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et des "LASIOCALINA" , avec les genres Strigidia,
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bel ouvrage de 176 p, entièrement en couleurs, avec photos de
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HISTOIRES NATURELLES
"Il y a quelque chose de merveilleusement doux dans cette
étude de la Nature qui attache un nom à tous les êtres, une pensée à tous les
noms, une affection et des souvenirs à toutes les pensées et l'homme qui n'a pas
pénétré dans la grâce de ces mystères a peut-être manqué d'un sens pour goûter
la Vie ."
Charles Nodier.
Il y a quelques années, je rendais visite à mon ami
entomologiste et grand chasseur d'insectes, Michel Ferrand, alors instituteur
dans un village de Guyane près de Maripasoula.
Nous partions chaque jour poser différents pièges dans une des toutes dernières
forêts primaires de la planète, aux environs de Wakapou. Il s'agissait de
capturer des insectes essentiellement coprophages.
L'année précédente, lors d'une expédition aux îles Célèbes, je voyageais sous la
canopée avec un troupeau de babiroussas, ce qui me permettait d'avoir en
permanence des excréments frais pour alimenter mes pièges.
Cependant, en Guyane, mon ami Michel avait dû organiser une collecte journalière
de matière fécale auprès des villages indiens environnants. Les métropolitains
de la station météo s'étaient également portés volontaires pour déféquer dans
des petits pots.
Nous disposions ainsi d'une grande quantité d'appâts pour nos chasses.

Comme chaque matin, à deux sur la moto de Michel, nous étions lancés à vive
allure sur la grande piste de latérite. A l'arrière de la moto, chargé d'un
lourd sac à dos rempli de petits pots, je me suis tout à coup assoupi à cause de
la fatigue accumulée et d'un accès de dengue. Comme je basculai en arrière, mes
deux bottes sont venues frapper Michel en plein sous les aisselles et la moto
s'est cabrée.
Après une "roue arrière" tout à fait prodigieuse, digne d'un Grand Prix, nous
nous sommes vautrés pêle-mêle dans le fossé. N'étant pas nous-mêmes
particulièrement coprophages nous avons gardé de cet incident un souvenir
mémorable.
Marc Soula
"Ce coléoptère a un vol très puissant et j'en ai su quelque
chose un jour où je chassais à la lumière; j'ai été presque étourdi comme par un
coup de poing en plein front; c'était un gros Megasoma acteon mâle qui, attiré
par la lumière, était venu se jeter sur mon visage. J'en ai eu une grosse bosse
pendant quelques jours. C'est le seul exemplaire que j'ai capturé
personnellement. J'en ai bien eu une série de mâles et de femelles, mais qui
m'ont été apportés par des forçats-bûcherons."
(Tiré de l'excellent "Mes chasses aux papillons" du grand Le Moult).
Une rencontre sympa :
"Samedi 21 Octobre 1989 -11h00- Je pars en forêt en compagnie
d'un chien errant (appartenant sans doute à quelque ouvrier du chantier - du
barrage de Petit Saut, sur la Sinnamary; Guyane française -); l'animal me colle
aux basques, attentif et déjà fidèle; je suis posé sur une souche, près de la
rivière, Médor à mes pieds, lorsqu'une intense vibration envahit l'air humide -
trop fort pour un bourdon, pas assez pour un hélicoptère - ; à un mètre juste au
dessus de mon sac, un colibri intrigué m'offre son vol stationnaire (j'ai
entendu dire que les colibris sont attirés par le rose; c'est exact !); ses
ailes à une vitesse telle qu'on ne les voit pas; il hésite encore un instant
puis disparaît entre les arbres; plus tard, mon copain canin se levant d'un
bond, hume l'air avec frénésie, tournant en tous sens autour de moi, l'oreille
dressée et l'œil inquiet; "mais que…?" (me dis-je) lorsque, brusquement, je suis
suffoqué par une terrible odeur de ménagerie : l'odeur puissante des fauves du
Zoo de Vincennes (odeur - fauve - Amazonie = jaguar !); Médor est déjà à vingt
mètres, sur le chemin du retour; je remballe en vrac mes outils et file sur sa
trace en 5 secondes chrono, sans demander mon reste; je cours ainsi, l'air
ridicule, mon aquarelle entamée dégoulinant au bout de mes doigts, jusqu'au camp
où le chien disparaît comme il était venu."
(Du remarquable "La Croisière Verte - Mission Radeau des Cimes" de TRIPP)
Safari dans la bouse :
"Lorsque les petits bergers berbères m'ont vu, dans la
campagne proche de Rabat, couché à plat ventre, en train d'observer les
scarabées sacrés qui roulaient leur boule de crottin, leur opinion sur mon
compte a été plutôt péjorative:
- Tu vois, le chrétien, il mange de la merde…
(…). La même chose m'est arrivée dans nos prairies normandes. Toujours à plat
ventre mais cette fois devant une bouse de vache énorme, juteuse, à l'endroit
exact où elle attire les scarabées coprophages qui m'intéressaient à ce moment
là. Mes scarabées se trouvaient bien au rendez-vous et je tentais de les déloger
en touillant la matière avec une paire de pinces. Survint un vieil indigène qui
se montra poliment surpris de voir un monsieur d'un certain age dans cette
posture pour le moins surprenante. Il me demanda ce que je fabriquais et quand
je lui appris que j'étais professeur et donc payé par l'Etat pour remuer la
bouse, il eut du mal à contenir son indignation et déplora que les impôts
servent à ce genre d'exercice."
(De "Une étrange Passion - Une vie pour les Insectes" de l'illustre Rémy
Chauvin).
Digression entomologique:
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"Un matin où je grimpais dans la canopée (méthode "spéléo"…),
au Pérou, ma corde se détacha et je tombais brusquement de quelques centimètres
en tournoyant sur place. De la terre et des brindilles me tombèrent dans les
yeux, m'aveuglant. J'avais les mains encombrées de matériel et, pour me
stabiliser, je saisis avec les jambes une haute branche sur le côté - j'écrasais
alors, bien malgré moi, un jardin d'épiphytes qui recouvrait une fourmilière
protégée. Les ouvrières se glissèrent le long de mes jambes et se jetèrent sur
moi telles des kamikazes - Camponotus femoratus - réussis-je à penser tandis
qu'elles m'entaillaient la peau de leurs mandibules et déversaient de l'acide
formique dans mes écorchures; dure entrée en matière pour mon premier contact
avec un jardin de fourmis !"
"(…). Je suis surpris de voir combien de personnes (y compris celles qui
manifestent une passion pour les scarabées) ne voient pas en eux des êtres
vivants mais des objets d'art à épingler dans une boîte sans y penser. L'opinion
de ces aficionados pourrait changer s'ils rencontraient un Goliath géant
d'Afrique ou un Hercule d'Amérique; certains de ces géants sont aussi gros que
des oiseaux-chanteurs. Leur vol vous casse les oreilles comme celui d'un avion à
réaction. Ils s'adaptent superbement à la canopée et déguerpissent dans les
arbres sur de longues pattes. Lorsqu'on les attrape, ils s'agrippent
obstinément. Il faut parfois se mettre à deux pour détacher du bras d'un
troisième les six pattes à double pince d'un Hercule.
J'ai capturé un mâle de cette famille de Coléoptères lors de mon premier voyage
sous les tropiques, à l'age de dix-sept ans. Il avalait chaque jour un gros
morceau de banane et m'empêchait de dormir, la nuit, par sa bruyante
respiration. Il ne ratait pas une occasion de me montrer qu'il était vivant ! "
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(De l'excellent "Le Monde des Cimes - Exploration de la canopée tropicale" de
Mark Moffett)
Folles sont mes pensées envers toi, et brûlant mon désir de
te serrer dans ma main, avec une soif de plaisir incontrôlable pour ce que tu
m'as fait. La nuit était chaude et calme, et j'étais dans mon lit quand,
subrepticement, tu t'es approché. Tu as frôlé mon corps nu avec ton corps, sans
la moindre pudeur. Remarquant mon apparente indifférence, tu t'es pressé contre
moi et tu m'as mordu sans scrupule jusqu'à mes plus intimes recoins. Je me suis
endormi. Quand je me suis réveillé, je t'ai cherché avec une ardente avidité,
mais en vain. Tu avais laissé sur mon corps et dans les draps des preuves
irréfutables de ce qui s'était passé entre nous cette nuit-là.
Cette nuit, je me coucherai plut tôt pour t'attendre dans ce même lit. Quand tu
arriveras, je veux t'étreindre avec fougue et impatience. Je veux te serrer avec
toute la force de mes mains. Il n'y aura pas un millimètre de ton corps que mes
doigts ne toucheront pas. Je n'aurai de répit que lorsque je verrai le sang
chaud couler de ton corps. Ce n'est que comme cela que je t'éclaterai la gueule
!!! Saloperie de moustique !!!
(C'est un peu "lourd", j'en conviens… ).
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"Même des recherches ne portant que sur des groupes bien
déterminés de végétaux ou d'animaux ont apporté de précieuses informations. Ce
ne sont parfois que les pièces d'un puzzle au niveau de l'ensemble des êtres
vivants. Mais peu à peu, chacun se met à sa vraie place dans un schéma général.
La Systématique a certes un rôle immédiat en qualifiant un être comme un mot le
fait d'un objet. Elle a surtout pour but de reconstituer la phylogenèse et
l'ordre des parentés tel qui résulte de l'évolution.
La Systématique a même des applications pratiques. Des espèces très voisines,
que ne peuvent distinguer que des spécialistes avertis, ont parfois des rôles
bien différents dans les écosystèmes, mais aussi comme réservoirs ou vecteurs
spécifiques de germes pathogènes ou de parasites, comme ravageurs des cultures.
(…).La Systématique conserve ainsi une place éminente. Ceux qui la pratiquent ne
sont pas de simples collectionneurs réfugiés derrière des boîtes encombrées de
cadavres piqués sur des épingles.
Une collection d'histoire naturelle n'est pas une collection de timbres-poste
(mon propos n'est en rien péjoratif, car je suis moi-même philatéliste). En
dépit de ses détracteurs, la Systématique restera jusqu'à la fin des temps une
des disciplines fondamentales de la Biologie." |
(De "Et si on parlait un peu de la Vie" de l'éminent Jean Dorst, ancien
Directeur du MNHN).
UN INDUSTRIEL ALLEMAND CONSACRE SA VIE A EPINGLER DEUX
MILLIONS DE COLEOPTERES. UNE FABULEUSE COLLECTION QUE SE DISPUTENT BALE ET
MUNICH :
"Un coléoptère est mille fois plus sympathique qu'une mouche" plaide Michel
Brancucci, chef du Département d'Entomologie au Muséum de Bâle, ardent supporter
de la Collection Frey ("l'Empereur" du Loden). Intarissable sur les Coléoptères,
il souligne leur intérêt scientifique : ils sont remarquables par la diversité
des espèces qu'ils regroupent (400 000 pour l'instant…) et par l'habileté avec
laquelle, ils ont su s'adapter à toutes sortes de milieux naturels.
Frey a fait mieux que les autres amateurs. Avec plus de deux millions d'insectes
épinglés, il a constitué la plus grosse collection privée. Sa passion l'a pris
dès le collège et sa veuve raconte que ses premières boîtes emplissaient les
armoires conjugales. A 26 ans, il s'est voué presque entièrement aux insectes,
rachetant pas moins de 42 collections, partant autour du monde armé d'un
"parapluie japonais" qui sert à recueillir les insectes perchés sur des
branches; Barbara, sa femme, l'accompagnait souvent dans ses voyages et se
souvient qu'il faisait sécher ses proies dans les tiroirs des chambres de
palace, aux grand dam des femmes de ménage. Frey avait d'ailleurs établi un
classement bien particulier des palaces de par le monde. Méritaient cinq étoiles
ceux dont l'éclairage extérieur attirait les coléoptères. Un critère qui, après
tout, en vaut bien un autre.
Lorsque la maison familiale de Tuzzing, en Bavière, a été trop envahie, Frey a
fait construire au beau milieu de la propriété un musée pour abriter les 6500
cadres contenant les chères bestioles. Il a dû engager des savants pour l'aider
à déterminer et à classer les spécimens. Totalement autodidacte en la matière,
il a reçu de l'Université de Munich le titre de docteur honoris causa. Il était
en correspondance avec les entomologistes du monde entier et les spécialistes se
pressaient dans son musée qui renfermait 20 000 "types", les individus qui
permettent de définir une espèce.
(Tiré d'un article de "l'Hebdo" du 12 Novembre 1987)
Conflit germano-suisse
:
"Bâle hérite de 3 millions de scarabées".
Les Bâlois bourdonnent : après dix années de querelles juridiques, le
Musée d'Histoire Naturelle de Bâle s'enrichit de la plus grande collection
privée de coléoptères (du moment...).
Une précieuse cargaison a franchi, vendredi matin (24 octobre 1997...), la
frontière germano-suisse à Bâle à bord de trois camions. Il s'agit de la
collection privée de Georg Frey, un millionnaire bavarois, qui au terme d'un
feuilleton juridique de 10 ans est devenue la propriété de ce musée.
fabricant de lodens à Munich, G. Frey a voué un véritable culte aux coléoptères.
durant 50 ans, il collectionne toutes les petites bêtes à six pattes portant une
carapace qui lui tombent sous la main, se livrant, ainsi, à un travail de fourmi
(ndlr : il n'a pas seulement "bêtement" collectionné, mais aussi beaucoup
travaillé sur ses bêtes et décrit de nombreuses espèces nouvelles...). Pour
assouvir sa passion, il finance 40 expéditions, des Andes aux steppes de l'Asie
en passant par l'Himalaya. Et pour compléter son impressionnante galerie, il
rachète 65 collections privées pour faire de la sienne la plus grande du monde.
A sa mort, en 1976, la collections soigneusement répertoriée par G. Frey est
rangée dans le grenier de sa villa à Tutzing. Dix ans plus tard, Michel
Brancussi, le responsable du service d'Entomologie du Muséum de Bâle, la tire de
l'oubli en demandant à Barbara Frey, la veuve du collectionneur, de lui faire
une offre de vente. La collection est estimée à 2,3 millions de DM (7,7 millions
de francs).
Pour rassembler les fons nécessaires, M. Brancussi crée l'association "Käfer für
Basel" (scarabées pour Bâle) qui fait appel aux mécènes et à la générosité des
Bälois [ ... ].
La vente de la Collection Frey échoue car le Muséum de Munich la fait inscrire
sur la liste des "biens culturels allemands", empêchant ainsi un départ en
Suisse. L'association bâloise porte plainte. En vain.
Touchée par l'enthousiasme de ces Bâlois pour ses "Käfer", Barbara Frey décide
de braver les autorité allemandes : elle conclut, en 1987, un contrat de
location sur 30 ans avec l'Association bâloise dont elle fait l'héritière de la
collection. A sa mort, en 1992, le "bien culturel allemand" est transféré de
Tutzing au Muséum de Munich.
Les "héritiers bâlois" réclament leur bien. Un tribunal de Munich confirme, en
1994, la validité du testament. Mais la bataille juridique se poursuit.
Finalement, le jugement est définitivement confirmé en mai 1995 par la Cour
Constitutionnelle de Karlsruhe, l'instance suprême de la justice allemande. La
collection, déclarée propriété légale de l'Association "Käfer für Basel",
demeure cependant "bien culturel allemand" et reste de ce fait bloquée en
Allemagne. [ ...].
En attendant l'autorisation spéciale de sortie du ministère fédéral de
l'intérieur, les 3 millions de scarabées sont entreposés, en juillet 95, au
grenier du Museum am Lindenplatz de Weil-am-Rhein, la banlieue allemande de
Bâle. Bonn a finalement délivré l'autorisation de sortie, le 1er octobre
dernier, en se référant à "la bonne réputation de Bâle".
("Le pays" du dimanche 26 octobre 1997)
Les bizarreries de la Nomenclature :
"Et, feuilletant les Faunes, l'on tombe de temps en temps sur un
scutellohumeroconjunctobasimaculata ou sur un
nigrohumeraliscutellohumeroconjuncta qui témoignent d'une volonté d'accorder à
tout prix aux désignations une forte valeur sémantique. Ces noms ne sont
dépassés en longueur que de trois ou quatre lettres par la caricature qu'en
donne Isidore de Gosse dans un pamphlet : tel naturaliste est censé rebaptisé la
carotte Micromacroglucoxanthoerythroleucorhyzos pour la raison que ce légume est
petit ou gros, jaune ou rouge, et sucré : avec un tel nom, "pas moyen de ne pas
le reconnaître !".
(Emprunté à "Des animaux et des Hommes" de notre grand ami Yves Delaporte)
Le plus long taxon connu est Brachyta interrogationis interrogationis var.
nigrohumeralisscutellohumeroconjuncta Plavilstshikov, 1936.
On rencontre aussi :
cancelloidokytodermogammarus (Loveninsuskytodermogammarus) loveni
Dybowski
Leonardo davincii Bleszynski
La cucaracha Bleszynski
La paloma Bleszynski
Aha ha Menke, 1977
Agra vation Erwin, 1983
et du même Brachinus aabaaba
Ytu brutus Spangler, 1980
Colon rectum Hatch
Cartwrightia cartwrighti Cartwright, on est jamais aussi bien servi que
par soi-même !
Panama canalia Marsh
Chaos chaos Linné, 1758
Zyyyzzyx Pate
Zyzzyxdonta Solem
Zyzzuva Casey
Ababa Casey
Mamma Moersch
Papa Reichenbach
Paratype Felder
Cannabis Blyth
Les blancbonneti et bonnetblanci Rigout de notre cher éditeur,
et aussi :
Discodon petaini
Cryptocephalus petaini
Cryptocephalus lavali
Lema darlani ...
et les célèbres Anophtalmus hitleri Schreibel et Rôchlingia
hitleri Gûthorl !
Art (de la promotion) et insectes :
Pour l’éternité Roy Orbison (1936-1988) survit dans Orectochilus orbisonorum
(Col. Gyrinidé). C’est Quentin Wheeler – directeur de l’International Institute
for Species Exploration (université de l’Arizona, États-Unis) - qui a nommé ce
gyrin indien en l’honneur du “plus grand chanteur du monde” (dixit Elvis
Presley). Pour sa production lexicale, Q. Wheeler est bien connu, y compris de
nos services : je l’ai épinglé en 2005 pour avoir créé, pour 3 silphes nouveaux
pour la science, les noms d’espèce bushi, cheneyi, rumsfeldi. L’annonce a
été faite lors d’un concert commémoratif, le 25 janvier 2008 ; Q. Wheeler y a
en outre présenté
Whirligig, infographie signée Charles J. Kazilek, « œuvre d’art entre
Warhol et Darwin ».
Grand-Croix de
l’ordre des Coléoptères :
De nombreux insectes portent une croix, les Coléoptères en général
sur leurs élytres et pas mal d’entre eux ont été nommés d’après cet ornement.
Passons sur les crucifera, crucigera, crucicollis, cruciatus, crucialis…
où se reconnaît le radical crux, croix en latin, pour pointer les purs, ceux qui
s’appellent crux.
Parmi les exemples de Coléoptères crucifères, vient évidemment en premier
Cryptocephalus crux crux (Chrysomelidé), d’un très vaste genre de
traîne-logette. Sans vouloir (ni pouvoir) dresser une liste complète, voici,
choisis dans les meilleures familles quelques croisés : le Curculionidé
Curculio crux, le Brentidé Higonius crux, le Cérambycidé
Pedestredorcadion crux, le Coccinellidé Verania crux. Croix noire,
croix jaune : Deuterocampta crux nigra, Ctenochira crux-flava
(Chrysomélidés). Petite croix : le Carabidé Lebia cruxminor, connu pour
ses particularités – imaginal, il est floricole et pollinivore ; larvaire, il
subit une hypermétamorphose à l’instar des Méloïdés.
Mais c’est un Panagée (Carabidé Harpaliné) qui porte une grande croix :
Panagaeus cruxmajor (alias crux-major, alias crux major) ;
pourtant, sa croix est plus ou moins évidente selon les spécimens. C’est une
espèce peu commune, protégée en Ile-de-France, qu’on peut rencontrer au
printemps et à l’automne sous les pierres dans les prés humides, près des
rivières. En Grande-Bretagne, où il se nomme crucifix groundbeetle, il
était autrefois très commun. On a bien failli mettre une croix dessus, jusqu’à
un petit miracle : sa redécouverte toute récente à Wicken Fen, une réserve de
nature au Cambridgeshire – où il n’avait pas été vu depuis 1951.
LA CANTHARIDE :
"Le coléoptère le plus utilisé en médecine, jusqu'à une date récente, est la
cantharide ou "Mouche de Milan" qui était naguère le type des coléoptères
vésicants :
"Ces insectes jouissent d'une faculté particulière, celle de produire sur la
peau la formation de vésicules remplies de liquide séreux. La science médicale
utilise souvent avec bonheur cette vertu inflammatoire et attractive pour
rétablir notre santé altérée." (Mulsant)
Mais elle passait aussi pour un puissant aphrodisiaque. Les "dragées d'Hercule"
et autres préparations, contenant de petites quantités de poudre de cantharides
mêlée à du chocolat ou du sucre, étaient absorbées par les hommes qui voulaient
renforcer leur virilité :
"L'ingestion de cette poudre détermine des émissions d'urines sanglantes et une
grande irritation des organes génitaux, avec priapisme opiniâtre et souvent
délire vénérien insatiable ! Aussi cette poudre est fréquemment entrée dans des
préparations, comme pastilles, opiats..., destinées à assouvrir la lubricité."
Quoi qu'il en soit, sa réputation d'aphrodisiaque est surfaite et dangereuse.
Son action principale est d'irriter l'urètre, ce qui peut en effet provoquer une
forte érection et un gonflement du gland, par une excitation réflexe dont le
point de départ se trouve dans les muqueuses urinaires enflammées.(....).
Parfois, si la dose absorbée est trop forte, des accidents mortels peuvent se
produire. Ces phénomènes sont provoqués par un alcaloïde très puissant, la
cantharidine, dont 50 à 100mg suffisent à provoquer la mort par un choc
hémorragique."
(D'après l'excellent et très documenté "Le Scarabée et les Dieux" de notre
collègue et ami Yves Cambefort).
La passion peut sauver :

"Incarcéré sous le Directoire et compris dans un groupe de
condamnés à la déportation en Guyane, celui qui allait devenir "le Prince des
Entomologistes", Latreille, trompait son ennui en étudiant un petit coléoptère
bleuté qui lui était inconnu et qui vivait en abondance dans les locaux
pénitentiaires où il consommait les asticots multipliés par une hygiène
lamentable. Cette attention apportée à un chétif insecte, dans ces conditions,
frappa l'un des geôliers qui s'en ouvrit à des personnalités bordelaises
importantes. Celles-ci s'émurent et obtinrent la libération de Latreille, au
moment où ses compagnons de captivité s'embarquaient pour un voyage vers les
Amériques qui se termina quelque part dans l'Atlantique. Revenu à ses études,
Latreille reconnut le rôle de l'Insecte en le baptisant Necrobia - la Vie dans
la Mort."
(Du très intéressant "Les Coléoptères à la conquête de la Terre" de l'éminent
Renaud Paulian - chez BOUBEE).
Miam-miam :
"Les civilisations au stade de la cueillette ont certainement
toutes fait une large place à la consommation de larves et d'adultes de
Coléoptères : Scarabéides, Lucanides, Cérambycides, Buprestides et Curculionides
ont ainsi contribué à nourrir les hommes un peu partout; au Mexique et à
Madagascar, des coléoptères aquatiques sont aussi consommés.
Une grosse larve de Scarabéide représente une aubaine intéressante, et dans
beaucoup de populations tropicales et rurales, les enfants complètent leur
alimentation par la capture de telles proies. Outre leur valeur énergétique, non
négligeable, les larves de coléoptères ont une teneur élevée en vitamines, dont
l'importance est grande pour les peuples tropicaux.
Cet usage diffus est très généralement attesté, mais il y a peu de coléoptères
qui soient l'objet d'une exploitation systématique accompagnée d'une
commercialisation, comme cela se produit pour…"
(Voir le très bon livre cité précédemment).
Une charmante anecdote pour les amoureux de l'Amazone (dont je fais partie…!) :
"- Nao fassa isso !… la pression est tombée, accoste !…
Les machines s'immobilisèrent. Entraînés par le courant violent, nous reculions
sous les acclamations délirantes de ce public bariolé (ndlr : Arrayal da
Conceicao), heureux d'assister à une réjouissance aussi rare.
Quelques caïmans dormaient, les mandibules en angle droit, sur un banc de sable
chaud de la rive opposée. Pris de panique par l'arrivée inopportune de l'arrière
du navire, ils cherchèrent un refuge au fond de la rivière.
Le gouvernail creusa un profond sillon dans ce sable d'or, et sa tôle, formant
charnière, se tordit comme une mince feuille de papier, pendant que l'avant
tournait dans le sens du courant.
En travers du fleuve (ndlr : l'Iça), le bateau dérivait lentement et les échos
atténués de la population en liesse nous apportaient encore des : Bravo !
Antonio !
Une demi-heure après, par une marche en crabe grâce au gouvernail faussé, nous
abordions enfin.
Noble et digne, l'homme de barre hurla dans le porte-voix de la machine,
l'ultime manœuvre :
- Stop !…
A l'avant, le cuisinier, devenu maître de manœuvre, lança à une main
bienveillante un filin trop court qui retomba à l'eau.
Le capitaine Antonio en avait vu d'autres depuis qu'il commandait le
Marquez-de-Chavez. Sans se démonter, il lança ce nouveau commandement :
- Un peu plus vite que stop !…"
(De "5000 km EN AMAZONIE", par Roger Courteville, chez Flammarion).
Beuuuuh ... :
"La peau du serpent, d'un bon mètre de largeur, fascine mon attention. Je
cherche à me représenter l'importance du monstre de son vivant. N'ai-je pas déjà
lu, dans une revue de Rio, qu'un fazendeiro de l'Etat de Céara, parti à cheval
de sa ferme, fut attaqué dans un bois par l'un de ces reptiles enroulé à un
arbre ?
Le cheval, pris de peur, désarçonna le malheureux cavalier déjà entouré par les
anneaux. Son personnel tua la bête quelques jours plus tard. Au milieu de la
bouillie sanglante contenue dans l'estomac, on retrouva bottes et éperons avec
30 contos de reis que le défunt avait enfermés dans une blague en caoutchouc.
Intuition ou divination; le latex est le seul produit résistant à l'action
destructrice de la paroi stomacale…"
(Du même "5000 km EN AMAZONIE", par Roger Courteville, chez Flammarion).
"Scarabiasis" ou "canthariasis" :
"On a signalé plusieurs cas où des coléoptères, ayant pénétré dans les orifices
du corps humain, avaient produit divers dommages. Un exemple célèbre et
dramatique est celui du capitaine Speke, le célèbre explorateur de l'Afrique
Orientale qui découvrit le lac Victoria : un "scarabée" ayant pénétré dans son
oreille avait failli le rendre fou de douleur; les blessures qu'il s'était
faites avec un canif pour tenter de l'extraire mirent plusieurs mois à guérir.
On connaît aussi plusieurs cas de pénétrations dans le nez...
Mais le plus souvent, c'est par l'anus ou le vagin qu'a lieu la pénétration. La
médecine légale connaît ces phénomènes sous le nom de "scarabiasis" lorsque le
coléoptère en cause est un scarabéide (Onthophagus ou Caccobius) ou de "canthariasis"
lorsqu'il appartient à un autre groupe (Tenebrio, Blaps, etc).
De nos jours, scarabiasis ou canthariasis n'ont été signalés que rarement sur
des personnes vivantes, en particulier en Inde et à Ceylan. Ils étaient sans
doute beaucoup plus fréquents autrefois, quand une hygiène défectueuse les
favorisait : Au XVII siécle, Aldrovandi signale "l'accouchement" d'un "scarabée"
par une femme; c'était sans doute la simple expulsion d'un insecte ayant pénétré
de lui-même dans l'anus ou le vagin. Vers la même époque, le médecin anglais
Mouffet rapporte l'évacuation "postérieure" (downward...), par une vieille
femme, d'un grand coléoptère noir tout vivant; il s'agissait probablement d'un
Blaps et donc d'un cas de canthariasis..."
(D'après l'excellent et très documenté "Le Scarabée et les Dieux" de notre
collègue et ami Yves Cambefort).
Il pisse des coléos :
Un indien de 13 ans a uriné...des coléoptères ! Le jeune garçon avait en effet
abrité dans son corps des oeufs qui ont produit dans ses urines des insectes
ailés et longs de plus d'un demi-centimètre, a déclaré un responsable de la
Santé Publique de L'Etat du Bengale-Occidental; le Dr. Maity a expliqué que
l'enfant se plaignait de douleurs dans la région de l'aine en urinant...
(France Soir du 18/VI/2003)
L'invasion :
Juin 1985 : la presse locale répand la nouvelle : un sinistre
rampant vient perturber le monde agricole, dans les cantons sud-ouest des
Deux-Sèvres; ce fléau paraît ignoré de l'antique Egypte, quand Dieu frappait la
terre des Pharaons des dix plaies vengeresses et, comme il ne connaît pas de
frontières administratives, il chevauche généreusement la Charente-Maritime et
dévaste la forêt de Benon : ce sont les chenilles défoliatrices. Peu exigeantes
sur la nourriture, elles ont dénudé les bois et les
haies, et maintenant, possées par la faim, elles envahissent jardins et vergers et pénètrent même dans
les maisons ! On avance des noms : Bombyx disparate (Lymantria dispar) et
Processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea)[...]. Futaies,
taillis et buissons semblent brûlés par un feu dévastateur; mais plus encore,
c'est un bruissement insolite qui étonne l'oreille ! Le ciel est d'un bleu
candide; pas un nuage, pas un souffle d'air, et pourtant, on perçoit un
froissement confus der feuillage en même temps qu'un pianotement léger, discrète
symphonie dans ce paysage morne et figé, comme si une ondée molle de printemps,
chuintant d'une invisible nuée, heurtait d'imaginaires frondaisons; serait-ce
l'esprit de l'air qui abuserait mes sens, comme dans une comédie de Shakespeare
? Mais l'analyse dissipe la féerie ! La cause, Ô combien matérielle, rampe dans
la broussaille : il y a là des milliers de chenilles errantes; ensemble, elles
découpent en festons, de leurs mandibules tranchantes, des restes de
parenchymes, ensemble, elles fientent et de de petites crottes fermes
rebondissent de brindille en brindille et tombent sur la couche de feuilles
mortes ! Adieu, l'extravagant, l'imaginaire !
[...]. Les promeneurs sont invités à ne plus se rendre sur les lieux infestés et
cela durant plusieurs mois; on rappelle les risques d'allergie, le danger réel
d'inhalation des poils urticants, les complications possibles pulmonaires et
oculaires. sages conseils ! cde fait, des exuvies diaphanes pendent en grappes
serrées, accrochées à des bourses de soie; il en est par milliers, prêtes à
voltiger au moindre souffle d'air [...].
Juin 1986 : [...]. Le fléau se sera déplacé vers d'autres
lieux; la télévision ne vient-elle pas de diffuser des images aberrantes ? A 800
km de là, "l'Alpazur" est paralysé sur ses rails englués de cadavres; on a
filmé, en gros plans, les vedettes de ce fait divers : ce sont des
Processionnaires ! Pour dégager la voie montante, les cheminots ont usé du balai
: ils n'y ont gagné qu'éruptions allergiques; et le feu et les insecticides
eux-mêmes seraient inefficaces tant l'armée ennemie est nombreuse et sans cesse
renouvelée. Tant pis ! Au siècle du TGV, on roulera au pas !
(Ces charmantes lignes sont de notre collègue Louis Cloux,
dans le Bulletin "Sciences Nat n°54)
Les différents types d'entomologistes :
Voici un beau texte de 1842 qui ne manque pas d'humour et dans lequel nombre
d'entre nous se reconnaîtront encore aujourd'hui (emprunté au dernier excellent
bulletin de l'ACOREP) :
"Et d'abord, qu'est ce qu'un entomologiste ? la définition n'est pas aussi
simple qu'on pourrait le croire, car chez ces êtres, comme dans leurs
collections, il y a une foule de variétés :
Il a l'entomologiste collectionneur , dont la vocation n'est point spéciale, et
qui ne fait qu'obéir au développement particulier de son crâne, qui l'a voué dès
sa naissance à la manie des collections. Il ramasse et amasse des insectes comme
il ramasserait des plantes, des coquilles , des médailles, des bouquins et
souvent en effet il cumule tous ces goûts. Réunir le plus possible d'objets
soigneusement rangés et étiquetés, pouvoir se vanter de posséder seul tel
Carabus ou tel Elvézir, tel est son suprême bonheur. Du reste, il use peu ou
point de ses propriétés une fois acquises; chaque objet a sa place dans son
casier et dans sa mémoire, mais il ne sort pas plus de l'un que de l'autre.
Il y a l'entomologiste commerçant, qui reporte sur la Science une vocation pour
le négoce qui n'a pu s'exercer autrement. Celui-là ne rêve qu'échanges,
correspondances, comptes ouverts, ventes et achats. Ce qui n'est pour le premier
qu'un moyen de se procurer les objets qui lui manquent devient pour lui le but
principal. Tombe -t-il sur une espèce recherchée, il en remplit ses boîtes, son
chapeau, ses poches. Il cote la valeur de chaque bestiole et consent à rabattre
quelques centimes s'il manque une patte ou une antenne; du reste, il déploie
dans l'exercice de ses goûts une activité, une adresse, un arsenal de ruses et
d'éloquence commerciales, qui l'auraient mené loin dans une autre partie !
Pour l'entomologiste voyageur, les insectes ne semblent qu'une occasion de
courir le monde; son imagination ardente lui représente sans cesse des forêts
obscurcies par le vol des lépidoptères ou de prairies dont chaque brin d'herbe
est chargé d'un coléoptère. L'expérience ne le guérit point et, s'il a parcouru
4 parties du monde, c'est dans la cinquième qu'il placera cet impossible
Eldorado. C'est du reste un héros pour le courage et la persévérance; les
dangers ne sont rien pour lui et partout où surgit un Cook, un Laplace ou un d'Urville,
il ne manque jamais à l'appel.
Son opposé est l'entomologiste observateur, qui sort peu de son jardin, où il
passe sa vie à suivre les manœuvres du nécrophore ou les pérégrinations de la
fourmi. Celui-là lit peu ou point de livres et, les faits les plus connus étant
nouveaux pour lui, le nombre de ses jouissances défie les plus étroites limites.
Aussi ce goût d'observation se rencontre-t-il souvent dans les hommes les plus
illettrés, chez lesquels il témoigne d'une franche admiration pour les beautés
naturelles.
L'entomologiste classificateur est tout différent. Il vit au milieu des livres
et accepte généralement comme prouvé tous les faits qui y sont consignés ou
plutôt il s'en inquiète peu. Un coléoptère a-t-il 4 ou 5 articles aux tarses,
voilà pour lui la question capitale. Il écrira des volumes pour prouver que tel
qui paraît avoir 4 segments en a en réalité 5; seulement ce cinquième n'est pas
visible, voilà tout ! Il ne se soucie que médiocrement des affinités des espèces
entre elles et de la conformité de mœurs ou d'habitudes par laquelle la Nature
semble avoir voulu les rapprocher; pour lui, la Vie même est une faculté
accessoire : il n'étudie que des cadavres !
Enfin, il y a l'entomologiste amateur, à qui le ciel n'a départi qu'une seule
étincelle du feu sacré. Il ne recueille que les insectes les plus brillants, ne
se tourmente nullement pour trouver leurs noms et leurs genres et emploie tout
son temps et tous ses soins à les disposer, avec la symétrie d'un maître
d'hôtel, dans des cadres élégamment dorés qu'il append dans sa chambre à
coucher, au-dessus du piano ou de la couseuse."
("Les Entomologistes peints par eux-mêmes", d'Achille Guenée, 1842)
UNE PARTIE DE PÊCHE DANS L'ACRE :
"Dans un méandre, nous rencontrons une pirogue arrêtée avec trois hommes pêchant
à l'épervier. D'un geste élégant, ils lancent leur filet qui s'arrondit dans
l'eau comme un parachute. Ils ressemblent assez au joueur de banjo du film
"Délivrance" ! Au deuxième coup de filet, le plus hideux des trois remonte une
longue anguille, et dans le même temps, un autre dépose une grosse carpe blanche
au fond du bateau.
Les hommes s'amusent à nous prêter un filet. Arthur essaye le premier mais il ne
prend qu'une multitude de poissons-chats aux piquants venimeux et des petits
piranhas aux dents pointues. Les hommes s'empressent de leur couper la tête, les
nageoires et les piquants. Caddy est encore moins chanceux et, maladroitement
accroche le filet au fond de l'eau. Les hommes qui nous ont dissuadés de nous
baigner parce qu'ils savent bien que leur rivière est infestée de piranhas et de
crocodiles, n'hésitent pas à plonger pour aller décrocher le filet.
Quant à mes propres expériences de pêcheuse, elles sont plutôt grotesques :
j'attache l'extrémité de la ficelle à mon poignée gauche comme on me l'a montré,
je prends dans ma main gauche le haut du filet, dans ma droite le bas et, dans
mes dents le milieu. Le filet doit s'arrondir à la surface de l'eau. Je lance de
toutes mes forces et… vlan. Mais j'oublie de desserrer les dents et, entraînée
par mon élan, je pique du nez dans la gueule des piranhas, en faisant chavirer
la pirogue. Nous en sommes tous quitte pour un bon bain et les poissons ont
rejoint leur élément naturel.
- "Forte, molto forte, natoure", s'exclament ces hommes qui ne m'en veulent pas du
tout et rient en exhibant leurs gencives édentées.
- C'est une chance que vous ayez eu des dents naturelles, reprend Arthur, sinon
votre râtelier serait parti dans la rivière !
Les hommes reprennent donc leur filet et, au bout de quelques minutes, la
pirogue déborde de gros poissons. Ils nous conduisent dans leur cahute où leurs
femmes nous préparent un déjeuner succulent. Que cela fait du bien de savourer
du poisson frais aromatisé aux tiges d'oignons; enfin un plat délectable ! Je
suis affamé et je dévore presque autant que Caddy et Arthur dont les appétits
m'ont toujours étonnée. Bien qu'habitant dans la plus primitive des cahutes, et
malgré leurs mines de spectres, ces gens ne sont pas du tout sauvages ou
hostiles aux visiteurs. Les femmes nous parlent avec beaucoup de gentillesse et
de curiosité. Le fait que nous soyons de tout jeunes mariés en pleine lune de
miel les amusent beaucoup et elles nous souhaitent beaucoup, beaucoup
d'enfants."
(Du très sympathique et rafraîchissant "L'équipée amazonienne" d'Evelyne Coquet,
chez Robert Laffont).
Les insectes lumineux :
|
"Les
lampyres mâles et femelles se reconnaissent entre eux et signalent
qu'ils sont prêts pour l'accouplement, moins par la luminosité (les
mâles peuvent même être attirés par des éclairs lumineux artificiels)
que par la durée des intervalles entre chaque éclair. Pour l'un des deux
sexes, ces signaux sont normalement courts et se succèdent très
rapidement, jusqu'à 8 éclairs par seconde; chez le partenaire au
contraire, ils sont isolés et prolongés. Chez quelques espèces,
l'émission de lumière est au contraire très lente : un mâle brillera
seulement toutes les 5 ou 6 secondes et la femelle répondra 2 secondes
plus tard. De plus, l'intensité lumineuse est variable selon les taxons.
Sous les Tropiques, certaines espèces s'assemblent chaque nuit sur des
arbres particuliers; alors des milliers de mâles et de femelles vont et
viennent d'une branche à l'autre, faisant clignoter leurs lumières tout
en se déplaçant, tandis que de nouveaux arrivants viennent en volant se
mêler au ballet. L'arbre est transformé en une scintillante pyramide
d'étincelles et est entouré d'un nébuleux halo; même les grosses pluies
n'ont pas d'action sur l'activité de ces insectes.
Un des plus stupéfiants phénomènes offerts par certains de ces Lampyres
tropicaux est également présenté quand les mâles s'envolent par milliers
des herbes et des broussailles pour se rassembler sur les arbres,
émettant de la lumière à perte de vue; cet étrange comportement n'est
pas sans rappeler celui des mâles de certains "oiseaux du Paradis" qui
s'assemblent en nombre sur un arbre isolé où ils se livrent à leur
somptueuse parade nuptiale. Les lampyres s'illuminent en même temps,
éclair après éclair, en complet synchronisme, comme si, contrôlés par un
alternateur, les formes des arbres se découpaient momentanément dans
l'obscure nuit tropicale. |
En plus des Lampyrides, les larves et les adultes de quelques autres espèces
produisent de la lumière. La plus connue est le Taupin d'Amérique tropicale du
genre Pyrophorus, souvent appelée "Mouche de Feu". Ces utiles ennemis des
parasites de la canne à sucre sont des insectes brunâtres de 2 à 4 cm; leur
lumière, le plus souvent verte, est émise de 3 endroits : sur le dos du pronotum,
un peu en avant de ses angles postérieurs aigus et, en dessous, à la base de
l'abdomen; d'autres espèces ont une lumière abdominale rougeâtre et peuvent
émettre en deux couleurs, comme un "feu rouge" de circulation ! La lumière émise
par ces Pyrophores est la plus puissante de celle émise par les coléos. ; avec
un de ces insectes dans la main, on peut lire un journal dans la nuit ! Aussi
longtemps qu'il est maintenu, il continuera à émettre mais s'arrêtera dès qu'il
est relâché; ce fait suggère ici que la fonction de la lumière est sans doute
d'effrayer les ennemis. Les jeunes indiennes les fixent souvent à leurs cheveux
ou à leurs vêtement, dans un petit sac en filet, comme une superbe décoration;
de même, quand le coléo. est maintenu dans une cage, il constitue une véritable
lampe vivante pour éclairer la case."
D'après le fameux "Insectes du Monde" de Walter Linsenmaïer).
Les insectes
ont-ils mal ?
Ils
ne crient ni ne pleurent et se plaignent encore moins. Plus sérieusement, ils
n’apprennent pas à éviter ce qui blesse, ce qu’on considère comme le rôle
positif et adaptatif de la douleur chez les vertébrés. Et il est banal
d’observer un criquet ou un puceron qui continue à mâcher son brin d’herbe ou à
ponctionner la sève tandis qu’il est déjà à moitié dévoré par une mante ou une
coccinelle (respectivement) ou grignoté de l’intérieur par un parasitoïde.
Autres indications : un insecte amputé d’un tarse appuie son moignon sur le
substrat avec la même force que si son membre était intact et l’on n’a jamais vu
un insecte tenter de protéger une plaie. Certains comportements ressemblent
superficiellement à ceux de vertébrés (tortillements suite à l’application d’un
stimulus agressif, réactions de défense par la projection d’un liquide corrosif
ou d’un son) ou favorisent la survie des congénères (phéromones d’alarme). Mais
les anatomophysiologistes nous enseignent qu’ils ont un système nerveux « trop
simple » (sans cortex cérébral, notamment) et dépourvu de neurones nocicepteurs.
On admet donc que les insectes ne ressentent pas la douleur .
Et l’asticot de se faire embrocher vif sur l’hameçon sans émouvoir le pêcheur .
Mais, on l’a découvert récemment, l’asticot3
possède des neurones multipolaires analogues à ceux qui chez les vertébrés
assurent la nociception. Ils innervant l’épiderme et possèdent un canal ionique
« painless » indispensable (chez les vertébrés) à la perception des stimulus
nocifs. Par ailleurs, l’asticot se tortille si on le pique.
Une équipe de l’université de Stanford (États-Unis), mettant en œuvre des
techniques de ciblage génétique et de photoactivation de la rhodopsine – qui
permettent de bloquer ou de réactiver des neurones – vient de montrer que ces
neurones multipolaires sont nécessaires à la réaction de l’asticot. Et que
celle-ci aurait un certain caractère adaptatif : si l’on approche de sa cuticule
une épingle chauffée, l’asticot s’arque à sa rencontre – et non pour s’en
éloigner, comme on aurait pu le penser. Plus efficace pour faire dévier
l’oviscapte d’un parasitoïde, Leptopilina boulardi (Hym. Eucoïlidé), en
l’occurrence ?
Ce n’est sans doute pas un simple réflexe, car ses mouvements impliquent de
nombreux muscles et sont visiblement coordonnés depuis un « étage supérieur » du
système nerveux.
On connaît un peu mieux la physiologie nerveuse de l’asticot (pris comme modèle
d’insecte) mais la réponse, à ce stade, reste non, les insectes ne souffrent pas.
DES TEMPS HEUREUX :
"Il faut d'abord évoquer les déprédations désastreuses qu'ils commettaient
alors. Ainsi, en 1688, les hannetons détruisirent toute la végétation du comté
de Galway, en Irlande, de sorte que le paysage prit un aspect hivernal. Le bruit
de leurs mandibules dévorant les feuilles était comparable au sciage d'une
grosse pièce de bois, et, le soir, le bourdonnement de leurs ailes résonnait
comme des roulements éloignés de tambours. Les habitants du pays avaient peine à
retrouver leur chemin, aveuglés par cette grêle vivante. En contrepartie, des
hannetons furent servis à tous les repas, cette année là, dans le comté. En
1804, des nuées immenses de ces insectes, précipitées par un vent violent dans
le lac de Zurich, formèrent un banc épais de cadavres amoncelés sur le rivage,
dont les exhalations putrides empestèrent l'atmosphère. Le 18 mai 1832, à 21 h,
la route de Gournay à Gisors fut envahie par de telles myriades de hannetons
qu'à la sortie du village de Talmoutiers les chevaux de la diligence, aveuglés
et épouvantés, ne purent avancer. En 1841, les vignobles du Mâconnais furent
ravagés et des nuées s'abattirent sur la ville même de Mâcon au point qu'on
avait grand-peine à s'en garantir et qu'on les ramassa à la pelle dans les rues.
Sous la Troisième République, les entomologistes firent des dénombrements plus
précis; c'est ainsi que dans le canton de Gorron (Mayenne), entre le 8 mai et le
12 juin 1887, on ramassa à la main près de 100 millions de hannetons adultes,
pesant environ 75 tonnes !
(.....). Cette année là (1497), l'évêque de Lausanne chargea un clerc d'aller
proclamer aux hannetons, en latin, une sommation à comparaître avant 6 jours
devant le tribunal épiscopal. Les hannetons ne bougèrent pas des champs et ne
vinrent pas au tribunal... Après leur avoir accordé un sursis, un second
mandement fut proclamé, où ils étaient qualifiés de "vermine détestable, qu'on
ne peut appeler animale, ni d'ailleurs nommer en aucune façon". Mais ces
créatures innommables n'en furent pas autrement émues. Comme elles ne voulaient
rien entendre, il fallut se résoudre à sévir : le clergé se rendit en procession
dans les champs et la sentence suivante fut rendue :
"Nous, Bénédict de Montferrat, évêque de Lausanne, ayant entendu la plainte des
fidèles de notre diocèse à l'encontre des hannetons, armé de la très Sainte
Croix et tourné vers Dieu, de qui proviennent les justes sentences, déclarons
coupable l'infâme engeance des hannetons, les frappons d'excommunication et les
maudissons au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit ". Ce jugement est
resté célèbre comme un des seuls cas d'excommunication prononcée à l'encontre
d'insectes !"
(D'après l'excellent et très documenté "Le Scarabée et les Dieux" de notre
collègue et ami Yves Cambefort).
Une recette culinaire pour
coléoptériste :
"Prenez une trentaine de hannetons bien vigoureux et
dépouillez-les tous vivants de leurs élytres, puis réduisez-les en pâte dans un
mortier. Le scarabée étant réduit en pâte, faîtes frire dans le beurre frais,
puis ajoutez du bouillon fort ou faible, ou même de l'eau, et faîtes chauffer.
Enfin, versez à travers un tamis de crin sur des tranches de pain blanc grillé
et ...dégustez !
Le consommé de hannetons l'emporte incomparablement en délicatesse, en saveur et
en parfum sur la meilleure soupe d'écrevisses. Un préjugé seul peut priver
l'homme de cette fine nourriture essentiellement propre aux convalescents; mais
lorsqu'on aura triomphé de cette répugnance irréfléchie, les hôpitaux auront
fait une belle acquisition".
(Recette allemande provenant d'un recueil culinaire très
estimé ...)
D'intéressants animaux
de compagnie :
"Son corps mesurait environ 5 cm et ses pattes 18 cm; le corps et les pattes
étaient entièrement recouverts de gros poils gris et rougeâtres. Je fus attiré
par un mouvement du monstre qui se tenait sur un tronc d'arbre, juste au dessus
d'une profonde cavité au travers de laquelle s'étendait une épaisse toile
blanche; la partie inférieure de celle-ci était déchirée et deux petits oiseaux,
des pinsons, y étaient empêtrés; ils avaient à peu près la taille de notre
chardonneret et il devait s'agir du mâle et de sa femelle. L'un était déja mort,
l'autre agonisait sous le corps de la mygale, tout enduit de l'immonde salive du
monstre. Je chassai l'araignée et pris les oiseaux, mais le second ne tarda pas
à mourir... Certaines mygales sont énormes. J'ai surpris un jour les enfants
d'une famille indienne qui collectait pour moi des échantillons, promenant l'une
de ces hideuses bestioles dans leur case, une corde attachée à la taille,
exactement comme un chien en laisse !
(...) On trouve dans cette région d'Obidos une étrange sorte de grillon des
forêts; les mâles font un bruit très fort et assez mélodieux, en frottant les
uns contre les autres les bords de leurs élytres. Ces notes sont les plus
perçantes et les plus insolites que j'aie jamais entendues produire par un
orthoptère. Les indigènes appellent ce grillon le Tananá; nom qui évoque les
stridulations de l'animal : ta-na-ná, ta-na-ná, ..., telles sont les syllabes qui
se succèdent sans discontinuer. Quand les indiens en capturent un, ils le
gardent dans une cage en vannerie pour le plaisir de l'entendre chanter. Un de
mes amis en a gardé un 6 jours; son entrain n'a duré qu'une soixantaine
d'heures, durant lesquelles son chant a résonné d'un bout à l'autre du village."
(D'après "The Naturalist on the River Amazons" de l'illustre Henry Walter
Bates).
Le "mâlanguille" :
En 1987, notre collègue Marc Soula (si !) posait quelques pièges à Capestang
(Hérault), localité connue pour ses Carabus clathratus arelatensis, carabe
semi-aquatique qui vit en bordure d'un vaste étang. Il fut alors interpellé
assez violemment par des paysans qui s'inquiétèrent fort de ce qu'il capturât
des "mâlanguilles", c'est à dire, lui expliqua-t-on avec quelque acrimonie, des
anguilles mâles, l'anguille qui vit dans cet étang constituant l'une des
ressources locales.
(........). De tout ceci, il ressort que dans une très vaste zone géographique,
les noms populaires attribués aux gros coléoptères aquatiques (Dytiscus,
Cybister, Hydrous...) ou semi-aquatiques (Carabus) en faisaient, et en font
encore, soit des anguilles (Normandie), soit la génitrice des anguilles
(Sardaigne, Gard, Camargue), soit le mâle des anguilles (Hérault).
L'explication de ces surprenantes associations se trouve dans la biologie si
particulière de l'anguille, qui se reproduit en Mer des Sargasses, entre les
Antilles et la Floride. Depuis l'Antiquité, les pêcheurs ont été intrigués par
l'absence d'oeufs et l'impossibilité de distinguer les mâles des femelles.
(Y. Delaporte, dans le n. 19 du "Le Coléoptériste")
"Faut pas être dégoûté !"
Il doit se baisser pour éviter le maxillaire humain suspendu au dessus de
l'entrée; en se penchant, il découvre un tambour surmonté d'une main desséchée
enduite d'une cire d'abeille sauvage. Dans l'ombre épaisse animée seulement par
le rougeoiement de quelques braises éparpillées sous une poterie, il distingue
enfin une vieille femme, d'autant moins visible qu'elle est recouverte de latex;
le caoutchouc noircit à l'air; cette seconde peau est tatouée d'incrustations
blanches et jaunes; le blanc est une variété de kaolin, le jaune est une sorte
d'amadou pulvérisé produite par certaines espèces de fourmis. Crevaux s'habitue
à l'obscurité; dehors, il entend son fidèle Apatou faire les cent pas devant la
case, fusil en main; il s'approche de la vieille qui lui tourne le dos; de temps
en temps, elle remue son frichti avec une vieille flèche. Crevaux s'apprête à
lui proposer d'échanger une assiette pleine de son ragoût contre un couteau ou
tout autre objet; va savoir ce qu'une indienne peut réclamer ! Dans la vapeur du
pot, il distingue des orbites marquées... : encore du singe, songe-t-il,
toujours du singe, dans cette forêt sans beaucoup d'autre gibier. Puis, il
fronce les sourcils; d'un geste sec, la vieille a retourné la "chose", et
Crevaux sursaute : vu la taille et les lambeaux de chair, c'est une tête humaine
! Le ventre creux, il file rejoindre le reste de ses piroguiers...
(D'après "Le mendiant de l'Eldorado" du très célèbre Jules Crevaux).
Les Dix Commandements ou l'Abécédaire de l'Entomologiste :
Les Anciens tu honoreras
Les Biotopes tu respecteras
Les Conseils tu écouteras
Les Directives tu appliqueras
Les Espèces tu recenseras
Les Faunes tu rédigeras
Les Graphiques tu établiras
Les Habitus tu dessineras
Les Insectes - types tu déposeras
Les Jeunes tu initieras
R.M. Quentin
Décembre :
Soulevez une pierre : vous trouverez peut-être une coccinelle
recroquevillée, dure comme la pierre; elle n'est pas morte, juste
en diapause, l'hibernation des insectes. Durant
l'hiver, elle reste immobile et cesse de se nourrir. elle lutte contre le froid
en produisant du glycérol, un antigel animal. La diapause est programmée pour
chaque espèce : la coccinelle ne sortira de son abri qu'après avoir passé un
certain temps au froid. Inutile d'essayer de la réchauffer ...
"Une épouse amoureuse (sur le tard...)."
S'ennuyant à Lima et séparée de son mari depuis dix-huit ans, Isabela décide de
le rejoindre à Cayenne (faut jamais désespérer...!); les mers étant très peu
sûres en ces périodes de guerre (1767), elle décide de traverser le continent;
accompagnée de ses deux militaires de frères qui commandent à une douzaine de
soldats, elle commence le voyage sur une jolie mule blanche, encadrée par ses
deux servantes... Le lendemain matin, les guides indiens se sont enfuis en
emportant tout ce qu'ils ont pu; tant pis !, elle va user ses jolies bottines
jusqu'à la première rivière et chercher un canot. Le troisième jour, leur
"skipper" indien (tremblant de fièvre...) se noie en voulant récupérer le
chapeau d'un des deux frères, tombé à l'eau. Personne ne sachant diriger
l'esquif, un soldat est désigné pour partir chercher du secours dans un village
voisin, situé à 6 jours de marche; après 25 jours d'une attente désespérée, les
deux frères décident de construire un radeau en balsa. Ce dernier n'a pas passé
deux méandres qu'une branche basse assomme tous les passagers; pris dans les
tourbillons, le radeau se retourne; les dernières provisions coulent avec Mme
Godin; ses deux frères la sauvent par deux fois de la noyade ! Les survivants
préfèrent alors "couper" par la forêt; dépourvus de guides, ils se perdent;
déchirés par les épines, dévorés par les insectes et la soif, ils meurent les
uns après les autres, les servantes, les 2 frères le même jour, puis les
derniers soldats; Isabela s'effondre à son tour; les fourmis arrivent déjà...
Après un collapsus de 2 jours, elle sort de sa léthargie et décide de se battre
pour survivre (et revoir son mari !); à coup de baïonnettes, elle taillade les
bottes de ses frères pour se bricoler des spartiates, et elle part droit devant
elle. Mr Godin peut-il se considérer comme veuf ? NON ! Soixante jours après, un
squelette de sexe féminin titube sur les bords du Rio Bobonafa; nue sous une
mantille lacérée, déchirée par la végétation, taraudée par les piqûres
d'insectes, émaciée par les privations, Isabela s'effondre dans la mission
franciscaine. Le moine de service refuse de lui parler tant qu'elle n'aura pas
une tenue décente !
Après quelques mois de "starisation" dans les salons parisiens, elle finira ses
jours en épouse parfaite dans la province française la plus paisible...
Marc SOULA (D'après diverses sources...).
Une
épouse modèle!
Un entomologiste, le
Dr. Marcel Leclercq, est spécialisé dans l’étude des taons. Savez-vous comment
il les capturait pour les inventorier ? Il couvrait son épouse d’une peau de
vache et elle attendait patiemment dans les prés que les taons viennent la
visiter!
J’entends souvent dire
que les épouses d’entomologiste doivent composer avec l’entomologie, une
terrible rivale; mais là, quelle abnégation !!
Entomologie conjugale
Charles et Lois O'Brien, se sont rencontrés en
1958 dans une chaire d’entomologie (université de l’Arizona). Ils possèdent
chez eux, à Green Valley (un lotissement pour vieux en Arizona, États-Unis) 1
200 grands tiroirs vitrés sur le dessus. Dedans, 1 250 000 spécimens de
Coléoptères (c’est la collection de Charles) et de Fulgoroidea (celle de Lois),
pesant (ensemble) 11 000 livres (5 tonnes).
Charles a chassé le coléo sur toute la Planète, souvent lors d’expéditions loin
de tout. Un jour, raconte-t-il, il a été à deux doigts d’être épinglé sur une
lance. Les gens l’avaient pris pour un officiel à la recherche des voleurs de 3
cochons. Le chef de ses porteurs l’a sauvé en déployant un drapeau états-unien
et en criant « American ! American ! ».
(Ça s’est passé au fin fond des îles
Salomon, en 1960).
Une histoire à dormir debout …
M. Clive et Mme Vicky Hames vont se
coucher, et s’endorment en dépit d’un bruit - comme le vrombissement d’une
guêpe. Au réveil, madame entend toujours le bruit, qui vient du lit, et soulève
l’oreiller, déclenchant la fureur des guêpes (pas une, beaucoup !) qui avaient
bâti leur nid entre l’oreiller et la tête du lit. Elle s’en tire avec une piqûre
; son mari est parfaitement indemne.
Une espèce menacée :

