fermes d'élevage afin d'inciter les populations autochtones à protéger leur environnement et donc à sauvegarder les papillons. Sur la côte kényane, près de Malindi, la forêt Sokoké, dont les espèces endémiques sont particulièrement prisées, est aujourd'hui protégée. Au Mexique, l'élevage des lépidoptères de couleur blanche prend son envol avec les lâchers de papillons qui remplacent celui des colombes à l'occasion des mariages et autres célébrations. Malgré l'abondance du travail qui reste à fournir, les entomologistes spécialistes du sujet sont, eux aussi, une espèce en voie de disparition.

(Dans "ELLE" de novembre 2007)


16 000 espèces menacées d'extinction (apparemment sans compter les insectes ...) :

(Un rapport alarmant de deux sénateurs)

"... On sait que 12% des espèces d'oiseaux, 23% des mammifères, 32% des amphibiens et 42% des tortues sont d'ores et déjà menacées d'extinction mondiale. Mais ce rapport pointe l'accélération du processus ces trente dernières années. Les parlementaires réclament d'urgence l'équivalent pour la biodiversité du groupe d'experts intergouvernementaux pour l'observation du climat.
Claude Saunier : "Il n'y a pas eu de message scientifique très fort dénonçant l'effondrement de la biodiversité mondiale, alors que c'est aussi grave que ce qu'on annonce sur le réchauffement. Aujourd'hui 16 000 espèces animales et végétales sont menacées d'extinction. Le rythme de disparition des espèces a été 10 à 100 fois plus important que les rythmes naturels d'extinction au cours des 200 dernières années. En 2050, il pourrait être de 100 à 1000 fois supérieur au rythme actuel.
En 360 ans, la Beauce a perdu plus de 30% des composés organiques de son sol. Chaque jour en France, 165 ha de milieux naturels sont détruits pour faire des constructions. 7% des espèces marines ont disparu depuis 1950. 60% des coraux sont affectés par l'activité humaine et 20% ont disparu en 30 ans. La disparition des forêts tropicales humides se poursuit à un rythme de 13 millions d'hectares par an dont 6 millions de forêts primaires alors que ce milieu héberge la moitié de la flore mondiale. "
Est-ce si grave pour l'homme ? "Evidemment. Prenez l'exemple du poisson. Le monde puise 90 millions de tonnes de poissons par an alors que la ressource s'épuise. En Atlantique Nord, 18% des stocks sont déjà épuisés. Au rythme actuel, le thon rouge disparaîtra bientôt de Méditerranée. Si on ne fait rien d'ici à 2050, on privera l'humanité de 20% des protéines animales. C'est irresponsable."
 " ... L'effondrement des colonies d'abeilles dans le monde est inquiétant car près de 20 000 espèces apparentées aux abeilles contribuent à la survie et à l'évolution de plus de 80 % des espèces de fleurs. Plus de la moitié des molécules de nos médicaments proviennent de la Nature. Une équipe du Muséum a récemment trouvé, dans la baie de Concarneau, une éponge qui héberge 10 bactéries très actives contre les staphylocoques dorés. La biodiversité sert aussi la Technologie et l'industrie. Pour concevoir des drones miniatures, on tente d'imiter le vol de la libellule. Un ruban adhésif très collant s'est inspiré de la structure des pattes du gecko et les pare-brises anti-pluie imitent la structure des feuilles du nénuphar."

(Dans "Aujourd'hui en France" du 12/XII/2007)


  Le gène de la migration :

Une des plus fascinantes énigmes du monde animal est en passe d'être résolue. Depuis des années Steven M. Reppert, titulaire de la chaire de neurobiologie à l'Université du Massachussetts, se passionne pour la migration des monarques. Ces magnifiques papillons américains effectuent chaque année des milliers de kilomètres entre le Canada et une forêt de pins mexicaine.
Comment ces insectes, dotés d'un minuscule cerveau, sont-ils capables de tracer leur chemin avec la précision d'une sonde spatiale ? Dans la revue PLoS, Reppert fournit les clés du fondement génétique de ce mystère. Il a découvert que l'ADN du monarque contient un gène codant pour la protéine cryptochrome CRY2a, unique dans le monde animal. Simultanément, elle régule l'horloge interne du papillon et réinitialise son compas solaire. En un mot, le papillon utilise le soleil pour maintenir le cap et son horloge interne pour ajuster sa trajectoire.
L'horloge fonctionne comme un sablier où le sable serait une protéine dont le cycle de synthèse et de destruction dure 24 heures. Dès les premiers rayons du soleil, le CRY2, sensible à la lumière, réinitialise l'horloge. D'après Reppert, cette protéine servirait également à transmettre l'heure au compas solaire. Le système paraît simple et rivalise de précision avec le système de navigation d'une sonde spatiale.

(Dans "Le Point" du 10/01/2008)


Les insectes du Jurassique étaient friands de squelettes de dinosaure :

Pourquoi de nombreux squelettes de dinosaures découverts par les paléontologistes sont-ils incomplets ? Parce qu'ils ont été mangés par des petits insectes de l'époque ! Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus 2 chercheurs de l'Université de Brigham Young (Utah). En examinant les restes d'un camptosaurus vieux de 146 millions d'années, ils ont découvert des marques présentes sur les os. Ils en ont déduit qu'elles avaient été creusées par un coléoptère de la famille des DERMESTIDAE, famille d'insectes détritiphages qui existe encore de nos jours (hélas pour les Collections d'insectes !). Ils ont identifié les coupables en moulant les microscopiques empreintes de dents d'insectes (plutôt mandibules ...), et en les comparant à celles d'insectes contemporains connus pour être des mangeurs d'os. Ces coléos. opéraient probablement quelques mois après la mort des dinosaures, une fois leur carcasse détériorée par d'autres prédateurs. Les chercheurs ont pu aussi déduire les conditions climatiques de l'époque, puisque les DERMESTIDAE vivent toujours aujourd'hui : environ 60 à 80% d'humidité pour une température de 25 à 30° ...........

(Suite de l'article dans Science et Vie d'août 2008)


Aventure scientifique en forêt amazonienne

Jamais répertorié par l’Institut géographique national (IGN), pas davantage perturbé par l’homme, le lac Toponowini récemment découvert au sud-est de la Guyane par l’association Alabama, devrait provoquer une importante avancée scientifique. C’est du moins l’avis d’une équipe de scientifiques du programme Ecofit qui étudie les paléoclimats des forêts tropicales et revient d’une mission sur les lieux. Avec en filigrane, l’étude du passé du climat guyanais et la compréhension du cycle du mercure.

Tout commence en 1996. Appelé pour une évacuation sanitaire au village amérindien de Trois-Sauts, enclavé au sud-est de la Guyane, un hélicoptère du Samu de retour vers le centre hospitalier de Cayenne est dévié de son parcours à cause d’un orage tropical. A bord, le docteur Gerald Egmann, membre de l’association d’explorateurs Alabama: «On a vu une sorte de montagne avec, autour du dôme, une couronne de nuages et en bas de l’eau. C’était comme dans un film de King-Kong». Trois ans plus tard, le médecin repasse au même endroit. Il aperçoit de nouveau l’étendue d’eau. Cette fois là, il n’omet plus de noter les coordonnées qui s’inscrivent sur le GPS.
Le 18 décembre 2001, cinq membres d’Alabama sautent d’un hélicoptère dans le lac avec des canoës gonflables pour rentrer vers Cayenne à la pagaie. Le lac de forme ovale mesure 120 mètres de diamètre sur sa longueur, un peu moins de 100 mètres de large. Cette reconnaissance confirme l’intérêt du site. En juillet 2002, Gérald Egmann et Eric Pellet, président d’Alabama, déposent leur découverte à la préfecture de Guyane, à l’IGN et à la Société des explorateurs à Paris. Arrêtée pour octobre, l’expédition, d’un coût de 50 000 euros, est présentée aux pouvoirs publics dans un dossier où figure un faux itinéraire, afin de préserver l’endroit des curieux.
Le 5 octobre, quinze personnes bardées chacune de trente kilos sur le dos, quittent Cayenne pour remonter le fleuve Oyapock à la frontière du Brésil, puis la rivière Camopi avant d’ouvrir un layon de cinq kilomètre en forêt jusqu’au lac baptisé Toponowini. En remontant la rivière Camopi, le groupe croise un anaconda de sept mètres de long. Pour Aïmawalé Opoya, un amérindien de l’ethnie Wayana participant à l’expédition, c’est un signe «selon les légendes de son peuple, l’anaconda est le gardien du lac», raconte Nicolas Brehm, ichtyologiste, délégué en Guyane pour Nancie, le Centre international de l’eau et membre de l’expédition.
Jean-Philippe Champenois, entomologiste pour Entomed, (un laboratoire de recherche de médicaments à partir d’insectes) les rejoint alors par hélicoptère. Il collecte 300 spécimens d’insectes toujours en cours d’identification. Mi-décembre, il estimait avoir «peut-être trouvé une nouvelle espèce de coléoptère longicorne». Enfin, en douze jours de présence, l’expédition ne repère ni trace d’un passage de l’homme, ni vestiges de la ville de Manoa, une cité amérindienne de légende recouverte de feuilles d’or que le mythe situe en Amazonie au bord d’un lac. «Retrouver l’Eldorado, c’était aussi notre espoir» confie Eric Pellet. Mais, selon les géographes en pointe sur le sujet, l’Eldorado, s’il existe, se situerait bien plus au nord dans une région comprise entre le sud du Guyana et l’Etat brésilien du Roraima.

Une possible découverte du passé de l’Amazonie

En revanche, le Toponowini suscite l’espoir d’une avancée scientifique: «C’est une découverte exceptionnelle. Les lacs sont rares en forêt tropicale» souligne Marie-Antoinette Mélière, membre de l’équipe Ecofit (Ecosystèmes et paléosystèmes des forêts intertropicales). Cette enseignante, chercheur en géophysique de l’environnement à l’Université de Grenoble a d’ores et déjà acquis «la certitude que le lac remonte au moins à plusieurs centaines d’années, voire même à plus du millénaire si l’on se fie à l’épaisseur des sédiments lacustres recueillis, un mètre ce qui est considérable pour un lac d’altitude en Amazonie». Une estimation corroborée, selon Philippe Gaucher, de la mission pour la création du Parc du sud de Guyane par «la hauteur des arbres autour du lac».
Les carottes d’un mètre, analysées au carbone 14, livreront leur verdict dans plusieurs mois. Les scientifiques espèrent alors pouvoir commencer à remonter le passé climatique de la Guyane sur des milliers d’années. «Si le lac a 5000 ans, on pourra peut-être prouver qu’autour, à l’époque, s’y trouvait de la forêt sèche ou de la savane», escompte Philippe Gaucher.
Concernant la faune, seules trois espèces de poissons ont été répertoriées, ce qui s’explique par la position originale du lac, en tête de bassin versant et ajoute d’ailleurs à sa rareté. Deux caïmans à lunettes et quelques hérons égayent aussi les lieux. Enfin, concernant la flore, «une fougère du littoral guyanais pousse sur les rives du lac, ce qui est étonnant» confie Nicolas Brehm.
En 2000, un autre lac avait été «redécouvert» au centre de la Guyane par Scott Mori du New-York Botanical Garden après avoir été repéré en 1972 par un botaniste, Jean-Jacques de Granville avant d’être perdu de vue. Ce lac, le Matechou, situé au nord-ouest de la petite commune de Saül, serait «moins intéressant» selon Philippe Gaucher «car les arbres sur la rive tombent au fond du lac et le perturbent ce qui ne semble pas le cas pour le Toponowini, beaucoup plus large».
Les explorateurs d’Alabama, pour leur part, ne semblent pas prêts à s’arrêter en chemin. Il y a plusieurs années, ils s’étaient lancés sur les traces de l’explorateur Jules Crevaux rejoignant le fleuve Amazone à pied depuis la Guyane. Aujourd’hui, ils viennent de repérer leur deuxième lac «toujours au sud-est de la Guyane et a priori tout aussi inconnu» assure Eric Pellet.
 


L'argent qui manque, toujours ... :

 La faune et la flore françaises sont heureuses d'apprendre que, pour les protéger mieux, le gouvernement vient de créer la Fondation Scientifique Française pour la Biodiversité; celle-ci réunit les 8 Instituts français de recherche, les grandes ONG écolos et les entreprises; mais ce grand "machin" est peu financé par l'Etat : les caisses sont vides !!


Beurk ... :

La peur des serpents et des araignées serait innée. Un héritage génétique de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, qui se méfiaient de leurs piqûres. Deux psychologues de l'Université de Virginie l'affirment, après avoir constaté que des enfants de moins de 5 ans auxquels on présente des images complexes repèrent quasi instantanément ces animaux. (Psychological Science).


A Antibes, alerte aux abeilles butineuses-chieuses :

Soumis à un bombardement de déjections d'hyménoptères, les habitants ne peuvent même plus jouir de leurs jardins.
Depuis quelques jours, les habitants d'Antibes sont victimes de mystérieux bombardements; un déluge de gouttes d'un jaune sale, avec des pointes de marron et parfois de rouge, qui s'écrasent sur leurs balcons et éclaboussent le linge dans leurs jardins. Du coup, dans certains quartiers, on ne mange plus dehors. Comme explications, les scientifiques locaux privilégient la thèse de ruches clandestines. Selon le Pr. Faucon, responsable de l'Unité de recherche sur les abeilles de l'Agence de sécurité sanitaire des aliments, il s'agit de "chiures d'abeilles; quand elles ingurgitent du pollen, explique t-il, elles assimilent l'intérieur du pollen mais ne digèrent pas l'enveloppe." Les insectes, particulièrement actifs au printemps, stockent ces déchets dans leurs "ampoules rectales" et lâchent le tout en vol. Après la sardine qui a bloqué le port de Marseille et le sanglier nageur du Lavandou, voici l'abeille chieuse d'Antibes. Ah, la Provence !!

(d'après Marianne)


Tueuse de parasite :

On découvre parfois des espèces au hasard des explorations scientifiques. Mais, quand ils ont commencé leurs recherches, ces 2 entomologistes australiens savaient ce qu'ils cherchaient : un "lutteur biologique capable de protéger les eucalyptus. "Chez nous, il existe des centaines de petite guêpes qui provoquent des galles chez cet arbre, précise J. La Salle. Heureusement, elles causent rarement de problèmes, car d'autres guêpes se nourrissent de leurs larves, limitant leur nombre ! Pourtant, certaines de ces guêpes nuisibles pour l'arbre se sont répandus en dehors des frontières australiennes, notamment jusqu'au Bassin méditerranéen". En Israël, en particulier, les pertes économiques dues à Leptocybe invasa, sont telles que les entomos. se sont mis en quête d'une solution. Ils ont alors commencer à étudier de près la guêpe "utile" qu'est Silitrichodes kryceri; ils l'ont identifiée puis décritent, puis ont vérifié qu'elle pouvait s'adapter en Israël sans perturber l'écosystème. Après une période de quarantaine et 4 années d'étude, S. kryceri a été officiellement déclarée apte à protéger les eucalyptus d'Israël; elle s'est avérée un parasitoïde efficace : un organisme qui, au contraire de nombreux parasites, tue son hôte. Aujourd'hui, les hyménoptères représentent près de 10% de toutes les espèces décrites; ils comprennent des espèces très petites, hyperspécialisées, qui font de ce groupe, encore mal connu, le plus diversifié chez les insectes; ils dépassent même les coléos. de ce point de vue.