Homo entomologicus Linné
"Un "hold-up" historique, qui a encore de
grandes répercussions, de nos jours, pour les naturalistes voulant étudier le
Brésil" (j'en sais quelque chose...) :
Le drame s'est joué vers 1880, à Manaus, quand un savant
anglais, agent d'un complot ourdi au jardin botanique de Kew, près de Londres, a
réussi à s'introduire partout sous prétexte de cueillir les plus belles
orchidées du monde pour la gloire de la reine Victoria. Wickham, jouant le
savant fou, le flambeur, le bambocheur des rios et, en dépit de la parano des
possédants, réussit à dérober des graines d'hévéa, comme d'autres le feu. Des
hautes eaux qui surélèvent le fleuve de 15 mètres, il sut se faire un allié. La
crue paralysant les seringueiros, Wichkam en profite pour se faire enfermé sur
une île par la marée brune, cette inondation qui dure six mois. Cette flaque de
terre ballottée entre les courants porte quelques "seringa", juste assez pour
récolter les 2400 graines historiques ! Ces 2400 graines vont ridiculiser le
plus durable des mythes de la "forêt de la pluie". "Wichkam le rouge" a prévu un
bateau, un rafiot rouillé qui n'inspire que la pitié . Les graines sont enfouies
dans des pots de terre à fond de cale. A toute vapeur vers les bouches de
l'Amazone, devenues une mer de boues alluviales charriant des millions de tonnes
de déchets. La police arrête l'anglais à Belem, puisque les autorités vivent
dans la hantise des voleurs de graines; mais le consul anglais sait arranger les
plus douloureux états d'âmes ! De l'or change de mains et le bateau aux
orchidées cingle officiellement vers Buckinkam; la reine ne doit pas attendre
les plus belles fleurs du monde ! Wichkam fonce dans l'Atlantique sud, frôle les
falaises de Sainte Hélène, double le Cap de Bonne-Espérance, relâche à l'île
Maurice pour faire du charbon et rafistoler le bastingage, s'élance à travers
l'Océan Indien, s'engouffre dans le détroit de Singapour et jette ses ancres
rouillées dans les eaux mortes du port de Malacca. Les graines sont aussitôt
plantées et donneront 2400 hévéas qui vivront mieux que dans leur terre mère !
"On essaye de communiquer..." :
- Qu'est ce que tu as d'autre ? demanda le chef qui semblait
s'appeler Maipuri.
Il ne précisa pas sa pensée mais il suffisait de suivre son regard. Je sortis
quelques cartes postales de la poche de ma chemise; je lui en mis une dans la
main : on y voyait la reine d'Angleterre en grande tenue, avec le château de
Windsor à l'arrière-plan.
- Qu'est ce qui est écrit ?
- "Salutations de Londres."
- Ton chef envoie des salutations de Londres ? Mais c'est une femme !
- Oui, c'est une femme.
Je lui montrai une autre carte :
- Ça, c'est sa maison et ça, c'est une image d'un grand village appelé Londres
où elle vit.
- Mmmmmmm..., ton chef a une grande hutte !
- On l'appelle Buckingham Palace. Mon chef est la personne la plus riche du
monde; elle attend mon retour.
Deux guerriers regardaient par dessus son épaule pour voir les photos, mais il
les plaqua contre sa poitrine comme s'il s'agissait d'un jeu de cartes.
- Mais c'est vraiment une femme ?!
- Eh oui...
Le chef, mal à l'aise, toussota, se tourna vers ses hommes et bredouilla quelque
chose en wai-wai. Les villageois s'esclaffèrent.
- Quand cette femme va -t-elle venir ici ?
- Quand je serai rentré sain et sauf.
Maipuri fronça les sourcils :
- Comment s'appelle-t-elle ?
- Elisabeth.
- Lizbeth, expliqua Maipuri à ses hommes.
- Mmmmmmmm...
Puis il se tourne vers moi :
- Lizbeth, elle aime l'or ?
- Énormément.
- Alors, tu donnes l'or de Maipuri à Lizbeth ? Tu es d'accord ?
Les indiens qui m'entouraient se hissèrent sur la pointe des pieds pour mieux
m'observer; ils retenaient leur souffle. Je mijotai un moment au soleil.
- D'accord, j'accepte.
- Sssssssssssssss...Les hommes eurent un long sifflement de soulagement. Le chef
était radieux et ses hommes le regardaient avec admiration.
- À une condition.
Il y eu un long silence inquiet.
- Que veux-tu dire ? demanda lentement Maipuri.
- J'ai besoin d'aide pour continuer ma route. Et avec mes bagages, bien sûr.
Maipuri bredouilla quelque chose tout en ouvrant et fermant ses poings. Puis
marchant droit sur moi, il croisa ses bras et releva triomphalement sa tête :
- Je garde tes bagages; tu es mon prisonnier. Alors tais-toi !
- Mmmmmmmm..., approuvèrent les hommes. Tais-toi !
Ils entreprirent de se consulter, regardant mes bagages avec envie.
- J'ai pris une décision, lança Maipuri en levant sa main droite, les doigts
vers le ciel pour imposer le silence. Tu es mon prisonnier, alors tu es en
grande difficulté. Tu es en grande difficulté, alors tu as besoin de Lizbet.
Nous aussi, nous sommes en grande difficulté et nous avons besoin de Lizbet.
Alors, tu lui parleras de Maipuri qui est un ami.
- Je lui répondis que cet accord me semblait satisfaisant. Maipuri me demanda
alors :
-Tu es fort ?
- Je peux faire cent pompes, tu veux voir ?!
Maipouri répondit qu'il avait une meilleure idée :
- Nous allons te regarder tuer le cochon à mains nues !
Le vol sacrilège du coléoptère :
Du rififi dans le petit monde des insectes. Depuis quinze
jours, les spécialistes du Muséum n'ont qu'un sujet aux lèvres : le vol, commis
le 10 décembre dernier, du Titanus giganteus femelle, un spécimen rarissime
subtilisé au beau milieu de l'après-midi dans les rayonnages du pavillon
d'entomologie. Le chapardeur a été identifié et la "bête", restituée avant-hier,
a retrouvé ses quartiers. "Nous avons été stupéfaits par une telle audace",
confie le responsable de la section coléoptères du
Muséum. "Notre Titanus
femelle, le seul spécimen que nous possédions, a été victime d'un malheureux
concours de circonstances. Cet animal fait partie du patrimoine national, comme
une peinture du Louvres".
Amour insolite : Moins coloré qu'un Van Gogh, sa carapace brune est pourtant
presque aussi unique : seuls dix spécimens femelles de Titanus giganteus - le
mâle, lui, est tristement banal - sont recensés à travers le monde. Comme son
nom l'indique, l'insecte affiche un gabarit impressionnant. "Le Titanus adulte
peut mesurer jusqu'à 20 cm et son poids est le triple de celui d'un moineau"
rappelle savamment l'entomologiste. "On le trouve dans la partie tropicale de
l'Amazonie". Inoffensif pour l'homme, l'animal vole à un rythme de croisière de
20 km/h à la recherche de sa nourriture, une larme de sève et quelques fruits
pourris. Et il est très craintif. Dernièrement des scientifiques américains ont
organisé deux ans d'expédition en Guyane française pour piéger ... deux de ces
"dames" !
Prisé, l'insecte coûte très cher. "Pas moins de 100 000 F" disent les
spécialistes. Thomas, 20 ans, connaît la valeur de l'animal. Mais il n'a pas les
moyens de l'acheter. Etudiant en DEUG de "Sciences de la Nature et de la Vie" à
l'Université de Savoie, il voue, depuis 10 ans, une passion sans borne pour
l'Entomologie. Cet amour insolite (!?), révélé après une enfance passée en
Afrique, se concentre sur les coléoptères, leurs mandibules broyeuses et leur
jolie paire d'ailes membraneuses (!?). Le 10 décembre dernier, Thomas quitte
Annecy, où il vit chez sa mère, pour venir à Paris. Il file au Muséum; le
laboratoire d'Entomologie recèle le plus beau des trésors que puisse imaginer le
jeune homme. Au beau milieu d'une kyrielle de cafards, de mouches et d'araignées
- il y a 50 millions de coléoptères -, Thomas ne sait plus où donner de la tête
quand il tombe en arrêt devant un couple de Titanus. Profitant d'un moment
d'inattention de la gardienne, il craque : d'un coup sec, il déverrouille la
sécurité, s'empare de la femelle et disparaît.
Le vol est constaté dans la soirée par deux visiteurs. Les policiers du
commissariat du cinquième arrondissement sont immédiatement chargés de l'enquête
et le parquet du tribunal de Paris ouvre une information judiciaire. Confondu
par un pense-bête oublié sur les lieux du crime, le voleur de coléo. a été
interpellé le 18 décembre à son domicile savoyard. sans opposer la moindre
résistance, Thomas a rendu l'insecte au commissaire Ambiaux en expliquant qu'il
avait agit en état "d'hallucination". Il a été laissé en liberté. Lors de sa
garde à vue, Thomas s'est montré intarissable à propos de sa passion. Un
enquêteur a avoué avoir beaucoup appris sur les moeurs des bêtes à six pattes...
L’insecte le plus long :
35,7 cm (56,6 avec les pattes antérieures étendues) : c’est la taille
d’un phasme de Bornéo, récolté en 1989 par un villageois qui l’a confié à Datuk
Chan Chew Lun, entomologiste amateur. L’insecte a été mesuré tout récemment à
Londres, où il est conservé. On ne connaît que 3 spécimens de Phobaeticus
chani (Pha. Phasmatidé).
Un échantillon qui revient de loin... :
Auguste Dejean a aussi sa légende entomologique : Général de
division, il fut mêlé à toute la vie militaire de la Révolution et de l'Empire;
à la bataille d'Alcanizas, sur le point de charger à la tête de ses dragons, il
captura et piqua dans son casque doublé de liège un Cebrio ustulatus ; à la fin
de la bataille, il le retrouva intact quoique ce casque ait été "horriblement
maltraité par la mitraille" !
Insectes de Sainte Hélène :
Il semble que le destin ait choisi cette illustre geôle pour
abriter des êtres d'exception. On sait que, parmi bien des endémiques, s'y
trouve un coléoptère remarquable, carabe appartenant à un genre qui n'a de
représentant nulle part ailleurs, Haplothorax burchelli. Les trois spécimens de
cette espèce détenus depuis longtemps par le Muséum, tirent un intérêt
historique, non seulement de leur provenance, mais encore du fait qu'ils ont été
capturés et ramenés en France par le dernier gardien du tombeau de l'Empereur et
furent donnés au Muséum par un de ses descendants.
O Tempora ! O mores ! :
"La Nature" du 17 Avril 1997 : ainsi on vend maintenant les
noms d'insectes entre 5000 et 10000 DM en les dédiant à un entomologiste
fortuné. Cette pratique économique n'a pas encore été interdite par le "Code",
la Bible des afficionados. On peut d'ailleurs tourner cet ignoble mercantilisme
: Cartwright et Abdullah se sont dédiés des genres gratuitement et le premier y
a ajouté une espèce. D'ailleurs, pour ces sommes considérables, on ne vous dédie
même pas un genre mais une espèce; cela coûterait infiniment plus cher.
Les services astronomiques des USA vendent dès maintenant des noms d'étoiles et
on peut offrir à sa fiancée, pour Noël,à un prix raisonnable, une étoile (il y
en a tellement...) mais pas encore une galaxie (bien qu'il y en ait également
beaucoup !); cela coûterait aussi beaucoup plus cher et ne serait accessible
qu'au sultan de Brunei ou à l'ex-futur beau-père de l'infortunée Diana... Vendre
une étoile, quelle poésie. Dans ma jeunesse, on proposait la Lune aux enfants,
mais c'était au figuré.
Récemment, des escrocs ont fondé aux USA une société fictive qui a vendu de faux
noms d'étoiles ou plutôt a dédicacé à ses victimes des étoiles fictives sans
aucun droit de le faire. Cela me rappelle la vente de faux billets de foot aux
brésiliens, écossais et mexicains pour la dernière Coupe du Monde...
Dans Nature du 13 février 1997, on cite l'oiseau Vireo masteri dédié à B. Master
en échange de 70 000 $; il est vrai que la somme était utilisée pour la création
d'une Réserve Naturelle.
Tout se vend, même les noms d'insectes,les titres nobiliaires, les étoiles et
pourquoi pas les plantes et les fossiles ...Il y aura bien des amateurs pour
payer. Il est vrai que c'est le National Museum of Natural History (à Londres !)
qui, par le biais du CAB, a inventé les déterminations payantes. Récemment, un
de mes collègues, dont je respecterai l'anonymat, réclamait à une infortunée
mexicaine 45 $ US par détermination d'insecte. Jusqu'où s'arrêtera le progrès ?!
(D'après notre collègue et ami P. Jolivet, dans le numéro 33 du "Le
Coléoptériste").
L'entomologiste et le
cycliste :
C'était une assez belle journée, un peu fraîche, que ce 24
mars 1999. Ma femme Claire et moi avions décidé de faire une ballade
mi-randonnée, mi-chasse aux insectes comme nous en faisons parfois. Cette fois
nous avions choisi d'aller dans la vallée de La Renarde, une jolie petite région
de l'Essonne. La récolte n'avait guère été fameuse, et en revenant à la voiture
que nous avions laissée dans le coquet village de Breux-Jouy, je donnais
quelques derniers coups de fauchoir au bord de la route, avec pour seul butin
quelques Lema melanopus que je décidais de capturer quand même, pour le
principe ...
J'étais en train de procéder à l'opération avec mon aspirateur lorsque deux
cyclistes passèrent auprès de moi; le premier ralentit un peu, et le second
s'arrêta pratiquement, me regardant faire un moment avant de reprendre sa route;
je l'entendis distinctement héler son compagnon : "T'as vu ?! Y a là un fou qui
attrape les petites bêtes avec un grand filet, et après il les aspire avec un
tuyau pour les manger !". La réponse du compagnon se perdit dans le lointain ...
Ce genre d'anecdote arrive de temps à autre dans la vie d'un entomologiste
et je l'aurais sans doute rapidement oubliée si, quelques jours plus tard, je
n'avais pas entendu l'émission radio de P. Bouvard "les Grosses Têtes" sur RTL,
émission que j'aime bien écouter, entre autres lorsque je fais de petits
travaux, comme préparer les insectes ...
A propos de je ne sais plus quoi, un des participants, Jacques Balutin je crois,
féru de randonnée cycliste, intervint soudain : "Ah, mais en France aussi il y a
des gens qui mangent les insectes. Un de mes amis qui se promenait à vélo il y a
quelques jours, du côté de Breuillet ou par là, m'a dit.... " - suivait le récit
qui précède, vu par le cycliste.
La date et l'endroit correspondaient et, d'après le cycliste, je devais être
passablement cinglé. Sur ce dernier point, j'étais déjà au courant, mais il n'y
a pas à dire, faire parler de soi aux "Grosses Têtes", c'est la consécration !!
(De notre cher et estimé collègue Jean-François Voisin dans
"Le Coléoptériste")
Parmi les captures insolites
effectuées en région parisienne, celle d'un Batocera lineolata qui a
inspiré à notre collègue et ami Jean-Jean Menier les vers qui suivent :
Le Canard et le Capricorne :
Vert et doré de toutes les laques de l'Orient,
Maître Canard - dont l'origine est incertaine -
Était parvenu à nos rives par mille voies détournées.
Comme il sied à palpipède de son espèce,
De bois massif il était fait.
Par Dame Puill fut acheté,
Dans son logis sur un meuble posé.
Agréable ornement il devait cependant
Causer quelque frayeur à notre Dame,
Et rien ne semblait alors promettre notre Anas
À renommée qui méritât d'être contée.
Il apparu qu'un jour - longtemps plus tard-
Sous le ventre du palmipède,
Deux longues cornes dépassaient,
Se tortillant dans l'air et cherchant à sortir.
Las, le Canard fort lourd ne céda pas d'un pouce.
La Dame le souleva et fut fort effrayée
De voir un Capricorne de très honnête taille
- plus de deux pouces il mesurait -
Sortir tout de go et se mouvoir libre.
Vite, elle courut au Jardin pour consulter
Sur ce prodige.
Notre Rédac' Chef - expert es-capricorne s'il en fût -
Déclara que l'animal était connu
Depuis que Chevrolat en 1852
Le baptisa Batocera lineolata.
Il provient de Chine, du Tonkin ou de Nippon,
Où il est, dit-on, fort commun.
Sans doute une larve habitait le canard qu'avant d'être doré
Et avait trouvé moyen de venir à son terme,
En besognant galerie dans le corps de l'objet.
Moralité :
Voilà comment au coeur de la cité
L'ornithologie peut vous mener
À colliger
La Batocère linéolée.
(De notre collègue et ami Jean-Jean Menier, dans l'Entomologiste d'octobre
1992).
D'intéressantes rencontres à Paris ... :
Citons d'abord notre collègue et ami Henri Inglebert qui a
tant travaillé (et brillamment ...) sur le sujet :
"Je n'utilise qu'un piège U.V. simplifié sur mon balcon, dans le 20 ème
arrondissement ; il est orienté en direction du cimetière, proche, du Père
Lachaise, sans grands immeubles faisant barrage. Ce cimetière, sous l'angle
entomologique, représente un espace vert de 42 ha avec de vieux arbres et une
grande variété de plantes et arbustes; on n'y utilise peu ou pas les pesticides,
fongicides ou autres, et peu d'arbres sont abattus; c'est donc un biotope
relativement stable (!!) , qui peut réserver des surprises [ ... ]. On voit
d'ailleurs souvent, sur les murs et trottoirs entourant le cimetière,
coléoptères, hémiptères, lépidos., ... J'ai donc décidé, cette année de piéger
de façon systématique sur mon balcon, de piéger (quand je le porrai) dans les
espaces verts et de chasser à vue, au crépuscule et en début de nuit sous les
éclairages publics.
Ayant appris que la Ville de Paris avait fait faire un inventaire du square
Georges Brassens, j'ai demandé au responsable de l'étude la liste des
coléoptères. je le remercie de son amabilité. Il s'agit d'un square relativement
récent (anciens abattoirs de Vaugirard). Le piegage au sol ou avec des assiettes
jaunes a fourni 53 espèces de coléos., dont je ne connaissais qu'une partie
comme "parisiennes". Dans ce même square Y. Cambefort m'a signalé cette année la
présence de Lucanus cervus L .
Sur mon balcon viennent aux U.V. toutes sortes d'insectes :
- 25 espèces de lépidos. [...].
- 17 espèces d'hémiptères en 3 familles [...].
- 242 espèces de coléos. en 46 familles [...].
[...] . Je ne peux prospecter seul tous les espaces vers de Paris. Si vous le
pouvez, prospectez en quelques uns."
Quelque temps après notre excellent collègue publiait son très intéressant
"Catalogue des Coléoptères de Paris Intra-muros" (Supplément du Bulletin de
Liaison de l'ACOREP de mars 1996)
D'autres insectes exotiques à
Paris :
Il est assez amusant de constater l'importation des insectes
exotiques dans les grandes villes. Le cas est classique dans les grands ports
maritimes. Certaines espèces se sont même par la suite acclimatées en France.
Tel est l'exemple de Laemosthenes janthinus Duft. qui se trouve dans le
O6 et le 04 et de Perigona nigriceps, ce rare carabique qui a été trouvé
une fois au Bois de Boulogne (en ce dernier lieu, on trouve aussi maintenant
beaucoup de mammifères bipèdes exotiques importés aux moeurs étranges ...).
Un de nos collègues, habitant Le Havre, obtenait l'autorisation, à chaque
arrivée de cargo, d'aller visiter les cales; il balayait tous les détritus se
trouvant au fond , mettait le tout dans des grands sacs de toile et, chez lui,
il triait tous ces débris; il a pu prendre ainsi toute une faunule de
carabiques, cérambycides, curculionides et chrysomèlides de diverses
provenances.
On rappellera les captures faites dans les entrepôts de bois du Fb. St. Antoine
d'un grand Elatéride phosphorescent (Phyrophorus ...) et d'un
Acrocinus longimanus. Plus récemment encore, notre collègue Hardy capturait
sur son balcon, Bd. Pereire, un très beau Cérambycide de Madagascar.
La toute dernière capture en date, tout aussi étonnante, est celle faite par
Mme. de Saint-Albin d'un scolyte du Japon pris au fauchoir à La Ferté-Alais.
[...].
Tout dernièrement, j'ai eu l'occasion, me trouvant à la gare d'Orléans-Messageries,
de capturer un fort bel insecte de la Famille des Cassidinae sur des bananes
provenant d'Afrique; cet insecte, originaire du Cameroun appartient au genre
Aspidomorpha.
(De notre collègue P. Grandchamp, dans le Bulletin de l'ACOREP
n° 30)
Le grillon du métro :
À
peine plus gros que son cousin des campagnes, le grillon domestique (Acheta
domesticus), mesurant entre 16 et 20mm, n’a d’autre particularité apparente
que d’être aveugle. Les grillons domestiques (du métro) sont omnivores et se
nourrissent principalement de miettes, de détritus, de papiers gras, de brins de
laine, et même des mégots qui traînent sur les ballasts. Entre deux rames les
mâles stridulent pour attirer les femelles. Lorsque celles-ci approchent, les
mâles se réunissent entre les rails pour se défier au chant. Ceux qui stridulent
le plus fort font fuir les autres. Les grillons en viendront aux pattes si les
mauvais chanteurs refusent de décamper. Puis les mâles et les femelles grillons
restent là à attendre le métro. Quand la rame arrivera, ils se placeront sous le
rhéostat des voitures, là où l'air est le plus brûlant, pour se livrer à leurs
ébats romantiques. Quand on s’aperçut pour la première fois de leur présence
dans les souterrains du métro parisien, on ne leur accorda aucune importance.
Leur prolifération fut néanmoins si rapide que la municipalité lança un
programme pour les détruire jusqu’à ce que quelques scientifiques, qui s’étaient
penchés leur son cas pour étudier les moeurs de cette nouvelle espèce,
déclarèrent que le grillon du métro parisien était d’une importance majeure dans
l’écosystème des galeries. Ils démontrèrent en effet que le grillon, en se
nourrissant de tous les déchets qui jonchent les voies et les tunnels, était
devenu une sorte “d’éboueur écologique” dont il serait dommage de se passer.
C'est à la station Saint-Augustin qu'ils sont actuellement les plus nombreux et
les plus faciles à observer. Ils ne craignent que deux choses : les araignées
cracheuses de glu (Scytodes) et les grèves qui font
refroidir les rails... !!!
Plus tard, forts des résultats des études scientifiques, d’autres formèrent
des associations pour protéger le grillon. Dans les années 80, la direction du
métro parisien chercha à tirer parti de cette terrible voracité en favorisant la
reproduction des grillons pour en faire le principal nettoyeur des voies. Plus
tard, à l’aube des années 90, commencèrent de courir des bruits qui faisaient
allusion à une commande de la Ratp aux chercheurs du CNRS qui étudient les
moeurs du grillon. Il s’agissait, disait-on, d’un projet qui favoriserait
l’émergence d’une espèce de grillon créée en laboratoire, avec les mêmes
caractéristiques que celle qui fut découverte à l’origine dans les tunnels du
métro, mais plus grosse et plus vorace. Une espèce qui ne serait lâchée qu’à la
période des fêtes de fin d’année. En un mot, d’une espèce capable de dévorer les
suicidés du métro.
La
Ligue de Protection des Grillons du Métro Parisien (LPGMP), association
constituée en 1992, comprenant une centaine de membres, se propose de promouvoir
l'existence des grillons dans le métro et veille au maintien de leurs conditions
de vie. Elle revendique notamment la limitation en
durée et en fréquence des grèves qui ont pour effet de faire chuter la
température dans les galeries ainsi que l'assouplissement de la loi Evin qui,
par l'interdiction de fumer, prive les grillons de mégots, source importante de
nourriture.
Le cafard moscovite dans le rouge :
Autrefois, à
Moscou et dans les environs, tout le monde avait plein de cafards chez soi.
Pouchkine rapporte comment chez une dame, la vaisselle était confiée, une fois
les chandelles éteintes, à ces aimables insectes domiciliaires, qui se
précipitaient par centaines pour accomplir cette tâche avec délectation.
Aujourd’hui, le cancrelat se fait rare au point que l’inscription de certains
sur la liste des espèces en danger est sérieusement envisagée.
Les appartements communautaires soviétiques avec recoins et fuites d’eau étaient
leur paradis. Les immeubles et les meubles modernes ne plaisent pas aux cafards
russes traditionnels.
L’avenir de la Blatte orientale, Blatta orientalis, inquiète Alexander
Lagunov, entomologiste, qui réclame son classement. Jusqu’au milieu du XXe
siècle, c’était le cafard le plus banal chez les gens ; il était arrivé en
Russie avec l’invasion mongole (vers 1230) et les paysans le voyaient d’un bon
œil car il portait chance.
Introduite au XVIIIe siècle par des soldats depuis la Prusse, la Blatte
germanique, Blattella germanica, l’a supplantée petit à petit. Puis s’est
raréfiée ; sans doute s’est-elle déplacée dans les caves et les soupentes où il
fait désormais assez chaud. Pour A. Lagunov, l’espèce est à inscrire au livre
rouge et une population pourrait être installée au zoo de Tchéliabinsk. Au cas
où on en aurait besoin et pour ne pas répéter la pénible (il a fallu trois mois
de traque) récolte des 64 individus nécessaires à une mission spatiale, en 2007
(1).;
D’autres espèces prennent patte à Moscou, en envahisseuses, comme la Blatte des
meubles, Supella longipalpa (qui aime les équipements modernes) et la
Blatte américaine, Periplaneta americana (2), bien acclimatées .
Allez les tanks ! :
Après l'unification de l'Allemagne, fin 1990, les
entomologistes ont constaté que les anciennes zones militaires abritaient de
nombreux insectes que l'on croyait disparus. Explication : pendant les
manoeuvres, les tanks arrachaient et broyaient la végétation comme le faisaient
jadis les bisons, aurochs et chevaux sauvages ! Les tanks ont ainsi recréé un
environnement favorable à des espèces qui avaient disparu avec les grands
herbivores.
(Science et Vie, en 1997)
Recette camerounaise :
Les chenilles au koko
300g de chenilles séchées, 300g de graines de courges, 2 tomates, 2 oignons, 1
grande louche d'huile de palme, 3 paquets de feuilles de koko, sel, piment.
trempage : 12 h
préparation : 20 mn
cuisson : 35 mn
- Bien nettoyer les chenilles en enlevant les piquants (!); les faire bouillir
pendant 1 mn, les rafraîchir, les égoutter, les laisser tremper 1/2 journée dans
de l'eau tiède.
- Préparer une pâte lisse avec les graines de courges écrasées.
- Eplucher les oignons, les émincer et les faire dorer dans l'huile. Ajouter les
chenilles, les tomates hâchées, le sel, le piment.
- Couvrir d'eau froide, porter à ébullition et laisser cuire 15 mn.
- Incorporer la pâte de courges, remuer, laisser cuire à nouveau pendant 15 mn.
Ajouter le koko lavé, cuit et égoutté, laisser cuire encore quelques minutes
puis servir chaud.
La ferme de coléoptères :
Pas n'importe quels coléoptères, mais une espèce particulièrement redoutable
d'aspect, les "lucanes cerfs-volants", un insecte noir de 2,5 à 6 cm de long, à
la tête hérissée de cornes et de pinces qui le font ressembler à un samouraï de
l'ancien temps.
Toshio Imamura en possède actuellement plus de 100 000 qu'il livre
périodiquement dans les divers magasins de Nagoya, d'Osaka ou de Tokyo. Des
comptoirs spéciaux ont été ouverts et les enfants japonais viennent en masse les
acheter à raison de trois pour 100 yens. Ils les installent dans de petites
cages de bambou, les nourrissent et organisent des combats avec ceux de leurs
camarades.
- Je me suis toujours passionné pour les coléoptères, avoue Toshio, et étant
enfant je passais mes journées à en ramasser à travers les chemins et les
forêts. Si j'ai choisi de me spécialiser, c'est parce que le lucane est le plus
vigoureux, le plus combatif de tous et qu'il vit au moins deux mois. Je ne
m'attendais absolument pas à faire fortune avec ça ! J'étais seulement content
d'avoir trouvé un métier qui me permettait de poursuivre un rêve d'enfant.
Un rêve d'enfant qui a apporté en deux ans à son réalisateur la possession de
deux maisons, d'immenses terrains au sud de la capitale, d'un bateau et d'une
voiture américaine avec lesquels il va livrer son cheptel.
Les grands magasins ne sont pas moins satisfaits :
- Les coléoptères sont une excellente marchandise, sans surprises et qui ne se
démode pas, assure le sous-directeur du gigantesque Mitsukaschi de Tokyo. Et les
petits acheteurs amènent leurs parents qui deviennent nos clients. Nous nous
proposons même d'installer sur le toit du magasin un parc spécial, avec en
permanence 5 000 à 10 000 insectes pour que les enfants puissent les voir
s'ébattre en liberté et les choisir eux-mêmes. Cette passion qui fait fureur n'a
jusqu'ici rencontré que deux sortes d'opposants : les mères qui détestent
trouver de "repoussants" insectes jusque dans leur potage. Et les professeurs :
ils se sont aperçus que chaque fois qu'ils voyaient leurs élèves tranquilles et
visiblement occupés à réviser leurs leçons, ceux-ci étaient en fait occupés à
observer leur "poulain".
(Le journal "L'Aurore", en 1968, déjà...).
André GIDE coléoptériste :
"Vers l'âge de 8/9 ans je me suis intéressé à le Nature, à la botanique et plus
particulièrement aux coléoptères dont j'avais commencé de faire collection; et
mes poches étaient gonflées de boîtes et de tubes où j'asphyxiais mes victimes
de benzène ou de cyanure de potassium.
J'observais alors tous les insectes et leurs larves, particulièrement les
chenilles. A Paris, je tentai d'élever des vers à soies, ceux-ci ne coûtaient
pas si cher que les feuilles de mûriers pour leur nourriture, que je devais
aller prendre, deux fois par semaine, chez un herboriste de la rue St. Sulpice.
Dans le Midi, je chassais également les mantes religieuses, qu'on appelle là-bas
des "prega-diou" et dont les paquets d'oeufs conglutinés et pendus à quelques
brindilles m'intriguaient si forts.
Je doute si jamais livres, musiques ou tableaux me ménagèrent plus tard autant
de joies, ni d'aussi vives, que ne faisaient, ces premiers temps, les jeux de la
matière vivante. J'étais parvenu à faire partager à Suzanne ma passion pour
l'entomologie; du moins me suivait-elle dans mes chasses et ne répugnait-elle
pas trop à retourner avec moi bouses et charognes à la recherche des
nécrophores, des géotrupes et des staphylins. Il faut croire que ma famille
finit par prendre en considération mon zèle car, si enfant que je fusse alors,
c'est à moi que l'on fit revenir toute la collection d'insecte de feu Félix
Archimède Pouchet, cousin germain de ma Grand'mère. Ce don de 24 boîtes à fond
de liège pleines de coléoptères, classés, rangés, étiquetés... je n'ai pas
souvenir qu'il m'ait fait un bien énorme plaisir. Car, dans ma pauvre
collection, combien m'était plus précieux chacun de ces insectes que j'y avait
épinglés moi-même, après les avoir moi-même capturés. Ce que j'aimais, ce
n'était pas la collection, c'était la chasse."
(André GIDE, "Si le grain ne meurt", 1927).
Ernst Jünger, écrivain
entomologiste
L
'infiniment petit
nous apprend que le monde est immense. Et c'est dans l'univers pullulant et
gris des insectes, qu'il peut se manifester. Ernst Jünger, élève rêveur, l'a
compris très tôt. Sans doute après avoir découvert enfant, dans une sablière
de Rehburg une cicindèle chatoyante. Il croyait ramener chez lui une rareté,
500 de son espèce étaient déjà répertoriées. S'ouvraient ainsi les
Chasses subtiles, où Jünger découvrait, selon Claude Gaudin, "un acte
magique car jamais notre désir ne pourra se hausser jusqu'au trésor dont il
ne perçoit que la menue monnaie".
L'apprenti entomologiste va se passionner immédiatement pour cet univers
invisible et infini, pour collectionner sans relâche les rencontres au cours
des différentes époques de sa vie. A tel point qu' il chasse au plus fort
des deux guerres mondiales. Ainsi s'émerveille-t-il en 1940 devant un couple
de typhées cornus, qui vaque à ses pieds. "Faut-il s'étonner si, en me
penchant vers ce couple menu, j'oubliai ma mission guerrière -le lieu, le
temps et la consigne? Des deux réalités, celle-ci était la plus forte."
Pour Jünger, la réhabilitation de ces animaux méprisés vient de ce que
le langage en a fait des êtres connus
et reconnaissables. Depuis sa première
cicindèle, l'entomologiste averti était devenu un familier des
nomenclatures. Nomenclatures auxquelles il adhère, selon Claude Gaudin,
comme à l'hypothèse de Platon dans le Cratyle : il existe entre le nom et ce
qu'il désigne un rapport de convenance profonde, la justesse. Et les noms
attribués aux insectes ont de la justesse, car ils ont été donnés par de
savants classificateurs. Grâce à eux, les insectes ne sont plus des signes
dispersés mais forment un alphabet.
"Doubler la pratique littéraire par la chasse aux insectes, ce n'est donc
pas ajouter une corde à un arc de l'écrivain, c'est faire l'apprentissage
d'un moyen de déchiffrement", conclut l'essai de Claude Gaudin. Le
rapport entre l'écrivain et l'entomologiste joue sur cette note là. Ainsi,
comme il se penche avec minutie sur le coléoptère infime mais étiqueté,
Jünger considère les lettres isolément comme des "signes plus puissants
que les textes qu'elles figurent". Avec elles, il rêve d'une écriture
dans laquelle serait visible le profil des choses. La leçon entomologique
enseigne ainsi qu'il faut libérer notre esprit des fausses associations, des
harmonies factices et partir à la conquête de l'unité des choses.
Les Chasses subtiles se ferment sur la "poussière irisée" où
finit toute collection. Dans leurs vitrines, il y a aujourd'hui des
scarabées, des papillons, baptisés d'après Jünger, et même une sous-espèce
de cicindèle, qui s'appelle jungerella.
Les insectes romains :
Plus de 5000 espèces différentes d'insectes ont été recensées à Rome et sa
banlieue selon une monographie de plusieurs milliers de pages à laquelle ont
contribué plus de 90 spécialistes. Plus de 50% des insectes romains sont
constitués de coléoptères comprenant entre autres les scarabées, les
coccinelles, les staphylins et les lucioles.
Il y a aussi 500 espèces de papillons, 230 de fourmis, une vingtaine de puces
mais seulement 4 de cafards et 2 de poux... Cette recherche, présentée au Musée
de Zoologie de Rome est un instrument précieux pour la connaissance de l'habitat
et pour la planification urbaine de la capitale.
"Rome est la première métropole au monde à s'être dotée d'un tel instrument
riche en données et en suggestions pour des interventions sur l'environnement" a
estimé le professeur A. Vigna de l'Université de La Sapienza.
(AFP Sciences, en 1997)
Gilbert Lachaume, expert en
entomologie et voyageur philanthrope :
Expert en Histoire Naturelle à Drouot depuis près
de 25 ans, ce passionné de voyages parcourt l’Amérique latine pour
ses recherches sur la biodiversité des lépidoptères, forme des
étudiants en Bolivie et au Pérou pour les aider à classifier leur
extraordinaire patrimoine entomologique et se passionne pour les
rapports humains dans son métier . Interview.
Comment
devient-on entomologiste ?
Par passion ! Depuis toujours, la
plupart des entomologistes sont autodidactes, sauf par exemple les
spécialistes d’entomologie médicale qui sont souvent médecins de
formation. Pour ma part, je viens d’une famille d’amoureux de la
Nature : mes grands parents cultivaient des plantes rares et mon
cousin m’envoyait régulièrement des papillons. Enfant, j’allais
souvent au bois de Vincennes, à l’époque où les pesticides n’avaient
pas encore tout ravagé et où l’on rencontrait encore de nombreux
insectes. Et puis il y avait Deyrolle. Au début des années 1960,
c’était un lieu fascinant où on pouvait passer des heures à observer
les papillons, tirer les tiroirs… C’était la liberté ! En me
privant, j’arrivais parfois à repartir avec un papillon dans une
boîte. Le bonheur ! Après une maîtrise de physique, j’ai ensuite eu
la chance de rencontrer des collectionneurs passionnés qui m’ont
permis de partir en Amérique latine chasser des papillons pour leur
compte. Lors de ces chasses nocturnes en Bolivie, au début des
années 1980, j’ai pu découvrir une trentaine de nouvelles espèces.
En 1982, j’ai posé ma candidature comme expert en histoire naturelle
suite au décès de Monsieur Groult, l’ancien propriétaire de Deyrolle
qui officiait à Drouot, et je suis devenu expert à 30 ans.
Aujourd’hui, en quoi consiste
votre activité ?