Gare aux supermoustiques :

Mylène Weill n'en est toujours pas revenue; dans son laboratoire de l'institut des Sciences de l'Evolution, à l'Université de Montpellier, la chercheuse du CNRS a vu sous son microscope un "double mutant"; comprenez, un supermoustique équipé de gênes le rendant résistant aux 2 familles d'insecticides les plus utilisés dans le monde. "D'habitude, quand un moustique fabrique une résistance, c'est pour un seul insecticide et, en prime, il le paie d'un fardeau génétique qui le rend moins véloce pour échapper aux prédateurs ou encore moins prolifique" explique Mylène, qui vient de cosigner une étude sur le sujet (1). Or, là, les double mutants gardent la forme. Résultat : la stratégie qui consistait, quand un moustique devenait résistant aux pyrétrinoïdes, à lui vaporiser des organophosphorés, et vice et versa, tombe à l'eau. Pour l'instant, ces supermoustiques n'ont été identifiés qu'en Afrique mais, d'après les scientifiques, ils devraient augmenter en nombre et vite se répandre sur la planète. Une menace qui arrive au plus mauvais moment. "Nous n'avons quasiment plus de médicaments efficaces contre les maladies véhiculées par les moustiques, prévient Mylène; il faudrait développer au plus vite de nouvelles molécules. Mais apparemment ce n'est pas suffisamment rentable pour l'industrie pharmaceutique ..."  
1 : "Costs and benefits of multiple resistance to insecticides for Culex quinquefasciatus mosquitoes"

(Le Point 1860)


Les insectes et l'Art , Simon Messagier :

InsecteSimon Messagier est peintre, graveur, céramiste. Né à Paris en 1958, il est le fils cadet de Jean Messagier, peintre, graveur, sculpteur et de Marcelle Baumann, céramiste.En même temps que son passage aux Beaux-Arts de Paris et à l'Académie Charpentier, il fréquente le MNHN, où il hante la section d'entomologie. Passion profonde, il exerce le métier d'entomologiste de 1976 à 1984 pour se consacrer finalement à l'art, puis unir ces deux centres d'intérêt.
Il travaille alors à la transcription des points de jonction entre art et science. D'une part, avec l'apport de la nature et d'autre part avec sa représentation artistique grâce aux moyens du dessin, de la peinture et de la céramique. Ses recherches débouchent au début des années 2000 sur "Révélaberration", alliance non seulement de l'art et de la science, mais aussi d'une dimension psychologique et sociale évidente liée aux deux domaines.
Décelant dans l'aberration de l'Ornithoptera victoriae epiphanes, exemplaire unique de papillon en vente à Drouot, toute la richesse de la contradiction du monde actuel, il décide de le signer et de revendiquer lors d'un "manifeste" regroupant plusieurs acteurs des domaines concernés cette évidente aberration, traversée de l'inconscient.

http://www.simon-messagier.com


Ses chers papillons :

2 840 909 €, c’est le prix d’un tableau rectangulaire de 8,23 m de large, entièrement réalisé avec des ailes de Lépidoptère soigneusement collées, qui vient d’être vendu directement (aucune galerie n’a touché de pourcentage) aux enchères chez Sotheby à Londres, 4 fois sa valeur estimée. Intitulée Ascended, datée de 2008, l’œuvre (à voir ici) est signée Damien Hirst (d'où sa valeur monétaire).
Les 33 autres « butterfly paintings » proposés – les plus anciens étant de 2005 - ont trouvé également preneur, à des prix inespérés. Il y aurait de 300 à 400 œuvres de cette lignée dans le monde. Et aussi, du même, des « fly paintings » comme cette étoile géante recouverte d’un enduit fait de mouches (bien cadavériques – détail ici).
D. Hirst a déclaré arrêter la production (il a une kyrielle d’assistants) de tableaux d’insectes pour se consacrer plus à sa série de bocaux de formol géants conservant un zèbre, une licorne, un veau…


Un fossile vivant de fourmi :

Une espèce de fourmi, jusque là inconnue et appartenant à une lignée de ces insectes remontant à 120 millions d'années a été découverte en Amazonie. "Elle est probablement la descendante des plus anciens ancêtres de ces insectes" a déclaré Christian Rabeling, entomologiste de l'Université d'Austin, qui a mis au jour ce spécimen.

Septembre 2008


Une tribu inconnue découverte au coeur de l'Amazonie :

Ils vivent dans l'enfer vert amazonien. Ils habitent des huttes de paille, se peignent le corps entièrement en rouge ou en noir; ils cultivent le manioc; et lorsqu' un hélico les survole, ils décochent des flèches contre cet intrus... En somme, ils ignorent tout de la civilisation; et il vaut mieux pour eux. La Fondation nationale de l'Indien, la FUNAI, vient de publier quelques rares photos d'une tribu sans aucun contact avec le monde extérieur, un des peuples les plus isolés du globe. Une révélation pour le reste de l'humanité, même si la FUNAI connaît leur existence depuis une vingtaine d'années ! Mais la fondation avait gardé le secret pour préserver la tranquillité de ce berceau oublié de l'humanité.
Si la FUNAI a décidé de montrer ces clichés, c'est parce que ce petit peuple est menacé par l'avancée inexorable de bûcherons pilleurs de forêts, de chercheurs d'or ou de planteurs de coca. Pour échapper à ces peu glorieux représentants de l'espèce humaine dans le secteur, les tribus sont obligées de se déplacer.
Pour José Carlos dos Reis Meirelles, de la FUNAI, "leur avenir dépend de nous. Si ces région sauvages, qui de toute façon ne sont pas cultivables, ne sont pas préservées, ces indiens mourront". Pour lui, pas question d'aller faire de la sociologie avec ces hommes d'un autre espace-temps : les étudier, ce serait les détruire.

(La Dépêche du Midi)

Une tribu isolée découverte au Brésil (2008) :

Par Ségolène de Larquier

Une tribu isolée découverte au Brésil

L'une des dernière tribus isolées d'Amérique du sud a été repérée et photographiée au Brésil © GLEISON MIRANDA/FUNAI

L'une des dernière tribus isolées d'Amérique du sud a été repérée et photographiée au Brésil, dans l'État d'Acre, à la frontière du Pérou, a annoncé le 29 mai 2008 le département brésilien pour les affaires indiennes ( Funai ).

Les photos aériennes ( voir toutes les photos ) montrent des membres de la tribu, peints en rouge, brandissant arcs et flèches, ainsi que leurs habitations. Selon l'ONG Survival International , près de 100 tribus isolées seraient présentes dans le monde, essentiellement au Brésil et au Pérou. Elles sont menacées par la déforestation.

"Nous avons survolé la zone pour montrer leurs maisons et pour prouver leur existence", a expliqué José Carlos dos Reis Meirelles Junior, qui travaille à la Funai. "C'est très important, dans la mesure où certains doutent de la présence de ces dernières tribus" en Amazonie, lesquelles sont dans l'isolement le plus total.
 


Un vrai "Koh Lanta" :

 Aurélien Brulé s'apprête à vivre son Koh Lanta personnel. Le 17 septembre 2008, ce jeune français de 29 ans se fera déposé par hélicoptère (pas très écolo, ça !) en plein milieu d'une des dernières forêts primaires de Bornéo, très loin de tout village habité; il emportera avec lui 10 kilos de riz et quelques croquettes pour son chien, un golden retriever, "pour protéger mon camp des ours et des panthères", explique-t-il avec le sourire; mais aussi pour l'avertir si jamais quelques Dayak et Punan (autrefois coupeurs de tête ...) approchaient ... Pourtant, ce grand gaillard n'est pas une tête brûlée : voilà 10 ans qu'il vit à Bornéo où il a fondé l'Association Kalaweit, qui récupère les gibbons, utilisés comme animaux de compagnie, pour les rééduquer à la vie sauvage. En s'immergeant durant un mois dans l'une des jungles les plus menacées de la planète, Chanee (c'est son nom indonésien) désire attirer l'attention du monde entier sur la nécessité de la préserver; encore lui faudra-t-il revenir avec toute sa tête !!


Mules :

Farcis à la cocaïne (3 g chacun), une centaine de longicornes péruviens – déclarés insectes morts – ont été pris à l’aéroport d’Amsterdam, en juillet 2007. Vus au scanner, ils avaient une drôle d’allure. Effectivement, leur abdomen était incisé (dorsalement !) et agrafé (maladroitement !). Une faute entomologique qui aura fait perdre aux trafiquants 8 000 €.
 


HORREUR ! L'air "pur" des montagnes serait finalement plus pollué que celui des villes !

Les forêts produisent naturellement de grandes quantités d'hydrocarbures (surtout les conifères); si, au gré des vents, les oxydes d'azote, produits par la pollution "classique" des voitures, survolent une forêt, ils réagissent immédiatement avec les hydrocarbures naturels pour créer de l'ozone (réactions chimiques qui sont favorisées par le fort rayonnement solaire !).
Ainsi : le taux d'ozone en forêt de Rambouillet peut-être 12 fois supérieur à celui du XIIIème arrondissement de Paris !
De fortes concentrations ont été mesurées dans les forêts des Landes !
Au Pic du Midi, le taux d'ozone a été multiplié par 5 depuis le siècle dernier ! Les randonneurs n'avalent pas moins de 100μg d'ozone par m3 d'air; soit la valeur admise par l'OMS sur une durée de seulement 8h!


Une si vieille nouvelle espèce :

"Dans notre métier, on voyage régulièrement; mais bien souvent, c'est en traversant le couloir qu'on découvre de nouvelles espèces". Thierry Deuve, entomologiste au Muséum d'Histoire naturelle depuis 1989 parle d'expérience. Conservée dans la collection de coléoptères du Muséum (ndlr : la plus importante du monde), l'une des dernières espèces qu'il a décrite - Brachinus solidipalpis, un carabique de la Famille des Bombardiers - attendait qu'on veuille bien l'étudier depuis ...1843 ! D'après l'étiquette qui les ornait, les sept spécimens existants ont été collectés à Manille (Philippines). Depuis, plus aucune trace d'eux dans la nature. Les bombardiers vivent en forêt et, aujourd'hui, il ne reste plus guère d'arbres dans la capitale philippine, l'une des villes les plus peuplées du monde. Deux hypothèses : soit l'espèce a bel et bien disparu, soit elle vit discrètement dans une autre forêt de cette région. "Même si l'on sait que la déforestation et l'usage des pesticides sont à l'origine de beaucoup d'extinctions d'insectes, nous n'avons pas la preuve formelle de la disparition de B. solidipalpis", assure T. Deuve, résolument optimiste. La destruction d'un coléoptère a-t-elle tant d'importance, dans un Ordre qui en compte des centaines de milliers ? "Oui, car c'est ça la biodiversité. Les différences entre ces espèces peuvent être de l'ordre de celles qui existent entre la panthère et le jaguar : c'est énorme, mais seuls les entomologistes les voient". La preuve, c'est que les carabiques ont fait parler d'eux dans la première moitié du XXème siècle : l'étude de leur répartition en Asie du sud a servi à défendre la Théorie de Wegener sur la dérive des Continents. Du coléoptère aux mouvements des terres, il n'y avait qu'un pas.

(National Geographic, juin 2008)


Le bed bug :

Il a ressurgi vers l'an 2000 en Amérique du Nord, après un demi-siècle de discrétion presque absolue. Le changement de millénaire n’y est pour rien. La Punaise des lits, Cimex lectularius (Hém. Cimicidé) sévit désormais dans les meilleurs hôtels, les dortoirs des collèges les plus chers, les appartements les mieux placés, ainsi que dans les abris des sans logis. L’insecte était absent du Sheraton d’Arligton (Virginie, États-Unis), qui a accueilli les 300 participants à une conférence de 2 jours sur le sujet. Lesquels se sont accordés sur le fait qu’on manque d’insecticides efficaces, depuis le bannissement du DDT, et que les méthodes de lutte alternatives restent à mettre au point.
Depuis l’an 2000, la Punaise des lits pullule. On la trouve toujours dans les matelas et les meubles mais aussi dans les téléphones portables et les claviers d’ordinateur.


Un scorpion géant :

Une pince fossile ayant appartenu à un scorpion de mer, trouvée dans le sud de l'Allemagne, a récemment été étudiée. Elle suggère que ce maxiscorpion nommé Jaekelopterus rhenaniae, qui dominait les mers vers 350 Ma (Dévonien inférieur), mesurait 2,50m ! De quoi émettre l'idée que d'autres arthropodes géants (libellules, mille-pattes ...) ont pu atteindre de telles proportions à cette époque, jusqu'à ce que de terribles amphibiens ou poissons armés jusqu'aux dents ne viennent les faire disparaître ...


Le commerce des papillons sauve les papillons !

http://pronaturafrance.free.fr/papillon.html


L'ambre du Liban :

Le Nemonychidae de l'ambre du LibanLes informations contenues dans les inclusions biologiques de l'ambre du Liban sont capitales, car il s'agit de l'ambre le plus ancien du monde. Entre 125 et 135 millions d'années : "Nous possédons le plus vieux lézard (130 millions d'années) pour une lignée que les chercheurs croyaient âgées d'à peine 30 millions d'années", explique Dany Azar, paléoentomologiste au MNHN. Ainsi que le plus vieil accouplement et le plus ancien phénomène de parasitisme. Mais aussi le plus vieux papillon et le plus vieil insecte social : un termite. En 6 ans, un grand nombre de nouvelles espèces ont été décrites : 76 au total ! "Nous n'avons pu étudier que 3 gisements sur les 75 découverts à ce jour. Avec le pillage de l'ambre du Liban, c'est une partie du patrimoine mondial qui est perdu pour la Science. Il est donc essentiel que l'Etat libanais protège par des lois cette mémoire de la vie".

(National Geographic de mai 2001)


Une araignée microscopique :

Le fossile d'une minuscule araignée, appelée Cenotextricella simoni (53 Ma), découverte dans de l'ambre du bassin parisien, a été étudiée par un paléontologue britannique et une équipe belge grâce à une technique habituellement réservée au milieu médical. En effet, une tomographie aux rayons-X a été pratiquée (technique dite VHR-CT ou Volumetric High-Resolution Computed Tomographie). Des images en 3 dimensions ont ainsi été obtenues et ont permis de visualiser les organes internes fossilisés.


L'ambre de Charente :

Des paléontologues de l'Université de Rennes ont découvert 356 insectes, araignées et acariens dans 640 pièces d'ambre du Crétacé de Charente, grâce à une technique très sophistiquée qui permet de mettre en 3D ces minuscules animaux (ndlr : sans doute la même technique que dans la rubrique précédente ...) qui sont inclus dans l'ambre opaque de cette région. Pour plus d'informations et quelques images : www.esrf.eu/PressAndMedia/pressreleases/amber/


Dernières nouvelles : une faune du Crétacé tirée de l'ambre :