J’étudie les problématiques de la biodiversité en
Amérique latine, pour le compte de musées français, péruviens et
boliviens. On redécouvre énormément d’orchidées, d’oiseaux et
d’insectes dans ces pays, dont le potentiel est encore méconnu.
Enormément de jeunes scientifiques en Amérique latine sont
sensibilisés à ces questions et je les aide à mettre en place leurs
travaux de recherche, par exemple dans le cadre du programme « Mariposas
andinas » lancé par des musées occidentaux.
Où peut-on voir de
beaux papillons ?

Chez Deyrolle ! Les collections
d’insectes des muséums sont réservées aux chercheurs, et protégés de
la lumière dans des tiroirs. Les couleurs des papillons s’estompent
à la lumière vive et les bêtes exposées sont perdues pour la
science, sauf pour les manifestations temporaires. Les pigments
rouges de certaines variétés peuvent ainsi blanchir en quelques
jours, contrairement aux ailes bleues des morpho, dont la couleur
résulte de l’incidence du rayon lumineux. Mais le manque
d’expositions d’insectes s’explique surtout par le manque de
budgets : l’Histoire Naturelle est devenue le parent pauvre de la
culture, alors qu’elle représentait un fondement de la connaissance
au 19eme siècle.
Comment se porte
le marché de l’entomologie ?
On compte quelques milliers de
collectionneurs, qui se retrouvent dans les bourses et dans le
réseau associatif, mais les ventes se font de plus en plus rares. Il
s’agit essentiellement de ventes de succession. Les collectionneurs
ont une démarche individualiste, qui exclut souvent les membres de
la famille, ce qui explique que celle-ci préfère s’en débarrasser au
moment de l’héritage ! Les pays anglo-saxons sont encore très férus
d’entomologie, comme ils l’étaient de botanique et de sciences
naturelles, mais l’essentiel des ventes à lieu en France.
Quelles sont les
sommes en jeu ?