Elles étaient prisonnières de 2kg de petits cailloux jaunâtres; et voilà que grâce au synchrotron de Lyon, la faune et la flore de la Charente-Maritime d'il y a 100 millions d'années refait surface dans toute sa diversité ! Les rayons X à haute densité de l'accélérateur français ont révélé pas moins de 356 "inclusions' animales et végétales, qui attendaient bien cachés dans 640 petits morceaux d'ambre complètement opaques; les frêles empreintes ont été laissées par une armée de gastéropodes, insectes, araignées et plantes qui vivaient en France à l'époque des dinosaures; de ces reliques, on distingue désoemais le moindre poil, que ce soit sur des modèles virtuels ou sur des moulages en résine que Paul Tafforeau, paléontologue à l'ESRF tient aujourd'hui dans ses mains. Un trésor et un coup de maître pour les scientifiques français...
Tout a commencé en 2000, lorsque le paléontologue Didier Néraudeau ramène d'une carrière charentaise 60kg d'ambre, antique résine fossile; en 4 ans, lui et son équipe parviennent à faire parler le bel ambre translucide couleur de miel, qui dévoile sans pudeur toute la faune et la flore tombée dedans lors de sa formation; mùais le chercheur aimerait bien aissi faire parler son disgracieux cousin opaque, qui représente 80% de sa récolte ! La solution ? L'ESFR de Grenoble .........."si l'ambre conserve les formes 3D, les inclusions sont vides : ce sont des moulages en creux; les rares fois où de la matière organique a été identifiée dans l'ambre, elle était toujours altérée". Le rêve de trouver une tique ou un moustique et d'en tirer une goutte de sang (donc de l'ADN) antédiluvien n'a donc guère de chance de se réaliser ! .........
Les spécimens récupérés mesurent de 0,8mm pour une sorte de mite à 4mm pour une guêpe, avec, entre les 2, tout un cortège de mouches, araignées, crustacés, fourmis ... 53% seulement des familles sont connues et, même si on peut rapprocher un individu d'une famille, il est inconnu comme espèce. On prend enfin la mesure de la biodiversité de l'époque que peinait à raconter le bel ambre translucide.
Et les inclusions révèlent bien d'autres choses ....(Lire la totalité de l'article dans l'excellent "Science et Vie d'août 2008)


On a retrouvé une toile d'araignée vieille de 140 millions d’années :

 

 Les araignées ont appris à tisser des toiles plus tôt qu’on ne le pensait auparavant, comme en témoigne le fragment découvert emprisonné dans l’ambre et daté de 140 millions d’années.
 



Hemiptera Ibaeidae :

Pourquoi entreprendre des expéditions coûteuses à la recherche d’une espèce d’insecte nouvelle pour la science ? Il suffit d’un ou deux clics, sur son micro, chez soi.
Mindarus harringtoni (Hem. Aphididé) vient en effet s’être découvert (2007) par Richard Harrington, vice-président de la Royal Entomological Society du Royaume-Uni, dans un bout d’ambre vieux de 50 millions d’années acheté 20 livres sur ebay.

 


Découverte d'insectes fossiles dans l'ambre d'Amazonie (28 août 2006).

" Au Nord du Pérou, il y a 15 à 12 millions d'années, des insectes, acariens et autres arthropodes se sont fait piéger dans la résine le long de troncs d'arbre ou de branches. Une équipe internationale de paléontologues et de géologues les a retrouvés fossilisés dans l'ambre. Cette découverte est la première du genre en Amazonie occidentale. Grâce à elle, les chercheurs prouvent l'existence précoce d'une grande biodiversité terrestre dans la région, dans un environnement forestier et sous un climat chaud et humide". Ces résultats sont publiés en ligne sur le site des Proceedings of the National Academy of Sciences.


 

Termitière fossile :

La plus grande et la plus ancienne termitière fossile du monde a été trouvée au Tchad. Celle-ci a révélé un âge de l'ordre de 3 à 7 Ma et s'étend sur un hectare (?!). Bien que découverte en 1997, elle n'a été authentifiée que récemment.


Un éphémère de 300 millions d’années :

Des chercheurs de l'Université Tufts ont découvert ce qu'ils croient être le plus ancien fossile d'un insecte volant dans un affleurement rocheux près de North Attleboro, dans le Massachusetts.

L'empreinte retrouvée à North Attleboro (Crédit : Tufts University / Richard J. Knecht et Jacob Brenner)

L'empreinte retrouvée à North Attleboro (Crédit : Tufts University / Richard J. Knecht et Jacob Brenner)

 

L’empreinte, d’environ sept centimètres de long retrouvée sur un éperon rocheux à proximité d’un centre commercial, représente le thorax, l’abdomen ainsi que six pattes d’un insecte dont l’aspect extérieur rappelle une libellule. Selon son découvreur, géologue à l’Université de Tufts, il serait en réalité un très lointain cousin des éphémères. 
Le fossile a été retrouvé dans une couche de boue solidifiée d’aspect rouge bordeaux, vieille de 312 millions d’années. Il constitue la plus ancienne trace de passage d’un insecte vivant enregistrée dans la roche, elle est sans doute due au bref atterrissage de l’animal sur une nappe de boue. Sur la roche, il n’y a aucune trace d’ailes mais les chercheurs ont découvert les restes fossilisés d’une aile, appartenant probablement à la même espèce, à proximité du site. 
Il y a 312 millions d’années les insectes constituaient déjà une classe largement répandue sur la Terre tandis que les premiers reptiles, ancêtres des dinosaures, commençaient à peine leur essor. A cette époque, le sud de la Nouvelle-Angleterre (région qui correspond au nord-est des Etats-Unis) était beaucoup plus proche de l’équateur ce qui suggère que cette région pourrait être une source importante de découvertes dans l’avenir.

 


Mort aux vaches ! :

Le slogan fait fureur en ce moment dans le lobby aéronautique; accusées d'être en partie à l'origine du réchauffement planétaire, plusieurs compagnies aériennes ont récemment pointé du doigt, dans une campagne de publicité, la responsabilité des élevages bovins dans le dérèglement climatique. Les chiffres leur donnent raison : les éructations et les flatulences de nos placides ruminants sont responsables de près de 20% des émissions mondiales de méthane, l'un des gaz à effet de serre les plus nocifs.
Les vaches larguent dans l'atmosphère une centaine de millions de tonnes de méthane, dont le pouvoir de réchauffement est considérable; une molécule de méthane provoque un effet de serre vingt fois plus important qu'une molécule de CO2 .Un pot catalytique spécial bovin ayant peu de chances de voir le jour, les chercheurs travaillent depuis plusieurs années à la modification du régime alimentaire des ruminants ...

Les émissions de gaz à effet de serre du secteur herbivore représentent 11% des émissions nationales; 80% de ces émissions proviennent des bovins (19 millions de têtes en France, 90 millions en Europe, 1379 millions dans le monde ...). Selon un rapport des Nations Unis paru en 2006, le secteur de l'élevage émet dans son ensemble 18% des gaz à effet de serre de la Planète, les Transports 26% et l'industrie 22%.

S'il y a tant de vaches, de Transports, et d'Industrie, c'est qu'il y a trop d'humains !!

Et les gaz produits par les humains ? J'en connais qui en dégage vraiment beaucoup !!

Dénatalité !!! Et décroissance ?!

Il n’y a pas que les vaches. Les insectes aquatiques contribuent au réchauffement planétaire par leurs flatulences. Des bactéries de leur tube digestif produisent en effet, à partir de nitrates, du protoxyde d’azote. Ce gaz, connu sous le nom de gaz hilarant, est un psychotrope (en vente libre) qui provoque (tant qu’il est inhalé) une sensation de bien-être et inhibe la douleur. Il est aussi un très puissant gaz à effet de serre.
Comme chez les vaches, la quantité produite dépend beaucoup de l’alimentation : plancton ou dépôts.
Le phénomène vient d’être mis en évidence par une équipe danoise (institut Max-Plank de Brème, Allemagne), sur plusieurs animaux dont des chironomes.
 


Un homme meurt écrasé par une foule d'acheteurs à New York :

 

Aux Etats-Unis, le "Black Friday", jour suivant la fête de Thanksgiving, marque traditionnellement le début des achats de Noël avec notamment des soldes très importantes dans les magasins qui ouvrent leur porte dès le petit matin. Vendredi 28 novembre, cette tradition a pris une tournure tragique dans un magasin Wal-Mart de Long Island, dans l'Etat de New York. Un employé qui venait d'ouvrir les portes pour laisser entrer une foule impatiente a été écrasé par les acheteurs qui se ruaient sur les produits. L'homme, âgé de 34 ans, est mort de ses blessures.

 Dénatalité !!! Et décroissance ?!


Un site néerlandais sur les insectes de Nouvelle-Guinée :

http://www.papua-insects.nl/about%20us/about%20us%20fr.htm


Le palmarès 2OO8 des Ig Nobels :

Cocorico ! L’Ig Nobel de biologie est décerné à la France (Marie-Christine Cadiergues, Christel Joubert et Michel Franc). Ils ont montré que les puces des chiens sautent plus haut que les puces de chat !!

 


On continue à persécuter les entomologistes pour des motifs absurdes, alors que le grand massacre de La Nature s'amplifie :

Dear Colleague,
>
> You might be aware of the incident of the arrest of Dr. Petr Švácha,
>  the scientist who is arrested by the forests officials  in West
> Bengal, India for collecting Beetles and beetle larvae in Singalila
> National Park, Darjeeling. They have apparently been accused of
> collecting for the 'Chinese Medicine market', and the beetles they have collected have been valued
> at 6000-7000 rupees EACH SPECIMEN!
>
Une pétition circule que tous les entomologistes se devraient de signer ...


Les insectes se reproduisent par millions; si certains sont menacés, c'est par l'intolérable prolifération humaine et tous ses effets néfastes; comme la déforestation, les insecticides, les diverses pollutions, les voitures ...

Pas à cause des entomologistes !

Quand va-t-on arrêter d'emmerder les entomologistes !?

 


Dear friends and colleagues

 Today (July 16, 2008), I was speaking with the Czech embassy as well as with Emil Kucera. I was advised by our embassy to initiate a new petition organized by the Czech Entomological Society.  The reason is the real risk of splitting their case into two separate trials where Kucera would be sentenced.

 Text of the petition can be found here: http://www.petitiononline.com/h3e09s05/petition.html

 For the moment, the petition has been signed by the members of the Committee of the Czech Entomological Society. I am sincerely asking you to support this petition by your sign and disseminate the link on it to your colleagues – entomologists as well as to your friends and acquaintances.

 Sincerely

Vladislav Malý 


50 species per day discovered in 2006

(5/27/2008) 16,969 species were discovered in 2006 according to a report compiled by Arizona State University's International Institute for Species Exploration, the International Commission on Zoological Nomenclature, the International Plant Names Index, and Thompson Scientific.

En 2006, selon la liste rouge de l’UICN, les espèces identifiées peuvent être décomposées comme suit[2] :

Faut pas être dégoûté !

Des chercheurs britanniques ont découvert une nouvelle espèce de bactéries dans la bouche humaine; baptisée Prevotella histicola, cette bactérie n'est qu'une des millions présentes dans notre bouche, aux côtés d'une énorme variété de microbes incluant virus, champignons, protozoaires ...
"Chaque millilitre de salive en contient 100 000 000, explique le Pr. William Wade, et il y a plus de 600 espèces différentes de bactéries dans la bouche. Environ la moitié d'entre elles restent à décrire". Cette découverte devrait permettre de mieux comprendre la composition des micro-organismes de la bouche, et aider les chercheurs à imaginer de nouvelles mesures de prévention et de nouveaux traitements contre les caries et gingivites, les plus courantes des maladies infectieuses de la bouche.                            Et le vagin alors !!!!!!!


Dans le même esprit ...

Pas la peine de rechercher bien loin la biodiversité : notre peau abrite au moins 112 000 espèces de microbes différentes. Les chercheurs de l'Institut national de recherches sur le génome humain ont eux-mêmes été étonnés par cette extraordinaire moisson récoltée sur 2 sites (nez, coude, utérus ...) de 10 volontaires (lavés ou pas ???!). Cet inventaire est réalisé pour mieux comprendre comment la peau agit comme première ligne de défense contre les envahisseurs !

revue "Sciences"


L'entomologiste au service de la biodiversité :

La tâche de l’entomologiste est multiple. D’une part il classe et décrit les espèces d’insectes afin d’inventorier la biodiversité, d’en connaître l’évolution : cette activité constitue ce que l’on appelle la systématique. Avec le concours d’autres zoologistes, et par le biais de diverses méthodes, l’entomologiste systématicien met en regard cette évolution avec celle des autres animaux, contribuant en quelque sorte à établir la "généalogie" de tous les êtres vivants qui peuplent la planète. D’autre part, l’entomologiste étudie la biologie des insectes : de quelles plantes ou de quels animaux se nourrissent-ils ? Dans quelles conditions particulières se développent-ils ? Quels sont les milieux favorables aux imagos(forme adulte, définitive, de l'insecte sexué) ? Quels comportements adoptent les différentes espèces ? Ces recherches s’inscrivent au sein de diverses autres disciplines, comme l’écologie et l’éthologie. Par le passé, ces études étaient généralement réalisées dans l’optique d’une recherche fondamentale pure. Aujourd’hui, elles s’effectuent de plus en plus souvent dans le cadre de programmes de conservation. À l’échelle de l’Europe tout d’abord, pour des programmes émanant de Natura 2000(engagements des États membres afin de conserver les habitats et les espèces sur les zones appartenant au réseau écologique européen Natura 2000). Au plan national ensuite, où, plus localement, elles peuvent être sollicitées par l’État, une région, un département, une commune ou une association, dans l'objectif d'établir un état des lieux et de définir les zones à sauvegarder (réserves naturelles, etc.).
Ainsi,Gérard Luquet a participé entre 1996 et 2003 à une étude pluridisciplinaire des pelouses calcaires du sud de l’Essonne. En raison de leur forte valeur patrimoniale, ces pelouses ont été retenues pour faire partie du futur réseau Natura 2000. Elles hébergent en effet des espèces telles que l’écaille chinée (papillon) et le lucane cerf-volant (coléoptère), classées d’intérêt européen, et bien d’autres espèces remarquables. Par ailleurs, ces pelouses calcaires sont rares et menacées, car elles évoluent spontanément vers la forêt depuis la disparition de l’agropastoralisme. À terme, la banalisation de la flore et de la faune menace. L’intégration dans le réseau Natura 2000 constitue un gage aux termes duquel le site sera conservé dans son état actuel ; aucune artificialisation n’y sera admise. Plus localement, à Saint-Cyr-la-Rivière, l’élaboration du PLU (Plan Local d’Urbanisme)s’est appuyée sur une étude naturaliste, comportant un volet entomologique, afin d’éviter toute construction dans certaines zones dont le caractère exceptionnel avait été mis en évidence. Dans le sud-ouest de l’Essonne, les membres du Groupe d’Inventaire des Lépidoptères d’Île-de-France (GILIF) ont, quant à eux, engagé une étude afin de recenser la faune lépidoptérique du site du Bajolet. Celui-ci abrite de nombreuses espèces protégées à l’échelon régional ; pour certaines d’entre elles, ce site représente leur dernière station connue en Île-de-France. L’association compte se fonder sur ces études pour s’opposer à l’exploitation des carrières d’argile que le site recouvre.
Pour autant, l’entomologiste n’a pas vocation à "mettre sous cloche" tous les rubans de verdure sur lesquels il travaille. Son rôle consiste aussi à conseiller les propriétaires pour qu’ils conservent davantage la biodiversité de leurs espaces. En 2006, Gérard Luquet a par exemple rendu un avis sur la transformation d’une prairie de Gif-sur-Yvette en pâture destinée aux chevaux. "Nous n’avons pas déconseillé cette entreprise, nous avons formulé des recommandations pour limiter les pertes de faune : éviter les charges trop importantes en bétail, maintenir les haies et les végétaux autochtones en place, conserver des îlots de broussailles et, surtout,surveiller l’usage des helminthicides (traitements contre les vers intestinaux)." En effet, ces substances médicamenteuses se retrouvent dans les défécations équines dont se nourrissent les insectes coprophages. Ceux-ci s’empoisonnent, victimes de la très forte toxicité des helminthicides vis-à-vis des insectes.
L’entomologiste du Muséum a également participé à la rédaction de la Charte de l’Environnement. Celle-ci s’adresse aux responsables de communes franciliennes, afin de les guider vers une gestion plus écologique. En les incitant, par exemple, à planter des érables ou des chênes plutôt que des platanes d’origine asiatique ; des genévriers (autochtones en plaine) et non d’autres résineux (originaires des montagnes).Globalement, la prise de conscience est indéniable. Mais l’équilibre entre préservation des milieux naturels et développement du tissu socio-économique demeure un exercice difficile. En somme, un travail de développement durable.