Les prix des insectes ont
considérablement chuté depuis que les moyens d’accès vers les pays
tropicaux ont été facilités. A la fin du 19eme siècle, les
papillons, comme les orchidées, coûtaient de véritables fortunes.
Des familles comme les Rothschild investissaient des sommes
exorbitantes dans leurs collections, de l’ordre de plusieurs
immeubles victoriens ! Aujourd’hui, un Ornithoptera
rotschildi d’Indonésie vaut 40€, alors qu’il coûtait encore
4000F dans les années 1980. Les élevages, les techniques de collecte
et les transports ont fait baisser les prix, et le marché s’est
ouvert aux collectionneurs amateurs. Le record de vente des dix
dernières années est un agrias, qui a atteint
70.000F, mais lors des ventes aux enchères, la grande majorité des
lots part pour 100€ ou 200€.
Qui sont les collectionneurs de
papillons ?
Il y a beaucoup de personnages
passionnants et atypiques dans ce milieu, du simple amateur au
scientifique plus exigeant. Certains ont une démarche très pointue,
voire obsessionnelle, tandis que d’autres abordent l’entomologie en
esthète. L’étrange beauté des insectes a toujours attirée les
artistes, comme Breton et les surréalistes. Le rapport humain est
très important dans mon métier, la façon de collectionner dit
beaucoup sur la personnalité des collectionneurs.
Que
répondre à ceux qui trouvent les collections de papillon désuètes ?
Qu’il existe toujours des milliers
d’insectes inconnus et que la science a toujours besoin de
collections entomologiques, avec des données biogéographiques
précises, effectuées par GPS, pour comprendre et protéger la Nature.
Quels conseils
donneriez-vous à un jeune qui voudrait faire votre métier ?
Il n’y a pas de formation spécifique
et les débouchés restent très limités, mais un diplôme en biologie
me semble indispensable. Aujourd’hui, je conseillerai de se tourner
vers l’entomologie agricole et les recherches de l’INRA,
l’entomologie médicale mais aussi la systématique, grâce à la
biologie moléculaire qui ouvre de nouveaux horizons de
classification.Les problématiques sur les nuisibles et l’utilisation
des insecticides sont de plus en plus passionnantes. Il existe aussi
de nombreuses associations et d’excellents guides qui accompagnent
l’amateur dans sa passion. Mais je conseillerais surtout de prendre
du plaisir à observer la diversité de la nature !
Chasser le papillon rare à Drouot :
"La chasse aux papillons ? Un art plus difficile qu'il n'y paraît !" s'exclame
l'expert Gilbert Lachaume. En effet, les plus fascinants lépidoptères vivent de
préférence dans de lointaines contrées, souvent dangereuses d'accès. Et leur
traque demande de solides connaissances ainsi qu'une patience à toute épreuve.
Les plus discrets ne sortent guère qu'une heure par jour. D'autres,
ultra-casaniers, élisent domicile à la cime des arbres pour ne plus en bouger.
Enfin, certains se déplacent à une telle vitesse qu'il est pratiquement
impossible de les attraper en vol. Pour toutes ces raisons, le prix des
papillons et autres insectes exotiques est longtemps resté prohibitif. Au début
du siècle, seuls quelques amateurs fortunés pouvaient se les offrir. Depuis une
trentaine d'années, la démocratisation des voyages et l'apparition de techniques
de chasse plus performantes ont entraîné une baisse très sensible des prix.
Conséquence : lors des ventes d'entomologie menées régulièrement à Drouot, des
lots composés d'une dizaine de papillons (ou d'autres insectes...) s'enlèvent
couramment à partir de 1000 F. Une aubaine pour les collectionneurs.
Bon à savoir : les prix dépendent avant tout de la rareté. Du coup, toutes
sortes d'espèces hautes en couleurs, mais fréquentes sur le marché, demeurent
très abordables. Comme les scarabées d'or (Rutelinae !), originaires d'Amérique
Centrale, véritables petits bijoux aux reflets métallisés d'or blanc, vert,
jaune pâle ou feu. Si vous êtes amateur, comptez environ 3 000 F pour une
vitrine enfermant six spécimens.
Autres insectes de toute beauté, les curieuses sauterelles-feuilles. Reines du
mimétisme, aux ailes fines comme du papier à cigarette, elles prennent des
formes de feuilles, aux coloris subtils. En raison de leur grande fragilité, il
est bien rare de les trouver intactes. Ce qui explique leur prix relativement
élevé : de 3 000 à 5 000 F la boîte de six.
Si vous préférez les papillons, vous serez sans doute frappé par le bleu intense
des ailes du morpho. Particularité de ce prince des forêts tropicales d'Amérique
du sud : sa couleur dite "physique" est uniquement liée à la réflexion de la
lumière sur ses écailles. De fait, elle varie selon son orientation du mauve au
bleu-vert, au bleu électrique, en passant par des tonalités plus assourdies.
Très répandu, ce magnifique insecte se vend environ 50 F pièce; à condition
toutefois qu'il s'agisse du mâle d'une espèce commune; car la femelle vaut dix
fois plus. L'explication ? : le mâle multiplie les activités et se déplace
énormément; ce qui l'expose à être rapidement capturé; en revanche, la femelle
se cantonne aux parages de la plante nourricière et on la rencontre peu. Ce
schéma parfaitement conventionnel, concerne d'ailleurs peu ou prou toutes les
familles de lépidoptères. Sachez enfin qu'un morpho hermaphrodite, peu fréquent,
se négocie autour de 3 000 à 4 000 F.
Exercice de haut vol :
Cependant, certains papillons rarissimes peuvent parfois... s'envoler au delà de
10 000 F. Le 6 mai dernier, un Papilio werneri partait à Drouot pour la coquette
somme de 15 000 F. Pourtant ce spécimen, relativement terne avec ses ailes
sombres légèrement marquées de bleu et d'orangé, ne paie pas de mine; seule son
extrême rareté explique sa valeur. sa capture reste un exercice hautement
périlleux : p. werneri vit en Colombie, dans une région bien peu hospitalière où
la guérilla des FARC sévit, la pluie tombe en abondance et, pour couronner le
tout, l'insecte se plaît exclusivement au sommet des arbres...
Autre prix record, certes nettement plus ancien, mais néanmoins significatif :
en 1966, un Papilio allotei était disputé jusqu'à 10 500 F, toujours à Drouot;
ce qui représente 66 000 F actuels. "Aujourd'hui encore, cet hybride naturel
entre deux espèces partirait à prix d'or !" commente Gilbert Lachaume. A
condition de le retrouver !
Si les collectionneurs à l'esprit scientifique s'attachent uniquement aux
espèces rares, d'autres se montrent avant tout sensibles à la richesse
décorative des ensembles présentés; d'où la convoitise suscitée par certaines
boîtes offrant des compositions particulièrement éblouissantes; un point qui
contribue bien sûr à la montée des enchères. Tout comme la taille des sujets mis
en vente; il existe, à l'intérieur d'une même famille, des variations
d'envergure parfois très importantes; en raison de leur côté spectaculaire, les
spécimens géants sont nettement plus prisés.
Autre élément à prendre en considération, l'état de conservation des insectes,
très variable d'un lot à l'autre, qui peut entraîner des écarts de prix
importants. Mieux vaut éviter d'acheter des sujets en mauvais état ou réparés
avec les moyens du bord. Une fois la boîte ouverte, une observation attentive
permet de repérer une patte recollée ou une aile restaurée à l'aide d'un
fragment prélevé sur un autre spécimen.
Pour les conserver en beauté :
En dépit de leur apparente fragilité, papillons et autres insectes peuvent fort
bien se conserver durant de longues années. Pour preuve, des milliers de boîtes
détenues par des musées datant des 3 derniers siècles.
Cependant, pour leur garder tout leur éclat, quelques précautions s'imposent.
Prenez soin, tout d'abord, de les installer au sec; l'humidité provoque
l'apparition de moisissures entraînant des dommages irrémédiables. Ensuite,
n'oubliez pas de placer à l'intérieur des vitrines un produit antiparasite
(feuillet antimite, naphtaline...), à renouveler chaque année. Méfiez-vous
également de l'exposition prolongée à la lumière; celle-ci risque fort de ternir
les couleurs dites "chimiques", c'est à dire les rouges, les bruns et les
jaunes. Les couleurs "physiques", comme le bleu caractéristique des morphos, se
révèlent plus résistantes. Vous pourrez donc parfaitement exposer une boîte
emplie de morphos dans un endroit bien éclairé; mais c'est l'exception qui
confirme la règle...
Quelle que soit la beauté de votre collection, n'espérez pas trop la disperser
un jour en effectuant une plus-value substancielle : ce domaine en marge des
modes n'a rien de spéculatif; seuls les ensembles constitués au début du
vingtième siècle se revendent aujourd'hui à bon prix. Rassembler "insectes" et
papillons exotiques reste donc avant tout un plaisir.
(un article de Noëlle Joly dans "Investir Magazine" de septembre 1999)
Un paradis des
papillons :
En Equateur, sur 1 km² de forêt tropicale,volent
1700 espèces de papillons? C'est ce que viennent de découvrir deux
entomologistes américains; ils ont étudié ,entre autres, l'Anteros kupris
♂, au vol très rapide, qui vit sur la
canopée à la recherche de partenaires; ou Anteros renaldus
♂, dont les pattes semblent ornées de petits pompons. Certains imitent
l'apparence d'espèces dangereuses pour se protéger des prédateurs; ces
imitations ne sont pas toujours parfaites; c'est le cas pour le Stalachtis
phaedusa. Un Oleria quadrata ♂, aux ailes transparentes, butine un
Aster; cette fleur contient des alcaloïdes qui donnent au papillon un goût
désagréable; le mâle transmettra cette protection à la femelle lors de
l'accouplement.
Arguments en faveur du gradualisme :
Ces dernières années, de magnifiques transformations anagénétiques lentes et
graduelles de séries d'espèces ont été observées par les paléontologistes. On
apprend que, contrairement à ce que l'on a cru longtemps, les espèces voisines
se croisent facilement dans un si grand pourcentage de cas, en donnant des
descendants fertiles (ce qui remet sérieusement en question la notion même
d'espèce...), qu'il est impossible de penser que leur constitution ait été
souvent un phénomène brusque. De très nombreuses observations sont là confirmant
ce gradualisme de la spéciation. La spéciation est en général un phénomène
continu de vitesse très variable, ce qui à peut-être parfois trompé les
partisans du ponctualisme.
(D'après M. Delsol, 1995).
Les équilibres ponctués, ça existe aussi :
L'évolution n'est pas un long fleuve tranquille d'où
émergent, millénaires après millénaires, les espèces nouvelles. Elle peut aussi
s'emballer : un lézard de l'Adriatique en apporte une preuve des plus
éclatantes. 36 années ont suffi pour changer notablement la morphologie et les
moeurs du petit reptile,
Les lézards Podarcis sicula de l'île de Pod
Mracaru ne ressemblent plus à leurs ancêtres restés sur un autre îlot croate. En
36 ans, l'évolution a été fulgurante. Des mensurations précises le confirment :
ils sont plus grands d'environ 6 mm, leurs pattes plus courtes, ralentissent
leur course, leur tête est plus large et plus longue. pourquoi ces
transformations ? A cause de leur nouveau régime alimentaire, révélé par des
lavages d'estomac : jusque là principalement insectivores, ils mangent désormais
des plantes fibreuses; une nourriture plus abondante qui les a fait grandir et
rendus plus paresseux et plus paisibles.
mais aussi, découverte extraordinaire, le doter d'un organe digestif
totalement nouveau ! Certes, il ne s'agit pas encore d'une nouvelle espèce; mais
cette découverte n'en confirme pas moins que, contrairement à ce que les
biologistes pensaient encore il y a un demi-siècle, "l'évolution peut être
très rapide, sur des échelles de temps écologiques visibles par l'homme"
....
Gould avait donc vu juste : Si
cette fulgurance biologique passionne les biologistes de terrain, c'est aussi
que sa portée théorique n'est pas négligeable; car elle confirme de façon
éclatante la clairvoyance des célèbres paléontologues américains Stephen Jay
Gould et Niles Eldredge; en 1972, les 2 compères avaient jeté un pavé dans la
mare en affirmant que l'évolution fonctionnait par à-coups et non par une
accumulation lente et imperceptible de changements. Dans cette théorie dite des
"équilibres ponctués", les petites populations
isolées en périphérie de l'habitat "normal" de l'espèce jouent un rôle moteur;
constamment sur le fil du rasoir écologique dans un milieu à la limite des
tolérances de l'espèce, ces populations subissent une pression intense et
doivent s'adapter très vite, formant de nouvelles espèces. ....
(Ce très bon article complet dans le "Science et Vie" d'août
2008)
Le péril "jaune" :
Des quartiers résidentiels de Chicago et New York sont envahis actuellement par
le longicorne asiatique Anoplophora glabripennis, coléoptère qui a été trouvé
également, en moins grand nombre, dans des entrepôts de 12 états. Cette espèce
proviendrait de Chine et aurait été introduite avec le bois de cageots et de
palettes utilisés pour l'emballage et la manutention de divers produits
d'importation. Les dégâts sont tels que les Etats-Unis exigent que les chinois
traitent toutes leurs caisses d'emballage avant exportation, le département
d'état américain de l'agriculture redoutant une acclimatation sur certains
arbres des forêts américaines. Les agences de presse chinoises indiquent que ces
mesures entravent fortement le commerce entre les deux pays, déjà atteint par la
crise asiatique.
(The Economist, 1998)
Classé X :
En 1896, Henri Gadeau de Kerville publie un article sur
l'observation de moeurs pédérastes chez les hannetons; l'auteur signale qu'il y
a deux sortes de pédérastie : la pédérastie par nécessité qui résulte du simple
manque de femelles et la pédérastie par goût quand l'accouplement entre mâles se
produit en présence de femelles ...!
L'auteur donne ensuite des détails croustillants observés chez ces hannetons :
ces aimables insectes se livrent tout d'abord à quelques préliminaires; le mâle
jouant le rôle actif monte sur le dos du mâle passif et l'étreint de ses pattes,
puis se renverse sur le dos, les pattes plus ou moins repliées; ils ne tardent
pas à passer à l'acte et l'auteur nous révèle, dessin à l'appui que "celui qui
jouait le rôle actif dans la copulation avait son pénis solidement engagé dans
le cloaque de l'autre mâle..."!
L'auteur signale en outre qu'une des premières observations de pédérastie chez
les hannetons est due à l'Abbé Maze, en 1884, qui, après avoir longuement médité
sur le sujet, présenta une communication à la Sorbonne, publiée dans le Journal
Officiel (sans doute dans le but d'un appel à la protection des bonnes
moeurs...!).
L'entomologie criminelle
:
"Cependant, si la biologie moléculaire est
devenue un outil essentiel, des disciplines plus classiques
continuent d’apporter leur contribution. C’est, de façon
surprenante, le cas de l’entomologie, science qui étudie les
insectes. La première affaire criminelle résolue avec l’aide des
insectes date du treizième siècle en Chine lorsqu’un assassin
fut trahi par les mouches attirées par l’arme du crime, sa
faucille. Toutefois, les bases de l’entomologie criminelle ont
été posées en France à la fin du dix-neuvième siècle par le
vétérinaire Jean Pierre Mégnin (1828-1905) qui publia en 1894
La Faune des cadavres. Dans cet ouvrage, il décrivait les
huit vagues d’insectes qui se succèdent sur les cadavres en
décomposition et dont l’étude permet de dater, souvent
précisément, la date de la mort. Un autre chercheur, Yovanovitch,
avait publié dès 1888 des planches en couleurs décrivant ces
animaux nécrophages trouvés sur les cadavres. Depuis cette
époque, les connaissances se sont affinées, notamment par
l’utilisation de modèles animaux. Aux États-Unis, il existe même
une Body farm (ferme des cadavres) où ces phénomènes sont
étudiés directement sur des cadavres humains placés dans
différentes conditions alors qu’en France on préfère utiliser
des cadavres de porc considéré comme un modèle fiable."
A visiter :
http://www.univ-ubs.fr/ecologie/necrophages.html
Combien d'espèces d'insectes, combien d'espèces de Coléos. ? :
"Les insectes, ainsi que d'autres arthropodes terrestres, sont si importants que
s'ils disparaissaient, l'humanité ne pourrait probablement pas durer plus de
quelques mois. La plupart des amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères
connaîtraient l'extinction à peu près dans le même délai. Ensuite disparaîtrait
la plus grande partie des plantes à fleurs, et avec elle la base physique de la
plupart des forêts et des autres habitats terrestres du monde. La surface des
continents se mettrait littéralement à pourrir. Tandis que la végétation morte
s'entasserait et se dessécherait, ce qui stopperait les cycles des substances
alimentaires, d'autres formes complexes de végétation mourraient, et avec elles,
presque tous les vertébrés terrestres. Les champignons, après avoir connu une
explosion formidable, déclineraient rapidement, et la plus grande partie de
leurs espèces disparaîtraient. La surface des continents reprendrait
approximativement l'aspect qu'elle avait au début du paléozoïque : le sol serait
recouvert d'un tapis de végétation pollinisée par les vents, parsemé de petits
bouquets d'arbrisseaux et de buissons, et largement dépourvu de toute vie
animale.
Générateurs de vie, les arthropodes nous entourent donc de toutes parts, sans
que nous sachions leur nombre exact. Il y a beaucoup plus d'espèces que les 875
000 ayant reçu un nom scientifique à ce jour. En 1952, Curtis Sabrosky, qui
travaillait pour le ministère américain de l'Agriculture, avança l'hypothèse,
sur la base du flot de nouvelles espèces qui se déverse sans arrêt dans les
muséums, qu'il devait y avoir environ 10 000 000 d'espèces d'insectes, la
biodiversité des autres arthropodes restant inconnue. En 1982, Terry Erwin
tripla la mise, estimant qu'il devait y avoir 30 000 000 d'espèces
d'arthropodes, dont une grande majorité d'insectes, rien que dans la forêt
tropicale. La plus grande partie de cette biodiversité se trouve dans la
canopée. Cet étage de feuilles et de branches, au niveau duquel se réalise la
plus grande partie de la photosynthèse, était déja connu pour sa richesse en
variétés d'animaux. Cependant, il était resté inaccessible, à cause de la
hauteur des arbres, de la surface libre des troncs, et des essaims de fourmis et
de guêpes qui attendent les grimpeurs à tous les niveaux.
Pour surmonter ces difficultés, les entomologistes ont mis au point la technique
de la"bombe insecticide", consistant à envoyer, dans la cime des arbres depuis
le sol un nuage d'insecticide à action rapide, chassant les arthropodes de leurs
cachettes et les tuant. Ce protocole a été utilisé par Erwin en Amérique
centrale et méridionale, au cours d'interventions surtout nocturnes. Marchant le
soir dans la forêt tropicale humide, ils choisissaient un arbre, disposaient en
dessous de lui une série de bâches en entonnoir d'un mètre de large, reliées à
des flacons partiellement remplis d'alcool à 70%, liquide généralement employé
pour la conservation des spécimens. Le matin suivant, avant l'aube, au moment
où le vent tombait, l'équipe envoyait l'insecticide en l'air grâce à une sorte de
canon, et ceci, pendant plusieurs minutes. Puis les chercheurs attendaient
pendant cinq heures, tandis que les arthropodes morts ou en train de mourir
tombaient en pluie par milliers, nombre d'entre eux étant recueillis dans les
entonnoirs. pour finir, les spécimens ainsi collectés, étaient triés,
grossièrement classés en fonction des grands groupes taxonomiques et envoyés à
des spécialistes pour être étudiés de plus près.
Erwin lui-même a fait l'étude des coléoptères du couvert; il a effectué quelques
dénombrements sur un petit échantillon de forêt vierge du Panama, puis par
extrapolations successives, il a avancé une estimation du nombre total des
espèces d'arthropodes qui sont peut-être présentes dans les forêts tropicales
du monde entier. Il a donc recensé 163 espèces de coléoptères vivant
exclusivement dans la couronne des arbres d'une seule espèce d'arbre, Luehea
seemannii, une légumineuse. Il existe à peu près 50 000 espèces d'arbres
tropicaux en tout, de sorte que si Luehea seemannii est un exemple moyen, le
nombre total des espèces de coléos. tropicaux habitant le couvert forestier
serait de 8 150 000. Les coléoptères représentant environ 40% du total des
arthropodes. Si cette proportion est la même dans tout le couvert tropical, le
nombre d'espèces dans cet habitat doit être environ de 20 000 000 ; comme il y a
environ deux fois plus d'espèces d'arthropodes dans le couvert de la forêt
vierge que sur le sol, le nombre total d'espèces pourrait bien être de l'ordre de
30 000 000 pour la seule zone tropicale humide...".
("La Diversité de la Vie" de l'éminent Edward O. Wilson)
Plus récemment : Une étude semblable
mais plus récente, menée cette fois dans une forêt équatoriale humide de
Nouvelle-Guinée, porte cette estimation à 4 millions d'espèces d'insectes
seulement. Cette équipe de chercheurs a observé que la monophagie stricte, c'est
à dire la consommation par un insecte d'une seule espèce végétale, reste rare.
L'extrapolation est ainsi bien plus modérée. Il resterait quand même plus de 3
millions d'insectes à décrire et à nommer. Les entomologistes ont encore du pain
sur la planche.
A peu près la même information : Une
étude lancée par la NSF (National Science Foundation) et publiée dans Nature
relance donc le débat en avançant un chiffre de seulement 4 à 6 millions;
les recherches ont été basées sur des données relatives aux rapports entre 900
espèces d'insectes et 51 espèces de plantes des forêts de Nouvelle-Guinée. A
l'aide de savantes équations intégrant données écologiques et génétiques, les
chercheurs sont arrivés à ce nombre réduit par rapport aux estimations
précédentes.
Ces chiffres, très théoriques, risquent
malheureusement de ne jamais être atteints. En effet, les riches forêts
tropicales où se concentrent les plus gros bataillons des insectes sont partout
surexploitées pour le bois et pour laisser la place à de
médiocres terres agricoles devant la pression démographique engendrée par
l'augmentation (intolérable) de la population mondiale. Chaque jour qui passe,
des dizaines d'espèces d'insectes, mais aussi d'autres animaux, de plantes, de
champignons, de bactéries disparaissent à jamais. On dit que lorsque meurt un
Ancien en Afrique, terre de culture orale, c'est une bibliothèque qui brûle.
C'est un peu la même chose quand disparaît une espèce vivante. L'agencement
original de son matériel génétique, résultat de centaines de millions d'années
d'évolution, disparaît à jamais. Cette érosion régulière de la biodiversité,
sans comparaison par son ampleur avec les grandes extinctions de la fin de l'ère
primaire et de l'ère secondaire, est l'un des signes majeurs de l'influence
négative de la pression humaine sur la biosphère dont nous dépendons pour vivre.
Qu'on arrête de se
multiplier !!
Qu'on arrête de persécuter
les entomologistes qui essayent de capturer et de décrire le plus grand nombre
d'espèces avant qu'elles ne disparaissent !!
Avec près de
350 000 espèces recensées, les coléoptères représentent plus de 25% des formes
de vie sur la planète. Les raisons qui expliquent cette étonnante diversité font
l’objet de multiples recherches.
Mieux vaut éviter
d’étudier trop longtemps la classification des coléoptères sinon la migraine
risque de poindre vu le fouillis organisé qu’y règne : pas moins de
4 sous-ordres, 17 superfamilles et 168 familles !!! Et les distinctions entre
un grand nombre de ces groupes ne sont pas tout à fait claires. Afin de remettre
un peu d’ordre dans ce fatras, une équipe de l’Imperial College de Londres et du
Museum d'histoire naturelle a comparé le patrimoine génétique de près de 2000
espèces recouvrant 80% des familles de coléoptères. Les scientifiques ont ainsi
pu reconstruire un nouvel arbre évolutif regroupant espèces actuelles et
fossiles.
Si ce nouveau
classement n’a pas profondément modifié le précédent issu de données
morphologiques et anatomiques, il bat néanmoins en brèche l’idée selon laquelle
l’extraordinaire diversité des coléoptères serait due à l’apparition des plantes
à fleurs (il y a 140 millions d’années) qui auraient offert abris et nourriture
en abondance à ces insectes. En effet, il apparaît que de nombreuses lignées de
coléoptères modernes sont apparues bien avant autour de 300 millions d’années
avant notre ère, à peu près à la même époque que les dinosaures.
Le grand nombre
d’espèces de coléoptères s’expliquerait plutôt par une importante survie des
premières lignées ainsi par une grande adaptabilité leur permettant d’occuper
une importante variété de niches écologiques. Lors de l’apparition des premières
plantes à fleurs, il existait déjà une centaine de variétés modernes de
coléoptères. Le rôle des plantes n’est pas encore élucidé mais elles ont très
certainement contribué à la spéciation des espèces et à leur évolution, tant
d’insectes dépendent des plantes qu’il existe forcément un lien entre elles et
les coléoptères.
Ce nouvel « arbre
généalogique » fait l’objet d’un article publié aujourd’hui dans la revue
Science.
L’analyse de l’évolution des coléoptères est un élément important de
compréhension du vivant. Elle procure des pistes aux spécialistes qui étudient
la biodiversité et la structure évolutive des espèces. Avec 300 millions
d’années d’histoire, ils ont de quoi faire…
Combien d'espèces d'insectes
en Europe ? Et en France ?
On compterait environ 50 000 espèces en Europe et 36 000 en
France.
En France, environ 9 500 espèces de coléos (100 de Coccinelles, 1 000 de
Charençons), 8 000 espèces d'hyménos (plus de 1 000 espèces d'abeilles ...), 6
500 espèces de diptères, 5 000 espèces de lépidos (seulement
250 de jour ...), 3500 d'hémiptères, 90 espèces de libellules. 112
espèces sont protégées.
(Et 1500 espèces d'araignées en France).
Une journée mémorable :
Ce fut le 14 août 1944. Donc, quelques jours seulement avant
l'entrée dans Paris des troupes alliées.
A l'époque, quelques bons amis lépidoptéristes et moi, nous efforcions
d'utiliser systématiquement nos fins de semaine, ou autres jours de liberté, à
des excursions entomologiques aux environs de Paris. Les seuls moyens de
transport étaient alors le train et la byciclette.
"A quelque chose malheur est bon !" ... dit le proverbe, et de fait, on ne
rencontrait pratiquement personne dans ces déplacements. La nature était belle,
intacte, et les saisons de ces années 1942-1950 ont laissé en moyenne des
souvenirs entomologiques très satisfaisants
toujours est-il que ce fameux 14 août régnait une activité militaire assez
exceptionnelle, notamment dans le domaine aérien. D'importants mouvements des
troupes d'occupation avaient lieu vers l'est, et la veille - si mes souvenirs
sont exacts- nous fûmes avisés que seule la gare de Lyon serait ouverte au
public le lendemain, les 5 autres grandes gares devant restées fermées.
Or, il s'agissait par ailleurs d'une date parfaite pour nous rendre compte si le
fond du champ de tir de Fontainebleau hébergeait toujours - entre autres choses
- la lycène idas armoricana Oberthür. Ce fut également l'avis de mes bons
amis : le Dr. Henri Oberthür, son beau-frère, Georges Carlioz, et Gérard Nobel
tous trois disparus aujourd'hui hélas !! ...
Aussi gagnâmes-nous tous les quatre, au jour dit, la gare de Lyon sur nos vélos
que nous déposâmes à la consigne avant de prendre l'unique train quittant Paris
ce jour-là, avec Fontainebleau pour terminus (et qui, fort heureusement, devait
nous ramener le soir !! ...). Il n'y avait presque personne ... et nous ne
pouvions nous empêcher de regarder ce qui se passait dans le ciel !! ...
Arrivés à Melun, le train roulait au ralenti, et à moins de 100 m de la voie, la
queue d'un avion de chasse Messerschmidt tout fumant, sortait d'un petit
pavillon, sur lequel il venait visiblement de s'écraser ! Dieu veuille que les
habitants du pavillon aient été absents ! ...
A Fontainebleau, nous gagnâmes rapidement le carrefour de l'Obélisque pour
prendre à droite la route de Malesherbes, laquelle coupe le champ de tir. La
circulation militaire était assez intense. entre le carrefour et le champ de tir
- espace alors boisé - deux escouades de fusils mitrailleurs étaient "enterrées"
en position de tir de chaque côté de la route, et défendaient, en direction de
Malesherbes, l'accès du carrefour. un sous-officier s'exerçait au revolver sur
de vieilles boîtes de conserve placées sur une souche à quelques mètres de là.
Je dois avouer que lorsque nous les dépassâmes avec nos filets à papillons
déployés, nous nous jetâmes un coup d'oeil en coulisse, nous sentant un peu
gênés, et nous attendant vaguement à être interpellés ... Mais il n'en fut rien.
Nous tournâmes à droite 100 m plus loin, dans le champ de tir vers les buttes,
là où nous comptions trouver nos bestioles. Il faisait une de ces belles
journées d'été, sans grands nuages, et la densité des papillons était vraiment
très élevée ... mais l'activité aérienne de l'aviation de chasse était
continuelle et l'on entendait régulièrement les rafales de mitrailleuses - oh !
combien rapides ! - de combats aériens. La forêt devait flamber certainement un
peu, car de là où nous étions, on voyait dans deux directions s'élever au loin
des colonnes de fumée ...
Quoi qu'il en soit, ceux que nous étions venus chercher étaient au rendez-vous,
qui plus est en parfaite condition. D'autres spécialités du lieu comme les
satyres hermione et statilinus, ainsi que l'arethusa,
étaient également présents, le premier aux femelles encore acceptables. De très
belles femelles syngrapha de la lycène corindon étaient nombreuses
ainsi que d'autres espèces de la saison. Mais la capture la meilleure - et
innatendue ! - fut certainement l'hespérie cirsii Rambur, que nous
n'avions jamais rencontrée encore aux environs de Paris, et dont je contemplais,
surpris, un beau spécimen dans mon filet !! ... A ce moment précis, un
crépitement suraigu de mitrailleuses d'avion éclata à quelques cinquante mètres
au dessus de nous, à la lisière de la forêt où nous nous trouvions, et nous
eûmes à peine la vision fugitive d'une silhouette d'avion de chasse en
poursuivant probablement un autre au ras des arbres dans un fracas assourdissant
!!!
"Il faudrait tout de même qu'il y en ait un de nous qui surveille les
"taxis" !!! ..." , phrase textuelle - et indignée - prononcée alors sans rire
par Nobel, lequel venait de capturer lui aussi, à sa grande surprise, un autre
cirsii ! ... Personne, bien entendu ne se soucia pour autant des "taxis"
! ... Il faut dire que 8 jours plus tôt - le 7 août exactement - Nobel et
Oberthür, prospectant le plateau de St. Mamès, près de Moret, s'étaient
brusquement trouvés dans la trajectoire d'un chasseur américain "Lightning"
descendu en rase-mottes mitrailler leur train resté sur une voie de garage, à
quelques centaines de mètres de là. Mes amis avaient donc exécuté un superbe
plat ventre avec un ensemble parfait et sont rentrés le soir dans un train
jonché d'éclats de verre !
Pour en revenir aux cirsii, Nobel et moi eûmes la chance, dans la
journée, d'en reprendre chacun trois exemplaires mâles. Ils sont tous
aujourd'hui dans ma collection avec, du reste, toutes les Hespérides de la
Collection de Gérard Nobel, ami charmant, compagnon parfait et lépidoptériste
très habile
Vers midi, nous étions revenus au début de l'agglomération dans un petit
restaurant qui nous avait assuré le matin pouvoir nous servir quelque chose pour
compléter nos bien maigres provisions. L'endroit était bourré de militaires,
plus occupés à regarder leurs cartes et à se rafraîchir qu'à nous prêter
attention. Pour notre part, nous nous sentions très détendus, voire même
passablement gais ! ...
Après déjeuner nous sommes retournés au champ de tir. Les fusils mitrailleurs et
leurs servants étaient toujours en place, attendant l'assaillant. Le gradé avait
disparu.
Notre après midi fut euphorique. C'est alors que nous complétâmes les deux
cirsii du matin et fîmes quelques bonnes captures, y compris, bien sûr, la
lycène idas armoricana au pied des buttes de tir, où elle était
abondante.
Nous étions assez éloignés de la gare de Fontainebleau, et nous n'étions pas
très sûrs de pouvoir revenir à Paris. Aussi, nous arrachâmes-nous à ce
merveilleux endroit pour arriver à la gare une heure après.
Nous n'avions plus éprouvé d'alertes nécessitant "la surveillance des taxis ",
sauf peut-être une ?? ... Je ne m'en souviens plus.
Ce dont je me souviens très bien par contre, c'est d'avoir, ainsi que mes amis,
récupéré nos vélos après 21h à la gare de Lyon et d'être revenus rive droite par
les quais, mis soudain à sens unique par les occupants dont les véhicules
roulaient sur quatre rangs en sens inverse du nôtre, tous feux éteints (comme
nous, du reste !...). Je n'ai jamais entendu autant de jurons et d'imprécations
germaniques pour nous éviter dans une demi-obscurité ! Comment sommes-nous
arrivés intacts place de La Concorde ?? Je l'ignore ! ... Toujours est-il que
nous avons tous les quatre dormi dans notre lit.
Ce fut vraiment une journée mémorable !... A tous points de vue !!
(De notre cher H. de Toulgoët ...)
L'origine des coléoptères :
Au commencement, et ce commencement se situe au Permien inférieur, il y a
quelque 200 000 000 d'années, après des tâtonnements qui n'ont semble-t-il pas
laissé de descendants, de vrais coléoptères apparaissent pour la première fois
en Asie centrale. Tel est la leçon que nous apporte pour l'instant la
paléontologie.
Ces premiers coléos. appartiennent au sous-ordre des Archostemata qui ne compte
plus qu'un faible nombre de représentants vivants.
Au Trias, les gisements de la même région fournissent encore une proportion
importante d'Archostémates (plus de 50%...) et, parmi ceux-ci, la famille des
Cupédidae domine nettement. Ainsi à Djajlyaucho, on a pu reconnître la présnce
de 29 espèces de Cupédides, 16 espèces de Schizophorides (réparties en dix
genres, ce qui marque déjà une considérable diversification), quelques
Tricoléides, Adémosynides et Canitides. Mais à cet étage, à côté des
Archostémates, les deux autres sous -ordres principaux constituant aujourd'hui,
pour l'essentiel, l'ordre des Coléos., apparaissent : les Adéphages sont alors
connus par des Carabides et des Trachypachyides; les Polyphages par des
Elatériformes (Protoagrypnides et Préélatérides).
A partir du Jurassique moyen d'Asie centrale, et surtout du Jurassique
supérieur, un changement brutal semble se manifester. Certes les Archostémates
sont encore nombreux (10% des restes retrouvés au Kazakhstan), avec toujours une
nette domination des Cupédides, mais ils sont manifestement en régression. Les
Adéphages se diversifient, avec l'apparition, dès le Jurassique moyen, des
Parahygrobiides, des Coptoclavides et des Gyrinides, tous trois aquatiques; ils
en viennent à former 10% de l'ensemble de la faune au Jurassique supérieur.
A ce moment, les Polyphages sont en pleine expansion et on peut y reconnaître
des Staphyliniformes, des Elatériformes, des Cucujiformes, des Scarabéiformes et
des représentants des Cléroides, des Chrysomélides et des Curculionides, avec
des Eubélides.
Après ce premier saut qualitatif, un nouveau seuil de rupture est constaté en
Sibérie, au Crétacé inférieur : on retrouve bien encore des Coptoclavides parmi
les Adéphages, mais les Polyphages sont beaucoup plus diversifiés, avec la
brutale multiplication des Scarabéoides et l'apparition, sous des formes bien
reconnaissables, de la plupart des familles actuelles. On peut admettre qu'à la
fin du Crétacé, la faune des Coléos. est résolument moderne.
Alors que les faunes permienne et jurassique n'étaient connues que de stations
peu nombreuses et assez localisées, la faune crétacée, elle, est présente sur
toute la surface de la Terre.
On peut donc considérer que, prise dans son sens actuel, l'expansion de l'ordre
des Coléoptères s'est produite à partir du Crétacé moyen.
Les découvertes récentes de la Biologie Moléculaire tendent à
prouver que les insectes ont une parenté étroite, non plus avec les Myriapodes,
mais avec les crustacés; les premiers insectes seraient donc des crustacés
adaptés à la vie terrestre ...
Un dinosaure insectivore :
On apprend la découverte d'un dinosaure insectivore;
Masakiasaurus knopfleri , ou "le dinosaure vicieux du fondateur de Dire
Straits", sur les airs duquel (!!) ce fossile aurait été découvert à
Madagascar. Ce "monstre" (bien qu'il ne mesure que 1,80 m de long ...) de la fin
du Crétacé présente 4 dents très proéminentes à l'extrémité de sa mâchoire, dont
2 sont presque horizontales; ce qui fait dire à ses découvreurs qu'on aurait
affaire à un dinosaure insectivore. Ce qu'admet bien volontiers notre confrère
philippe Taquet et qui nous rassure sur "l'effet média" que cette découverte
pourrait présenter. Cette découverte , la première dans le monde prolifique des
dinosaures, tendrait à prouver qu'au Crétacé l'entomofaune était suffisamment
diversifiée et riche pour subvenir aux besoins énergétiques de tels animaux.
("Libération" du 25 janvier 2001)
Un indien philosophe :
Nous n'avions plus maintenant qu'un seul marin, le Mamaluco, qui, en dépit de
ses dispositions acariâtres, travaillait bien lorsqu'il n'était pas sous
l'influence du cachaça - Chose qui lui arriva deux ou trois fois quand il
profitait de mon absence pour puiser à ma dame-jeanne - . Son aspect déjeté
était une preuve de l'amour immodéré qu'il portait habituellement aux boissons
fortes. Philosophe à sa manière, il me divertit souvent de ses vues cyniques sur
la vie. Il paraissait alors aussi "désillusionné" qu'un roué de la ville ou que
l'Ecclésiaste lui-même. Un soir, couché sur le pont, il regardait un cafard qui
se débattait pour se libérer de sa vieille enveloppe. Lorsqu'il y parvint
finalement, il paraissait faible et titubant mais propre et blanc comme un sou
neuf. Notre Maître Jacques éprouva alors le besoin de moraliser :
-"Comment se fait-il que presque tous les animaux, à l'exception de l'homme,
renouvellent, à des saisons données, leur jeunesse et leur beauté ? Les oiseaux
muent, les serpents changent de peau, même ce misérable petit "bicho", ce cafard,
rejette son ancienne peau. Tous deviennent ainsi aussi beaux et magnifiques
qu'aux jours de leur jeunesse; mais nous, - et il jeta un regard désolé à sa
vieille main toute ridée - nous devenons chaque année plus laids et plus fanés,
et cette peau dans laquelle nous sommes nés doit nous servir jusqu'à l'heure de
notre mort ".
("Voyage au Rio Negro" de l'illustre Richard Spruce)
Les voitures aussi, tuent les insectes, ou, les voitures tuent aussi les
insectes... :
Compte tenu du réseau routier et du parc automobile, l'utilisation des plaques
engluées a permis de montrer que plus de 66 billions d'insectes (66 000 000 000
000...) peuvent être tués chaque année par collision avec les voitures sur les
seules routes de France. A ce premier chiffre, il faut ajouter environ 40 tonnes
d'insectes tués et projetés sur les bas côtés. Ce chiffre, compte tenu de la
disparition et du renouvellement des cadavres, peut être multiplié par quatre ou
cinq pour l'année, ce qui représente 120 à 200 tonnes de matière animale déposée
annuellement. La période de la journée au cours de laquelle les insectes sont
les plus vulnérables se situe dans la tranche horaire 13-18 h. La mortalité est
plus élevée en zone boisée qu'en zone cultivée ou urbaine.
A la suite d'une initiative de la Société Royale de
Protection des Oiseaux, un projet intitulé Big Bug Count a été lancé et 40 000
anglais se sont ingéniés à compter les insectes écrasés sur leur plaque
minéralogique. Cette étude est destinée à vérifier l'observation de la
raréfaction des insectes et des oiseaux insectivores en Grande-Bretagne. ("Le
Figaro" du 16 septembre 2004)
Distraction :
Ensure, assureur britannique, a calculé (par extrapolation d’une enquête faite
auprès d’un millier de personnes) que les insectes sont responsables de 650 000
accidents d’auto par an, en distrayant les conducteurs. La présence d’un insecte
dans la voiture perturbe 75% d’entre eux. 4% pilent, 21% lâchent le volant d’une
main pour tenter d’évacuer l’intrus (sans freiner, eux). La guêpe fait plus peur
que frelon (52 contre 14%).
La bonne réaction, si l’on ne supporte pas ce genre de compagnon de voyage, est
de s’arrêter et d’ouvrir les vitres, le tout calmement. La prévention : rouler
climatisé.
Ensure vend un filet (moustiquaire renforcée) à poser à la place de la vitre
ouverte.
Un coléoptère plutôt "chameau"
:
Un Ténébrionide Stenocara sp., habitant le désert de
Namib, filtre le brouillard du matin au moyen de ses élytres pour recueillir des
gouttelettes d'eau : encore un magnifique exemple d'adaptation !
Un "scarabée" détecteur
d'incendies :
Le Buprestide Melanophila acuminata repère les feux
jusqu'à 80 km de distance en détectant les rayons infra-rouges émis par le bois
en combustion.
Chaud sapin :
Leptoglossus occidentalis (Hem. Coréidé) ponctionne les graines des
conifères. Cette punaise détecte à distance les cônes en formation grâce à des
récepteurs sensibles à l’infrarouge. En effet, les cônes sont plus chauds que
les aiguilles – ils conservent mieux la chaleur du jour et sont le siège d’un
métabolisme plus élevé. On connaît de nombreuses plantes qui produisent de la
chaleur au niveau de leurs fleurs : leur parfum attirant pour les pollinisateurs
est renforcé. Les Coléoptères pyrophiles, comme le Bupreste pyromètre,
Melanophila acuminata, repèrent les bois incendiés aux IR émis, de même que
des punaises hématophages comme Triatoma ou Rhodnius (Hém.
Réduviidés) trouvent le vertébré à sang chaud.
C’est la première fois qu’on met en évidence ce genre de détecteur chez un
insecte phytophage.
La Nature est vraiment bien
faite !
Stable comme un fil d'araignée
: les araignées ne tournoient jamais au bout de leur fil, comme il arrive
parfois aux alpinistes ou spéléologues suspendus à une corde. Le fil reste
stable grâce à une propriété de la structure moléculaire de la soie qui lui fait
reprendre en souplesse sa forme initiale; il est doté d'une "auto-mémoire
de forme", comme viennent de le montrer des chercheurs du laboratoire
de physique des lasers (CNRS, Université de Rennes). Le fil amortit les forces
de torsion et, s'il a été tordu, il reprend de lui-même sa forme initiale, sans
imprimer au poids qu'il supporte l'amplitude d'un mouvement de balancier. cette
caractéristique est vitale pour l'araignée; en restant stable, elle échappe aux
perturbations ambiantes et n'attire pas l'attention des éventuels prédateurs.
("Nature" du jeudi 30 mars, repris par "le
Figaro" du Mardi noir, très noir ...).
Insectes plongeurs :
Une équipe américaine vient de montrer (2008) comment s'y
prennent certains insectes pour respirer sous l'eau en emprisonnant une bulle
d'air. Plus les poils implantés sur le plastron sont rapprochés, plus la bulle
résiste à de fortes pressions, autorisant les plus téméraires à plonger au-delà
de 30m !
Un exemple de lutte biologique
intéressant :
Le delta du fleuve Sénégal a été totalement recouvert par la
"fougère d'eau" Salvinia molesta, algue verte prolifique, introduite
accidentellement en 1999 et qui menaçait de détruire la totalité de la flore et
de la faune. L'arrachage n'ayant donné aucun résultat, les chercheurs se sont
tournés vers une solution efficace trouvée en Afrique du Sud où cette algue
sévissait aussi : l'utilisation du Curculionidae Cyrtobagous salvinae,
originaire du Brésil et ennemi naturel de l'algue. Un millier d'individus a été
envoyé à une station biologique à des fins d'élevage; puis des lâchers ont été
réalisés dans le fleuve à partir d'avril 2001; l'algue a déjà fortement régressé
depuis et seules des poches de résistance persistent aujourd'hui ...
Le rôle de la lumière lunaire :
Une équipe composée de chercheurs suédois et sud-africains a montré
que le scarabéide rouleur africain Scarabeus zambesianus utilise avec
profit la polarisation de la lumière émise par la lune pour s'orienter et ainsi
enfouir plus rapidement sa boule d'excréments en suivant un chemin rectiligne.
Nul doute que de autres nombreux insectes utilisent également la lumière lunaire
pour s'orienter...
Pas si drôle que ça... :
Un beau soir d'été, à la tombée de la nuit, un ami polyomélitique tétraplégique
se promenait sur une petite route de la Creuse, en compagnie de son épouse. Sa
main gauche, posée sur le levier de commande de son fauteuil, fut à un moment
chatouillée par un insecte, puis un second et bientôt une bonne dizaine. A
l'examen, il s'agissait de vers luisants mâles, attirés par le petit voyant
lumineux vert (7 à 8 mm de diamètre) du boîtier de commande du fauteuil, qu'ils
avaient pris pour l'abdomen fluorescent de leurs femelles.
J. Porcher dans le bulletin de l'Acorep, numéro 20
Pratiques "lesbiennes" :
Les femelles d'une espèce de Curculionide d'Amérique centrale,
Diaprepes
abbeviatus, s'accouplent entre elles devant des mâles, prétendant potentiels
auxquels cette vision doit "donner des idées" et qui, pour pouvoir alors
s'accoupler à la femelle "d'en bas", doivent d'abord repousser la femelle "d'en
haut" !
("AFP Sciences", numéro 1209, d'octobre 1999)
Un petit insecte grandira t-il au cours de sa
vie ?
Non; lorsque un insecte est adulte, sa taille et ses couleurs
sont définitives (chez certains insectes, il faut quelques heures pour que les
couleurs définitives s'établissent à la sortie de la nymphe ...). Une minuscule
mouche n'est donc pas un "bébé" de mouche, mais une toute petite espèce de
mouche; et elle ne grandira pas plus !
La gay-pride des punaises :
La littérature scientifique précise que le mâle de la punaise des lits (Cimex lectularius ou
Cimex hemipterus) "serait transporté par un rut d'une intensité
incroyable, par une fureur amoureuse, vers la femelle autour de laquelle il
tourne à toute vitesse, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre...". Mais il
saute aussi sur tout ce qui bouge, enfonçant son pénis perforateur
indifféremment à travers l'exosquelette d'autres mâles (50% des cas), dans des
femelles (30%; il serait donc plutôt "pédé"...) et même dans des animaux
"étrangers" dont certains individus ne s'en remettent jamais !
(d'après "Le stress du bigorneau" d'Isabelle Brisson, chez Plon)
L'amour vache :
Chez Callosobruchus maculatus (une bruche...), la
copulation n'est pas vraiment une partie de plaisir; le mâle, au pénis hérissé
de picots, lacère l'appareil génital de la femelle; cette dernière, dotée de
pattes arrières robustes, se débarrasse alors de son partenaire en ruant
violemment mais, une fois fécondée, sa durée de vie n'est plus que de 10 jours
au lieu d'un mois ...
(d'après un "Science et Avenir" de décembre 2000)
Tout est relatif... :
Deux mouches sont en train de dîner sur un superbe étron;
l'une des deux pète; l'autre : "T'exagères; pas en mangeant !! "
Le coin du philosophe :
"Tous ceux qui ont eu la bonne fortune d'être mordus par la passion de
l'Histoire Naturelle, savent l'ivresse de la recherche et le chant intérieur au
moment de la trouvaille. Alors les grincements aigres des soucis se taisent.
L'hymne de la joie prend possession de l'âme. Il ne faut pas négliger cette
source précieuse, puisque, comme le dit le vieux Golaud dans Pelléas :
- "De la joie, on n'en a pas tous les jours..."
En vérité, celui qui sait regarder la Nature n'est jamais seul. Il ne connaît
jamais le verbe s'ennuyer. Il peut être abandonné par ses camarades (ndlr amère
: ou "lâché" par une quelconque bourrique...), trahi par le temps, il trouvera
toujours autour d'une cabane abandonnée de quoi être heureux."
(Dr. J. Poucel dans "le Coléoptériste")
Success story : honey
Tout le monde a entendu parler de ce
monsieur qui s'est fait une célébrité en élevant depuis 20
ans des abeilles sur le toit de l'Opéra Garnier. Peu d'entre
nous savent en revanche qu'il y a été attiré par un copain
pompier qui élevait lui-même des truites dans les sous-sols
...
Chat alors !
On connaissait les poissons-chats, voilà les
chats-oiseaux. Une chinoise a en effet récemment déclaré que deux "ailes",
longues de plusieurs centimètres, avaient poussé sur le dos de son chat. Au
départ, il n'y avait que deux bosses sur le dos de l'animal, qui n'auraient pas
tardé à se développer, formant 2 appendices comparables à des ailes. Les cas de
"chats ailés", bien que rares, sont connus des scientifiques, qui les
identifient parfois comme de longues bourres de poils, et dans d'autres cas
comme des mutations génétiques !
Il faut choisir le bon venin... :
Une équipe de scientifiques de l'Université de Californie vient de découvrir que
les scorpions disposent de deux sortes de venin pour piquer leurs proies ou
leurs agresseurs : d'abord une "prétoxine" qui cause de violentes douleurs chez
le piqué, puis le véritable venin, souvent mortel. L'explication serait que la
prétoxine, à base de sels de potassium, serait facile à produire par le
scorpion, alors que le venin létal est composé de protéines et de peptides dont
la production est épuisante pour l'arachnide. Du coup, le scorpion tenterait de
paralyser d'abord sa proie avec la prétoxine et ne recourrait au deuxième venin
qu'en cas de besoin. Conseil pratique des chercheurs : si jamais vous vous
faites piquer, regardez bien la goutte qui perle de son dard : si elle est
translucide vous aurez très mal mais la vie sauve, et si elle est plus épaisse,
vous allez mourir...
("Marianne" de la fin janvier 2003)
Amitiés particulières chez les mouches en chaleur :
On ne prend pas les mouches homos avec du vinaigre, mais avec des neurones
chauffées à bloc !
C'est ce que vient de démontrer le Pr. Toshiro Kitamoto, qui a introduit un gène
mutant, sensible à la température, dans les petites têtes des drosophiles
viriles; à chaud, le gène en question coupe la sécrétion d'un transmetteur
chimique, ce qui a pour effet d'interrompre les communications entre des
neurones spécifiques; à partir de 30 degrés C, les mâles qui n'avaient de gros
yeux que pour les femelles commencent subitement à s'intéresser à des congénères
du même sexe et à battre de l'aile... Remises au frais, les mouches reprennent
très vite leurs esprits et leurs comportements sexuels hétéros; c'est que le
gène mutant n'affecte que provisoirement les nerfs du goût que les mouches ont
dans la tête et sur les gambettes; des nerfs qui, en temps normal, bloquent
l'attirance entre insectes du même sexe en censurant les signaux aphrodisiaques
émis par la gent masculine sous forme de phéromones. Toshiro, du Service de
neurosciences du centre médical de City of Hope, fait valoir qu'à la différence
des autres études menées sur le même délicat sujet qui, elles, induisaient des
comportements homos irréversibles, ses propres manipulations provoquent un
"rapport mâle-mâle" qui pouvait "être activé ou désactivé" à volonté en jetant
des chauds et des froids...
Une recherche de fond qui montre que, pour devenir gays, les mouches doivent
fréquenter assidûment les saunas !
("Marianne" de fin septembre 2002)
L'homme ne pèse pas beaucoup plus lourd qu'une mouche :
C'est l'un des enseignements important de l'exploration du gênome humain : le
patrimoine héréditaire de l'homme n'est guère plus important que celui d'une
mouche ou d'une petite souris; environ 25 000 gênes ont été identifiés par le
consortium de chercheurs internationaux qui a rendu publique la carte achevée du
gênome humain; c'est à peine plus qu'un banal ver de terre qui possède environ
19 000 gênes ou qu'une mouche qui en possède près de 13 600. Pourtant, au début
du projet de séquençage - il y a bientôt quatorze ans - , les chercheurs
estimaient que l'homme possédait 100 000 gênes; puis ce chiffre a été revu à la
baisse pour atteindre 80 000; au final, l'homme n'aurait qu'une poignée de gênes
différents de ceux de la mouche du vinaigre..."Nous recevons une grande leçon
d'humilité, ironisait hier J. M. Claverie, directeur de recherches au CNRS. La
complexité de l'homme ne viendrait pas en fait du nombre de ses gênes mais de
leur organisation et de la façon qu'il a de les utiliser ensemble". Tout l'enjeu
pour les chercheurs va donc être de définir la fonction de chacun de ces 25 000
gênes et donc de comprendre comment ils s'assemblent les uns avec les autres.
(France Soir du 11 avril 2003)
Vive le cafard géant de compagnie ! :
CANBERRA
(Reuters) - Les Australiens adoptent de plus en plus souvent des cafards géants
comme animaux domestiques à la place des chats ou des chiens, qui nécessitent
plus d'espace et de soins. (rrhhaa !! berk berk berk !!
des cafards !!)
Selon des professionnels australiens de la vente d'animaux de compagnie, la
demande pour les insectes, et plus particulièrement les cafards géants, a
augmenté au cours des cinq dernières années avec la baisse de la taille des
logements.
"Il faut reconnaître que ce sont des animaux de compagnie un peu hors-du-commun
(oui en effet !), mais les enfants peuvent jouer
avec eux sans se faire mal et ils nécessitent très peu d'attention"
(re-berk !! et les enfants les caressent comme les
chiens ? ils leur font des ptits bisous et tout ?? rrrhhhaa re-re-berk !!),
a déclaré John Olive, un des plus importants fournisseurs de cafards géants en
Australie. (au moins ça créé des emplois...)
Les amateurs australiens de cafards ont jeté leur dévolu sur le plus gros
cafard géant du monde, le cafard creuseur ou cafard rhinocéros, originaire de l'Etat
australien du Queensland, dans le nord-est du pays.
(ben oui, autant prendre le plus monstrueux des cafards !! re-re-re-berk !!!)
Adultes, les bestioles atteignent la taille de la paume d'une main
(c'est ignoble !! re-re-re-re-berk !), soit
environ 80 millimètres et pèsent 35 grammes. Elles vivent jusqu'à 10 ans.
Bien que la tendance soit relativement nouvelle en Australie, le marché des
insectes vivants a toujours été important au Japon où des scarabées sont
disponibles dans certains distributeurs automatiques.
(?!! sont tarés ces japonais...)
Encore des cafards géants...! :
Des centaines de cafards africains géants vont être incinérés à Bangkok,
maintenant que la police n'en a plus besoin comme "preuves" dans le cadre d'une
enquête sur des trafics, a annoncé hier une responsable de la Santé. Ces cafards
avaient été importés frauduleusement après leur interdiction en Thaïlande l'an
dernier; à l'époque, objet d'un étrange phénomène de mode, les grands cafards
africains, et notamment le "cafard sifflant de Madagascar", étaient devenus les
animaux domestiques les plus en vogue chez les Siamois; les cafards africains,
qui peuvent atteindre 10 cm de long et vivre 7 ans, s'étaient arrachés sur les
marchés de Bangkok avant que les autorités n'interdisent leur vente. Les
responsables de la Santé s'étaient en effet inquiétés des risques de propagation
de la typhoïde et de la gastro-entérite que leur présence favoriserait.
(France Soir du 23 mai 2003)
Quand les poules auront des dents... :
Une équipe de chercheurs, conduite par un professeur de l'Ecole Normale
Supérieure de Lyon, est parvenue à faire pousser des dents aux poules après
transplantation de cellules souches dentaires de souris; une réussite
susceptibles d'ouvrir la voie à une révolution des soins dentaires...
(La Dépêche de Midi du 3/06/2003)
Je vois rouge !
Les hommes sont plus attirés par des femmes portant du rouge,
tout comme les chimpanzés et les babouins, selon des travaux publiés hier
(octobre 2008) et réalisés par des chercheurs de l'Université de Rochester. Si
les effets aphrodisiaques du rouge sont en partie le produit d'un
conditionnement sociétal, cette étude révèle que ceci s'explique probablement
davantage par une réaction ayant des racines biologiques profondes. Les femelles
babouins et chimpanzés rougissent lors de l'ovulation, ce qui constitue un
message sexuel qui attire les mâles ...
Venin d'araignée, espoir :
La pariwixin 1, extraite du venin d'une araignée brésilienne,
protègerait les cellules nerveuses de l'excès de glutamate responsable de la
maladie d'Alzheimer, de la sclérose en plaques et de la schizophrénie chez le
rat. Reste à Joachim Coutinho-Netto, de l'Université de São Paulo, à vérifier si
c'est aussi le cas chez l'homme ...
(Le Point, n° 1868)
Mâle ou femelle ??
Chez la majorité des insectes, le mâle possède un seul
chromosome X tandis que la femelle en possède 2; les mâles sont donc de type XY
ou XO, si seul le chromosome X est présent. Chez les Hyménoptères, les mâles
sont issus d'oeufs non fécondés, ils sont donc haploïdes et ne possèdent qu'un
chromose X; chez la plupart des Lépidoptères, les femelles sont hétérogamiques (XY)
et les mâles homogamiques (XX). L'importance du chromose X et de sa présence en
un exemplaire unique ou en doublon dans le déterminisme du sexe explique en
partie la prévalence des gynandromorphes chez les insectes; en effet la perte ou
la non séparation des chromosomes X lors de certaines divisions cellulaires au
tout début du développement embryonnaire peut déboucher sur la coexistence chez
le même individu de lignées cellulaires de type femelle et mâle et à la
production d'un imago gynandromorphe. Si l"évènement survient lors de première
division, il en résultera un individu divisé en deux parties égales (gynandromorphe
bipartie ou biparti); si l'évènement est plus tardif dans la vie embryonnaire,
il débouche sur un individu en mosaïque où les territoires mâle et femelle sont
distribués de façon plus complexe.
Les exemples de gynandromorphes restent toutefois exceptionnels chez les
insectes, même si on en connaît à travers de nombreux ordres. ...
Chez les coléoptères, les exemples publiés sont
relativement rares; différents exemples ont cependant été décrits ces dernières
années; ils se recrutent évidemment parmi les espèces présentant un dimorphisme
sexuel accentué (des Cétonidae, Lucanidae, Cerambycidae ...)... Mais de
nombreuses espèces ont un dimorphisme sexuel faible ou même inexistant, ce qui
rend l'observation des gynandromorphes très difficiles. Les exemples de
gynandromorphes bipartites restent bien sûr les mieux illustrés ...
Un paradis des papillons :
Des mordus du lépidoptère viennent de créer le premier "jardin des papillons" à
ciel ouvert de France, à Digne, afin d'étudier et faire connaître certains
insectes largement ignorés du public. Sur quelque 260 espèces diurnes recensées
en France, 200 sont présentes dans les Alpes-de-Haute-Provence, explique Nicolas
Maurel, 37 ans, président de l'association "Proserpine", à l'origine du projet.
Au delà de la chasse, interdite dans ce département depuis 1978, les papillons
ont d'abord été victimes du recul de l'agriculture extensive. L'opération, dont
le coût s'élève à 12 000 euros, "nous permet d'avoir un laboratoire grandeur
nature dans lequel les spécialistes pourront étudier la biologie de ces
papillons" et le public "découvrir leur richesse" tout en les protégeant, assure
l'association.
(France Soir du 16/VI/2003)
Un nouvel ordre d'Insectes :
Le nombres des Ordres d'insectes actuels s'élevait jusqu'à présent à 30, les
deux derniers décrits étant les Zoraptères (1913) et les Notoptères (1915);
depuis plus rien....Olivier Zompro, du groupe d'écologie tropicale de l'Institut
de Limnologie Max Plank de Plön (Allemagne) vient de décrire dans la célèbre
revue américaine Science (du 19/IV/2002) un Ordre nouveau : les Mantophasmatodae,
dont la morphologie les situerait à première vue entre les Mantes et les
Phasmes. Le premier échantillon a d'abord été trouvé dans de l'ambre de la
Baltique vieux de 45 millions d'années; puis des espèces bien vivantes ont été
découvertes en Tanzanie et en Namibie. Une étude génétique est en cours pour
étayer la validité de ce nouveau taxon qui laisse sceptiques certains
spécialistes. La presse a largement fait écho de cette découverte...
("Le Coléoptériste" de juin 2002)
Des micro-antennes radars :
Au Canada, des chercheurs ont entrepris des études à grande échelle sur le
Doryphore pour enregistrer ses déplacements en vol entre les champs de pommes de
terre ou sur les lieux d'hibernation : pour cela, ils ont équipé leurs cobayes
d'antennes servant de répondeurs radars; ils ont testé en chambre de vol à
l'aide de fausses antennes (tronçons de 20 mm de fils métalliques...) le poids
maximal qu'un doryphore pouvait supporter en vol sans être perturbé.
("Le Coléoptériste" de juin 2002)
Toujours le "pique-prune" :
Le "pique-prune" fait de nouveau parler de lui dans la presse et sur les chaînes
de télé : après avoir interrompu la construction de l'autoroute qui devait
traverser la forêt de Bercé, l'Osmoderma eremita vole maintenant au secours
d'habitants de plusieurs communes du Gers dont les terres sont menacées par
l'élargissement des routes nécessaire au passage jusqu'à Toulouse des éléments
du futur Airbus géant; ces propriétaires se sont aperçus de la présence sur
leurs terres de vieux arbres hébergeant des colonies d'Osmodermes (de leurs
larves, du moins...), insectes hautement protégés; ce qui a engendré une subite
et inattendue prise de conscience pour les problèmes d'environnement...
Pas que le "pique-prune" ... !
:
Des opposants à la ligne à grande vitesse Bordeaux-Paris ont
découvert sur le trajet, à Linars plus précisément, un insecte protégé, le
Cérambycide bien connu Rosalia alpina et ont fait constater sa présence à
l'ON de la Chasse de la Charente dont les représentants ont photographié des
spécimens et ont transmis leur procès-verbal au préfet de la Charente ainsi qu'à
la DIREN de la Région Poitou-Charente. La nouvelle inquiète la Société RFF
(Réseau Ferré de France) qui affronte une contestation grandissante, les
opposants estimant tenir là un argument pour le détournement de la ligne TGV ...
Une espèce qui s'accroche à la vie :
"Notre petit champion", c'est ainsi que Thomas Eisner, chercheur à l'Université
de Cornell (Ithaca, Etat de New York), surnomme Hemisphaerota cyanea. Cet
insecte puissant vit sur des feuilles de palmiers nains, où les fourmis tentent
de le renverser. Mais, quand cette chrysomèle plante ses "pieds", munis de 60
000 poils adhésifs, sur une feuille, les fourmis sont bien en peine de le faire
bouger. Sa force est à ce point phénoménale qu'il peut, par exemple, supporter
une traction de 2 g, soit 150 fois son poids...
(National Geographic, Mai 2002)
Une force inexpliquée :
Le scarabéide Xyloryctes thestalus, équivalent
nord-américain de notre Oryctes nasicornis national (le rhinocéros ...),
a fait l'objet de recherches biomécaniques de la part d'un chercheur américain,
R. Kram. Ces études rejoignent d'une certaine manière la mythologie en révélant
que ce coléo est un véritable Hercule, capable de soulever 100 fois son propre
poids tout en continuant son chemin et au prix d'une dépense d"énergie
considérablement inférieure aux valeurs prévues.
Le "Guiness Book of World Records" affirmait en 1992 que certaines espèces
pouvaient porter 850 fois leurs poids; les expériences de Kram sont venues à
bout de telles affirmations fantaisistes mais montrent qu'un coléo peut donc
soulever 100 fois son propre poids, chiffre déjà considérable.
Kram a conçu pour ses expériences un dispositif original, adapté à son sujet
d'étude, le Xyloryctes restant un animal de labo peu banal ; il a collé
une pièce de Velcro sur le dos du scarabée et une pièce identique sur une petite
barre de bois recevant des charges de plus en plus lourdes à l'avant et à
l'arrière de l'insecte, à la façon d'un porteur d'eau, pour équilibrer les
charges ; l'insecte et son fardeau ont été ensuite placés sur un tapis roulant
miniature, enfermé dans une boîte servant de respiromètre pour la mesure des
échanges gazeux et de la consommation d'oxygène; l'insecte pesait 2,38g ; il a
pu porter des charges considérables, jusqu'à 100 fois son poids, pour une
consommation d'énergie 10 fois moindre que celle prévue d'après le modèle
biomécanique établi. Ce système physiologique n'est pour
l'instant pas élucidé et nécessitera des études approfondies du tissu musculaire
et du métabolisme de l'insecte.
Ces observations rejoignent celles concernant notre Lucanus cervus dont
les mâles, suspendus par leurs mandibules à un support, peuvent résister à la
traction d'un poids de 200 g fixé à leur corps, ce qui équivaudrait à une charge
de 10 tonnes pour un homme de 70 kg !!!
("La Recherche" de décembre 1996)
Pauvre douanier :
Un coléoptériste célèbre collectionnait, avec un collègue,
les scarabéides dans les bouses à la frontière italienne. Il dut repasser la
frontière pour revenir en France et il fut arrêté par les douaniers. Il faut
alors dire qu'il ramassait les bouses qu'il mettait en vrac dans un sac,
comptant le vider à l'hôtel pour en récupérer les insectes (pauvre hôtel ...). "Qu'avez
vous là dedans ? ", lui demanda le douanier curieux. "De la merde",
répondit l'entomologiste. "Soyez poli", lui demanda le douanier; et il
demanda de nouveau, "Qu'avez-vous dans ce sac ?". "De la merde",
répondit à nouveau l'entomologiste. "Suivez-moi au poste", dit le
douanier. Les 2 entomologistes allèrent à la douane et le douanier insista pour
leur faire ouvrir le sac. Notre collègue ouvrit le sac sur le bureau du douanier
et déversa le contenu sur les papiers qui l'encombraient ! Tout ceci se termina
quand même par un procès !
Insectes-médicaments :
L'entomologiste Roland Lupoli explore les forêts primaires de Guyane. Au cours
d'un seul piégeage lumineux, il peut récolter plus de 150 espèces d'insectes
différents, potentiellement intéressantes. Sa récolte nocturne rejoindra bientôt
les laboratoires alsaciens d'une start-up en biotechnologies. Il reçoit
également des sachets d'insectes utilisés en médecine traditionnelle chinoise...
Fin 1998, Entomed est créée; seules trois entreprises travaillent sur ce domaine
dans le monde... A terme, il s'agit de comprendre quelles molécules entrent en
jeu dans la défense des insectes, puis de les reproduire, les améliorer et les
utiliser dans nos médicaments... Les espèces les plus intéressantes sont
aposématiques : en cas de danger, elles cherchent à être vues; une façon de
signaler à leurs prédateurs qu'elles ont des substances toxiques et qu'elles
peuvent se défendre... Les insectes sont broyés, puis mis dans un solvant; après
macération, les chimistes extraient quelques centilitres d'un liquide brunâtre;
ils fractionnent ces extraits et les font réagir, in vitro, avec des cellules en
culture; si l'une de ces fractions présente une activité antimicrobienne ou
anticancéreuse, on cherche à savoir quelle molécule donne cette activité... Il
faut environ douze mois pour détecter une molécule intéressante; 24 mois
supplémentaires pour augmenter son activité au maximum; elle peut alors être
brevetée....
"La diversité des plantes et des micro-organismes est exploitée depuis fort
longtemps, mais se servir de la biodiversité des insectes pour créer des
médicaments, c'est encore tout nouveau. Entre 1999 et 2002, nous avons travaillé
sur les peptides; l'un d'eux est un antifongique, l'autre est efficace contre
les infections nosocomiales"
("National geographic" de juillet 2004)
Une autre passion qui peut s'avérer mortelle :
Un apiculteur de 90 ans a survécu à un millier de piqûres d'abeilles après avoir
renversé une ruche. Hermann Danner, apiculteur depuis 70 ans en Haute-Autriche,
avait de par son métier une certaine accoutumance au venin des abeilles, ce qui
lui a sans doute sauvé la vie.
Alors qu'il travaillait sans masque de protection la semaine dernière, il avait
trébuché et atterri la tête la première dans l'une de ses ruches; attirées par
le miel répandu sur son visage, et rendues particulièrement agressives par les
chaudes températures de juillet, les abeilles ont attaqué l'homme pendant une
demi-heure; jusqu'à ce qu'une voisine l'aperçoive et avertisse les services de
secours qui le transportèrent immédiatement à l'hôpital. "Il y avait au moins
1000 piqûres" a raconté le médecin qui a mis une heure à extraire l'ensemble des
dards avec l'aide de quatre assistants... "C'est comme un miracle; à son age,
même quelques centaines de piqûres pouvaient être mortelles" a-t-il dit,
ajoutant que le vieil homme avait subi "des douleurs presque insupportables"...
Hermann a passé quatre journées en soins intensifs et sa vie a été un moment en
danger; mais Hermann, qui doit quitter l'hôpital dans les prochains jours, n'a
qu'une hâte : retourner auprès de ses abeilles.
"Je ne me priverai pas de ma passion", a-t-il affirmé sur son lit d'hôpital...!
(Dans "l'Entomologiste" de septembre 2004)
A Tingo Maria, dans les années
50, la vie ne valait pas cher :
Je suis hélé sur la route du village par un groupe de gens
qui veulent venir avec moi (dans ma jeep) :
- Monsieur Daniel, tu peux nous prendre avec toi ? Nous et un petit cadavre ?
- Un quoi ?
- Un petit cadavre.
- Un quoi ? Mierda de mierda.
- Un petit cadavre; il est pas grand; il va pas t'encombrer; il pèse pas lourd.
Finalement, je conduis au village le petit cercueil, qui pue
épouvantablement, et 5 ou 6 personnes complètement ivres qui rient à s'en
décrocher la mâchoire. L'attitude devant la mort est quelque chose qui
appartient en propre à chaque peuple. Là, il n'y a pas d'universalité.
Un autre jour, un péon vient me voir :
- Monsieur Daniel, Il faut que tu me prêtes de l'argent pour que j'achète des
médicaments pour mon fils. Si tu ne veux pas, ça va me coûter plus cher.
- Comment ça, plus cher ?
- Si j'achète deux ampoules maintenant, ça me coûtera 20 soles; les enterrements
coûtent de plus en plus cher; il faudra que j'achète au moins 2 ou 3 caisses de
bière pour ne pas passer pour un ladre, et ensuite il y a le curé, puis le
cimetière.
Je suis convaincu par cette démonstration et lui prête les 20 soles.
Une pauvre femme, après avoir été soignée à l'hôpital de Tingo, vient mourir à
la plantation. Ses parents et amis pensent qu'elle a été mal soignée. Alors, ils
l'emmitouflent dans des couvertures. Certains disent qu'elle est morte, d'autres
qu'elle le sera bientôt; et ils partent pour le village, passablement éméchés,
comme il convient dans de pareilles circonstances.
Arrivés là-bas, ils font le tour des endroits où on sert à boire, avec leur
paquet qu'ils déposent chaque fois sur une chaise ou sur un banc. Tard dans la
nuit, marchant difficilement; ils tournent quelque temps dans le village,
cherchant la maison du médecin qui avait mal soignée - disaient-ils - la
défunte. L'ayant trouvée, ils abandonnent leur paquet devant la porte de la
maison ...
(Extrait du très bon livre "Tingo Maria au Pérou" de Daniel
Salleron).
Dernière minute : les abeilles envahissent St.
Girons !
….une collision s’est produite entre une voiture et une camionnette à plateau
qui transportait une dizaine de ruches habitées ; le choc était très
violent…Quant aux ruches renversées sur la chaussée et démantelées, elles
laissaient échapper les essaims qui envahissaient aussitôt le quartier et les
arbres environnants. Gendarmes, pompiers et agents de la DDE se mobilisaient
pour sécuriser le site et mettre en place une déviation, le temps d’évacuer les
2 véhicules, de reconstituer les ruches sur lesquelles tournoyaient les abeilles
et d’installer des panneaux invitant les automobilistes à fermer les vitres,
tandis que l’accès était fortement déconseillé aux deux-roues et aux piétons.
Sorti de l’hôpital, l’apiculteur a attendu le soir pour tenter de récupérer
toutes ses abeilles…
(La Dépêche du Midi du 19 juin 2005)
La « mouche d’Espagne » :
C’est un petit coléoptère vert doré et brillant que l’on trouve en Espagne et
dans le sud de la France (Lytta vesicatoria est en fait un Meloïde et non un
Cantharide… !). Les élytres de ces insectes sont séchés et réduits en poudre,
puis traités chimiquement pour en extraire un toxique appelé « cantharidine ».
On prétend qu’il suffit d’en verser quelques gouttes dans le verre de votre
dulcinée : même si , jusque là, elle est restée de marbre devant toutes vos
tentatives, elle est censée se transformer instantanément en insatiable obsédée
sexuelle, vous implorant d’éteindre les feux de sa passion…Vous vous souvenez de
l’histoire de ce type qui avait fait avaler quelques
gouttes à une jeune femme
et l’avait conduite devant un point de vue romantique en attendant les résultats
: la belle s’était métamorphosée en nymphomane déchaînée et, ayant épuisé son
amant après quatre assauts d’affilée, avait entrepris d’avoir un rapport sexuel
avec le levier de vitesse de la voiture du monsieur… ! C’est une charmante
histoire mais, sans doute, de la pure fiction…Voilà une version plus plausible :
10 minutes après l’ingestion, la jeune fille est prise de convulsions ; elle est
conduite aux urgences et le jeune homme au cabanon ; si elle survit (50% de
chances), ils s’en tirent bien ; si elle y passe, il est condamné pour homicide
involontaire…
La cantharidine est vraiment un aphrodisiaque très efficace…pour les animaux de
ferme ! Chez l’homme, la dose efficace et la dose mortelle sont très proches ;
la cantharidine est très irritante ; une fois ingérée, elle descend dans les
reins, passe dans l’urine et arrive à la vessie ; en chemin, elle brûle la
tunique interne de la vessie et de l’urètre, et stimule par réflexe les organes
génitaux ; chez les femmes, elle provoque l’érection du clitoris, l’engorgement
des lèvres et un chatouillement vaginal ; chez les mâles, elle entraîne une
érection intense et douloureuse…
(Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…)
Suite :
L'application d'infimes quantités de cantharide a pour effet immédiat de
stimuler les reins. Des doses trop importantes peuvent s'avérer dangereuses,
voire mortelle. Apparue dans l'antiquité, la cantharide ou mouche espagnole est
d'abord séchée, broyée et réduite en poudre. Hippocrate préconisait déjà son
emploi comme aphrodisiaque et les romains croyaient très fort à ses propriétés
stimulantes. En effet, elle peut déclencher une forte érection par la présence
d'un composé : la cantharidine. Une propriété que n'ignorait pas le marquis de
Sade, grand libertin, qui se plaisait à offrir des biscuits chocolatés à la
cantharide pour ses orgies.
La collection Oberthür :
La famille Oberthür est d’origine alsacienne. Le grand-père de René….contribua à
mettre au point la « lithographie »…L’un de ses enfants, François-Charles…a
l’idée de génie qui va changer le cours de sa vie et celle de ses descendants :
il crée l’ « Almanach des Postes »…Pour des milliers de familles modestes, le «
Calendrier des Postes » est le seul accès à l’art…Longtemps avant sa
disparition, François-Charles avait associé ses deux fils, Charles et René, à
son entreprise. Celle-ci emploie quelque 1000 personnes : l’imprimerie Oberthür,
à Rennes, est l’une des entreprises les plus importantes de la
région et la
première imprimerie de France.
François-Charles était amateur de papillons, notamment lycènes et zygènes….dont
il avait réuni une intéressante collection. Dès 1861, il la laisse à son aîné
Charles… ; parallèlement, il offre à son cadet, René, quelques boîtes de
coléoptères, rassemblés un peu au hasard ; cela décide de la vocation de ce
dernier qui sera coléoptériste et entrera à la SEF en 1871…Les deux frères se
livrent si sérieusement à leur passion que leurs collections prennent, en une
vingtaine d’années, des proportions considérables. La maison familiale est
envahie (on connaît…). En 1884, François-Charles décide de faire construire à
côté de celle-ci un pavillon consacré à l’entomologie….Le soin du détail est
poussé très loin : les céramiques des toilettes sont également ornées de motifs
entomologiques ! Outre les deux frères, plusieurs préparateurs ou préparatrices
surveillent, entretiennent et classent les collections que les deux frères
cherchent à accroître le plus possible ; Pour cela, ils financent les voyageurs
naturalistes de leur époque : …. En outre, ils concluent un marché avec les
principales congrégations missionnaires : en échange de la fourniture gratuite
de tous les imprimés nécessaires à leurs activités (bibles, missels,
catéchismes, bulletins, lettres paroissiales…), les missionnaires devaient
récolter, ou faire récolter par leurs ouailles, tous les insectes qui passaient
à leur portée…
Outre les matériaux qu’il se procurait auprès des voyageurs et missionnaires,
René Oberthür pratiqua une politique d’achats à grande échelle…Surtout, il pu
acquérir presque toutes les grandes collections qui furent mises en vente
pendant sa vie…
En 1925, à la mort de Charles, le Muséum de Paris ne put pas se rendre acquéreur
de sa collection de papillons, qui partit…à Londres. Désormais, le bâtiment de
Rennes fut entièrement à la disposition de René. On lui prête l’exclamation
suivante, assez peu fraternelle et certainement apocryphe : « Enfin, je vais
pouvoir m’occuper de papillons !»…Pendant toute sa vie, René Oberthür occupa la
plus grande partie de ses loisirs à travailler à sa collection ; il supervisait
lui-même l’étiquetage, la détermination et le classement ; pour faire identifier
cet énorme matériel, il avait recours aux spécialistes de toute l’Europe…
Pendant la seconde guerre mondiale, le Dr. Georg Frey, lui-même (très grand…)
collectionneur de coléoptères, qui était alors officier dans l’armée allemande,
eut soin que le bâtiment abritant la collection soit convenablement chauffé et
entretenu. René Oberthür décéda le 27 avril 1944…René Jeannel, Directeur du
Laboratoire d’Entomologie du Muséum, avait toujours gardé un œil sur les
collections des deux frères ; il n’avait pas apprécié le départ des papillons de
Charles vers le British ; mais enfin, ce n’étaient « que des papillons »… !
Après la guerre, il fit tout son possible pour que l’énorme corpus de René,
cette « Collection des Collections », suivant le mot de Frey, puisse entrer dans
le patrimoine national . Encore une fois, les Anglais menaçaient….Mais Jeannel
put obtenir le classement de l’ensemble au titre de « monument historique », ce
qui empêchait la sortie du territoire français. L’achat fut alors négocié avec
la famille pour 32 millions de francs de l’époque, montant raisonnable compte
tenu de ce qu’avait coûté la collection (20 fois plus, soit quelque 600
millions, disait-on alors), mais qui ne put pas être réuni au Muséum avant
1951….Le 13 décembre 1952, elle faisait son entrée au Laboratoire d’Entomologie,
où elle fut installée au troisième étage du 45 rue Buffon, aménagé pour
l’occasion. A son arrivée, elle comptait quelque 20 000 boîtes et 15 armoires,
le tout renfermant au moins 5 millions de spécimens, y compris des dizaines de
milliers de types. Mais seule une moitié de cet ensemble formait une collection
proprement dite…, l’autre moitié n’était qu’un immense « magasin », renfermant 2
à 3 millions de spécimens non identifiés et non classés…Enfin, une grande
Exposition entomologique fut organisée au Muséum, de mai à septembre 1953, pour
commémorer cet évènement. Elle fut inaugurée par le ministre de l’Education
Nationale, M. André Marie, qui remit à Chopard la Légion d’honneur. Ce fut la
première, la dernière et la seule fois que la République française célébra
solennellement l’entomologie, les coléoptères, leurs collections et leurs
collectionneurs…
(Dans « le Coléoptériste » de juin 2004, « René Oberthür (1852-1944) et sa
collection » par Yves Cambefort ; j’invite les lecteurs à se procurer
l’intégralité de cet excellent article…)
Lutte biologique :
Produisant 250 000 plantes par an, les serres municipales des Issards, à Albi,
n’utilisent plus d’insecticides depuis mai 2004. La ville s’est lancée dans la «
lutte biologique intégrée » pour laquelle « elle se montre précurseur » affiche
Geneviève Parmentier, l’adjointe du maire aux espaces verts. Les ravageurs des
végétaux sont combattus par des coccinelles qui mangent les pucerons (très
connu…). Les services municipaux ont recours à d’autres auxiliaires naturels,
comme les petites punaises vertes, également dévoreuses de pucerons, ou des
petites guêpes qui pondent leurs œufs dedans…(moins connu…). Pour choisir la
bonne arme en fonction du prédateur, la ville s’est adjointe le concours d’une
ingénieure-conseil, Edith Mulhberger, du cabinet Hydroflor de St. Jory. Les «
bêtes à Bon Dieu » sont expédiées à Albi dans des boîtes contenant du pop-corn,
qui évite leur écrasement pendant le transport. L’expérience est étendue aux
jardins du palais de la Berthie.
(La « Dépêche du Midi », juin 2005)
Au poste !
Le
Professeur Jean Leclercq, spécialiste des Hyménoptères, se servait d’abri-bus
comme d’un piège-fenêtre; il récoltait chaque année les insectes pris à
l’intérieur de la cage vitrée lors de plusieurs visites annuelles…..manège
suspect,….un pédophile?....., il fut intercepté lors de ses récoltes et dû
longuement s’expliquer sur ses chasses entomologiques!
Le paradichlorobenzène est-il
dangereux ? :
La cancérogénicité du produit a été étudiée chez le rat et la
souris; administré par voie orale, il a produit des adénocarcinomes rénaux chez
les rats mâles et des tumeurs hépatiques chez les souris des deux sexes. Il a
aussi été testé par inhalation (plus intéressant pour nous ...!) dans ces 2
espèces et n'a pas augmenté la fréquence des tumeurs observées ; cependant, la
durée d'exposition dans cette dernière étude était trop brève (56 à 76
semaines). plusieurs cas de leucémie ont été rapportés chez des travailleurs
exposés au paradi..., sans qu'il soit possible d'établir un vrai rapport de
cause à effet. Le Centre International de Recherche sur le Cancer considère
qu'il n'y a pas de preuve de la cancérogénicité du produit pour l'espèce
humaine, mais qu'en revanche, il y a des preuves suffisantes de sa
cancérogénicité chez l'animal. Sur ces données, il propose de classer le
paradichlorobenzène dans le groupe 2B des substances
possiblement cancérogènes pour l'espèce humaine.
Quant à la créosote, elle serait plus dangereuse; le Centre International de
Recherche sur le Cancer estime qu'il y a des preuves limitées de la cancérogénicité des créosotes dans l'espèce humaine mais que ces preuves sont
suffisantes sur l'animal. Sur ces données, il a classé les créosotes
dans le groupe 2A des substances probablement cancérogènes
pour l'homme.
Conclusion : ne dormez pas dans une pièce où serait entreposée votre
collection ! A moins évidemment que vos boîtes ne soient
rigoureusement hermétiques.
Halloween 2005 , une très sale
blague…. :
Lundi 30 octobre 2005, je regagne mon village ariégeois après une semaine passée
à Paris et à Beauvais (« Mondial de l’Insecte ») ; 19 h 30, je commence à vider
ma voiture des multiples boîtes d’insectes qu’elle contient ; après une heure de
va-et-vient, je me préoccupe de ma valise : disparue… ! Je fouille mon
appartement et mon jardin, les alentours de la maison, rien… ; je téléphone à
mes amis parisiens pour qu’ils vérifient que je ne l’ai pas laissée chez eux ou
devant leur maison… ; je refais dans ma tête l’itinéraire de la journée, les
arrêts essence et pipi…Je passe une très mauvaise nuit car elle contenait, outre
mes vêtements et mes affaires de toilette, deux boîtes extrêmement précieuses,
remplies de « types » des Muséums de Londres et Berlin (laissées pour photos à
notre cher éditeur ...) : une vraie catastrophe… ! Au matin, je refouille la
maison et ses alentours ; j’aperçois alors, en haut de ma rue, ma valise
ouverte, les vêtements éparpillés autour et trempés par la pluie ; je me
précipite : les boîtes ont disparu ; en fouillant les environs, je découvre un
papier (qui emballait une des boîtes) accroché au grillage d’une maison ; comme
un indice m’indiquant une direction à suivre… : les « Allées du Pouech » ; je
fouille pendant une heure cette belle Promenade massatoise, les poubelles, le
court de tennis, les bacs fleuris ; enfin, sur le dernier banc de la Promenade,
les deux boîtes, posées, trempées… ; à l’intérieur, les insectes rarissimes
avaient certes bougé mais été intacts… ! Quel soulagement !! Heureusement, nous
ne sommes pas à Clichy/Bois… ! La « blague » était vraiment très « limite » et
aurait pu avoir des conséquences désastreuses ; pour moi et pour la « Science »…
; une blague finalement assez « réfléchie » (si j’ose dire… !), aux limites
responsabilité et irresponsabilité, qui semble bien, finalement, une blague
d’adultes plus ou moins imbibés et un peu cons…!!
Après coup, j'ai reconstitué le déroulement
des "évènements" : j'ai descendu la valise de la voiture et l'ai posée le temps
de récupérer quelques lettres dans la boîte; n'ayant pas les clés, j'ai glissé
les doigts dans la fente pour pincer les lettres; au moment de retirer les
doigts, impossible, coincés (c'est le schéma du singe, de la grosse bouteille et
de la banane dans la bouteille...!); fatigué et énervé, je tire stupidement et
m'ouvre profondément le majeur; ça pisse le sang ; tellement, que j'abandonne la
valise le temps d'aller nettoyer la plaie et les vêtements; c'est à ce moment
qu'un petit malin l'a récupérée pour la monter en haut de la rue; des témoins
l'ont vue, encore fermée, vers 21h; plus tard, un autre individu (ou plutôt un
groupe) ont eu l'idée (mauvaise...) de l'ouvrir et d'échafauder le jeu de piste ...Quant à moi, dans l'affolement (la plaie était vraiment profonde et
aurait justifié un point ou deux), impossible de me rappeler ce que j'avais
fait de cette valise...!
Quelle méprise !
De Beauchamp écrivit un jour un livre sur les insectes de la
plage, notamment les Aepus, ces coléoptères subaquatiques, et il
l'intitula "Les grèves de Roscoff". L'Humanité en commanda une centaine, pensant
qu'il s'agissait d'une étude sociologique sur les grèves à la gloire du génial
Petit Père des Peuples !!
Les mygales de Jussieu :
Pour voir les mygales de Marie-louise Célerier, il faut
quasiment se glisser sous les combles de l'université Pierre et Marie Curie; au
huitième étage, face à la Seine et à Notre-Dame, on entre dans des locaux qui
sentent le bois ciré et les vieux ouvrages; elle vous emplit le cerveau, cette
atmosphère de bonne vieille recherche fondamentale qui survit en ces temps
sombres où la "rentabilité" à court terme fait figure de divinité...
Poussez quelques portes cadenassées; et là, sur chaque table et chaque recoin
d'étagères, des boîtes en plastique; dans chacune, une boule de poils; il y a
des vives, petites comme des pièces de monnaie, et des pataudes, grosse comme un
steak; au total, 300 mygales vivent ici; la gorge pique à cause des soies
urticantes que les araignées répandent en se frottant le dos de leurs pattes;
certaines sont là depuis 20 ans, la durée de vie d'une mygale. "On ne peut
pas les mettre ensemble, sinon elles se mangent" explique le professeur.
Même s'il est tentant de fantasmer sur un scénario du genre "Arac attack à la
fac", pas question de se faire peur; nous sommes au laboratoire "Fonctionnement
et évolution des systèmes écologiques", unité mixte du CNRS et de Paris VI; mais
la chercheuse fait aujourd'hui ses valises pour partir à la retraite, et
l'université ne privilégiant pas les arachnides, l'élevage devra être euthanasié.
Etudier les araignées est un travail de fourmi; il faut d'abord les dénicher;
Marie-Louise était la seule spécialiste française. "En 1971, j'ai ramené ma
première araignée d'Afrique entre mes jambes dans l'avion"; la plupart des
araignées sont nées ici, et "environ une centaine ont été apportées par les
douanes à la suite de saisies".
Une grosse partie du travail concernait l'étude des mues annuelles; chacune
étant pesée et mesurée. "Les mues permettent de comprendre le cycle de
développement des araignées"; mais le thème le plus tendance concerne le
venin; sans se laisser impressionnée par la position défensive de la mygale qui
brandit ses pattes avant, Marie-Louise l'attrape par le dos - "Je me suis
fait mordre une seule fois dans ma carrière; c'est très douloureux mais pas
mortel" - Il faut ensuite placer un bâton sous les crochets de la bestiole
pour voir sortir le fameux liquide.
Et c'est là que je m'adresse à ceux qui se disent depuis le début que je
cherche à les apitoyer sur des monstres dont ils n'ont que faire. Sache, lecteur
dubitatif, que l'étude des araignées est utile. En montrant une mygale baptisée
Psalmopoeus cambridgei, Marie-louise raconte pourquoi : "On a
découvert que son venin contient une toxine qui s'attaque au parasite qui
transmet le paludisme." Logique, après tout, car le venin contient des
toxines à l'action paralysante. Dans le même registre, des chercheurs viennent
de découvrir que le venin pourrait bloquer la prolifération des cellules
cancéreuses; d'autres toxines agiraient sur les maladies cardiaques, et d'autres
encore sur la douleur, en raison des anesthésiants présents dans le venin. Cette
araignée que tu méprises, c'est peut-être elle qui te sauvera la vie.
Et malgré tout, on ne sait quasiment rien des médicaments que recèlent les
sous-bois des forêts tropicales. "Sur 2500 espèces de mygales, on a des
embryons de connaissances sur une centaine seulement"; sans oublier que
chaque espèce possède un venin composé de centaines de toxines...dont, au mieux,
seulement une ou deux ont été étudiées ! C'est dire l'univers qui reste à
explorer...!
Un univers sur lequel, l'Université ferme ses portes. Ce n'est pas faute de
jeunes chercheurs disposés à prendre le relais. Mais "tout le monde veut
récupérer le local pour en faire autre chose". Bien sûr, le recherche est un
processus dynamique, et tous les jours des thèmes disparaissent avec le départ à
la retraite du chercheur qui les a portés, pendant que de nouveaux sujets
démarrent.
Quand même, on peut regretter que les araignées soient tuées. Et ce n'est pas une
question de sensiblerie. D'ailleurs, bien qu'une mygale vive plus longtemps
qu'un chat, Marie-Louise ne voue pas de tendresse particulière à ces animaux
qu'elle considère comme du "matériel" de recherche. Sauf que "ça fait de la
peine de mettre à plat trente ans de boulot. En plus, c'est une question de
respect de la vie".
Et aussi de budget. "Nous avons rédigé un projet de création d'un centre de
ressources biologiques destiné à fournir des venins aux labos qui en ont besoin,
mais nous n'avons pas eu gain de cause". Si elles ne trouvent pas repreneur,
les mygales finiront dans un congélateur, où à - 40°, elles mourront en quelques
secondes. (Là, j'en appelle à tous mes amis amateurs
éleveurs de mygales pour essayer de les récupérer...).
Cette histoire illustre au moins deux points : d'abord, que le respect du
vivant ne doit pas se mesurer à l'aune des critères anthropomorphiques de la
sympathie que nous inspire tel ou tel animal; ensuite, que si la recherche
publique ne voyait pas ses moyens financiers rétrécir d'année en année, elle
n'en serait pas réduite à jeter à la poubelle des décennies de recherches
originales.
("Charli Hebdo" du 18/01/2006)
Des poux dans la tête :

À Tours, une
chercheuse, docteur en sciences, étudie la vie des poux, ces insectes
passionnants et dévorants. Et comment l'éradiquer. Dans son labo, depuis plus de
dix ans, elle répond aux nombreuses questions de ceux que le sujet démange.
Sous
la lumière clinique d'un néon, des dessins d'enfants :
des poux, en libre interprétation, des roses, des bleus, des rigolards. Et puis
les remerciements d'une école maternelle. Une paillasse en carrelage blanc, un
microscope au garde-à-vous. Moins de 15 m2,
au fond de la fac de pharmacie de Tours. Nous sommes dans un des trois ou quatre
laboratoires au monde qui élève des poux.
« C'est ici que ça se passe »,
dit Berthine Toubaté, ingénieure de recherche, en montrant le coin où s'empilent
trois étuves. L'une affiche 28 °C, « la
température où ils vivent normalement. Je les nourris le matin avec du sang de
lapin ». Avant le week-end, ils sont placés dans l'étuve à 24°C,
température qui ralentit leur métabolisme et leur permet de ne pas manger
pendant deux jours. L'étuve du haut, à 34°C, sert aux éclosions.
« Ils », ce sont des poux, environ 10 000, conservés vivants dans des boîtes de Petri, ces
boîtes rondes et plates utilisées en microbiologie. Des milliers de poux
« qui passent le plus clair de leur temps à
copuler dès qu'ils ont plus de 18 jours », lâche nonchalamment
Berthine Toubaté. La majorité sont des poux de corps, élevés sur du tissu. On
trouve aussi quelques poux de tête, accrochés à un cheveu ou deux, mais ils ne
survivent pas longtemps loin d'une zone capillaire humaine et
« franchement, je ne suis pas candidate à les
cultiver sur moi », rigole Catherine Combescot-Lang.
Elle est la patronne du labo, 62 ans, tignasse frisée sympathique,
« bavarde » toujours en
mouvement. Une des trente scientifiques au monde spécialistes de cet insecte. Du
pou, elle connaît le mode de vie, le cycle de reproduction, le degré de
résistance. Elle peut affirmer, pour avoir étudié leurs enzymes et leurs
chromosomes, que poux de corps et poux de tête présentent les mêmes
caractéristiques. Les premiers, élevés au laboratoire, sont plus résistants que
les seconds. Ils servent donc avantageusement à différents tests. Elle n'a pas
fini la comparaison génétique des deux espèces : « Pas le
temps, déjà, je ne dors presque plus ! » Elle répond aux
sollicitations des industriels, écoles, particuliers, entre les enseignements
qu'elle donne à l'université. En ce moment, elle compare l'efficacité de vingt
produits anti-poux courants. Ses résultats sont très attendus...
Car le pou est devenu un phénomène de société. « Toute la journée, des gens m'appellent : « C'est horrible, comment
m'en débarrasser ? » Dans un repas mondain ou dans le train, le sujet attise les
questions. Parce que tout le monde a des problèmes de poux, que l'on soit PDG ou
employé. » Bête noire des cours de récré, le pou intéresse. Le
pou interpelle. Quelques spécimens suffisent en France à déclencher des phobies,
« alors que dans de nombreux pays, plus de la moitié des gosses en ont,
et parfois vingt à cent à chaque coup de peigne ! ». Chez nous,
il fait pleurer les enfants :
« Pour certains, c'est un drame. »
L'autre jour, « on a traité mon fils de ' pouilleux '», lui a confié
une mère désespérée. Le pou reste tabou.
C'est même une vraie question sociale, pense la chercheuse.
« On ne peut pas travailler sur les poux sans
travailler sur ce qu'il y a autour », affirme-t-elle en servant
un café-gâteaux sur une table haute coincée entre son bureau et celui de
Berthine. Elle file à son ordinateur :
des courbes montrent la chute considérable de la pédiculose à Tours, 22 %
des élèves dans les années 1990 à 3 %
aujourd'hui. Remarquable. Mais parmi les enfants atteints, elle a fait ce
constat :
« Certaines catégories sociales plutôt
' favorisées ' ont passagèrement des poux, mais ne les gardent pas, alors que
d'autres généralement ' défavorisées ', les gardent. »
Rien à voir avec l'hygiène. Qu'on se le tienne pour dit, le pou ne préfère pas
les cheveux sales. C'est autre chose :
« Qu'est-ce que quelques poux dans la
chevelure d'un enfant par rapport au chômage chronique, à l'instabilité du
ménage accablé de tracas multiples, entraînant des soucis d'argent ? »
Les produits anti-poux coûtent cher, entre 12 et 17 € le flacon. Et comme la
plupart des lotions ne tuent plus les lentes (oeufs), il faut trois
applications, à une semaine d'intervalle, pour toute la famille, même nombreuse.
Les poux creusent l'exclusion...
C'est d'ailleurs pour éviter une stigmatisation grandissante que Tours a décidé
d'agir en 1985 :
« Des parents menaçaient d'enlever leurs enfants
de l'école si tel élève avait encore des poux », se souvient
Jean-Pierre Cheneveau, inspecteur au service d'hygiène de la ville. Un programme
d'observation des élèves a été développé depuis :
une à trois visites par an, des réunions pour dédramatiser le sujet et même une
« fête des poux ». Cette politique, exceptionnelle, profite de la proximité du
laboratoire de recherche de Catherine Combescot-Lang.
« J'ai commencé mon élevage, vers 1992,
dans le service de mon mari, peu avant sa retraite. Charles Combescot était
professeur en parasitologie, ' le ' spécialiste des poux en France. »
Au microscope, Berthine « chatouille le ventre » de quelques bébêtes,
histoire de voir si elles vivent encore. Catherine reprend :
« J'avais un faible pour les invertébrés,
notamment les mollusques marins. » Mais Charles a ramené sur
terre cette fille de biologistes, étudiante à Orsay, dont il a fait son
assistante à Tours. Aujourd'hui, elle porte son labo à bout de bras. Que
deviendra-t-il à sa retraite, dans deux ans ?
Elle ne le sait pas. Le pou intéresse. Mais il ne paie pas toujours.
Au poste à nouveau :
Un
brave entomologiste français qui s’occupait de collections de Coléoptères
Silphidae au musée de Lille, voulait enrichir ce patrimoine et se mit à déposer
en forêt des cadavres de petits animaux, qu’il trouvait sur le bord des routes,
pour attirer les nécrophages (insectes qui mangent les cadavres). Manège
suspect, le voici interpellé par les forces de l’ordre, accusé de pratiquer des
rites «Vaudou» ou sataniques, il fut conduit au poste où il demeura plus de 24
heures, il fallut l’intervention du directeur du Musée pour le libérer!
Les tiques attaquent :
Au départ, cela ne ressemble à rien; tout au plus une petite
piqûre dans les bois que l'on oublie bien rapidement. C'est par la suite que les
choses se compliquent : un mois après, cela se transforme en
une grosse tache rouge, accompagnée parfois de maux de
tête, de raideurs articulaires, voire d'une immense fatigue. Et si aucun
traitement à base d'antibiotiques n'est prescrit, la maladie peut devenir
mortelle : atteinte cardiaque, méningite et même encéphalite.
Cette maladie terrible, appelée maladie de Lyme, provoque actuellement une
véritable psychose en Allemagne : plus de trois millions et demi d'habitants en
seraient menacés. Et surtout cette maladie peut mettre des mois à se déclarer.
Aux USA, par exemple, elle a été récemment classée maladie numéro 2 parmi les
plus dangereuses, juste après le sida ! Une réaction irraisonnée certes, mais
qui montre à quel point elle peut faire peur.
Le plus souvent, ces tiques se laissent tomber des arbres sur les promeneurs; ou
s'accrochent aux vêtements à la traversée de hautes fougères. Minuscules au
début - elles mesurent à peine 5 mm - elles gonflent ensuite jusqu'à atteindre
cent fois leurs poids initial, et cela rien qu'en suçant le sang !
La maladie de Lyme n'a d'ailleurs été isolée que depuis une vingtaine d'années,
dans un petit village des USA (Lyme) où une grande partie de la population
souffrait d'arthrites mystérieuses. depuis on sait la traiter facilement, avec
quelques antibiotiques classiques.
Le meilleur moyen pour s'en prévenir est de bien regarder ses bras, ses jambes
et ses parties plus intimes, après une promenade en forêt, pour en enlever
toutes les tiques à l'aide d'éther (ce qui les fait tomber ...). Mais en cas de
doute, même quelques semaines plus tard, mieux vaut aller voir un médecin qui
vous donnera le traitement approprié.
Les écologistes, les ramasseurs de champignons, tous les adeptes de promenades
dans les bois sont désormais prévenus ... Certains experts estiment d'ailleurs
que 50 000 Français seraient chaque année atteints par la maladie de Lyme.
Dernière nouvelle (novembre
2008): La chaleur incite les tiques du chien à s'en prendre à l'homme,
annoncent des chercheurs français, qui publient aujourd'hui leurs travaux sur le
site de la revue scientifique "PLoS Neglected Tropical Deseases". D'où un risque
d'épidémies de maladies transmises par ces tiques en cas de réchauffement
climatique. Les tiques sont des acariens qui se nourrissent du sang des animaux
et peuvent parfois piquer l'homme, à qui ils pourraient transmettre des dizaines
de pathologies comme la maladie de Lyme.
Beurk ... :
La peur des serpents et des araignées serait innée. Un
héritage génétique de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, qui se méfiaient de
leurs piqûres. Deux psychologues de l'Université de Virginie l'affirment après
avoir constaté que des enfants de moins de 5 ans à qui on présente des images
complexes repèrent quasi instantanément ces animaux. (Psychological Science).
Des joyaux ailés (qui sont
des Rutelinae !):
C'est la tête dans les nuages, dans les forêts tropicales
d'altitude du Honduras, que David Hawks et moi (Ronald D. Cave) traquons
l'insecte aux mille feux. Tels des pêcheurs ayant jeté leurs filets, nous
montons la garde auprès d'un drap de lit blanc étendu sur le sol et éclairé par
des lampes; lorsque les scarabées s'y précipitent, c'est une pluie de couleurs
qui s'abat sur le tissu.
Notre mission consiste à les récolter - afin d'estimer leur nombre, d'étudier
leur écosystème et leur répartition. Dave m'a rejoint ici en 1992. Depuis, avec
d'autres, nous avons découvert sept nouvelle espèces (de Chrysina ...) au
Honduras et exhumé une huitième, considérée comme disparue.
Ces joyaux ailés ont aussi attiré l'attention des collectionneurs; la valeur
d'un spécimen rouge vif peut atteindre 2000 F , tandis qu'un splendide doré vaut
dans les 3500 F; certains conservateurs craignent que, avec leur tête ainsi mise
à prix, les scarabées soient voués à une disparition certaine;
un point de vue que notre étude ne validera pas forcément.
La chasse aux insectes ne ressemble en rien à un safari; des millions d'oeufs,
de larves et autres pupes demeurent enfouis sous terre, tandis que seuls les
adultes (les imagos) intéressent les collectionneurs; ce ne sont pas les
passionnés d'entomologie qui menacent cependant le plus ces scarabées, mais la
disparition de leur environnement à mesure que les forêts tropicales font place
aux cultures. Selon nous, la récolte réglementée de ces joyaux par les habitants
locaux - puis dans un avenir plus ou moins proche, la pratique de l'élevage -
pourrait bien ralentir ce processus. En cas de développement de cette activité,
il y a fort à parier que les habitants accordent davantage de valeur à une forêt
peuplée de scarabées qu'à un lopin de terre nue.
(Extrait de l'excellent article de nos collègues américains
paru dans le "National Geographic" de février 2001; accompagné de superbes
photos; on peut voir certaines de ces photos dans ma
rubrique "Galerie d'images")
Les plus petits insectes, des
as de la miniaturisation :
L'exosquelette condamne les insectes à la petitesse. Les
mouches et les guêpes parasites internes, limitées par la taille de leur hôte,
rassemblent les plus petites espèces. Le mâle aptère d'une petite guêpe parasite
mesure à peine 0,14 mm, 139 microns pour être précis ! Sa femelle est une géante
en comparaison, avec ses 0,2 mm; ces minuscules animaux se développent dans les
oeufs des psoques, des insectes proches des pucerons qui ne dépassent pas
eux-mêmes quelques mm de long à l'âge adulte. Sachant que jusqu'à 3 mâles
peuvent sortir d'un oeuf de psoque, on comprend que la limitation de ressource
alimentaire ne leur autorise pas une croissance soutenue. Et pourtant,
cette minuscule goutte de protéine permet la croissance de
3 merveilleuses petites machines vivantes en état de fonctionnement, respectant
en tout point l'organisation complexe des insectes les plus gros...
("Les insectes petits mais costauds", chez Belin)
Chikungunya : les tribulations
du "tigre asiatique" :
On l'a d'abord repéré en septembre, dans un jardin
public de Menton; les lieux ont été traités, mais cela n'a pas suffi; début
octobre, Aedes albopictus, également appelé le "tigre asiatique" en
raison de son aspect zébré noir et blanc et de son agressivité - il pique
le jour, surtout au crépuscule - était signalé dans d'autres quartiers de
Menton, puis à Nice; depuis le froid a eu raison de lui; "les adultes meurent
l'hiver, mais des oeufs peuvent subsister et éclore le moment venu; on le saura
aux alentours de juillet" indique Christophe Lagneau, directeur du
laboratoire de l'EID Méditerranée. Chaque année, il neutralise les larves de
moustiques sur 300 000 hectares, de l'étang de Berre jusqu'à Cerbère. Culex ou
Anophèles, tels sont les ennemis habituels. Mais depuis 2000, dans le cadre d'un
partenariat entre les autres EID et le centre de démoustication de Martinique,
les chasseurs de moustiques traquent aussi l'insecte vecteur de l'épidémie de
chigunganya,
la maladie qui sévit actuellement à La Réunion. "Ce moustique
est présent dans le nord de l'Italie depuis le début des années 90; mais nous
avons établi cette surveillance, à la demande de la Direction Générale de la
Santé, après que des foyers ont été signalés dans l'Orne et dans la Vienne, en
1999" précise C. Lagneau.
Tour du monde des pneus usagés :
Comment diable "le tigre asiatique", originaire d'Asie comme son nom l'indique,
est-il arrivé jusque-là ? Grâce aux voitures, plus exactement aux pneus usagés;
"les femelles d'Aedes albopictus pondent en bordure de petites collections
d'eau, telles que l'on peut en trouver dans ces pneus usagés lorsqu'ils sont
exposés à l'air libre; les larves voyagent ensuite avec les pneus", explique
C. Lagneau. Le moustique a donc trouvé avec ce commerce des pneus un moyen de
transport idéal, qui l'aide à effectuer son tour du monde. Des pneus importés
d'Asie lui auraient ainsi permis de découvrir l'Amérique du Nord dès 1972; on
l'a signalé en Albanie en 1979, au Brésil en 1986, en Italie en 1990; au fil de
ses pérégrinations, l'insecte tropical a su s'adapter; "il semblerait que les
larves soient susceptibles d'éclore pendant plusieurs, voire jusqu'à un an; il
s'adapte par ailleurs à un climat tempéré : il supporterait l'isotherme 5°,
voire 0°; on l'a signalé à Anvers, en Belgique, c'est dire ..." dit C.
Lagneau.
Pour Didier Fontenille, chercheur à l'IRD de Montpellier, pas de doute :
Aedes albopictus est en pleine expansion et s'apprête à coloniser la
planète; "il progresse, c'est vrai, mais pour l'instant, il n'est pas en
mesure de détrôner les autres, chez nous" tempère le professeur Deudet, du
laboratoire de parasitologie du CHU de Montpellier; lequel rappelle la
compétition acharnée qui règne entre les espèces; dans le sud des USA, notre
Aedes a ainsi supplanté Aedes egypti, ce qui n'est pas un mal : le
second est le vecteur de la fièvre jaune ...!
Restent les risques en métropole de Chikungunya ou de dengue, virus dont
albopictus peut être l'hôte; les spécialistes se veulent rassurants; "bien
sûr, une personne peut transporter le virus jusqu'ici, mais il faudrait ensuite
qu'il soit transmis à quelqu'un d'autre par le moustique; or ce n'est pas la
saison; donc, il n'y a aucun risque actuellement", illustre le Pr. Deudet;
cet été ? "Peu probable", renchérit le parasitologue, qui évoque nos "habitats
plus soignés, nos "habitudes domestiques différentes", et "une
lutte contre les moustiques plus efficace"; cependant, on n'est pas à
l'abri, prévient-il : "surtout dans quelques années, si le réchauffement
climatique que l'on nous prédit se produit".
(Dans "L'Indépendant" du
17/02/2006)
Dernières nouvelles :
Aedes albopictus peut
transmettre le chikungunya et/ou la dengue ! Lors d'une double épidémie au
Gabon, en 2007, des chercheurs français ont analysé 800 personnes et 20groupes
de moustiques (selon espèce et distribution) : le "moustique tigre" apparaît
comme le principal vecteur de transmission. S ur les 321 patients infectés, 275
avaient le chi., 54 la dengue, et 8 les 2 maladies. Reste à savoir si la même
piqûre peut délivrer les deux virus à la fois ...
Un coup de cafard :
Vous ne vous êtes sans doute jamais dit, en regardant une
blatte : "Elle n'a pas l'air en forme", mais plutôt : "Où ai-je mis
l'insecticide ?" Cette créature qui nous répugne pourrait pourtant nous
aider à percer certains mystères du vieillissement. Ce processus se résume t-il
à une défaillance mécanique, une décrépitude des articulations et des muscles ?
Ou bien vieillir est-il un problème plus général né quelque part dans un cerveau
à bout de course ? Les blattes sont d'excellents sujets d'étude : ce sont de
gros insectes, ce qui facilite l'analyse de leur système nerveux relativement
simple. Et elles nécessitent peu de soins : il suffit se les placer dans une
poubelle, de badigeonner le rebord de vaseline pour décourager les évasions, de
leur jeter de la pâtée pour chien de temps en temps, et tout le monde il est
content. Ce n'est pas un hasard si les blattes existent depuis plus de 300
millions d'années. L'un de leurs atouts est leur étonnante capacité à s'enfuir
en cas de danger. Les plus rapides ont beau ne détaler qu'à 5km/h, c'est
amplement suffisant pour se réfugier dans une fissure du mur le plus proche.
Christopher
Comer, spécialiste de neurosciences à l'université de l'Illinois, étudie le
comportement des blattes en fuite."Quand vous lui soufflez dessus, la blatte
déguerpit en 50 millisecondes", explique t-il. "Et si vous tapotez
vivement l'une de ses antennes, elle peut tourner les talons et disparaître en
15 à 20 millisecondes". A titre de comparaison, le cerveau humain a
généralement besoin de 200 millisecondes pour répondre à un stimulus. Mais,
comme nous, les blattes vieillissent. Angela Ridgel, de la Case Western Reserve
University (Ohio), a réalisé des films à grande vitesse (125 images par seconde)
montrant des blattes courant dans un étroit couloir, sur une surface
transparente. Elle a noté qu'environ 60 semaines après leur dernière mue, elles
commencent à trébucher; leurs pattes antérieures se prennent dans celles du
milieu et les vieilles blattes dérapent dans les côtes.......... Outre leur aide
précieuse dans la compréhension du vieillissement, les recherches sur les
cafards pourraient bénéficier aux programmes spatiaux. Il précise que leurs
mécanismes de fuite prouvent l'existence de deux circuits
indépendants...........Certaines expériences ont montré que, même décapité,
l'insecte parvient à se déplacer. "Imaginez que l'on veuille concevoir un
système de commande pour un Rover martien; on pourrait baser son fonctionnement
sur le type de double circuit des blattes". Et si le Rover tombe en panne,
les ingénieurs auront toutes les raisons d'avoir le cafard !
Les cafards sont de fines
mouches :
Comment se fait-il que les blattes, capables de courir à
environ 5 km/h, parviennent à filer sous votre nez quand vous vous apprêter à
les écraser ? La réponse est simple ; les minuscules poils de leurs cerques
captent les variations de l'air; la descente d'une chaussure vers le sol
provoque un courant à basse fréquence qui diffère des mouvements normaux de
l'air, dès que l'insecte détecte quelque chose de suspect, il détale. Vous
pouvez malgré tout déjouer le système de vigilance des blattes en les visant
avec l'embout d'un aspirateur; elles interprètent la succion comme un courant
d'air venant de la direction opposée et s'enfuient par conséquent droit vers
l'aspirateur !
MacCain vainqueur ??!!
Opposé à Obama,
McCain a remporté indiscutablement l’épreuve. Une course de 6 pieds de long dans
un couloir en plexiglas, disputée par 2 Blattes souffleuses de Madagascar,
Gromphadorhina portentosa (Blatt. Oxyhaloïdé), organisée – comme avant
chaque élection présidentielle états-unienne par l’Association de lutte contre
les ravageurs du New-Jersey depuis 1941.
Et la blatte républicaine a battu la démocrate dans le second concours, pour la
présidence.
Cette course est réputée indiquer le prochain président dans 86% des cas !!!
Guérir le paludisme avec un herbicide ?
Rappel :
chaque année, plus de 500 millions de personnes
dans le monde sont atteintes de paludisme et plus d'un million en meurent, selon
l'OMS. La capacité du parasite, Plasmodium falciparum, à développer des
résistances aux traitements rend la lutte antipaludique périlleuse. Or, à
l'heure actuelle, il n'existe aucune alternative efficace aux associations
médicamenteuses comportant de l'artémisinine, molécule issue de la pharmacopée
chinoise; quant au vaccin, bien peu de candidats prometteurs ont été mis au
point. On comprend donc l'urgence de rechercher de nouveaux traitements aux
modes d'action inédit !
C'est en 1997 que 2 équipes indépendantes découvrent que certains parasites
(dont P. falciparum ...) possèdent un petit organite normalement présent
chez les plantes, un plaste....Tout l'enjeu étant de trouver des traitements qui
attaquent le parasite sans affecter les cellules humaines .... Un raisonnement
qui amène ........ à réaliser les premiers essais sur l'homme d'une molécule
herbicide, la fosmidomycine .....Mené en 2002, le premier essai clinique contre
le palu s'avère prometteur : l'herbicide est efficace et bien toléré. après
administration à des patients pendant 5, 4 et 3 jours, les taux de guérison sont
de 89, 88 et 60%. le biologiste travaille désormais à combiner la fosmidomycine
avec d'autres antipaludiques au mode d'action différent pour en augmenter
l'efficacité ......
(L'article entier dans Science et Vie d'août 2008)
La superbe histoire de la
vanille :
La
vanille (Vanilla planifolia) naquit dans la forêt tropicale mexicaine.
Elle appartient à une famille d'orchidées (Vanillia) qui compte de
nombreux membres, mais elle seule exhale un si doux parfum. Il séduisit le
peuple Totomac, sur la côte du golfe du Mexique, probablement le premier à
cultiver le vanillier, voilà plus de 1000 ans ..... Quand les Aztèques
vainquirent les Totomac, ils leur réclamèrent un tribut annuel en gousses de
vanille, qu'ils mélangeaient à leur boisson chocolatée. A leur tour, les
conquistadors espagnols apprécièrent la vanille qu'ils tentèrent vainement
d'acclimater en Afrique et en Asie . Il faudra attendre le coup de pousse
d'Edmond Albius pour que la culture du vanillier se répande hors de son berceau
natal. Madagascar est devenu le premier producteur mondial; mais, aujourd'hui,
la vanille naturelle n'assure plus que 5% de la consommation mondiale;
l'industrie alimentaire lui préfère la vanille artificielle, fabriquée par
milliers de tonnes à partir du bois.
Ce sont les Espagnols qui baptisèrent cette plante vainilla, mot
dérivé du latin vagina (également à l'origine de vagin !), signifiant
étui, gousse. Le plus amusant, c'est que cette orchidée aurait continué
longtemps à végéter dans sa patrie natale sans un esclave noir de 12 ans, Edmond
Albius. Né en 1829 sur l'île Boubon (La Réunion), cet orphelin de naissance fut
adopté par Beaumont, son maître qui l'instruisit en botanique. Quelques années
avant la naissance d'Edmond, le vanillier
avait
été introduit sur l'île dans l'espoir qu'il produise la gousse parfumée; il
semblait s'y plaire, donnant de superbes fleurs ... mais de gousses : point !
Désespoir. A l'époque, personne ne se doutait que la plante avait besoin d'un
insecte entremetteur pour assurer ses besoins sexuels; chaque fleur possède bien
des organes mâles et femelles, mais un hymen empêche l'autofécondation; pour
transférer le pollen de l'organe mâle (l'anthère) à l'organe femelle (le
stigmate), le vanillier mexicain s'est assuré les services d'une abeille locale
( Euglossa viridissima) en lui faisant miroiter un orgasme ... A cette
fin, le rusé vanillier s'est dessiné une fleur ressemblant à une abeille
femelle, poussant même la tromperie jusqu'à émettre un parfum très sexe !
L'abeille mâle, toute émoustillée, se précipite sur ce qu'elle prend pour une
femelle consentante, déchire les membranes protectrices, tente un accouplement,
puis, comprenant sa méprise, s'enfuit, furieuse, mais enduite de pollen; trop
bête pour en tirer une leçon, l'insecte recommence aussitôt avec une autre fleur
où il dépose son pollen: le vanillier est aux anges : il peut accoucher d'une
gousse !
Ce n'est qu'en 1836 que cette mystification fut découverte fortuitement par
Morren. Ce botaniste belge goûtait paisiblement une tasse de café dans un hôtel
de Vera Cruz (Mexique) quand son attention fut captée par le manège d'une
minuscule abeille noire en train de virevolter autour d'une fleur de vanille.
Intrigué, il s'installe pour mieux observer et constate que l'insecte, tartiné
de pollen, pénètre dans la fleur; Morren patiente et voit la fleur se fermer;
quelques jours plus tard, constatant l'apparition d'une gousse, il comprend le
rôle joué par l'insecte. Bientôt il conçoit une technique de pollinisation
artificielle qu'il teste avec succès au Jardin Botanique de Liège; mais elle
s'avère trop compliquée pour être utilisée dans une plantation. C'est alors
qu'intervient le génie du jeune Edmond. Un jour de l'année 1841, Beaumont
découvre deux gousses sur ses vanilliers; stupéfait, il interroge son personnel;
bientôt le jeune Edmond avoue : c'est lui le coupable;
avec un éclat de bambou, il a eu l'idée de déchirer la membrane protégeant
l'anthère, puis d'un adroit geste rapide du pouce de transférer le pollen de
l'anthère vers le stigmate. En 1848, l'abolition de l'esclavage libère
Edmond, qui reçoit le nom d'Albius en référence à la couleur blanche de la fleur
de vanille; il devient garçon de cuisine; il est emprisonné pour un vol qu'il
n'a pas commis, puis libéré eu égard à son invention. Ce
qui ne l'empêcha pas de mourir dans la misère en 1888, dédaigné par tous ces
Blancs qui lui devaient leurs fortunes. Pauvre Edmond !!
L'espion Frézier qui ramena sa
fraise !
En 1711, Le Roi-Soleil confie à Amédée-François Frézier,
officier du génie maritime, la délicate mission de se rendre au Pérou et a&u
chili pour, officiellement, servir de conseiller militaire aux colonies
espagnoles: le monarque vient en effet de placer son petit-fils sur le trône
d'Espagne. Mais, secrètement, le roi charge Amédée de rapporter le plan de
toutes les places fortes et le maximum d'informations sur ces colonies. Les
alliances se renversent si vite !! Le 7 janvier 1712, l'espion du roi embarque à
bord du navire corsaire "Saint Joseph", et après 160 jours de traversée,
débarque à Concepcion, au Chili. accueilli à bras ouverts, Frézier sillonne la
côte du Pacifique durant deux ans et demi. Or cet ingénieur de 29 ans, à
l'esprit digne du siècle des Lumières, est un fondu de botanique; entre 2
forteresses, il visite l'arrière-pays, s'intéressant aux coutumes locales et aux
plantes cultivées; c'est ainsi qu'il découvre dans les champs des fraises
énormes et blanches; il n'avait jamais rien vu de tel en France; il écrira : "On
y cultive des campagnes entières d'une espèce de fraisier différent du nôtre par
les feuilles plus arrondies, plus charnues et fort velues. ses fruits sont
ordinairement gros comme une noix, et quelquefois comme un oeuf de poule; ils
sont d'un rouge blanchâtre et un peu moins délicats au goût que notre fraise des
bois." Frézier décide d'en ramener quelques plants en France; quand le
navire regagne Marseille, le 17 août 1714, après 6 mois de navigation, 5 ont
survécu; l'espion en remet 2 à M. Roux de Valbonne, l'officier du bord chargé
des réserves en eau, sans qui les plantes seraient mortes de soif; il offre un
pied à son ami Antoine Jussieu, directeur du Jardin Royal (aujourd'hui Jardin
des Plantes), et un autre au jardinier de Versailles; il garde le dernier pour
lui qu'il plante près de Plougastel. Coïncidence extraordinaire : ce nom de
Frézier est une déformation du mot fraise !!
J'aurai pu faire beaucoup
d'argent ! :
A cours de fonds, de nombreux musées cherchent de nouvelles
sources d'aide financière. Depuis un an, le Zoologische Staatssammlung München (ZSM
ou Muséum de Munich ...) met en oeuvre une nouvelle initiative de financement.
Pour 5000 DM et 10 000 DM, respectivement, un individu ou un établissement
choisit un animal; le donateur reçoit un document confirmant que l'espèce a été
nommée en son nom (ou du nom de quelqu'un de son choix), un dessin original
(dont une copie est publiée) et dix tirés-à-part de l'article publié. Les
documents et les dessins sont présentés lors de cérémonies qui ont lieu deux
fois par année. Une société d'amis du muséum, la "Freunde der Zoologischen
Staatssamlung", administre les fonds à des fins de recherche zoologique.
L'argent sert à l'achat de collections ou de livres, au financement de voyages à
des fins scientifiques et à l'acquisition d'équipement instamment nécessaire.
L'approche a de grands mérites. Elle permet de recueillir, en cette période de
compressions budgétaires par les gouvernements surendettés, des fonds grandement
nécessaires. Elle rehausse en outre le profil des travaux taxinomiques et attire
l'attention sur le nombre de nouvelles espèces en voie d'être décrites et de
celles qui ne le sont pas encore. Enfin et surtout, elle forge un lien entre les
gens et les espèces sauvages, un nom étant un puissant symbole spirituel.
(dans "Nature" du 17 avril 1997)
(ndlr : les astronomes font de même en dédiant de nouvelles étoiles ou planètes
découvertes à de généreux donateurs...!)
Papillon cherche
parrain :
Qui n’a pas eu envie de choisir le nom
scientifique d’une espèce d’insecte tout juste découverte ? Pour vous qui avez
noté quelques binoms « latins » au cas où, voici l’occasion du siècle – une très
belle occasion car, pour une fois, il ne s’agit pas d’une variante indiscernable
d’une teigne microscopique ni de quelque insignifiant thrips mais d’un beau et
grand papillon orange. De la famille des Brassolidés (Nymphalidés), du groupe
des Opsiphanes, il vient d’être découvert dans le désert de Sonora
(Mexique).
Proche de lui, on connaît (trop bien) O. tamarindi sous le nom commun de
Chenille verte du bananier plantain, un redoutable défoliateur.
Mais foin de cette digression agricole, comment fait-on pour profiter de cette
aubaine (avant le 2 novembre 2007) ? Il suffit d’aller sur le site
iGAVEL et de faire une offre. Eh oui, ce n’est pas gratuit : l’université
de Floride a en effet mis aux enchères le nom (uniquement le nom, c’est bien
précisé) de ce papillon nouveau pour la science ; la somme recueillie servira
aux recherches sur les Lépidoptères du Mexique et à leur protection.
Pour vous éviter de perdre du temps avec des
surenchères un peu trop faibles, sachez qu’en 2005, le nom d’une nouvelle espèce
de singe (de Bolivie) a été adjugé pour 450 000 € !!
Art (de la promotion) et insectes
Pour l’éternité Roy Orbison (1936-1988) survit dans Orectochilus orbisonorum
(Col. Gyrinidé). C’est Quentin Wheeler – directeur de l’International Institute
for Species Exploration (université de l’Arizona, États-Unis) - qui a nommé ce
gyrin indien en l’honneur du “plus grand chanteur du monde” (dixit Elvis
Presley). Pour sa production lexicale, Q. Wheeler est bien connu, y compris de
nos services : je l’ai épinglé en 2005 pour avoir créé, pour 3 silphes nouveaux
pour la science, les noms d’espèce bushi, cheneyi, rumsfeldi. L’annonce a
été faite lors d’un concert commémoratif, le 25 janvier 2008 ; Q. Wheeler y a
en outre présenté
Whirligig, infographie signée Charles J. Kazilek, « œuvre d’art entre
Warhol et Darwin ».
Pourquoi pas ??
Le docteur Kraatz, célèbre coléoptériste allemand, éprouvait
une telle passion pour ses recherches et sa collection qu'il demanda par
testament à être incinéré et que ses cendres soient déposées dans un carton à
insectes. Il repose donc, pour l'éternité (?!), au milieu de sa collection,
conservée à l'Institut d'Eberswalde.
(Boll. Soc. Ent. Aragonesa,13, 1995)
L'Ariège, mon cher
département, se "méditerranéise" :
"Ce sont les témoignages de deux de nos fidèles lecteurs,
l'un à Ganac, l'autre à Madières, qui nous ont, pour ainsi dire, mis la puce à
l'oreille : il y aurait des cigales en Ariège; presque un comble dans un
département qui se veut avant tout montagnard ...On peut leur faire confiance et
, surtout, ne leur dîtes pas qu'il s'agissait de grillons ! Ils sont certains
d'avoir entendu des cigales et ne sont sûrement pas les seuls. Abondante en
Provence, la cigale a en réalité un habitat planétaire; d'autant que selon les
scientifiques, il en existerait 4500 espèces dans les régions chaudes et
tempérées du globe. Est-il possible que l'espèce ait mis une patte dans notre
département ? "Il est tout à fait raisonnable de le penser, répond le
Directeur de la F. D. de la Chasse, car nous assistons à une "méditerranéisation"
de notre climat et de notre relief; que ce soit la faune ou la flore, il y a des
exemples qui ne trompent pas, comme l'apparition du chêne vert, l'espèce la plus
commune de la région méditerranéenne. Idem avec les coteaux qui deviennent secs
et font penser à la garrigue, l'abaissement des forêts. Et le vent d'autan qui
est de plus en plus présent ..."
Autre exemple encore cité par Jean Guichou, l'apparition du guêpier, un oiseau
de la taille d'un merle au plumage aux brillantes couleurs; présent en
Languedoc, en Provence, il a également fait son apparition en Ariège, sur l'Hers
entre autre, probablement attiré par les anciennes sablières et les berges
sablonneuses des rivières.
("La Gazette Ariégeoise")
Dernière heure : des cigales ont été
entendues dans les environs de mon cher village de Massat; encore plus à
l'ouest, encore plus loin de la Méditerranée ... !!
Les 21 glaciers de mes chères
Pyrénées
auront disparu avant 2050 en raison du réchauffement
climatique. Un pronostic funeste donné hier (5/09/2008) par une équipe de
chercheurs espagnols qui a désigné la montée progressive de la température, un
total de 0,9°C de 1890 jusqu'à maintenant, comme le principal responsable.
De 1990 à nos jours, le dégel a déjà provoqué la
disparition totale des glaciers les plus petits et la réduction de 50 à 60% de
la superficie des plus grands !
L'asticot-thérapie :
"Comme le montre, de façon ludique, cette passionnante
exposition ("Insectes, je vous aime", au Muséum de Lyon,
cet été 2006), l'entomophagie n'est pas la seule utilité que l'homme
trouve à l'insecte. Ces bestioles se révèlent également d'une grande utilité en
médecine, où l'on pratique très sérieusement ... l'asticot-thérapie. Au
XVI ème siècle, le chirurgien Ambroise Paré avait remarqué que les grands
blessés, dont les plaies étaient envahies d'asticots, survivaient mieux que les
autres et évitaient même l'amputation. On a récemment
compris, qu'en se nourrissant des tissus morts, les asticots éliminaient les
microbes et désinfectaient les plaies grâce à la sécrétion d'allantoïne. De
plus, en remuant, ils exerçaient un massage bénéfique à la cicatrisation. Une
thérapie aussi efficace que n'importe quel traitement moderne et nettement moins
coûteuse. Durant l'année 2002, l'asticot-thérapie a été réintroduite dans
quelque 2000 centres de soins à travers le monde. Mais sans grand succès à cause
de la réticence des patients ...
(Dans "Aujourd'hui en France")
Dernière nouvelle (10/2008)
: Les sécrétions de l'asticot de la mouche verte, Lucilia sericata,
contiennent un puissant antibiotique. En labo, ce composé, baptisé sératicine,
est efficace contre 12 souches différentes de staphylocoques dorés résistantes
aux antibiotiques, ainsi que contre d'autres bactéries impliquées dans des
infections nosocomiales. Prochaine étape : synthétiser la molécule et la tester
sur l'homme; pour l'heure, les quantités extraites des asticots sont beaucoup
trop faibles pour espérer une utilisation à grand échelle.
Bonjour à tous
,
Généraliste de mon état (spécimen rare), mes premières
chasses furent consacrées autant à des coups de filets aux gestes rouillés qu'à
des prospections sous multiples roches, ainsi qu'à des fouilles dans les souches
pourries encore à demie-gelée...
Pour faire diversion aux lépidoptéristes :p mes premières
captures (mise à part celle du premier mars...voir message du 03-03-04) furent
surtout des insectes d'autres ordres. J'ai notamment capturé (débusqué serait le
mot plus exact) trois vespidés dans une souche pourries (en passant, j'oublie le
nom latin mais tsé là les grosses guêpes noires et blanches qui piquent en
t.....). Coudons j'imagine que ce sont les "reines" qui survivent à l'hiver car
les spécimens trouvés semblaient de taille plus importante que les ouvrières
régulièrement rencontré l'été. Ah oui parmi ces trois pseudo-reines se trouvait
une guêpe germanique elle aussi de belle taille. J'ai aussi trouvé plusieurs de
ces petites "guêpes" d'un cm avec le bout des antennes jaune et un point de la
même couleur sur leur thorax noir ainsi qu'un abdomen rougeâtre...vous savez
celles qui bougent les antennes comme des pompiles...(désolé pour la perte de
mémoire des noms latin...alcool à l'appui...à cause de la victoire des habs:P).
Elles étaient plus de 6 dans la même cavité dans une autre souche pourries. Elle
vivent pourtant en mode solitaire mais plusieurs hyménos hivernent en gang je
pense. En tout cas selon Mister Fabres cela est observable chez plus d'une
espèce (les serpents le font bien eux). Toujours dans les hyménos j'ai vu
plusieurs terriers d'abeilles (mégachille?) dans le sable de la bute mentionnée
dans le message du trois mars. J'ai aussi aperçu ces abeilles en vol mais le
filet ne fut pas assez preste, diantre. Pour changer j'ai attraper en vol (vu
leur démarche aérienne définitivement plus baba) quatre scarabées d'environ 8 mm
que je raccorde à la famille des scarabeinae vu l'absence de tarse sur les
pattes antérieurs mais dont l'identification n'est pas encore établie. Sous les
pierres, hormis les nombreux nid de fourmis s'activant presto à reprendre vie,
les dizaines de millipèdes, diplopodes et grillons, j'ai fais la découverte de
quelques carabes des taille ridicule et de trois espèces de staphylinidae dont
ce qui me semble être Ontholestes cingulathus, qui est de loin (selon moi) le
plus impressionnant de nos staphylins. Et puis pour finir en beauté j'ai vu pas
mal de dityques et de gyrins dans un étang ainsi qu'une chrysomèle du genre
calligrapha qui y pataugeait bien malgré elle. Bain oui évidement que j'ai vu
des tites vanesses et des Mot-Riaux mais je crois qu'il furent mentionné par
d'autres avant moi...Est-ce que je me trompe? :P
Ne prenez pas trop peur, je ne vous ferez pas l'inventaire de
chacune de mes chasses cet été bien que ce n'est pas l'envie qui me manque...Je
crois juste qu'il ne faut pas oublier les pauvres autres petites bibittes qui
sont elles aussi fières du retour de la belle saison!
À tous chers collègues entomologistes, Une EXCELLENTE saison
de chasse, des surprises et la réalisation de vos plus beaux fantasmes
entomologiques! (un des miens c'est d'attraper un lépido avec mon filet en
faisant un front-flip dans une trail...je vais me pratiquer sur ma trempoline
avant...me semble de voir le gars avec son filet sur la trempo en train de se
prendre pour un entomo-ninja...!!!!!!!)
Ok cé assez :P Sioux soon!
Victor VERMETTE
Représentant de la section Montréal
http://205.236.43.168/tt.aspx?forumid=17, pour d'autres anecdotes
canadiennes très savoureuses !
La biodiversité de l'Île de
Santo :
La France organise une campagne
d'exploration de la plus grande île du Vanuatu :
Dans la grande tradition des expéditions scientifiques du XVIII ème
siècle, celles de James Cook ou de La Pérouse, le projet Santo 2006 appareillera
au début du mois d'août pour 5 mois de recherche sur l'île d'Esperito Santo; la
biodiversité que renferme cette île, la plus grande de l'archipel, va être
l'objet d'études des 160 "savanturiers" de 25 nationalités différentes ..."Au
rythme où vont les choses, il faudrait 1000 ans pour décrire l'intégralité des
espèces vivantes", précise Philippe Boucher, spécialiste des mollusques au
Muséum. Et d'ici là, plus de la moitié pourrait avoir disparu ...
Le but de l'opération est de faire "un arrêt sur image" de l'état de la
biodiversité de l'île à un moment donné, depuis le plus haut sommet (1800m)
jusqu'à 1000m au fond de la mer; les 4000 kilomètres carrés de l'île constituent
à bien des égards un terrain de choix pour se pencher sur la faune et la flore.
.... L'équipe ne compte pourtant pas découvrir de nouvelles espèces d'oiseaux ou
de grands mammifères, mais compte se concentrer sur les "petites bêtes"."Il faut
arrêter avec cette focalisation sur des animaux "charismatiques" comme les ours
blancs", déclare Olivier Pascal, botaniste et Directeur des programmes de
Pro-Natura. Les insectes, par exemple, dont 80%
demeurent inconnus à ce jour, sont les principaux garants de l'équilibre des
écosystèmes. De plus, ils pourraient être d'excellents indicateurs des
changements environnementaux. Et c'est là l'un des premiers objectifs des
chercheurs. Alors que la disparition de nombreuses espèces vivantes n'est plus à
démontrer, certains parlant même d'une sixième grande vague d'extinction, ils
espèrent modéliser la place des insectes au sein des écosystèmes pour déterminer
des espèces témoins, afin de déceler des modifications dans le milieu naturel
...