Lucane cerf-volant - Coléoptère

 

Lucane cerf-volant (Lucanus cervus ; ordre des coléoptères). La gestion forestière, en éliminant les vieux arbres et le bois mort, élimine à la fois son habitat et sa nourriture. Aussi, comme la plupart des coléoptères mangeant du bois, il est en forte régression dans nos forêts et tend globalement à se raréfier. C'est pourquoi il est protégé au niveau européen. © H.Guyot/OPIE

Pelouses calcaires de Tourneville

 

 

 

 

Les pelouses calcaires du Sud de l’Essonne ont été retenues pour faire partie du réseau Natura 2000. Elles hébergent en effet des espèces comme le coléoptère lucane cerf-volant et le papillon écaille chinée, classées d’intérêt européen. Ce classement garantit la conservation du site dans son état actuel. © CENS/DENV/CG91-2004

 


Des milliers d'insectes rares en quête d'un nouvel écrin :

Plus de dix mille spécimens, parmi lesquels des papillons rarissimes, des araignées géantes, des scorpions de plus de quarante centimètres et des centaines d'insectes dont certains n'ont jamais pu être répertoriés. C'est le trésor que cache, pour quelque temps encore, le petit musée éducatif d'entomologie dirigé par Murielle Mouflard. Une richesse que cette passionnée de la vie animale partage bénévolement depuis quatre ans avec tous ceux qui en expriment le souhait. Ses principaux visiteurs étant avant tout les enfants des écoles du département.
Une collection fabuleuse
Tous les ans, Murielle fait ainsi découvrir sa fabuleuse collection à une trentaine de classes. C'est toujours elle qui dirige la visite, renseigne, explique et répond aux questions des enfants. Pour découvrir son musée il suffit de l'appeler et de prendre rendez-vous. La visite est gratuite. Car à lui seul cet exercice, qu'elle maîtrise désormais parfaitement, la comble de bonheur.
Mais hélas son activité est sérieusement compromise depuis que la propriétaire des murs, contrainte par des raisons économiques, a demandé à Murielle de libérer cet espace d'une centaine de mètres carrés en vue de le louer.
Mais hélas son activité est sérieusement compromise depuis que la propriétaire des murs, contrainte par des raisons économiques, a demandé à Murielle de libérer cet espace d'une centaine de mètres carrés en vue de le louer.
« Les deux subventions d'un total de 1200e que m'octroient la commune et le département, couvrent à peine les frais de fonctionnement et d'entretien, déplore Murielle. Ne pouvant payer ce loyer, je vais donc devoir partir et stocker toute la collection dans mon garage. »
nm-photo-207611.jpgTous les ans, Murielle fait ainsi découvrir sa fabuleuse collection à une trentaine de classes. C'est toujours elle qui dirige la visite, renseigne, explique et répond aux questions des enfants. Pour découvrir son musée il suffit de l'appeler et de prendre rendez-vous. La visite est gratuite. Car à lui seul cet exercice, qu'elle maîtrise désormais parfaitement, la comble de bonheur.
Une perspective que la conservatrice envisage en désespoir de cause.
« Je suis prête à léguer ma collection à la commune qui me proposera un local et m'acceptera comme conservatrice bénévole », annonce-t-elle depuis plusieurs jours à qui veut l'entendre.
Et d'ajouter : « On m'a proposé de me racheter une partie de la collection. Mais ce sont mes bêtes. Et je préférerai encore les brûler plutôt que de les vendre. »

Si ça, ce n'est pas de la passion...


Un berger contre le criquet hérisson :

"Et les 200 000 obus tirés par les militaires à Canjuers, ils ne le dérangent pas, eux, le criquet hérisson ?" peste sans retenue le berger de Bauduen, dans le haut Var, contre le président de l'Association pour la protection des lacs et cites du Verdon, qui, pour bloquer le permis de construire de sa future bergerie, invoque la présence sur place d'une espèce rare : le criquet hérisson, ou Prionotropis hystrix azami, un orthoptère protégé par un arrêté ministériel de 2007 . ...........

(La totalité de l'article dans le JDD du dimanche 27/VII/2008)


A l'écoute de la biodiversité :

Pour explorer la Nature, certains ont l'oeil. L'équipe menée par l'entomologiste Alain Sueur, du MNHN, préfère tendre l'oreille ! Jusqu'ici, pour connaître l'état de la biodiversité d'un territoire, il fallait passer par son inventaire : la collecte et le piégeage des différentes espèces, puis leur identification; une somme de travail, parfois indispensable, mais coûteuse en temps et en argent. "Nous proposons une autre approche, rapide, peu onéreuse et, surtout, non invasive, avance J. Sueur. Accessible avec un micro, un bon enregistreur et un simple logiciel, téléchargeable gratuitement. Le principe est simple : une partie des animaux se manifestent par leur production sonore; les oiseaux chantent, les mammifères crient, les amphibiens coassent et les insectes par leurs appels sexuels très variés; un enregistrement  de cet environnement sonore global donne une mesure relative, un indice de la biodiversité ". Plus l'ambiance sonore est complexe et riche en fréquences différentes, plus le lieu étudié est riche en espèces. L'indice acoustique obtenu ne permet pas d'identifier les espèces ni même les groupes d'animaux présents; en revanche, il pourrait s'avérer un support utile à la gestion et à la protection des milieux  "Nous avons testé notre indice dans 2 forêts sèches de Tanzanie, l'une intacte, l'autre dégradée; les résultats sont très probants". Reste à affiner cet outil en mesurant les sons au cours du temps (dans la journée, la nuit, à diverses saisons ...) et à différentes hauteurs; voire dans des rivières ! Une idée qui devrait faire du bruit !

(Dans National Geographic de mars 2009)


 Voitures papillon :

Un jour viendra où les constructeurs de voiture proposeront, comme teinte de carrosserie, une "iridescence papillon" ou un "noir scarabée". Des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie sont parvenus à imiter la coloration des insectes basée non pas sur des pigments, mais sur la structure de la surface. D'où une moindre pollution.

Octobre 2008


Le travail des abeilles est estimé à 153 milliards d'euros :

Une étude de l'INRA et du CNRS a chiffré la valeur de l'activité de pollinisation des insectes, majoritairement des abeilles, à 153 milliards d'euros sur les principales cultures alimentaires de l'homme.
"La majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et protéagineuses, de fruits à coques, d'épices et de stimulants (café, cacao), bénéficie de l'activité pollinisatrice des animaux" expliquent les chercheurs français et allemands qui ont réalisé l'étude.
35 % de la production mondiale de nourriture est directement dépendante des pollinisateurs, 60 % provient des cultures comme les céréales qui ne dépendent pas de ces insectes, et pour 5 %, l'importance du rôle des pollinisateurs est encore inconnue.
L'étude a calculé la valeur totale du service de pollinisation des insectes, dont l'estimation a été réalisée sur la base des prix en vigueur en 2005 : le montant s'élève à 153 milliards d'euros, soit 9,5% de la valeur de la production agricole mondiale.
"Les résultats montrent que les équilibres alimentaires mondiaux seraient profondément modifiés pour trois catégories (les fruits, les légumes et les stimulants) en cas de disparition totale des pollinisateurs : la production mondiale ne suffirait plus à satisfaire les besoins aux niveaux actuels. Les régions importatrices nettes comme l'Union européenne seraient plus particulièrement touchées.", expliquent l'INRA et le CNRS.
Le déclin des abeilles et autres insectes pollinisateurs aurait un impact catastrophique sur l'agriculture mondiale : il diminuerait la production agricole, et augmenterait les prix de l'alimentation, aggravant la crise alimentaire mondiale qui sévit actuellement.
"Pour évaluer cette perte, les chercheurs ont émis différentes hypothèses en termes de réaction des prix à une offre agricole diminuée. Selon ces hypothèses, la perte pour le consommateur serait comprise entre 190 milliards d'euros (faible réaction des prix) et 310 milliards d'euros (forte réaction des prix)" explique l'étude.Elle réaffirme l'importance de la préservation des abeilles, dont des colonies entières sont décimées de façon très inquiétante, notamment par les pesticides utilisés dans l'agriculture.