(Dans le JDD du 23/VII/2006)
Les
entomologistes inventorient le vivant
Chez les
entomologistes, chaque spécialiste s'occupe
de son « piège ». Il
est tantôt« Malaise »
(capture en plein vol),
« lumineux », « Winkler » (faune du sol), « battant
» (insectes associés aux plantes), autant de
noms étranges que de méthodes de capture. Ces
petites bêtes s'appellent arthropodes, hyménoptères
(guêpes), coléoptères, papillons nocturnes,
arachnides.
Premier
bilan : pour les papillons de nuit,
5 500 spécimens pour une
estimation de 350 espèces auront été
collectés par le Dr Roger Kitching, de Griffith
University (Australie).
Pour les araignées, Christine Rollard a identifié
23 espèces présentes à Santo,
parmi lesquelles 5 sont inconnues ailleurs.
Dans les galeries souterraines, le nombre des
espèces de micro-invertébrés
est de 30 à 40 % supérieur à celui des
régions tropicales du Sud-Est asiatique.
Sous le
sol de Santo
Jamais une telle diversité de
micro-invertébrés du sol n'avait encore été observée
en Asie.
La présence d'une nouvelle
espèce de cloporte, un taxon d'origine marine
qui se serait adapté à l'eau douce, est soupçonnée.
Côté grottes, gouffres et siphon,
dix-neuf personnes ont enfilé leur combinaison dès
la mi-octobre. L'équipe constituée par Louis
Deharveng a sillonné pendant un mois les grottes et
les réseaux calcaires de la partie orientale de
l'île et découvert un réseau souterrain de plusieurs
kilomètres. Il n'aura pu être complètement parcouru
lors de cette mission. Mais déjà, après avoir
exploré dix-huit kilomètres de grottes,
ils ont trouvé huit espèces
de chauve-souris, les seuls mammifères endémiques de
l'île, et cinq espèces de crustacés d'eau douce.
Les merveilles
entomologiques d'une île
préservée (ce n'est plus
Santo, mais Vanikoro !) :
|
|
Ayant déjà contribué à
l'opération Lapérouse en
2003, Henri-Pierre Aberlenc,
entomologiste au Cirad, a
pris part à l'expédition
2005. Il a collecté, sur
l'île, entre trois et quatre
mille insectes représentant
plus d'un millier d'espèces
différentes dont certaines
sont encore inconnues des
scientifiques.

Le passalide Gonatas
naviculator de Vanikoro
© Cirad, H.P. Aberlenc
Parmi ces merveilles, figure
la larve de Gonatas
naviculator (Percheron,
1844), une espèce de
coléoptère de la famille des
Passalides, dont des
spécimens adultes n'avaient
auparavant été recensés qu'à
peu de reprises : en 1844,
le spécimen type décrit par
Percheron, à la fin du XIXe
siècle cinq couples pris par
le Docteur Philippe
François, et, en 2003 et en
2005, une série d'adultes
pris par Henri-Pierre
Aberlenc. Une poignée
d'exemplaires sont
disséminés dans d'autres
collections. La larve était
totalement inconnue jusqu'à
ces dernières semaines. Elle
a pu être prélevée en de
nombreux exemplaires à trois
stades successifs de
croissance. Ces exemplaires
ont été déposés au Muséum
national d'Histoire
naturelle (MNHN) de Paris, à
côté des exemplaires du Dr
François, et dans la
collection d'insectes du
Cirad. Une étude de l'ADN
viendra par la suite
compléter l'étude purement
morphologique.

Tri des insectes pris par
les pièges jaunes © Cirad,
H.P. Aberlenc
Henri-Pierre Aberlenc a
également retrouvé deux
espèces endémiques de
Vanikoro précédemment
décrites dans la littérature
: le passalide déjà cité et
le charançon Elytrurus
lapeyrousei, découvert
par Dumont d'Urville. A
l'heure actuelle, la moisson
d'espèces nouvelles pour la
science et endémiques de
Vanikoro se chiffre à trois
: les coléoptères
buprestides Maoraxia
bourgeoisi - dédié à
Yves et Hugues Bourgeois -
et Agrilus funebris
vanikorensis, ainsi que
le coléoptère psélaphien
Laperouseus conani -
dédié à la fois à Lapérouse
et à Alain Conan - qui
représente non seulement une
espèce nouvelle mais aussi
un genre nouveau. Le
chercheur suppose que
d'autres espèces, en cours
d'étude, pourront être
qualifiées de nouvelles :
des coléoptères
ténébrionides, une cigale,
des punaises, des mouches,
etc.

Un piège lumineux © Cirad,
H.P. Aberlenc
Quelques espèces ont été
prélevées en alcool absolu
afin de pouvoir en réaliser
le séquençage Adn dans le
cadre du projet barcoding(1).
Cette technique permet de
comparer les espèces entre
elles. Elle apporte une
information complémentaire à
celle tirée de l'étude
morphologique.
L'étude entomologique est
doublée d'une étude
biogéographique. Elle
consiste à déterminer
l'origine géographique des
espèces collectées, par
quels chemins elles sont
arrivées à Vanikoro et
permet même parfois
d'estimer la date de leur
arrivée. D'après les
premiers résultats,
l'essentiel du peuplement
provient de
Papouasie-Nouvelle-Guinée et
du Sud-Est asiatique. Le
peuplement s'est fait
d'ouest en est. Pour
certaines espèces, Vanikoro
représente en effet la
limite orientale de
répartition.

Cet insecte est une punaise
indéterminée qui a été
trouvée à Vanikoro lors de
la mission 2005. © Cirad,
H.P. Aberlenc
L'inventaire et l'étude de
la totalité des espèces
collectées s'étalera sur
plusieurs années. Pas moins
de vingt chercheurs,
répartis dans cinq pays à
travers le monde -
l'Angleterre, la France,
l'Italie, la
Nouvelle-Calédonie et la
République Tchèque - sont
déjà associés à ce travail
depuis 2003. L'étude des
diptères, très prometteuse
en espèces inédites et
remarquables, ne pourra
certainement pas être
terminée d'ici plusieurs
dizaines d'années en raison
du manque de spécialistes
dans ce domaine.
Cependant, d'ores et déjà,
il s'avère que cette île
petite et relativement
isolée est remarquablement
préservée : sa richesse
biologique est étonnante
pour un aussi petit
territoire.
|
Dernières
nouvelles : Même ce qui
semble se situer au milieu de nulle part
recèle toujours une diversité de vie
incroyable. Au cours de 5 mois d'études
sur l'île de Santo, plus de 150
botanistes, zoologistes marins et autres
spécialistes ont passé au peigne fin les
montagnes, les forêts, les grottes, les
récifs et l'océan en quête d'organismes
vivants. L'équipe internationale a
recensé plus de 10 000 espèces, dont des
crustacés, des insectes, des plantes, et
même un champignon fluorescent. Il se
pourrait qu'environ 2000 d'entre elles
soient inconnues pour la Science. ces
découvertes fourniront un repère pour
mesurer les changements à venir dans
cette région.
"80% des espèces de la planète restent à
découvrir", souligne un des chefs de
l'expédition. A une époque où on
s'inquiète surtout de ce que le monde
perd, cette aventure nous rappelle tout
ce qui reste à trouver !
Le criquet italien :
|
Invasion de criquets dans le Sud-Aveyron ; « Saint
Affrique, ce n’est pas l’Afrique ! » (Article revue de presse) |
|
21 juillet 2005, La Dépêche du Midi, Le Monde, Maroc
Infos, RFI, France 3, AFP et Webagri |
Copyright Cirad
|
|
L’alerte a été lancée à la veille du 14 juillet par
la chambre d’agriculture de l’Aveyron : des criquets par milliers
dévorent les champs du sud du département. Un peu étonné, un site
d’information marocain publie un gros titre sur la présence de
criquets sur le sol français. L’article reprend en fait
in-extenso une chronique de Radio-France
Internationale qui se demande si les phénomènes d’invasions de criquets
pélerins « jusqu’à présent limités à l’Afrique de
l’Ouest et du Nord, sont en train de toucher l’Europe du fait du
réchauffement de la planète et des changements climatiques ». « Saint-Affrique,
ce n’est pas l’Afrique », relativise toutefois Dominique Delpiroux
dans
La Dépêche du Midi, qui explique que les éleveurs aveyronnais, pour
agacés qu’ils soient de voir leurs champs de luzerne dévastés, « se
gardent bien de comparaisons indécentes ». Dès le 16 juillet, la
préfecture de l’Aveyron, citée dans un article du
Monde en date du 18 juillet, réagissait en faisant savoir que « cela
n’a rien à voir avec les invasions que connaissent les pays africains ».
Le journaliste du Monde, Philippe Gagnebet, décrivait |
|
« un criquet rouge (...) entre 4 et 5
cm (...) reconnaissable à ses ailes rouges lorsqu’il s’envole (...)qui
se déplace en essaim ». Son confrère de La Dépêche explique
aujourd’hui qu’il s’agit d’un criquet italien,
calliptamus italicus. Sa collègue de RFI, Colette Thomas, pensait
avoir à faire à Psophus stridulus, en raison des
ailes rouges de l’insecte. « Les invasions de criquets
sont si rares en France que les instituts spécialisés en agronomie ne
travaillent pas sur ces insectes », affirme la journaliste.
France 3 Sud explique que malgré son nom, le criquet italien
existe à l’état endémique dans la zone sèche des Grands
Causses, proche du Larzac, tout en soulignant que
les moeurs de ce criquet sont insuffisamment connues, en raison même de
la rareté de ses épisodes de prolifération jusqu’ici. En juillet
2004, une colonie de criquets italiens avait déjà envahi l’aéroport de
Nice. Une dépêche de l’agence
France-Presse relatait alors que la Chambre de commerce et
d’industrie avait décidé de traiter l’essaim « à l’aide
d’un produit phytosanitaire ». Mais cette fois, les autorités et les
agriculteurs eux-même se montrent plus prudents. Il s’agit de trouver un
produit efficace contre le criquet mais auquel résistent d’autres
espèces, notamment l’abeille, et qui reste inoffensif pour le bétail,
explique rapidement le site professionnel
Webagri, qui souligne que le produit qui se montre le plus efficace
en Afrique est... le Fipronil. (Revue de Presse Quotidienne. Mission
Agrobiosciences. 21 juillet 2005, La Dépêche du Midi, Le Monde, Maroc
Infos, RFI, France 3, AFP et Webagri) |
|
Si des invasions de criquets se
produisent épisodiquement en France, d’autres criquets sont sur la liste
des espèces protégés, comme le
criquet de la Crau (site du CIRAD)- Lien sélectionné par la Mission
Agrobiosciences
Accéder aux articles concernant
"Criquets et Afrique"- édités par le magazine Web de la Mission
Agrobiosciences |
¿Salieron del mar los insectos?
TEMAS: biología,
zoología, entomología, insectos
Un prestigioso biólogo alemán
que estudia la fauna marina en la ría de Ferrol respalda la tesis
emergente que atribuye a los crustáceos el pasado de los insectos en el
proceso evolutivo.
Wolfgang Wägele, prestigioso biólogo marino alemán, forma parte de un
grupo de científicos convencidos de que muchos insectos son en realidad
el resultado de una evolución terrestre de ciertos crustáceos. La
corriente es todavía minoritaria en la comunidad de zoólogos y
estudiosos de la evolución de las especies, pero Wägele está convencido
de que bajo el mar se esconden las claves del pasado de los insectos.
Según esta tesis, cangrejos, cigalas y otros parientes cercanos
emergieron en algún momento a la superficie, se adaptaron al nuevo medio
y tomaron la tierra.
«Los insectos son crustáceos terrestres», explica
Wolfgang Wägele. «Tienen en su cerebro estructuras muy similares a las
de los cangrejos, pero hasta hace poco nadie sabía por qué». Lo cuenta
el científico en un laboratorio de la estación de biología de A Graña,
en Ferrol. Está trabajando en ella con un grupo de alumnos de la
Universidad de Bonn que preparan sus tesis doctorales. Han viajado por
carretera desde Alemania hasta la ría ferrolana para recoger muestras de
la fauna marina local.
Secretos
Está por ver si las aguas de Galicia y la vida que
contienen contribuirán a desvelar los secretos científicos que se
esconden tras la evolución de los insectos. Lo seguro es que en esta
tierra los científicos tienen material para estudiar. «En la playa de
Doniños hay un animal muy raro, la Mystacocarida», cuenta Wägele,
mientras señala en un libro el dibujo de esta peculiar especie. Tiene la
forma de un ciempiés y su tamaño es mínimo: medio milímetro.
«La ría de Ferrol es muy rica en fauna», cuenta el
biólogo alemán. «Con las mareas, el agua va cambiando y se renueva mucho».
No considera que esté especialmente sucia, pese a carecer de sistema de
depuración. «Siempre se nota algo, por la actividad en los puertos y eso...
Pero en otras zonas en las que hemos estado cerca de puertos hay más
suciedad», asegura.
Wägele ha conocido también otras zonas de Galicia,
entre ellas la ría de Arousa. «Es una zona parecida a ésta, aunque el
agua está más caliente, y por esa razón hay otras especies», explica el
biólogo. En cuanto a Ferrol, no es la primera vez que viene, ni será la
última. «Volveremos aquí con alumnos y también para dar cursos de
zoología». Tal vez lo haga con nuevas certezas sobre el parentesco
evolutivo entre los crustáceos y los insectos.
Fuente: La Voz de Galicia
Les premiers
insectes :
Fouisseurs, giboyeurs, suceurs de
sang, frugivores, herbivores, ou même coprophages, les insectes se sont adaptés
à tous les modes de vie et ont envahi tous les milieux, même les plus hostiles.
Ces invertébrés à six pattes sont partout et en grande quantité : près d'un
million d'espèces ont été à ce jour répertoriées et les spécialistes estiment
qu'il en existe entre 3 et 70 millions(I) !
Quand sont-ils apparus ? Nul ne le sait précisément car il n'existe aucune
preuve fossile de leur origine. Les premiers vestiges incontestables d'insectes
ont été découverts à Gilboa, près de New York, dans des terrains vieux de 385
millions d'années (Dévonien moyen)(1). Il s'agit d'archéognathes, des insectes
dépourvus d'ailes et dont les pièces buccales saillent hors de la tête. Ces
formes sont déjà très modernes et l'on pense que les archéognathes sont apparus
plus tôt, dès le Silurien moyen (vers 430 millions d'années). De petite taille
(quelques millimètres), ils peuplaient le sol et la litière, aux côtés d'autres
arthropodes, grands amateurs de détritus.
Les premiers insectes ailés (ptérygotes) apparaissent plus tard, au Carbonifère,
il y a quelque 325 millions d'années. Delitzschala bitterfeldensis ,
découvert l'an dernier dans la région de Bitterfeld-Delitzsch, en Allemagne, est
le plus ancien représentant connu d'un groupe aujourd'hui disparu, les
paléodictyoptéroïdes(2). Ces insectes primitifs étaient dotés de deux paires
d'ailes bien développées, et d'une paire de lobes sur les flancs du premier
segment thoracique, souvent interprétés comme étant des ailes rudimentaires. A
la différence de la plupart des ptérygotes actuels, ils étaient incapables de
les replier sur le dos au repos. Des pièces buccales très spécialisées leur
permettaient de déchirer les cônes des plantes ou bien de percer les ovules afin
d'en sucer le contenu(II).
Les insectes se sont considérablement diversifiés au Carbonifère supérieur et au
Permien inférieur (entre 320 et 280 millions d'années), probablement en liaison
avec le développement des plantes vasculaires. A l'aube de l'ère secondaire, les
principales lignées d'insectes ailés sont déjà représentées. Certaines ont
disparu comme les protodonates, ancêtres géants des libellules actuelles ; les
autres, les plus nombreuses, ont survécu : éphémères, blattes, hémiptères
(pucerons, cigales, punaises, etc.), orthoptères (grillons, sauterelles,
criquets, etc.), coléoptères (scarabées, carabes, staphylins, etc.), diptères
(moustiques, mouches, tipules, etc.), etc.
Il est généralement admis que tous les insectes déri-vent d'un même ancêtre :
ils forment un groupe monophylétique défini par un certain nombre de caractères
évolués (dits apomorphes) parmi lesquels : la présence d'un organe sensoriel
complexe dans le deuxième segment de l'antenne ; un flagelle (extrémité de
l'antenne) dépourvu de muscle ; le tarse de la patte subdivisé en tarsomères ;
ou encore l'existence d'un long appendice filiforme (ou paracerque) à
l'extrémité de l'abdomen. Mais quel est cet ancêtre ? Faut-il le rechercher du
côté des entognathes hexapodes (ensemble des diploures*, protoures* et
collemboles) ? Ou parmi les autres grands groupes d'arthropodes, à savoir les
crustacés*, les myriapodes* et les arachnides* ?
Les hexapodes ont une origine phylogénétique commune : leur corps est divisé en
trois (tête, thorax, abdomen) et leur thorax est équipé de pattes bien
développées. On a cru pendant longtemps que les diploures, qui ressemblent aux
poissons d'argent, étaient les plus proches parents des insectes. Mais aucun des
critères utilisés pour apparenter les deux groupes n'était convaincant. Tombée
un temps en désuétude, cette thèse refait pourtant aujourd'hui surface. Les
hexapodes ont également été rapprochés de leurs cousins myriapodes
(mille-pattes, iules). On les réunit traditionnellement au sein d'un supertaxon,
les trachéates ou atélocérates. Et pour cause : tous ces invertébrés sont
pourvus de tubes de Malpighi (organes d'excrétion), d'un système de trachées
respiratoires et n'ont plus qu'une seule paire d'antennes.
Ce schéma ne fait pas l'unanimité : il se pourrait que ces trois
caractéristiques soient le fruit d'une adaptation à la vie terrestre et donc
qu'insectes et myriapodes aient évolué indépendamment les uns des autres. On
s'est aperçu que les tubes de Malpighi et les trachées existent également chez
de nombreux arachnides (animaux terrestres). La seconde paire d'antennes qui
sert habituellement à la locomotion aquatique et à la filtration n'est, quant à
elle, plus nécessaire en cas de vie terrestre.
Finalement, si l'on exclut les diploures et les myriapodes, qui sont les plus
proches parents des insectes ? Les crustacés, répondent les spécialistes de
phylogénie moléculaire après avoir comparé les arn ribosomiaux (12S et 18S) de
différentes espèces d'arthropodes(3).
Les myriapodes auraient pour leur part une origine indépendante. Ces résultats,
même s'ils demandent à être confirmés (le nombre d'espèces étudiées reste encore
insuffisant), sont compatibles avec le fait que crustacés et insectes partagent
de nombreux caractères évolués : cuticule, structure segmentée de la tête, coeur
en position dorsale, système circulatoire ouvert, etc. La structure cellulaire
et le plan de développement de leurs systèmes nerveux et sensoriel sont en outre
similaires mais différents de ceux des myriapodes.
Dans ce schéma, auquel bien des adeptes de l'analyse morphologique refusent pour
l'instant d'adhérer, crustacés et insectes auraient un ancêtre commun. Mais
lequel ?
Enquête sur la comédie de la
mort :
Certains, parmi le peuple des
six-pattes, feignent la mort subite. Puis, des dizaines de minutes plus tard,
s'éveillent et décampent. Pourquoi cette étrange tactique ?
Tiens ! Aujourd'hui, Fabre se cache derrière un meuble. Dehors, c'est
vacarme de cigales et océan de lumière. Lui, immobile, dans la grande
pièce-laboratoire de l'Harmas, scrute. Sur une table, à 10 pas de là, un scarite;
ce petit prédateur, redouté éventreur des sables, a été tracassé par notre
savant. tripoté, roulé entre les doigts, retourné sur le dos; jusqu'à ce que,
figé, il ne remue plus une mandibule. Alors Jean-Henri file et va se cacher comme
un gamin; un quart d'heure, une heure; montre en main, il patiente; jusqu'à ce
que le minuscule insecte veuille bien remuer et filer à toutes pattes; à ce
moment-là, inépuisable, il recommence son manège; secoue la bestiole jusqu'à la
torpeur; et va de nouveau se cacher pour guetter le retour au mouvement. Pour un
éventuel visiteur, la question devient : l'entomologiste aurait-il fini par
souffrir des ardeurs solaires ? Sa raison l'aurait-elle abandonné ?
On répondra qu'une fois de plus une question empoisonnée s'est emparée de
l'esprit du chercheur; une interrogation qui nécessite quelques stratagèmes :
pourquoi certains insectes simulent-ils la mort ? Pourquoi restent-ils des
dizaines de minutes, parfois des heures, statues immobiles ?
Alors il observe, obsessionnel; et note : 17 minutes de totale immobilité, puis
20, 25 et- 33 et encore 50 minutes lors de 5 expériences consécutives sur le
scarite.
Avouons notre idée d'entance, celle que nous avons forgée en jouant au chat avec
quelques laborieux six-pattes tombés entre nos griffes, c'est que l'insecte
compte nous décourager. Et comment ! Gamin, nous nous fatiguons d'aussi peu de
velléité à décamper ou à réagir; et abandonnons la créature jugée morte pour
d'autres jeux.
Fabre aussi le constate; mais en se dissimulant dans un coin de son bureau, il
renifle une méprise du géant humain sur les intentions du nain : "L'attitude
mortuaire n'est pas une supercherie de l'insecte en danger; ici, rien n'intimide
plus l'animal; autour de lui, tout est silence, repos; s'il persiste dans son
immobilité, ce ne saurait être maintenant pour duper "intelligemment" l'ennemi
...".
Coma de stress : A cette thèse, plusieurs
arguments; d'abord le scarite en question ne craint nul prédateur; ce chasseur
nocturne n'est même pas menacé par le bec des oiseaux; pire, pendant
l'immobilité, ce faux mort se réveille et décampe au moindre risque de danger
inconnu; qu'une mouche vienne l'explorer de sa trompe et le voici qui remue,
s'agite et se carapate. Plus encore, tous les insectes ne pratiquent pas ce jeu;
le scarite lisse, cousin minuscule du scarite géant, et qui aurait bien plus de
raison de feindre la mort s'il s'agissait de se protéger, décampe pour sa part
obstinément, sans jamais jouer cette comédie du grand sommeil ...
Autre expérience avec un bupreste, un énergumène sensible à la chaleur et au
froid; Fabre le terrorise, puis le plonge dans un bocal refroidi d'une douzaine
de degrés; gagné ! Avec la diminution de température le coma se prolonge; la
mort est simulée jusqu'à 5 heures, au lieu d'une demi-heure en conditions
normales; voilà notre détective sur la piste d'une catalepsie que le froid
perpétue ... Fabre se souvient alors de son enfance; et du jeu pratiqué avec
d'autres garnements : mettre des troupes de dindons en hypnose en leur glissant
la tête sous l'aile, puis en les balançant un instant dans cette posture; une
occupation aussi étrange que drôle pour une bande d'écoliers. Le rapprochement
avec les insectes est troublant; car les six-pattes s'éveillent doucement, au
contraire de sauter sur leurs membres pour s'enfuir s'ils étaient en situation
de crainte; non, décidemment, tout se passe comme si les minuscules étaient en
hypnose, en syncope. Une autre légende met Fabre dans
cette idée : celle des scorpions qui se suicident. Fabre fait l'expérience du
feu qui désespère l'animal; la Provence est riche de scorpions blancs; mais au
lieu de laisser l'animal pour mort une fois les braises éteintes, il patiente
encore; et l'arthropode, dont on dit qu'il se suicide en se piquant, s"éveille
et s'enfuit au bout d'un long laps de temps; lui aussi était dans un coma. Ainsi
donc, si on extrapole, la crainte mettrait tous ces animaux dans une torpeur
profonde; un simple coma de stress ...
(Par Patrice Lanoy)
Un tueur de palmiers sur la
Côte :
Alerte au tueur de palmiers sur la Côte
d'Azur, où des inspections systématiques
vont tenter désormais de s'opposer à la très redoutable invasion d'un insecte
capable de dévorer l'intérieur de ces arbres symbole de la Riviera; plus connu
sous le nom de charançon rouge et mesurant de 2 à 4 cm, le Rhynchophorus
ferrugineus représente un véritable fléau. Sa capacité de nuisance a pu
encore être mesurée l'an dernier en Espagne, dans la célèbre palmeraie d'Elche,
près de Valence; pas moins de 3000 arbres infectés ont dû être abattus.
Sur la Côte, les spécialistes prennent donc très au sérieux la récente
apparition, à la mi-octobre dernier, de premiers cas de contamination repérés à
Sanary. "Ces insectes sont désormais présents à la La Croix-Valmer,
Sainte-Maxime et Grimaud , dans la région tropézienne. Egalement dans les
Alpes-Maritimes, où la localité de Saint-Martin-du-Var a été touchée. La Corse
n'est pas épargnée non plus."
Si l'on sait qu'il n'existe actuellement aucun moyen de traitement naturel ou
chimique, la menace pèse désormais sur plus de 100 000 palmiers recensés sur la
Côte. Apte à se déplacer en volant sur environ 7 km, cet envahisseur se
reproduit à une vitesse considérable; chaque femelle laisse sa trace sous la
forme de 100 à 300 oeufs et larves; lesquelles, une fois écloses dans les
anfractuosités de l'arbre, creusent des milliers de galeries, rongeant alors
complètement le palmier de l'intérieur
L'arbre se transforme inéluctablement en une coquille vide, avec le danger non
négligeable de le voir brusquement s'effondrer sur une chaussée ou dans un
jardin. Un seul remède, plutôt onéreux (4000 euros par arbre infecté)
s'imposerait alors aux pouvoirs publics et aux particuliers après le repérage
d'un sujet infecté : un abattage pur et simple et une incinération.
Une Croisette ou une Promenade des Anglais sans leurs palmiers n'est plus une
perspective inconcevable ...

Là ou comme ailleurs sur la Côte,
depuis quelques jours, on traque la moindre apparition des signes d'infection :
chute de palmes, présence de sciure à la base du tronc, présence aussi de cocons
de la taille d'un oeuf de poule à la base des palmes ...
La grande fête des insectes :
Les insectes, animaux à sang froid, profiteront-ils du
réchauffement climatique ? La question était encore théorique il y a quelques
années; les entomologistes répondent désormais, sans ambiguïté, par
l'affirmative ...
L'évolution est déjà visible à travers l'expansion géographique de certaines
espèces et l'apparition de nouveaux comportements; prenons la pyrale et la
sésamie, deux papillons dont les larves se nourrissent des tiges et des épis de
maïs; traditionnellement, la pyrale se contentait d'une génération par an; de
son côté , la sésamie, sensible au gel continu en hiver, restait cantonnée au
sud du pays. "Tout cela est en train de changer; on retrouve désormais la
sésamie dans la région Centre, en Indre et Loire, où elle n'avait jamais été vue
auparavant; on en a aussi vu dans la plaine de Caen, tandis que des pyrales
étaient signalées en Belgique" confirme ... Cette remontée vers le nord
s'accompagne chez la pyrale d'une augmentation du nombre de générations
annuelles, le voltinisme ...; l'insecte peut désormais effectuer trois cycles
dans la saison, ce qui accentue la pression sur les récoltes; le multivoltinisme
s'observe aussi chez le carpocaspe des pommiers et poiriers; "dans les années
1970, à Avignon, on n'avait que deux générations par saison; on en compte
désormais trois; on se retrouve dans la situation du Maroc, il y a 30 ans"
constate ....
... L'étude des pucerons révèle elle aussi l'impact du changement climatique. "Nous
ne constatons pas d'augmentation de la quantité de pucerons, mais de leur
diversité". Des espèces probablement présentes sur le territoire en faible
quantité, qui étaient "sous le radar", deviennent "piégeables"; le nombre moyen
d'espèces capturées chaque année est ainsi passé de 168, entre 1978 et 1982, à
211 actuellement.... Par ailleurs, la date de début de migrations des pucerons
est toujours plus précoce : ... , depuis trente ans, elles ont commencé en
moyenne un jour plus tôt chaque année; les pucerons qui s'attaquent à la pomme
de terre et à la betterave ont donc gagné un mois d'activité sur cette période !
La chenille processionnaire, premier "défoliateur forestier" français, offre un
exemple supplémentaire de progression. Les colonies meurent lorsque la
température descend sous -16 °C; pour que les chenilles sortent du nid pour se
nourrir, il faut une température supérieure à 9°C pendant le jour et à 0°C la
nuit. "Au sud du Bassin Parisien, ces contraintes ont été levées ces 10
dernières années " assure ... Dans le Briançonnais, des populations
implantées expérimentalement ont survécues à 1850 m en face sud, alors que le
"front" en altitude est actuellement limité à 1200m ... En latitude, ce front
progresse vers le nord d'environ 5 km par an, conditionné essentiellement par
les faibles capacités de vol des femelles imagos, alourdies par leurs oeufs. "Les
colonies atteindront Paris en 2025" estime ..., qui cherche à savoir si les
pins bordant les autoroutes ne facilitent pas leur progression.
... On ne compte plus les signalements de bestioles exotiques repérées bien plus
au nord que leur "niche" d'origine. Ces délocalisations sont une des facettes de
la mondialisation ! Ces insectes - dont 41 "ravageurs" nouveaux introduits en
France métropolitaine entre 2000 et 2005 - ont profité des circuits commerciaux
pour coloniser de nouveaux territoires.
(Une partie de l'excellent article de Hervé Morin dans "Le
Monde" du 27/XII/ 2006)
Complètement piqué !
C’est grâce à un moustique, un vulgaire moustique, que la
police finlandaise a mis la main sur un suspect. La bestiole se trouvait dans
une voiture volée abandonnée, retrouvée à Seinäjoki. En passant le véhicule au
peigne fin, les enquêteurs y ont trouvé l’insecte gorgé de sang humain.
L’analyse ADN a révélé l’identité d’un homme déjà fiché. Le suspect nie les
faits, rapporte le tabloïd Ilta-Sanomat, mais n’exclut pas que le sang
puisse lui appartenir. La justice doit encore décider si la preuve suffit à
l’inculpation. A suivre !
Le vin à coccinelles :
Cette année là, la coccinelle à sept points pullulait dans le
Pays de Retz (à l'ouest de Nantes), y compris dans les vignes où des centaines
d'individus s'étaient faufilés entre les grains de raisin. Les vignerons n'ayant
rien remarqué, les grappes furent pressées avec leurs squatters. Quand vint le
temps de l'assemblage, les oenologues restèrent perplexes devant un arôme qu'ils
ne pouvaient identifier. En effet, les alcaloïdes contenus dans le corps des
coccinelles avaient été pressé en même temps que le raisin. Plus de 1000 hl de
ce vin finalement imbuvable furent jetés à l'égout !
(D'après J. P. Coutanceau)
Les Coccinelles !
-
-
Comme
pour les " bousiers ", c'était en Vendée, et c'était il y a
longtemps....
-
- La saison battait son plein et les plages
étaient prises d'assaut par des milliers de vacanciers avides de soleil
et de flots bleus. C'est alors que des nuées de coccinelles se sont
abattues sur le littoral, au grand dam des corps dénudés assaillis de
toutes parts à l'instar de vulgaires colonies de pucerons ....
À l'époque le phénomène faisait quasiment la une
des médias, et le monde scientifique se perdait en conjectures tandis
que les langues allaient bon train dans les chaumières, ou plus
exactement dans les " bourrines ".....
- Les entomologistes, eux, se frottaient les
mains car de telles abondances sont exceptionnelles et souvent
prometteuses d'espèces ou de variations quasi introuvables en temps
normal.
- En compagnie d'un ami âgé (en fait Michel C.,
mon maître es entomologie!), nous chassions sur le haut de la dune
surplombant la plage, et ne savions où donner du flacon tant les
coccinelles de toutes sortes abondaient. C'est alors qu'un grand
gaillard en maillot de bain nous interpelle, et vient vers nous en
gesticulant. Intrigués nous l'attendons, et là... surprise !
- L'homme captait les coccinelles comme un
aimant la ferraille. Elles arrivaient et se posaient sur lui par
dizaines, et sitôt chassées sitôt revenues. L'explication était certes
classique (il transpirait beaucoup suite à un long footing, et bon
nombre d'insectes apprécient ce type d'effluves), mais le résultat n'en
demeurait pas moins spectaculaire.
-
- Bien entendu ce qui devait arriver
arriva......
-
- Bras levés, et juché sur un promontoire
naturel, notre gaillard tournait lentement sur lui-même tandis que mon
vieil ami se livrait à une inspection corporelle en règle, tout en "
picorant " du bout des doigts les bestioles jugées ça et là
intéressantes.
- Cet ami était plutôt frêle et petit, et la
disparité des statures ajoutait encore à la cocasserie de la situation.
Le comble a été atteint quand notre vacancier s'est figé dans une pose
digne d'une statue antique, et que le vieil homme s'est mis à graviter
autour de cet éphèbe d'un nouveau genre, tout en continuant de " picorer
" les fameuses coccinelles au gré d'une cuisse, d'un torse, d'une
épaule... ou d'un maillot !
-
- Ce jour-là j'ai eu le sentiment que toute
la plage nous regardait... et c'était sans doute vrai !
-
- J'ai emprunté cette excellente anecdote au très
intéressant et sympathique site de notre collègue André Lequet dont je
recommande très vivement la visite :
http://perso.orange.fr/insectes.net/index.htm
Un an à regarder voler les
papillons des jardins français :
L'observatoire des papillons des jardins (OPJ) donne son
premier bilan après un an de fonctionnement :
C'est symboliquement le jour du printemps que le premier bilan de l'OPJ a
été rendu public; un rendez-vous que les organisateurs voudraient maintenir
chaque année à la même date. Cet observatoire a été lancé par le Muséum (MNHN),
l'Association Noé Conservation et la fondation Nicolas H ulot pour sensibiliser
le grand public aux enjeux de la biodiversité. Enjeux principalement liés aux
changements climatiques, à la politique agricole commune et au programme Natura
2000 qui ont une action sur la faune et la flore.
Partant du fait qu'en Europe 50 % des papillons de prairie avaient disparu en
quinze ans, l'Observatoire essaie de constituer un véritable réseau de
surveillance de la biodiversité. pour que le projet réussisse, il faudrait que
la France, qui n'a pas de grande tradition naturaliste comme la Grande-Bretagne
(hum !!!), les Pays-Bas ou les Etats-Unis, parviennent à mobiliser un public de
plus en plus large de volontaires. A titre d'exemple, en Grande-Bretagne, 20 000
bénévoles parcourent chaque année 2 861 aires d'observation; alors qu'en France,
si environ 15 000 observateurs se sont inscrits sur le site Internet de l'OPJ (www.noeconservation.org),
seuls 5 000 à 6 000 d'entre eux y participent régulièrement.
Les premiers résultats de l'OPJ sont intéressants; ils se concentrent sur 28
espèces de papillons communs parmi les plus répandus alors qu'il en existe 260
espèces de jour et 4 827 de nuit; d'ores et déjà, ils indiquent que le nord du
Bassin Parisien (Picardie) compte en moyenne 10 espèces recensées par commune,
contre 19 pour le sud-ouest du Bassin (Beauce). La côte du Languedoc présente
une richesse inférieure à celle de la Côte d'Azur.
Bassins miniers incriminés :
Dans certaines régions, comme le bassin du Creusot et L'ouest de la Moselle, les
bassins miniers sont incriminés pour justifier le faible nombre de papillons.
Dans la région parisienne, c'est le tissu urbain. Alors que pour d'autres zones,
comme le nord de la Dordogne, les Hautes-Pyrénées, le sud de l'Alsace et le nord
de la Franche-Comté, l'explication nécessitera des analyses supplémentaires.
Il a également été observé que le cycle de vie des papillons
comme l'aurore se déroule entre avril et juin tandis que la belle -dame est
visible d'avril à octobre; cette donnée témoin permettra de faire des
comparaisons durant les années suivantes, d'observer d'éventuels décalages et de
les corréler avec les phénomènes météorologiques, notamment.
Par ailleurs, certains papillons, comme le brun du pélargonium, une espèce
invasive venant d'Afrique du Sud, se propage vers le nord.
Forts de ces renseignements qui seront complétés dans les
années à venir, les jardiniers en herbe devraient adopter des comportements plus
favorables aux papillons et à l'environnement. Les jardins français représentent
plus d'un million d'hectares, soit environ 2 ù de la surface de la France.
Sensibilisées depuis 3 ans à ce sujet, les Côtes d'Armor ont installé 100
hectares de refuges à papillons grâce à l'Association Vivarmor.
(Le Figaro des 24-25 mars 2007)
Entomologie / Biologie
en Patagonie :
Resp. Jean-Jacques Menier et
Christian Clot
Lors de
l'expédition 2004, nous avons été surpris de constater qu'un nombre
impressionnant d'insectes couraient sur le glacier Marinelli. Des insectes de
plusieurs centimètres, au corps effilé et avec de longues pattes comme nous n'en
avions encore jamais vu sur un glacier. Certes, cela ne veut pas dire
grand-chose vu nos connaissances restreintes en entomologie. Cependant il n'est
pas impossible que le caractère préservé de la Cordillera Darwin ait permis le
développement d'espèces uniques.
Ce que
nous avons fait.
Selon une procédure
mise en place avec le musée d'histoire naturelle, nous avons ramené un certain
nombre d'échantillons pour
être analysés dans le calme d'un laboratoire. Ces
insectes entre 1 et 2 cm, de couleur noire et plus rarement orangée, Du groupe
des Plécoptères, des insectes analogues ont été récemment découverts sur le Hielo Patagonico Sur, en 2004 et ont été nommés Dragons de Patagonie. Il est
possible que ceux observés en Cordillère de Darwin par Karine Meuzard, Christian
Clot durant leur première expédition en 2004 et ramenés par Ultima Cordillera
2006 soient arrivés durant la glaciation du canal de Magellan, voilà 40’000 ans
et se soient développés depuis en totale autarcie. Une espèce passionnante,
méconnue, qui intéresse aujourd’hui autant les entomologistes que les chercheurs
sur le développement de la vie dans la glace : l’adaptation de ces insectes à la
vie dans la glace ouvre de nombreux questionnements. Les échantillons ramenés
pour étude sont les premiers au monde venant de ce secteur, séparé du continent
par la mer.
Les portables soupçonnés de
décimer les abeilles :
Les abeilles seraient menacées d'extinction par ... le téléphone portable. C'est
en tout cas la thèse que vient de publier le professeur Jochen Kunh, de
l'Université de Landau, en Allemagne. Selon ce chercheur, les champs magnétiques
émis par les mobiles provoqueraient des interférences avec le système de
navigation naturel des abeilles et les empêcheraient de retrouver leur ruche.
désorientées, perdues, incapables de s'alimenter, elles n'auraient pour seule
issue que la mort.
Pour Jochen Kuhn, ce phénomène pourrait expliquer la multiplication à travers le
monde depuis quelques années des cas de colony collapse disorder (CCD),
ces ruches retrouvées un beau matin totalement vidées de leur colonie, la reine
ayant été abandonnée avec ses oeufs par les ouvrières. Les chercheurs allemands
ont mené diverses expériences et ont notamment remarqué qu'à chaque fois qu'ils
plaçaient un portable près d'une ruche, celles qui fabriquaient le miel
refusaient d'y pénétrer.
Une diminution de près de 30 % en dix ans :
"Il y a quelques années, une étude avait déjà accusé les lignes
électriques à haute tension d'être à l'origine du même phénomène. Mais
finalement, les scientifiques n'ont jamais vraiment pu prouver cette hypothèse.
cette histoire de portable est possible, mais selon moi ce n'est pas la raison
principale de la baisse du cheptel apicole que nous constatons effectivement
depuis une dizaine d'années" sou ligne Philippe Lecompte, président du
réseau biodiversité pour les abeilles. En France, le nombre d'abeilles a diminué
de 30 % en dix ans. Pour le défenseur de la nature, cette baisse s'explique
plutôt par la modification du paysage botanique changeant le bol alimentaire des
abeilles, l'apparition de deux nouveaux parasites au début des années 2000, et
surtout depuis octobre 2005, l'arrivée d'un frelon asiatique. Repéré pour la
première fois dans le Lot et Garonne, Vespa velutina se développe à
grande vitesse. Son hobby principal ? Certainement pas téléphoner avec son
mobile, mais bel et bien manger ses cousines européennes !
(A. E., dans "Aujourd'hui en France")
Ce n'est pas une bonne
nouvelle pour la baise, mais c'est sans doute une bonne nouvelle pour la Planète
:
Depuis 50 ans (en 2008), la production de spermatozoïdes,
chez l'homme, a diminué de moitié. En 20 ans, les hommes parisiens ont perdu 40%
de leurs spermatozoïdes, soit près de 2% chaque année, selon une étude menée par
le Professeur Jouannet, ancien chef de service de Biologie de la Reproduction à
Cochin. De plus, les quelques spermatozoïdes qui restent sont de moindre
qualité, moins mobiles et difformes !!
La faune et la flore en cours d'inventaire :
Si vous les voyez tendre l'oreille à l'écoute des oiseaux un carnet à la main,
soulever des plaques de caoutchouc sous lesquels se chauffent des serpents ou se
promener de nuit, en voiture, avec un appareil à ultrasons qui sort par la
vitre, ne soyez pas surpris. Ces amateurs et scientifiques aguerris réalisent
tout simplement, avec la plus grande attention, l'atlas de la biodiversité
seine-et-marnaise; ils donnent d'ailleurs rendez-vous aux curieux ce 16 juin
2007 pour évoquer les premiers résultats après deux ans de cette enquête unique.
Le Conseil Général de Seine-et-Marne est le seul en France à avoir engagé
une telle démarche, entourée d'un solide protocole scientifique. "Quand nous
l'avons lancée avec les Associations partenaires, nous savions que c'était
l'unique façon d'obtenir des résultats incontestables et dont nous pourrions
estimer l'évolution en permanence", affirme Jean Dey, vice-président du Conseil
Général chargé de l'eau, de l'air et de la terre. Côté scientifique, l'étude est
menée avec le Conservatoire botanique national du Bassin parisien et l'Unité
mixte de recherche formée de chercheurs du CNRS ou encore de l'Université Paris
VI; 8 associations sont aussi totalement investies et missionnées pour les
études de terrain par le département
"Je découvre des espèces que je n'ai jamais rencontrées !
":
"C'est un projet ambitieux, très bien organisé scientifiquement, confirme Bruno
Mériguet, entomologiste de l'Opie (Office pour les Insectes et leur
environnement); nous nous sommes impliqués à fond en collectant les insectes
avec 10 bénévoles. Je découvre également des espèces que je n'ai jamais
observées !". Difficile de connaître l'évolution de ces espèces pour le moment,
selon certains scientifiques, depuis 1880, plus de 200 variétés de plantes et
beaucoup d'oiseaux ont disparu. "Nous assistons aussi à une homogénéisation des
espèces, notamment à cause de la disparition de certains habitats, ou encore de
la présence de grandes surfaces de cultures céréalières, explique Olivier
Renault, chargé de mission biodiversité et réseaux naturels; mais nous étudions
tous les milieux grâce à un échantillonnage aléatoire, y compris les zones
industrielles ou le bord des autoroutes. Et il reste de bonnes nouvelles, comme
un oiseau, le Guêpier d'Europe ou des papillons rares qu'on trouve plus qu'on ne
l'espérait."
Les premiers résultats serviront notamment à proposer aux élus locaux les
meilleures pistes possibles d'aménagement du territoire, pour ne pas rompre les
liaisons entre les espèces. un budget de 1,3 millions d'euros sur trois ans a
d'ores et déjà été débloqué par le département. Mais pour que l'étude de
l'évolution soit intéressante, les recherches devront s'inscrire dans la durée.
(L. Parny, "Seine-et-Marne matin" du samedi 16 juin 2007)
Un dynastinae amazonien à St. Girons (09) :
Il y a quelques jours (fin juillet 2007), un voisin et ami de Massat,
travaillant aux papeteries de Lédar ("banlieue" de St. Girons), me ramène un
scarabée qu'il ne connaissait pas et qui lui paraissait un peu gros pour la
région ... Et pour cause ! Il s'agissait d'un superbe mâle d'Enema Pan
(dynaste néotropical très commun dans toute l'Amazonie), probablement sorti
d'une palette; ces papeteries n'important pas de bois tropicaux, mais utilisant
un très grand nombre de palettes. Je l'ai gardé vivant le plus longtemps
possible pour observer un peu ses moeurs (nocturnes ...).
Du nouveau : d'une palette sûrement pas ... La larve est effectivement trop
grosse; l'imago devait être coincé quelque part; peut-être dans de la terre ...
Carabes et réchauffement
climatique :
Mes derniers piégeages de carabes en Ariège se sont avérés
désastreux; ils m'ont cependant permis de constater que l'on trouve splendens
de plus en plus haut ; jusqu'à peu de temps limité en altitude à 700-800m, on le
trouve de plus en plus fréquemment au-delà de 1000m, repoussant les populations
de punctatoauratus encore plus haut et s'hybridant plus souvent
avec ce dernier.
"L'eau de Karabe" :
Ce superbe pot en faïence, ayant contenu de "l'eau de karabe",
est conservé dans la fameuse Pharmacie du XVIIIe siècle de l'hotel-dieu de St.
Lizier (Ariège); je n'ai pas trouvé grand-chose sur cette eau de carabe;
si quelqu'un en sait plus ...
Après recherches, il pourrait s'agir d'une eau (ou d'un sirop) de Karabé, autre
nom de l'ambre jaune ou succin ...
Mission périlleuse au coeur
des Yungas :
|
|
Au cours d'une récente expédition
dans les forêts qui couvrent les contreforts des Andes, des
entomologistes ont prélevé de minuscules insectes tapis au sommet
d'immenses arbres tropicaux. Un exploit physique, destiné à percer les
secrets de l'évolution. Et qui contribue, au passage, à la préservation
d'écosystèmes menacés. Reportage au cœur des Yungas argentines :
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Les indiens
Guarani qui vivent dans les épaisses et humides forêts des Yungas, sur les
contreforts orientaux des Andes, racontent une curieuse histoire sur le «
Yaguareté », le plus grand félin d'Amérique du Sud. Le jaguar serait toujours
invisible aux yeux des hommes, mais ne cesserait de les observer, tapi sous les
couverts végétaux. Si les Indiens disent vrai, alors le félin a surpris
récemment un insolite ballet aérien au cœur des Yungas : trois hommes suspendus
au bout de longues cordes rouges et jaunes, progressant en équilibre sur la cime
des cèdres, des urundels et des robles, les arbres les plus courants dans la
zone, et prélevant de mystérieux échantillons dans les branches les plus
élevées, au moyen de perches et de nappes tendues dans les feuillages. Elagueurs
des sommets ? Touristes en quête de sensations fortes ? Vous n'y êtes pas. Eric
Guilbert, Cyrille D'Haese et Lionel Picart participent à une expédition
scientifique,
Cafotrop-Energia-Muséum, qui s'est déroulée en Argentine durant la première
quinzaine de juin. Les deux premiers sont entomologistes au Muséum national
d'histoire naturelle, à Paris. Le troisième est guide de « tree climbing », une
technique de grimpe d'arbre permettant d'accéder en toute sécurité aux plus
hautes branches, et dans le plus grand respect de la nature.
En compagnie de deux collègues argentins du Museo de La Plata, Diego Carpintero
et Sara Montemayor, nos trois explorateurs ont sillonné les épaisses forêts
tropicales, pour y traquer les insectes de leurs rêves, répondant aux noms de
Tingides – insectes qui constituent une famille de punaises – et collemboles.
Renouvelant en profondeur deux cents ans de pratique d'entomologie,
ces scientifiques ne se contentent pas des bords de route et des sentiers de
promenade pour collecter leurs spécimens. Tournant les yeux vers le ciel, ils
vont au contraire chercher les insectes là où ils se trouvent : au sommet des
arbres, dans la canopée, qui marque la limite entre le ciel et la couverture
végétale. « Ce milieu est encore largement méconnu, essentiellement pour sa
difficulté d'accès, explique Eric Guilbert, responsable de la mission et
co-créateur de la société Cafotrop, qui a pour vocation d'exploiter le « tree
climbing » à des fins scientifiques. Pourtant, les études déjà menées ont
montré que la canopée renferme une grande richesse biologique. C'est pourquoi
nous avons décidé d'y concentrer nos efforts. »
Une fois en hauteur, parfois à 40 mètres au-dessus du sol, les scientifiques
prélèvent les « sols suspendus» qui les intéressent, c'est à dire les mousses et
les plantes qui poussent sur les branches. Ou battent les feuillages pour faire
tomber dans leurs nappes suspendues les précieux insectes.
Seuls problèmes rencontrés dans les cimes des Yungas, mais aussi du Gabon ou de
Nouvelle-Calédonie, où Cafotrop a également réalisé des missions : la présence
de serpents, de guêpes ou de fourmis, dont les piqûres à l'acide formique font
redescendre les chercheurs illico ! Parfois, les rencontres sont plus agréables,
comme celle d'un oiseau tropical, ou d'un groupe de singes venu assister au
curieux spectacle des entomologistes voltigeurs. Mais au-delà de ces péripéties,
et de l'apparence d'aventure sportive qui se dégage de la mission, les objectifs
scientifiques sont bien réels. En collectant leurs insectes, les biologistes du
Muséum accèdent en effet à des informations capitales sur l'évolution du vivant.
Les études se déroulent de retour au laboratoire, où les échantillons sont
analysés. Un véritable travail de fourmi, qui s'étale sur plusieurs années, tant
le nombre d'insectes prélevés est grand, et les études minutieuses. Ainsi, pour
la seule mission des Yungas, 820 spécimens, dont 614 hétéroptères et 206
collemboles, ont été collectés sur quatre sites. Un chiffre encore provisoire,
puisque tout le contenu des pièges à insectes posés sur le terrain n'a pas été
trié. L'ensemble représente, pour l'instant, quinze familles de punaises et cinq
familles de collemboles. Chaque insecte est décrit morphologiquement, tout
d'abord au microscope optique, puis au microscope électronique à balayage, qui
permet des grossissements jusqu'à 90 000 fois : « Nous pouvons ainsi
visualiser l'ultrastructure des insectes, comme des orifices glandulaires, des
microvalvules ou des insertions de poils, explique Cyrille D'Haese. Ils
nous permettent de situer chaque espèce dans les arbres phylogénétiques que nous
construisons, basés sur leurs relations de parenté. » Cette étude
morphologique est associée à une analyse de l'ADN de certains individus. Le
séquençage d'une portion de gène, et sa comparaison avec d'autres espèces,
permet également de déterminer les liens de parenté. Enfin, l'étude d'individus
à des stades larvaires différents fournit des informations sur les vitesses de
développement embryonnaire des insectes. Autant de données qui sont compilées et
traitées par de puissants calculateurs afin de tester des hypothèses évolutives
concernant des moments clés de l'histoire de la vie. Des événements survenus à
des périodes très reculées, il y a 200 ou 300 millions d'années, et dont ces
insectes portent la trace dans leur génome et leur morphologie. Exemples : la
sortie des eaux de certains groupes d'insectes, ou l'apparition de formes
extravagantes, comme ces ailes immenses dont sont dotées plusieurs espèces de
Tingides.
Il arrive
aussi que certains insectes contribuent à résoudre des questions plus
inattendues : « En établissant les différences phylogénétiques entre des
groupes vivants sur des continents différents, on peut déduire les dates de leur
séparation, explique Cyrille D'Haese. Ces informations peuvent servir
aux géologues, qui s'intéressent aux mouvements de la croûte terrestre, et à la
chronologie de la séparation des continents. » Outre l'intérêt scientifique
que représentent les insectes, la mission poursuit un second objectif, tout
aussi important. À travers les connaissances acquises sur les groupes
d'insectes qu'ils étudient, les chercheurs mettent en valeur la richesse
écologique et biologique des forêts explorées, et encouragent les mesures de
sauvegarde. Cafotrop concentre en effet ses efforts sur des zones appelées « hot-spots »,
connues pour leur biodiversité. Preuve de cette richesse : les 25 hot-spots
répertoriés, couvrant à peine 1,4% de la surface de la Terre, contiennent les
deux cinquièmes des espèces vivantes connues. Or, ces zones sont grandement
menacées. Ainsi, la réserve de biosphère des Yungas, qui s'étend sur 1,3 million
d'hectares dans les provinces très pauvres du nord de l'Argentine, est soumise à
de fortes menaces dues aux activités humaines : déforestation, pollutions
industrielles, fragmentation des espaces vitaux d'espèces animales du fait de la
construction de routes ou de pistes.
Les décideurs argentins suivront-ils les recommandations des chercheurs qui,
comme Eric Guilbert et Cyrille D'Haese, militent pour leur protection ? On peut
l'espérer, pour ces zones naturelles dont la valeur écologique est inestimable…
Mais aussi pour la survie du « Yaguareté » sacré des Indiens Guaranis, qui hante
silencieusement les forêts des Yungas.
Pedro Lima (à Buenos Aires)
Voici le site où l'on peut trouver
l'intégralité de cet excellent article, avec de superbes photos :
http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_actu.php?langue=fr&id_article=8283
Une araignée venimeuse dans
les étals :
Faire les courses au supermarché peut se révéler bien plus
périlleux que prévu. Une dangereuse araignée brésilienne, la Phaneutria
nigriventer, plus communément appelée "araignée-banane" vient en effet
d'être découverte sur les étals d'une grande surface de la ville néerlandaise de
Bolsward. Or, son venin entraîne de terribles souffrances et même des
paralysies. Chez l'homme, la morsure peut également s'accompagner d'une
douloureuses érection persistante pouvant mener, dans certains cas, à
l'impuissance. La charmant bête a heureusement été capturée par un vétérinaire.
Les amateurs de bananes ont eu chaud au slip !
(dans Marianne)
La consommation d’insectes aquatiques est un aspect méconnu des sociétés
rizicoles.
L’île de Bali (Indonésie) est plus célèbre pour ses superbes paysages de
rizières étagées que pour l’entomophagie de ses habitants, lesquels se
régalent de libellules (“nymphes” et adultes) et d’abeilles (larves, nymphes et
miel). Une tradition séculaire, singulière
par son ampleur passée, menacée de désintérêt.
■
Une ressource alimentaire essentielle des sociétés rizicoles :
Dans
le monde, plusieurs sociétés rizicoles consomment des libellules et d’autres
insectes aquatiques. Thaïlandais et Laotiens mangent les libellules adultes
frites ou rôties. Au Laos,
Anax
guttatus
(Odonate Aeschnidé) est capturée au moyen d’une chandelle placée au milieu d’un
grand bol d’eau. Les Vietnamiens en consomment également les larves. Les
Japonais mangent les libellules cuites, ainsi que plusieurs Coléoptères
aquatiques (Dytiscus,
Cybister…)
qu’ils attirent à l’aide d’une tête de poisson salée immergée. À Madagascar, les
populations des hauts plateaux consomment les larves séchées des grosses
libellules. Comme leurs lointains parents indonésiens, les riziculteurs des
ethnies Merina et Betsileo apprécient les libellules frites. Sur le continent
africain, les Pangwés du Sud du Cameroun consomment les larves et leur trouvent
des qualités diurétiques que les Balinais attribuent aux insectes adultes.
■
Les libellules balinaises
Il
existe à Bali plus de 45 espèces de libellules. Les Balinais interrogés en
distinguent une quinzaine, rassemblées sous le vocable
capung,
un même nom local désignant parfois plusieurs espèces distinctes. Toutes les
demoiselles et les libellules capturées sont consommées, principalement celles
des espèces des genres
Anax,
Crocothemis
et
Neurothemis
(Libellulidés)
(d’après Pemberton, 1995). Les libellules sont consommées dans l’ensemble de
l’île mais les noms vernaculaires, les méthodes de capture et les région à
l’autre. Dans deux localités, parmi les espèces capturées et consommées, j’ai pu
identifier
Orthetrum sabina,
O.
glaucum,
Potamarcha obscura,
Crocothemis servilia,
Neurothemis ramburii,
ainsi que
Cratilla lineata assidua,
Trithemis aurora
et
Pantala flavescens.
Les Balinais connaissent les habitudes de certaines libellules :
O.
sabina
se
rencontre dès le matin tandis que
C.
servilia
vole
le soir ; la grande libellule
gelandok
(de
cou eur jaune, non identifiée) a la particularité de s’installer à l’envers,
croyances peuvent différer d’une alors que celle appelée
mas
(mêmes caractéristiques) se pose rarement. Les larves, appelées
belau’k
ou
blauk,
sont récoltées dans les rizières inondées de préférence lorsque les pousses de
riz atteignent une vingtaine de centimètres. Elles se vendent le matin sur
certains marchés de l’intérieur de l’île : une portion comprenant une centaine
de larves se vend l’équivalent d’environ 0,50
e.
Elles seront consommées grillées ou en friture.
■
Techniques de capture :
De
nos jours, seuls les enfants continuent à chasser les libellules. Les méthodes
de capture varient selon les régions, le matériel à disposition et les terrains
prospectés. Deux techniques utilisent la sève collante du jacquier (Artocarpus
heterophyllus)
et parfois celle d’un frangipanier (Plumeria
sp.). La première consiste à approcher lentement une longue et fine tige dont
l’extrémité est enduite de sève et, d’un coup sec, à coller la libellule au
repos. La seconde, rapportée par Pemberton, consiste à agiter en cercle
au-dessus d’une rizière une boule de sève placée à l’extrémité d’une longue
tige, puis à attendre que les libellules se laissent prendre à cet appât.
Connaissant la voracité des insectes, les Balinais utilisent également de
petites libellules (Acisoma
panorpoides
ou
Diplacodes trivialis)
comme appât vivant. La captive est agitée à l’extrémité d’une perche : il suffit
alors d’attendre quelques minutes pour qu’une libellule plus grosse fonde sur
cette proie, laquelle est rapidement capturée. Une méthode plus simple consiste
à attraper les insectes à la main. Pour ce faire, les enfants saisissent
l’insecte par l’arrière, entre le pouce et l’index. Une technique plus brutale
consiste à assommer les libellules, au repos ou en vol, avec un éventail ou un
balai de tiges. Une fois leurs ailes coupées à la main, elles sont embrochées
sur une tige ou placées dans un sac.
■
■
Entomophagie domestique :
jusqu’à trois fois par jour. Ces pratiques se sont estompées progressivement
pour disparaître à la fin des années 1970. Avec les poissons, les anguilles, les
grenouilles et les escargots, tous pêchés en rizière, les insectes
représentaient auparavant une part indispensable des apports journaliers en
protéines. À chaque repas, une vingtaine d’insectes, accompagnés de maïs, de
fruits du jacquier et de patates douces cuisinés, étaient servis avec le riz.
Denrée chère, la viande de porc, comme celle de poulet, était réservée aux
nombreuses fêtes religieuses, familiales ou communautaires, ponctuant le
calendrier hindouiste balinais.
Aujourd’hui encore, chaque Balinais a pour obligation de consommer au moins une
fois dans son existence des libellules. Au premier anniversaire de l’enfant (de
3 mois à 210 jours, c’est-à dire une année balinaise), lors du repas qui suit la
cérémonie de purification où les premiers cheveux sont coupés, des libellules,
mais aussi des sauterelles frites, sont ainsi offertes. Certains Balinais se
souviennent également avoir suivi un régime forcé de libellules dans leurs
premières années pour soigner leur incontinence nocturne. Plusieurs modes de
cuisson et recettes culinaires simples permettent de préparer les insectes. Si
les libellules peuvent être rôties à même la flamme, les moins pressés
préféreront une cuisson avec épices. Les insectes peuvent alors soit être
emballés et rôtis dans une feuille de bananier, soit être bouillis accompagnés
d’épices. Mais les libellules seront le plus souvent frites dans un large wok :
les insectes entiers sont mélangés à de l’ail, à une variété de gingembre (Kaemferia
galanga),
à des feuilles de curcuma (Curcuma
domestica),
à des piments (Capsicum
sp.), du sucre, du sel, et parfois aussi à de la noix de coco râpée. Les larves
de libellules frites avec des épices constituent un mets fortement apprécié des
connaisseurs. Comme dans d’autres pays, la dégradation de leur écosystème
constitue une menace pour les insectes aquatiques. De l’avis même des Balinais,
l’abondance des libellules a été considérablement réduite par l’usage des
insecticides dans les rizières et les vergers. Le désintérêt actuel des Balinais
pour les plats de libellules s’explique par une amélioration générale du niveau
de vie sur l’île (grâce au tourisme notamment) et à la diversification des
menus. À entendre les Balinais, le manque d’enthousiasme des enfants, plus
prompts à jouer, à la sortie de l’école, aux jeux vidéo chez un voisin qu’à
courir les rizières à la recherche de libellules, serait aussi en cause…
■
Autres insectes consommés et utilisés à Bali :
Les
Balinais consomment également des Hyménoptères : principalement des larves et
des nymphes d’abeilles sans aiguillon et de deux variétés de guêpes. Deux
espèces d’abeilles sont concernées :
nyawan
limpe
(Melipona
favosa,
Apidé, Méliponiné) et
nyawan kerang
(non
identifiée). Les nids sont collectés à l’état sauvage dans les jardins et les
forêts mais peuvent aussi provenir d’élevages, le collecteur abandonnant un
petit morceau du couvain pour permettre à celui-ci de se reconstituer (une
nouvelle récolte
pouvant avoir lieu après une quinzaine de jours). Une plante odorante (krasi)
est utilisée pour garder les abeilles à distance. Les nids et leurs larves se
vendent le matin au marché pour l’équivalent d’environ 3
€
le
kilogramme. Après avoir prélevé le miel, les rayons sont bouillis. Les larves et
les nymphes sont tamisées, puis recuites avec une mixture d’épices. Le résidu de
cire fondue flottant à la surface, à qui les Balinais accordent des vertus
thérapeutiques, est donné sous forme de boulettes à tout volatile précieux et à
la patte cassée (coq de combat et volailles domestiques). Les Balinais
consommaient aussi différents criquets (balang,
famille des Acridiidés) récoltés dans les rizières. Cuisinés de la même façon
que les libellules, ils étaient préférés grillés. Deux petits Orthoptères
comestibles sont aussi utilisés dans la préparation d’une huile de massage.
Auparavant les Balinais consommaient les larves de fourmis tisserandes (Oecophylla
smaragdina,
semangga
en
Balinais), ainsi que de grosses larves d'un Coléoptère, nommées
jubel
(non
identifié), que les paysans prélevaient dans les petits talus bordant leurs
rizières.
Si vous souhaitez consulter
l'intégralité de ce reportage, avec d'excellentes photos :
http://www.inra.fr/internet/Hebergement/OPIE-Insectes/pdf/i140cesard.pdf
L’auteur
Nicolas Césard est ethnologue. Ses travaux sur les insectes portent
principalement sur l'Indonésie et l'Amazonie.
Contact :
ncesard@wanadoo.fr
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Au Japon, la crise fait chuter le cours du scarabée : |
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Yumiko Tanuma saisit entre ses doigts un scarabée long de huit
centimètres. "Il est mignon", prononce-t-elle, lui souriant
tendrement pendant qu'il remue les mandibules. Il peut être mignon, vu
son prix. Ce scarabée est vendu l'équivalent de 300 dollars [un peu plus
de 1 800 FF] au grand magasin Tobu, où travaille Mlle Tanuma.
Triste nouvelle pour les nombreux propriétaires japonais de scarabées :
il y a encore cinq ou dix ans, ils n'auraient pas trouvé un tel insecte
à moins de 6 000 dollars. Cette dégringolade du prix des scarabées est
une véritable catastrophe. Il est vrai qu'une telle dépréciation touche
pratiquement tous les investissements des Japonais, qu'il s'agisse de la
porcelaine ancienne, des chevaux de course ou des ohkuwagata,
variété très rare de scarabées cerfs-volants vivant cachés dans le bois
pourri, qui sont chassés et domestiqués depuis des générations au Japon.
Les habitants de l'archipel ont la passion des insectes depuis plus de
mille ans. Dans la "bulle économique" des années 80, ces animaux étaient
devenus une marchandise précieuse. Les grands magasins avaient commencé
à en vendre à des prix qui, jusqu'au début des années 90, atteignaient 7
000 dollars pièce.
L'effondrement des marchés boursier et immobilier a appauvri la
population, entraînant une baisse des prix. Mais les forces du marché
ont également contribué à accroître l'offre et à faire éclater la "bulle
entomologique" au Japon. Sans compter que des entomologistes sont parvenus
à élever des ohkuwagata.
Avec l'explosion de l'offre, les prix ont entamé une baisse
catastrophique. De nombreux grands magasins ont cessé de vendre des
insectes, les scarabées ayant perdu une bonne part de leur attrait. Par
les temps qui courent, presque tous les ohkuwagata proviennent
d'élevages, et la plupart des spécimens sont affichés à moins de 100
dollars pièce.
"Cet accroissement de l'offre va se poursuivre à cause de l'élevage",
explique Kikuo Iwaguchi, entomologiste de l'Université d'agriculture
et de technologie de Tokyo. "Les prix vont baisser, baisser,
baisser." D'ici dix ans, à l'en croire, les petits ohkuwagata
pourraient être offerts à moins de 5 dollars.
Autre facteur de baisse des prix, le marché parallèle des scarabées
importés. On trouve des ohkuwagata ailleurs en Asie, et, à
l'époque où les spécimens japonais se vendaient à des prix exorbitants,
des voyageurs ont commencé à en introduire en contrebande au Japon. Les
ohkuwagata étrangers ont par ailleurs l'avantage de rester actifs
toute l'année, alors que les variétés japonaises hibernent plusieurs
mois.
Tobu propose encore un couple d'ohkuwagata au prix de 12
500 dollars. S'ils sont si chers, c'est qu'ils ont les yeux blancs, une
rareté. Mais, jusqu'à présent, ils n'ont toujours pas trouvé preneur.
Les ohkuwagata vivent quatre ou cinq ans, si bien que les
propriétaires disposent d'un certain temps pour profiter de leurs petits
compagnons. De plus, comme ils ne volent pas beaucoup, l'investissement
ne risque guère de disparaître par la fenêtre. Bien entendu, il faut
regarder où l'on met les pieds...
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Beetlemania :
Chez nos amis nippons et taïwanais, c'est la «folay» : le
scarabée (beetle en anglais) rhinocéros, oui l'insecte qui doit son nom à
ses pinces rassemblées gracieusement en «cinquième position» au-dessus de sa
«tête». Un peu écartées, les pinces, façon «je vous ai compris», peut-être. Mais
on s'égare.
Au Japon, donc, et à Taiwan, c'est le nouvel animal de compagnie des enfants
depuis qu'il y a 3 ans, certains vendeurs animaliers ont eu l'idée de les mettre
en vitrine. Et ça s'arrache au prix fort, vu que la bestiole, pourtant d'un
relatif retour affectif, peut chiffrer jusqu'à 300 euros. Les collégiens les
trimballent dans des terrariums portables, les laissent marcher sur leurs bras
avec leurs petites pattes collantes. Tu me diras, ça pue moins qu'un chat et sa
caisse, c'est moins dangereux qu'un doberman, ça bouffe moins qu'un berger
allemand. Quoi, c'est moyen l'éclate, aussi ? Peut-être, mais les Japonais ayant
la passion des insectes depuis plusieurs siècles, on va pas se permettre de
contredire.
D'autant que la personne est total inoffensive, se nourrit de miel et de sève et
vit environ cinq ans, le temps de lui apprendre quelques petits tours ou
d'organiser, comme c'est le cas là-bas, des combats. Le jeune Nippon est rare
aujourd'hui qui n'a pas élevé son lucane ou son capricorne, joué à des jeux
vidéo ou échangé avec ses copains des cartes à collectionner. Il y a même un
dessin animé cultissime au Japon : Mushiking, le roi des scarabées.
A Taiwan, un chercheur en entomologie a estimé le marché annuel des coléoptères
et des produits qui y ont trait, depuis les aliments spécifiques jusqu'aux jeux
et jouets, à 3 milliards de dollars taïwanais (66 316 664 euros). Pour de bonnes
et diverses raisons, on n'a pas essayé personnellement les géotrupes : après la
volée de bois vert qu'on s'était prise avec les bernard-l'hermite (bourreau de
crabes, déforesteur de plages, insulteur de l'espèce animale, etc.), on ne se
serait pas risqué à importer les bestioles, et basculer dans l'illégalité.
D'autre part, ça n'est pas bon pour l'environnement. Vertueux du géotrupe, nous
sommes. Nonobstant, si quelqu'un pouvait en trouver un, même petit, le pagourium
lui est ouvert.
Entomomachie :
Ambiance combat de boxe, spots, caméra
suspendue aux cintres, supporteurs agglutinés autour de l’estrade, d’autres
devant un écran géant. Nous sommes au XXe Tournoi de combats de
grillons de Pékin (Chine), organisé – pas du tout clandestinement - à l’occasion
de la Semaine dorée d’octobre. Personnage remarquable : Kon Jinbao, éleveur. Sa
production annuelle, 10 000 têtes. Les prix ? Gratuit dans la nature et moins de
0,5 € chez un paysan (la capitale du grillon est désormais Ningyang, province de
Shandong). Mais un champion vaut jusqu’à 2 000 €.
Les concurrents (il n’y a que des messieurs) sont gardés 3 jours, hors de portée
de leur propriétaire, chacun dans une petite jarre, avec une compagne, nourris
tous pareil. Il y a 3 catégories : poids léger, moyen et lourd. Le combat est en
3 reprises ; gagne le grillon qui reste, perd celui qui se sauve. Rares sont les
épanchements d’hémolymphe.
Les paris sont prohibés, mais ça mise gros. C’est un sport propre : il n’y a pas
de dopage - ou alors très rarement…
Gladiateurs miniatures :
A l'échelle d'un insecte, avec ces 7
cm de long, un scarabée dynastinae (rhinoceros) du genre Xylotrupes est un titan
doté d'une force prodigieuse. Une puissante pince, formée par deux cornes
noires, lui confère des qualités de combattants bien connues dans le nord de la
Thaïlande. C'est ainsi que, chaque mois de septembre, des habitants de la
Province de Chiang Mai, friands de jeux et de paris, délaissent les combats de
coqs pour organiser des joutes de coléoptères. Des rencontres officielles se
déroulent alors sous le regard de centaines de passionnés lors d'un festival
retransmis par la télévision nationale ! "Il est remarquable qu'une relation
forte et originale entre l'homme et l'animal ait pu transformer certains
villageois en experts du comportement des insectes", expliquent des
anthropologues français, membres d'Artmap, une équipe de recherche
interdisciplinaire. Capturés dans la nature, les scarabées mêles subissent une
sélection rigoureuse en fonction, notamment, de leur taille et de la forme de
leurs cornes. Tout en étant choyés, ils sont soumis à un véritable entraînement
de gladiateurs ! "Le jour de la rencontre, ces coléoptères sont stimulés par
des phéromones libérées par deux femelles retenues captives à l'intérieur d'un
rondin de bois tenant lieu de ring et percé d'un petit trou. Les adversaires
cherchent alors à se déséquilibrer à la manière de lutteurs. après plusieurs
reprises, le combat se termine au bout de 20 minutes par l'épuisement du vaincu
" !
Insectes en Thaïlande :
The
appreciation of beetles in Asian culture far exceeds anything most non-beetle
enthusiasts will tolerate in Western culture. For example, beetles are a common
food item on the menu. The first bite of food I had during my trip to Guangdong
Province, China in 2006 was sautéed
Cybister
japonicus.
It was on a visit to Tailand in October 2007, however, that I saw an example
firsthand of how the Oriental culture views scarabs with admiration.
Tailand is a country known for some fantastic insect species, but I went there
looking for natural enemies of the cycad aulacaspis scale. After examining the
cycad collection at the Queen Sirikit Botanic Garden near Chiang Mai, we were
headed back to town when our guide and cooperator, Dr. Amporn Winotai of the Tai
Department of Agriculture, alerted the driver to pull off the road a moment. Dr.
Winotai was already fully aware of my interest in Coleoptera, particularly
scarabs. Being in the back of the van and thus not able to see much outside to
the front and side, I was curious to know why we had stopped. Upon exiting the
vehicle, there in front of me was a meager roadside stand of poles, thatched
roof, and a few benches and dangling from horizontal bars were a great number of
sugarcane stalks about 1-2 feet in length. Grasping each stalk was a living male
Xylotrupes gideon!
I was struck with awe and delight because my host had stopped at a small
business selling this marvelous dynastine scarab as pets. Each male had a piece
of yarn tied to its bifurcate pronotal horn and the other end of the yarn tied
to a nail inserted into the bottom of the sugarcane stalk. Some beetles were
feasting on the sweet sugarcane, leaving a small pile of powder directly below
them.
Xylotrupes gideon
is widely distributed in Southeast Asia and is not considered
uncommon. A search on the Internet found a very large number of sites with
images and notes about this insect, indicating it is a very popular beetle. Most
of the
Xylotrupes
at the stand outside Chiang Mai ranged in price from 80 to 120
baht (about $2.50 - $4); the larger the specimen and its horns, the higher the
price. One unique specimen had six tarsal segments on a leg, and the owner
wanted $20 for him. The Insect Company (www. insectcompany.com) depicts a Tai
specimen with 7 legs. No female
X. gideon
were for sale or even exhibited, maybe because they are “boring”
without horns, but I preferred to think the businessman left them in the wild so
as to protect the perpetuation of the local population and the production of his
livestock. I picked out three handsome gentlemen, paid my money, and hung the
treasures inside our rented van. Upon returning to my hotel room, I hung the
stalks in a suitable place and then went to a local restaurant to feast on fried
bamboo caterpillars and breaded grasshoppers (among other traditional food
items). When I returned to the hotel, I saw beneath each stalk the expected
remnants of sugarcane fed upon by my new friends. I admired my pets for a few
minutes and then went to bed. About 4:00 AM, I was awakened by a buzzing sound.
I turned on the lamp light and lo and behold there was each male flying in a
perfect circle below its stalk, still tethered by the yarn tied to the nail and
its pronotal horn. This was fun to watch for a few minutes, but I had to sleep.
So I placed each beetle back on its stalk and went back to bed.
We spent another day in Chiang Mai, so I left the pet beetles in the room to
feed on the succulent sugarcane. Returning to the hotel room, it was obvious the
maid had arranged the bed and swept the floor; there was relatively little
sugarcane dust below each stalk. I wonder what thoughts went through her head
when she entered the room and saw my prizes.
Curiosity? Disgust? Ambivalence? Unfortunately, the time spent with my dynastine
pals was ephemeral.
Our return flight to Bangkok was very early the next morning, so with deep
remorse I untethered each fellow and dunked him in a bath of ethyl alcohol. The
three males now reside in a unit tray at home, with a short piece of yarn tied
to their horn.
MushiKing :
Se faisant passer pour des entomologistes
d’instituts de recherche, des individus écument les collines arides des monts
Amanus, au sud-est de la Turquie, au grand dam des associations locales de
protection de la nature. Ces Allemands et ces Japonais, en se livrant une
concurrence féroce, ramassent - ou rachètent aux paysans -, pour les expédier
vivants au Japon, les plus beaux spécimens du cerf-volant Lucanus cervus
akbesianus (Col. Lucanidé). L’imago mâle, noir, de 60 à 90 mm de long dont
35 pour les mandibules, très beau et très combatif, est vendu 250 € pièce au
Japon.
La chasse est acharnée et la sous-espèce est en voie de disparition ; pourtant,
elle n’a aucune vertu aphrodisiaque ou thérapeutique supposée. Cette destruction
de masse sert à l’amusement des gamins (de 6 ans) japonais, traditionnellement
très intéressés par les insectes en élevage, mais présentement fous d’un jeu
vidéo .
MushiKing (le roi des insectes), basé sur des duels de lucanes (de kuwagata), se
joue sur console et est accompagné d’un dessin animé. On doit acquérir des
cartes à insérer dans la machine. Celles-ci s’achètent (0,6 €) jusque dans les
supérettes de quartier et/ou se gagnent si l’on est vainqueur d’un combat, qui
se déroule selon le principe pierre-papier-ciseaux.
La passion de posséder un très bel insecte bien vivant ne s’assouvit pas, bien
au contraire, par la maîtrise de son image virtuelle…
Le Barcoding du vivant :
... En 2003, Paul Meyer, de l'Université de Guelph (Ontario),
propose de créer un barcoding universel, valable pour toutes les espèces
vivantes. Il a choisi le gène du cytochrome c oxydase I (COI), porté par l'ADN
mitochondrial, qui contient 648 nucléotides comportant des modifications d'une
espèce à l'autre; par exemple les COI de l'homme et du chimpanzé se distingue
par 60 nucléotides.
La proposition de Meyer fait un tabac; aussitôt se constitue le Consortium
for the Barcode of Life (CBOL) qui rassemble aujourd'hui 160 centres de
recherches et muséums répartis dans 50 pays. Le Muséum National d'Histoire
Naturelle de Paris en fait bien évidemment partie. Directeur du Département
Systématique et Evolution, Michel Veuille revient juste d'un symposium organisé
par le CBOL à Taïwan; son enthousiasme est grand, car il juge que la taxonomie
s'en trouve totalement révolutionnée. "Juste un exemple : lorsque nous allons
en forêt tropicale faire un inventaire de la faune, nous récoltons des centaines
d'espèces d'insectes que seuls de très rares spécialistes sont capables
d'identifier; il nous faut les leur envoyer et cela prend des mois. avec le barcoding, il n'y en aura plus que pour quelques jours". A condition que le
CIO du scarabée puisse être confronté à une liste de référence. Or
l'établissement d'une telle liste est un travail cyclopéen; à ce jour, la
Zoologie a décrit 1,8 million d'espèces, et il en reste peut-être dix fois plus
à découvrir (si ...). Pour s'attaquer à cette montagne, les scientifiques se
sont répartis en groupes spécialisés : il y a celui des poissons, celui des
moustiques, des chauves-souris, des papillons ...; environ 31300 espèces ont
déjà été barcodées, l'objectif étant d'arriver à 500 000 d'ici à 5 ans ...
... Michelle Veuille ... rappelle aussi que la méthode a servi à identifier de
nouvelles espèces; l'exemple le plus célèbre est la découverte d'une espèce
inconnue de baleine à bec : l'analyse de l'ADN mitochondrial de 5 cétacés
échoués sur la côte californienne a permis de découvrir qu'il était suffisamment
différent de celui des espèces recensées pour en justifier la création d'une
nouvelle !
(Extrait d'un très bon article dans "Le
Point" du 15/XI/2007)
L'inventaire du vivant obsède
les chercheurs :
Pressés par le temps, les scientifiques veulent accélérer le
recensement de la biodiversité. Une chance de survie pour les taxonomistes.
Après des décennies de
purgatoire, c'est le retour en grâce des cabinets de curiosités. Un peu partout
sur la planète des missions scientifiques s'organisent pour collecter le vivant,
identifier, classer, compter et comparer les espèces. « L'engouement du
public pour la biodiversité a révélé la masse d'ignorance des scientifiques sur
le sujet. Avec le contingent encore inexploré du tissu vivant dans le monde du
petit et de l'infiniment petit, le champ exploratoire est considérable »,
observe un taxonomiste de l'université d'Aix-Marseille, l'une des rares en
France à former de jeunes docteurs à cette discipline désuète.
C'est aux Etats-Unis que les
chercheurs ont d'abord osé sortir le plumeau à poussières. Sous l'impulsion du
biologiste Dan Janzen, un vaste programme baptisé « All Taxa Biodiversity
Inventory » a été lancé en 1998 dans le Great Smoky Mountains National Park au
sud des Appalaches. Chaque année, il parvient à lever entre 250.000 et 400.000
dollars pour enrichir sa collection de lichens, d'insectes et autres
gastéropodes. En dix ans, son équipe a ainsi découvert près de 6.000 espèces
nouvelles dans le périmètre du parc, dont 874 étaient jusqu'alors inconnues de
la science.
A l'heure où la planète
s'inquiète pour la perte de sa biodiversité, ces résultats ont convaincu
d'autres équipes de renouer avec cette curiosité qui régnait dans les sociétés
savantes du XIXe siècle, après que le premier inventaire des espèces a ouvert en
1760 l'âge d'or de la taxonomie. Oubliée avec les débuts de l'ère industrielle,
puis presque rejetée au ban de la science après les glorieuses découvertes de la
biologie moléculaire, la discipline ne trouvait plus guère d'écho qu'auprès
d'associations de passionnés. « Au point que les
amateurs découvrent aujourd'hui plus d'espèces que les scientifiques
», regrette Pierre Commenville, directeur adjoint du Parc national du
Mercantour, un des 10 « hot spot » de la biodiversité du pourtour méditerranéen.
Pour se joindre à l'effort
international et pallier à ce qu'ils qualifient de « handicap taxonomiste », 24
instituts de recherche, muséums d'histoire naturelle et jardins botaniques
répartis dans 13 pays d'Europe ont eu l'idée de créer un réseau d'échanges
baptisé Edit (European Distributed Institute of Taxonomy). Le but de ce
consortium, coordonné depuis la France par le Muséum national d'histoire
naturelle, est de faire entrer la description des espèces dans l'ère
industrielle. « La taxonomie est à la base de la connaissance du vivant, mais
elle souffre aujourd'hui d'un sérieux manque de considération et de moyens »,
explique Gaël Lancelot, l'un des animateurs du réseau : manque d'accès à
l'information, manque de personnel compétent, manque d'infrastructures... Edit
doit permettre d'organiser des structures de concertation, de décision et de
gestion communes, pour créer de nouveaux outils facilitant le travail des
taxonomistes, améliorer l'accès à l'information, ou élaborer des standards
d'inventaire des espèces. Le réseau regroupe notamment le tiers des collections
mondiales et 20 % des taxonomistes professionnels de la planète.
Budget important
Avec cette force de frappe,
l'organisation a investi un territoire de 2.500 km2 regroupant le Parc national
du Mercantour et son voisin italien, le Parco naturale Alpi Marittime, pour y
conduire le plus vaste inventaire des espèces jamais réalisé en Europe. Près de
160 chercheurs et une quarantaine d'associations sont mobilisés par l'opération
qui a démarré cette année. Leurs moyens sont considérables : le budget d'Edit se
monte à 11,9 millions d'euros sur cinq ans au titre du 6e plan-cadre de
recherche et développement européen, auxquels s'ajoutent une subvention de
300.000 euros du ministère français de l'Ecologie pour l'inventaire, une autre
de 45.000 euros par an de la Fondation Albert-de-Monaco, et un financement sur
deux ans (2010-2011) de 1,7 million d'euros provenant du programme Interreg.
Ces financements ne seront pas
de trop car c'est un travail de fourmi qui attend les chercheurs. « Des
inventaires de la faune et de la flore ont déjà été réalisés dans nos parcs,
mais ils sont fragmentaires et très incomplets. La zone transfrontalière où nous
nous situons est ce qu'on appelle un «triple point» qui subit des influences
méditerranéennes, montagnardes et continentales. A cause de cette position
géographique, la région abrite un nombre considérable d'espèces. Or nous n'en
connaissons qu'une infime partie », explique l'écologue Marie-France Leccia,
qui coordonne les recherches et la logistique de l'opération prévue pour durée
au moins dix ans.
Protéger les insectes
Environ 1.700
espèces d'insecte (sur 35.000 en France) ont été identifiées dans les deux
parcs. Il y en aurait plus de 8.000 au total.
Même chose pour les champignons (200 espèces déterminées sur au moins un millier
restant à découvrir), les lichens (300 espèces ont été identifiées dans une
seule des 7 vallées du Mercantour), les araignées (plus de 316 espèces déjà
recensées), les mousses, etc. « Des centaines de familles dans tous les
groupes sont couvertes », résume Marie-France Leccia.
Ce vaste
inventaire ne va pas servir qu'à satisfaire les collectionneurs. « Nous
jetons les bases d'un suivi de la biodiversité à long terme », explique
Pierre Commenville, le directeur adjoint du Mercantour. Certaines espèces
serviront de marqueurs biologiques pour mesurer l'impact des pressions
extérieures (fréquentation, pollution, réchauffement climatique...). D'autres
devraient permettre de mieux comprendre les interactions naturelles et
d'identifier notamment les espèces dites « clef de voûte » constituant un
chaînon essentiel de la biodiversité. Les taxonomistes viennent par exemple de
découvrir que les larves d'un coléoptère longicorne qu'ils connaissaient déjà
étaient étroitement impliquées dans la dégradation du bois mort des sapinières
de Ligurie. « Si on veut protéger ces forêts, il faut protéger l'insecte »,
résume Pierre Commenville. La réhabilitation de l'infiniment petit est sur les
rails.
Le fichier du vivant :
Imaginez un inspecteur du contrôle sanitaire d'un aéroport
découvrant un insecte dans les bagages d'un passager : s'agit-il d'une espèce
étrangère susceptible de nuire aux récoltes locales ? Le problème est qu'il
pourrait bien n'y avoir qu'une poignée d'experts capables de l'identifier. Le
biologiste évolutionniste Paul Hebert a proposé un système utilisant l'ADN pour
identifier les animaux. Il veut mettre au point un catalogue électronique
répertoriant ce qu'il appelle les code-barres de toutes les espèces animales.
Chaque code serait représenté par une série de 645 A, C, G et T, à savoir les
abréviations des bases qui composent l'ADN (adénine, guanine, cytosine,
thymine). Cette séquence de 645 lettres se trouvent dans un gêne commun à tous
les animaux et, pourtant, varie d'une espèce à l'autre. A l'avenir, une nouvelle
espèce pourrait d'abord être connue par son code-barres; le nom scientifique en
latin venant plus tard.
Au cours d'un récent essai en aveugle du système, Hebert s'est vu confier les
pattes de 200 espèces de papillons de nuit; après avoir réduit en poudre chaque
patte pour obtenir un échantillon d'ADN et analyser son code-barres, Hebert et
ses collègues ont pu identifier chaque espèce, ce que même un spécialiste de ces
papillons aurait bien du mal à faire, y compris s'il disposait de l'animal
entier (nombre d'insectes sont identifiables par leurs organes sexuels, après
dissection de l'abdomen. Ce système de code-barres pourrait aussi aider les
biologistes à identifier une espèce au cycle de vie complexe, quand il ne
dispose que d'un oeuf ou d'une larve; de nombreux invertébrés (plus de 95% de
toutes les espèces animales) ne sont reconnaissables que sous leur forme adulte;
le code-barres résout le problème, car le schéma de l'ADN est constant, de la
conception à la mort.
("National Geographic" de juillet 2004)
LSID :
Examinons les 50 pages de la publication de Norm Johnson et ses collaborateurs,
publiée en ligne dans la dernière livraison de Zootaxa (n° 1776, du 26
mai 2008). Il s’agit d’une révision du genre Heptascelio (Hym.
Platygastridés), qui vit (en Asie et en Afrique) en parasite des œufs d’un
Orthoptère Théricleidé.
Pas moins de 8 espèces nouvelles pour la science ! Cependant, la nouveauté qui
justifie que l’on en parle dans l’entomosphère, c’est l’emploi, pour la première
fois, du code LSID pour des insectes.
Acronyme de Life Science Identifier, cet objet informatique à la syntaxe précise
sert à tout identifier, sans ambiguïté. Tout ? Les taxons, les auteurs, les
collections, les références bibliographiques…
Par exemple, l’auteur principal a comme LSID : urn:lsid:zoobank.org:author:3508C4FF-F027-445F-8417-90AB4AB8FE0D
tandis que sa trouvaille, Heptascelio albipes Masner, van Noort &
Johnson, n. sp., s’identifie sans erreur par urn:lsid:zoobank.org:act:B1E0E252-4038-4D6B-B633-B149677D7A08.
Personne n’imagine s’exprimer en ces termes ni retenir le moindre bout de code,
à part les premiers éléments, mais les ordinateurs et les bases de données
qu’ils hébergent sont très à l’aise avec ces expressions.
Nom d' un cafard, c'est la jungle :
bushi, rumsfeldi, cheneyi... Chaque année, 15 000
espèces sont découvertes et baptisées en toute liberté. Des chercheurs
proposent de créer le premier registre d'état civil des animaux, ZooBank.
Ce
mardi-là (en 2006), George Bush a pris le téléphone et a chaleureusement
remercié l'entomologiste Quentin Wheeler de lui avoir dédié un scarabée
mangeur de «moisissure gluante» (slime-mold, dans le texte). C'était il y a
un an, en avril, le 26 précisément, et non le 1er comme on pourrait le
penser. La conversation était aussi sérieuse que l'hommage du scientifique
au chef d'Etat était sincère. Républicain et professeur à l'université
Cornell, Wheeler venait d'achever un vaste examen des collections d'insectes
nord-américains, au terme duquel il avait annoncé, dans l'austère Bulletin
du Muséum américain d'histoire naturelle, la découverte de 65 espèces
appartenant au genre Agathidium. A trois d'entre elles, il avait
donné les noms, respectivement, du président américain, de son
vice-président et de son secrétaire à la Défense, «des hommes qui ont le
courage de leurs idées», devait-il expliquer à la presse. Ainsi, Bush,
Cheney et Rumsfeld entraient au panthéon de la zoologie, sur les élytres d'Agathidium
bushi, crapahutant au sud de l'Ohio, et Agathidium cheneyi et
Agathidium rumsfeldi, tous deux résidant au Mexique...
Une gloire, en effet, puisqu'il est dans la tradition naturaliste de nommer
une nouvelle espèce, qu'elle soit rose ou puceron, d'après son souverain ou
mécène. «Peu importe l'esthétique du spécimen, précise Philippe Bouchet,
professeur au département Systématique et Evolution au Muséum national
d'histoire naturelle à Paris. Pour un naturaliste, toutes les espèces sont
précieuses, et leur découverte, une victoire.» Ainsi Victoria est-elle,
outre une reine, un pigeon ; Roosevelt, un élan, et Rothschild, une girafe.
Que l'Amérique républicaine, si peu soucieuse du réchauffement climatique,
soit célébrée à jamais par d'honnêtes coléoptères, voilà qui a agacé bien
des dents d'écologistes politiques et scientifiques. L'affaire a cependant
eu le mérite d'attirer l'attention sur la foire aux noms d'espèces dans
laquelle se démène la taxonomie zoologique, au risque d'y perdre son latin,
et éventuellement son âme.
«Sur les 14 000 espèces animales qu'on estime nommées chaque année, la
moitié sont des insectes», souligne Simon Coppard, de l'ICZN. Or, rien qu'en
entomologie, on dénombre 1 100 journaux susceptibles de publier la
description d'une nouvelle espèce. Sans compter la «déferlante de
e-publications», relève Philippe Bouchet, et les comptes rendus de congrès
qui font l'objet de livres. Difficile de suivre l'actualité des découvertes
dans ces conditions, d'autant plus que «50 % d'entre elles, pour les
insectes, sont le fait de naturalistes amateurs». Résultat, personne ne peut
répondre à cette question simple : combien d'espèces vivantes ou ayant vécu
(dinosaures compris) connaît-on ?
L'ICZN a donc proposé une solution, simple, publiée dans la revue Nature :
créer, d'ici deux ans, ZooBank, une base de données où les zoologistes
enregistreront gratuitement les noms de leurs découvertes et la décriront
selon un formulaire normalisé. En accès libre, en ligne, et en réseau avec
les bases documentaires zoologiques existantes, ZooBank contribuera «à faire
de la taxonomie animale une science vraiment moderne», selon Andrew Polaszek,
qui estime que «l'avenir» d'une telle base est au travail pionnier de «géolocalisation
d'espèces» réalisé par l'entomologiste américain Brian Fisher en association
avec Google Earth : sur le site du chercheur, on suit la répartition
mondiale de diverses espèces de fourmis, et notamment celle de sa dernière
découverte. Il l'a baptisée, très naturellement, Proceratium google.
Tous les Diptères de la Terre :
En 1950, Eugène Séguy évaluait à 100 000 le nombre d’espèces de cet ordre. On
compte actuellement 156 599 Diptères actuels et fossiles, répartis en 154
familles et 11 671 genres. L’effectif s’accroît d’environ 800 nouvelles espèces
décrites chaque année.
Ils sont tous répertoriés dans une
base de données (Biosystematic Database of World Diptera - BDWD) accessible
gratuitement. C’est à Chris Thompson (ARS Systematic Entomology Laboratory,
Washington, États-Unis) et à ses collaborateurs qu’on doit cette compilation,
bien organisée, facile à consulter, et qui livre pour beaucoup de taxons des
informations sur la biologie, la répartition et les éventuelles nuisances.
Les plantes possèdent aussi
une sorte de code-barres :
Les plantes possèdent un gène qui permettrait de les
identifier à la manière d'un code-barres. C'est ce que vient de découvrir
Vincent Sovolainen, de l'Imperial College de Londres. Le gène matK possède des
séquences ADN qui changent d'une espèce à l'autre et aiderait ainsi à
différencier plus facilement les plantes, y compris des espèces proches qui, à
première vue, paraissent semblables. A partir de 1600
spécimens d'orchidées collectés au Costa Rica, le chercheur a réussi à
distinguer plus de 1000 espèces différentes; découvrant que l'une des espèces
connues auparavant se divisait en fait en deux espèces spécifiques.
Les chercheurs espèrent développer un appareil portable qui, comme un lecteur de
code-barres, identifiera instantanément une espèce de plante dans son milieu
naturel.
(Science et vie d'avril 2008)
M. SOULA : un exemple de plus, qui
montre qu'il y a, en fait, bien plus d'espèces distinctes que ne le croient
beaucoup de systématiciens, en particulier américains.
Enfin !!!
Tout le monde l'affirme, personne ne l'a prouvé : le cerveau
des femmes fonctionnent différemment de celui des hommes. Des neurologues
espagnols ont mis en évidence une différence anatomique entre les 2 sexes au
niveau du néocortex temporal, impliqué dans les comportements sociaux et les
processus émotionnels. Les femmes ont, dans
cette zone, une densité moins élevée (évidemment !!) de synapses, ces
points de contact entre les neurones qui assurent la transmission des messages.
Les chercheurs se déclarent incapables d'expliquer cette différence ...
La terrible coccinelle asiatique :