Lundi 22 septembre 2008


Les "curiosités" de NKM :

Elle appelle ça son "cabinet de curiosités", Nathalie Koscinsko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a transformé le bureau qu'elle occupe à l'hôtel de Roquelaure en "show-room" du Muséum National d'Histoire Naturelle. Cet été (2008), elle a en effet fait venir plusieurs pièces qui croupissaient dans les coulisses du muséum. Entre autres raretés exposées derrière les portes vitrées de la pittoresque bibliothèque, à côté du portrait du chef de l'Etat : un ibis rouge empaillé, des crânes d'hommes de Cro-Magnon et de Neandertal, des grenouilles dans un bocal de formol, l'énorme patte d'un allosaure ou un cadre contenant des espèces de charançons ... (ndms : sur la photo, c'est un cadre de Papillio ulysses que l'on aperçoit ...).
Et même, bien en vue sur son bureau, la pointe d'une flèche extraite de la défense d'un éléphanteau : Avis à ces rivaux !! Manière pour la secrétaire adjointe de l'UMP, qui roule dans une petite 308 écologique et s'éclaire aux ampoules basse tension, de valoriser la biodiversité.


Amateur de libellule :

"Cette libellule est la première espèce que je décris" Laurent Juillerat en est encore tout ému. Toute nouvelle espèce qu'il soit, ce mâle Neoneura angelensis ne présente pourtant rien de très spécial ... tout comme la majorité des millions d'insectes des forêts tropicales qui restent à identifier (ndms : si on fout un peu la paix aux entomologistes qui veulent chasser avant études !!). Sauf que notre découvreur est un taxonomiste amateur. "Mon but n'est pas de collectionner des spécimens, mais de faire de la recherche sur la faune", précise Laurent Juillerat. Car, pour lui, comme pour tout taxonomiste, amateur ou non, mettre en lumière une espèce inconnue constitue l'aboutissement d'une passion. La taxonomie, qui décrit le vivant et établit la classification des espèces, est d'ailleurs la seule science, avec l'Astronomie, pratiquée très largement par des non-professionnels éclairés. Ils ont décrit plus de la moitié des nouvelles espèces européennes ces dernières années - notamment chez les mollusques et les insectes. "Les entomologistes amateurs ont un rôle très important dans la description du vivant" note Jean-Yves Rasplus, un ancien taxonomiste amateur devenu entomologiste à l'INRA. "Ils investissent beaucoup dans les recherches qu'ils développent, et produisent, pour certains, des travaux de haute qualité dans le domaine de la systématique descriptive". L'apparition de nouvelles méthodes d'investigation (moléculaire, micro-anatomique ....) au cours de la  dernière décennie a rendu plus difficile pour les amateurs d'explorer le vivant de la même manière que les professionnels. Leur apport reste cependant très précieux pour sa connaissance. Une chance, car les amateurs de libellules ne sont pas près de baisser leur filet.

(Cette très intéressante chronique est dans le dernier National Geographic : achetez-le !)


Beaucoup plus d'espèces qu'on ne le croit (et, en particulier, que ne le croient nos collègues américains)

Une girafe masai mâle, avec des taches irrégulières, peut-elle s'accoupler avec une femelle réticulée aux motifs ronds ? Dans les zoos, peut-être, mais pas dans une savane d'Afrique de l'Ouest; des études génétiques suggèrent une explication : au lieu d'une seule espèce de girafe, comme on le pensait, il pourrait en exister au moins 6 ! Pour la reproduction, les girafes s'en tiennent à leurs semblables - un signe de spéciation - sans doute en observant les dessins du pelage. Il faudra des années pour que la classification change ...


La "Fourmi de Mars" se cachait en Amazonie :

Complètement aveugle, plutôt pâle, avec d'imposantes mandibules au-dessus de la tête, une étrange fourmi adaptée à la vie souterraine a été dénichée au Brésil, dans la forêt amazonienne, par des entomologistes américains et allemands; ce qui lui a valu le nom de "fourmi de Mars" ou Martialis heureka. Ne ressemblant à aucune autre lignée, elle a été classée dans une nouvelle Sous-Famille. L'analyse de son ADN indique que cette lignée serait vieille d'environ 120 millions d'années.


Le rêve !

You may well ask “Just what the heck is a weevil person doing writing an article in Scarabs?”

Well, this past summer I had the opportunity to visit the southern state of Chiapas, México and on one fine sunny day high in the mountains I experienced what can only be described as the scarab collector’s wet dream! Let me tell you about it. For a number of years I have been working in Chiapas in collaboration with ECOSUR, a small college located in San Cristobal de las Casas in the Altos of Chiapas. My project has been surveying the leaf litter inhabiting weevils of mid and high elevation forests. We’ve been fortunate to visit and sample numerous forests, some only small fragments, and many otherwise inaccessible unless one has proper permission from the indigenous inhabitants. Often this requires meetings with officials from the local ejido, then a town meeting to approve permission. But enough of logistics, let’s get to the real story!One area we have worked is the La Sepultura Biosphere Reserve, located about 25 kilometers southwest of the town of Villaflores in the Sierra Madre de Chiapas of western Chiapas. We work out of a small town named Sierra Morena at about 1,200 meters elevation. Sierra Morena sits in a valley between two higher mountains, Cerro Bola to the south and Tres Picos to the north. Cerro Bola (16º.13464 N 93º.60077 W) is just under 2,000 meters and is a nice sharp peak with a definite summit. Leaf litter faunas change as one moves up in elevation so this one day, June 14, we thought it worthwhile to spend the 3 hours to walk up to the peak and take some samples, which we suspected would be quite different from the samples from between 1,400 meters and 1,600 meters we had previously taken. The day was sunny and the rains had not yet arrived so things were quite dry. Quite a few trees had not leafed out and the litter was dry and sandy. When we arrived at the peak we noticed that the litter here was moister, perhaps due to clouds collecting at the summit and depositing moisture in the form of mist or light rain. Within a few minutes of our arrival my keen coleopterological eye spotted a large green beetle on a leaf about 10 feet up in one of the taller trees right at the peak. I asked one of my much younger, spry and lighter colleagues if he could climb up that tree and fetch me that beetle. “Sure” he said and promptly scaled the trunk. As he reached out for the beetle he commented “There’s another one over there” and pointed to another, clearly visible on another leaf. He then noted as he scanned the upper foliage of the tree that “there are quite a few of these up here.” I approached him and peered up to get a better look. Sure enough I could now see about 10 or more beetles clinging to the branches and leaves of the tree. “Why don’t I just shake the tree and they should fall down?” he asked. I agreed that this seemed a suitable arrangement, so he shook the tree. At this point I must suggest that the true scarab enthusiast find a comfortable seat, sit down, close your eyes, relax and try to imagine this scenario. Picture the tree shaking and the large, bright green beetles falling. First one or two, then 10, 20… then a hundred, then hundreds. It was literally raining Chrysina!!

As they fell, some took wing, some hit the ground and stayed there, some ended up on my clothes and on me, some fell onto lower vegetation. Then a few seconds later, as if on some magical cue they all started to fly. At first I grabbed a few from my clothes but soon my hands were full and being a weevil guy, my biggest vial would only hold half a hind leg of one of these easts, so employing my quick PhD-given thinking skills, I decided to use one of the pillow cases that I use for bagging the leaf litter samples downhill. Stuffing the