"Certains jours, je reçois plus d'une vingtaine d'appels
au secours; de gens inquiets de voir s'agglutiner des milliers de coccinelles
sur la façade de leur maison" explique le naturaliste Vincent Ternois,
patron de l'Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en
France.
Au départ Harmonia axyridis devait être l'alliée du jardinier écolo. Une
coccinelle qui dévore jusqu'à 270 pucerons par jour et seulement sur votre
parcelle, puisqu'elle vole comme un fer à repasser ! Mais le rêve a tourné au
cauchemar. Commercialisée au milieu des années 90 après avoir été importée et testée
par l'INRA, la donzelle s'est mise à boulotter ses cousines indigènes, à se
reproduire de façon anarchique et même à voler ! "Elle est désormais présente
dans toute la moitié nord de la France, avec déjà des incursions en Rhône-Alpes.
D'ici 3 ans, elle aura colonisé tout le territoire" prévient Vincent Ternois.
La solution ? "Actuellement, elles cherchent un abri
pour l'hiver; il faut colmater fenêtres, aérations et dessous de portes. Dans
certains cas, la pose de moustiquaires peut s'avérer nécessaire. De toutes
façons, il n'est plus possible d'enrayer l'extension de l'espèce. Il faut
apprendre à vivre avec".
(Toujours extrait du "Le Point" du
15/XI/2007)
Une incroyable préscience de
Darwin :
Les orchidées, dont la pollinisation est assurée par des
insectes au terme d'une extraordinaire adaptation, intriguaient Darwin. Il avait
constaté que le pédoncule étrangement modifié de la fleur avait son équivalent
chez des plantes plus simples, dénotant un processus d'évolutions parallèles. En
observant l'orchidée de Madagascar Angraecum sesquipedale, avec son
éperon nectarifère de 28 cm de long, il supposa qu'un papillon doté d'une trompe
de la même longueur, adaptée pour recueillir le nectar, devait vivre à
Madagascar, où il n'était pas allé. Quarante ans plus tard, 2 entomologistes
découvrirent le sphinx de Madagascar Xanthopan morgani predicta,
confirmant l'hypothèse de Darwin. Cette adaptation mutuelle - le papillon et la
fleur, la fleur et le papillon - est appelée coévolution.
(Extrait du "National Geographic" de novembre 2004)
Un papillon
hybride qui tourne le dos à ses parents :

Spécimen d'Heliconius
heurippa conçu par hybridation en laboratoire. (Christian Salcedo,
University of Florida, Gainesville)
En seulement trois générations, des biologistes ont créé en
laboratoire une nouvelle espèce de papillon en mariant deux espèces existantes.
Le Dr Frankenstein n’a rien à voir là-dedans : le papillon obtenu volette déjà
dans la nature. L’objectif des chercheurs était de démontrer que l’hybridation
peut permettre la création de nouvelles espèces. Ils publient leurs travaux dans
la revue Nature.
Mauricio Linares (Universidad de los Andes, Colombie) soupçonnait depuis
longtemps le papillon Heliconius heurippa d’être le fruit d’une
hybridation entre Heliconius cydno et Heliconius melpomene. Ce
processus est rare, surtout chez les animaux.
Souvent, lorsque deux espèces s’hybrident, leurs rejetons ne sont pas viables ou
sont stériles �comme dans le cas de la mule. Parfois certains individus ainsi
conçus, qui cumulent les stocks de chromosomes des deux parents, survivent et
forment une nouvelle lignée. Plus rarement, l’hybridation donne naissance à un
individu qui a le même nombre de chromosomes que ses parents (au lieu de les
additionner). Cependant ces spécimens finissent souvent par se reproduire avec
les deux espèces parentes et ne créent pas une nouvelle espèce.
C’est ce phénomène rare de spéciation par hybridation dite homoploïde que
l’équipe de Linares et Jesus Mavarez (Smithsonian Tropical Research Institute)
affirme avoir observé. C’est ainsi que l’Heliconius heurippa serait né.
Dans le cas de ce papillon coloré, les dessins des ailes auraient joué un rôle
déterminant dans la spéciation. En effet Mavarez et Linares ont constaté en
laboratoire que les hybrides préféreraient se reproduire avec des individus
porteurs des mêmes couleurs et qu’ils fondaient rarement une famille avec les
deux espèces dont ils sont issus.
Forts de cet exemple, les chercheurs suggèrent que l’hybridation contribue
peut-être davantage qu’on ne pense à la spéciation. Ils soupçonnent déjà deux
autres espèces d’Heliconius d’être des hybrides H. cydno et H.
melpomene.
Les imbéciles vivent-ils plus
longtemps ?
Plus une mouche fait travailler son cerveau,
moins elle vit longtemps !
Chez les mouches, l'intelligence n'est pas un facteur de longévité ! Des
chercheurs suisses ont appris à des drosophiles à associer une odeur de
nourriture à un goût. au bout de 30 ou 40 générations, cette capacité d'apprentissage
était devenue innée; mais, en contrepartie, la durée de vie de ces mouches était
écourtée : environ 46 jours contre 54 pour une mouche normale. Pourquoi ?
En consommant plus de ressources, le cerveau
prend de l'énergie vitale ...
Horreurs :
Les rapports secrets de la CIA sur les techniques
d’interrogatoire applicables aux prisonniers spéciaux détenus à Guantanamo, tout
récemment rendus publics, évoquent le « confinement with insects » (mémo
de mai 2005).
Le Palestinien Abou Zubaida, hôte de ces lieux, a peur des insectes. On
recommanda donc de l’enfermer en compagnie d’un insecte soit disant venimeux. En
fait, on utilisa une chenille (son identité reste inconnue). Pour les avocats
assurant l’encadrement juridique des méthodes d’interrogatoire poussées, en
prenant la précaution de signifier à la victime que l’insecte ne pouvait en
aucun cas lui infliger une blessure grave ni le tuer, c'était impeccable.
Les insectes ne furent pas utilisés que pour terroriser les entomophobiques.
Quelques supplices particulièrement cruels les ont mis en oeuvre, dont certains
ont été en usage jusqu’au tout début du XXe siècle.
Plutarque a décrit le scaphisme, en usage en Perse (IVe
siècle avant JC) selon lui. La victime, enfermée dans une coque, la tête seule
dépassant, gavée de miel et de lait, est petit à petit (2 semaines) dévorée par
les asticots.
Si la victime est attachée, enduite de miel et de bouillon de poisson, à un
poteau ou liée à un pilori, on parle alors de cyphonisme, où interviennent
surtout guêpes et abeilles. En Sibérie, la victime, attachée nue à un pieu,
succombe exsangue aux piqûres des taons et autres Diptères vulnérants. Quant à
l’émir de Boukhara (actuel Ouzbékistan), il utilisait des réduves (punaises
prédatrices à digestion extra-orale) élevés exprès pour faire souffrir
longuement ses prisonniers confinés au fond d'un puits. Enfin, les westerns ont
popularisé la technique des Apaches, plaçant les condamnés sur une fourmilière.
Notre collègue
et ami Conrad Gillett au Belize (Las Cuevas) :
But
it was not only dynastids that proved to be diverse at the lights. The rutelids
were alsoery impressive and consisted among others of
Macropoides crassipes,
Macropoidelimus mnizechi,
the newly described
Epichalcoplethis monzoni
Soula
(a
few of our specimens were subsequently designated paratypes),
Pelidnota belti, Pelidnota centroamericana,
Pelidnota prasina
(or similar species) (Figure 17). On one occasion we were able to take a
portable battery powered light quite deep into the forest and this yielded
Chrysina
(Plusiotis)
diversa,
which I believe is also a new country record.

*
Combien de temps vit un
insecte ?
Cela va de quelques jours à plusieurs années; mais, en
général, pas très longtemps. Dans la plupart des cas, la larve vit plus
longtemps que l'imago; ce dernier ne fait qu'assurer l'accouplement et la ponte.
Ensuite, ils meurent rapidement, sauf ceux qui s'occupent des larves sorties de
l'oeuf. En climat tempéré, l'hiver prolonge la durée de vie de certains insectes
qui entrent en diapause. Un schéma type serait de quelques jours pour l'oeuf,
puis plusieurs semaine en tant que larve et, enfin, quelques jours ou semaines
pour l'adulte; chez ceux à métamorphose complète, on peut ajouter quelques
semaines pour le stade de nymphe.
Les cycles complets les plus courts sont ceux de la mouche domestique (Musca
domestica), une quinzaine de jours, et de certains moustiques, une semaine
seulement !
Pour les cycles complets les plus longs, on peu citer certains longicornes (10 à
40 ans) ou certains buprestes (20 à 50 ans).
Les larves de nos scarabées (y compris donc "mes" RUTELINAE ...) vivent de 2 à 4
ans (quelques semaines pour la nymphe) pour une vie d'adulte de quelques
semaines.
Les imagos de papillons de jours ne vivent guère plus de 45 jours; le cycle
complet est souvent très court puisque beaucoup d'espèces ont plusieurs
générations par an. Certaines espèces, comme le citron, peuvent cependant
hiverner, en diapause évidemment; et vivre 10 mois en tout.
Certains adultes, qui ne se nourrissent pas, peuvent avoir une vie extrêmement
courte : quelques heures, voire quelques minutes pour les éphémères (leurs oeufs
se dispersent dans l'eau sous leurs cadavres qui flottent ...) ! Mais la larve
vit bien plus longtemps !
La reine des abeilles vit de 2 à 5 ans, alors que l'ouvrière ne vit que quelques
semaines. Les reines de termites peuvent vivre jusqu'à 15 ans. Une reine de
fourmi noire des jardins a vécu 30 ans en captivité.
La Maison des Papillons :
C'est au 45 de la rue Buffon que se trouve la troisième
collection de papillons du monde. L'endroit est magique, composé d'une
succession de salles semi-obscures, où s'alignent des murs entiers de tiroirs en
bois précieux, d'armoires de rangement, de casiers, de vitrines et de rayonnages
contenant des milliers d'écrins. Ce cabinet de curiosités
est le domaine exclusifs des chercheurs. Il ne se visite pas. Il rassemble plus
de 3 millions de spécimens, surtout des imagos étalés et conservés à sec,
mais aussi de nombreuses chenilles et chrysalides ainsi qu'un ensemble de 45 000
préparations microscopiques. L'essentiel des insectes
provient de collections privées comme celle, classée monument historique
et riche en papillons exotiques, de Mme Aimée Fournier de Horrack.
C'est le Professeur Jacques Pierre qui règne sur ce petit monde avec trois
spécialistes des lépidoptères rattachés au Muséum, sa femme Claude,
technicienne, et deux fidèles assistantes, Rose et Marguerite, "mes deux fleurs"
comme il aime à les appeler. Homme de terrain - ses expéditions l'ont conduit
aux quatre coins du globe - , mais aussi darwiniste convaincu, philosophe par
extension, poète à ses heures, cet homme, avec ou sans filet, est passionné et
passionnant. Les insectes sont un matériau privilégié pour
étudier l'origine et la biodiversité des espèces car ils représentent 90% du
monde animal. Passionné, Jacques Pierre voltige d'une théorie de l'Evolution
à l'autre, d'observations in natura en découvertes de laboratoire. Il fourmille
d'anecdotes, s'enthousiasme pour ses bestioles et se pose un milliard de
questions. savez-vous comment les monarques du Mexique, ces papillons migrateurs
qui parcourent des milliers de kilomètres entre le Canada et les forêts du
Michoacan, ont réussi à survivre tout en agitant leurs ailes striées d'orange et
de noir à la barbe des oiseaux ? Tout simplement en cessant de devenir
comestibles ! L'étude de ces insectes se révèle passionnante, d'autant que
l'existence de ces graciles invertébrés est fragilisée par la modification de
leur milieu naturel. Le réchauffement climatique, la destruction massive des
forêts, et bien sûr, la pollution, les mettent en danger. Si leur environnement
est saturé de pesticides, les papillons, qui se nourrissent de nectar,
s'empoisonnent et deviennent stériles. Dans les zones de culture où l'on rase
tous les bosquets, haies, friches et bords de route, ils ne trouvent plus ni
plantes nourricières ni lieux où pondre. Pour Jacques
Pierre, la protection de certaines espèces n'est pas la bonne solution, elle
engendre la contrebande et empêche les scientifiques de faire leur travail. Seul
le maintien des habitats a un sens pour la sauvegarde de la faune.
Quant au commerce des papillons, il est essentiel aux
chercheurs qui n'ont ni le temps ni les moyens de se procurer les plus rares.
Autrefois, quelques riches collectionneurs avaient recours à des correspondants
sous les tropiques, souvent des pères missionnaires ou des planteurs qui
formaient des indigènes à la capture des papillons.
Aujourd'hui, des chasseurs indépendants publient des catalogues sur Internet
et fournissent les amateurs privés en spécimens souvent trop coûteux pour les
collections nationales (ajout Soula : mais les collections privées finissent tôt
ou tard dans les collections nationales !). C'est pourquoi
Jacques Pierre soutient le développement des fermes d'élevage afin d'inciter les
populations autochtones à protéger leur environnement et donc à sauvegarder les
papillons. Sur la côte kényane, près de Malindi, la forêt Sokoké, dont
les espèces endémiques sont particulièrement prisées, est aujourd'hui protégée.
Au Mexique, l'élevage des lépidoptères de couleur blanche
prend son envol avec les lâchers de papillons qui remplacent celui des colombes
à l'occasion des mariages et autres célébrations.
Malgré l'abondance du travail qui reste à
fournir, les entomologistes spécialistes du sujet sont, eux aussi, une espèce en
voie de disparition.
(Dans "ELLE" de novembre 2007)
16 000 espèces menacées d'extinction
(apparemment sans compter les insectes ...) :
(Un rapport alarmant de deux sénateurs)
"... On sait que 12% des espèces d'oiseaux,
23% des mammifères, 32% des amphibiens et 42% des tortues sont d'ores et déjà
menacées d'extinction mondiale. Mais ce rapport pointe l'accélération du
processus ces trente dernières années. Les parlementaires réclament d'urgence
l'équivalent pour la biodiversité du groupe d'experts intergouvernementaux pour
l'observation du climat.
Claude Saunier : "Il n'y a pas eu de message scientifique très fort dénonçant
l'effondrement de la biodiversité mondiale, alors que
c'est aussi grave que ce qu'on annonce sur le réchauffement. Aujourd'hui
16 000 espèces animales et végétales sont menacées d'extinction.
Le rythme de disparition des espèces a été 10 à 100 fois
plus important que les rythmes naturels d'extinction au cours des 200 dernières
années. En 2050, il pourrait être de 100 à 1000 fois supérieur au rythme actuel.
En 360 ans, la Beauce a perdu plus de 30% des composés organiques de son sol.
Chaque jour en France, 165 ha de milieux naturels sont détruits pour faire des
constructions. 7% des espèces marines ont disparu depuis 1950. 60% des coraux
sont affectés par l'activité humaine et 20% ont disparu en 30 ans.
La disparition des forêts tropicales humides se poursuit à
un rythme de 13 millions d'hectares par an dont 6 millions de forêts primaires
alors que ce milieu héberge la moitié de la flore mondiale. "
Est-ce si grave pour l'homme ? "Evidemment. Prenez l'exemple du
poisson. Le monde puise 90 millions de tonnes de poissons par an alors que la
ressource s'épuise. En Atlantique Nord, 18% des stocks sont déjà épuisés. Au
rythme actuel, le thon rouge disparaîtra bientôt de Méditerranée.
Si on ne fait rien d'ici à 2050, on privera l'humanité de 20% des protéines
animales. C'est irresponsable."
" ... L'effondrement des colonies
d'abeilles dans le monde est inquiétant car près de 20 000 espèces apparentées
aux abeilles contribuent à la survie et à l'évolution de plus de 80 % des
espèces de fleurs. Plus de la moitié des molécules de nos médicaments
proviennent de la Nature. Une équipe du Muséum a récemment trouvé, dans la baie
de Concarneau, une éponge qui héberge 10 bactéries très actives contre les
staphylocoques dorés. La biodiversité sert aussi la Technologie et l'industrie.
Pour concevoir des drones miniatures, on tente d'imiter le vol de la libellule.
Un ruban adhésif très collant s'est inspiré de la structure des pattes du gecko
et les pare-brises anti-pluie imitent la structure des feuilles du nénuphar."
(Dans "Aujourd'hui en France" du 12/XII/2007)
Le gène de la migration :
Une des plus fascinantes énigmes du monde animal est en passe
d'être résolue. Depuis des années Steven M. Reppert, titulaire de la chaire de
neurobiologie à l'Université du Massachussetts, se passionne pour la migration
des monarques. Ces magnifiques papillons américains effectuent chaque année des
milliers de kilomètres entre le Canada et une forêt de pins mexicaine.
Comment ces insectes, dotés d'un minuscule cerveau, sont-ils capables de tracer
leur chemin avec la précision d'une sonde spatiale ? Dans la revue PLoS,
Reppert fournit les clés du fondement génétique de ce mystère. Il a découvert
que l'ADN du monarque contient un gène codant pour la protéine cryptochrome
CRY2a, unique dans le monde animal. Simultanément, elle régule l'horloge interne
du papillon et réinitialise son compas solaire. En un mot, le papillon utilise
le soleil pour maintenir le cap et son horloge interne pour ajuster sa
trajectoire.
L'horloge fonctionne comme un sablier où le sable serait une protéine dont le
cycle de synthèse et de destruction dure 24 heures. Dès les premiers rayons du
soleil, le CRY2, sensible à la lumière, réinitialise l'horloge. D'après Reppert,
cette protéine servirait également à transmettre l'heure au compas solaire. Le
système paraît simple et rivalise de précision avec le système de navigation
d'une sonde spatiale.
(Dans "Le Point" du 10/01/2008)
Les insectes du Jurassique étaient friands de
squelettes de dinosaure :
Pourquoi de nombreux squelettes de dinosaures découverts par
les paléontologistes sont-ils incomplets ? Parce qu'ils ont été mangés par des
petits insectes de l'époque ! Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus 2
chercheurs de l'Université de Brigham Young (Utah). En examinant les restes d'un
camptosaurus vieux de 146 millions d'années, ils ont découvert des marques
présentes sur les os. Ils en ont déduit qu'elles avaient été creusées par un
coléoptère de la famille des DERMESTIDAE, famille d'insectes détritiphages qui
existe encore de nos jours (hélas pour les Collections d'insectes !). Ils ont
identifié les coupables en moulant les microscopiques empreintes de dents
d'insectes (plutôt mandibules ...), et en les comparant à celles d'insectes
contemporains connus pour être des mangeurs d'os. Ces coléos. opéraient
probablement quelques mois après la mort des dinosaures, une fois leur carcasse
détériorée par d'autres prédateurs. Les chercheurs ont pu aussi déduire les
conditions climatiques de l'époque, puisque les DERMESTIDAE vivent toujours
aujourd'hui : environ 60 à 80% d'humidité pour une température de 25 à 30°
...........
(Suite de l'article dans Science et Vie d'août 2008)
Aventure
scientifique en forêt amazonienne
Jamais répertorié par l’Institut
géographique national (IGN), pas davantage perturbé par
l’homme, le lac Toponowini récemment découvert au sud-est de
la Guyane par l’association Alabama, devrait provoquer une
importante avancée scientifique. C’est du moins l’avis d’une
équipe de scientifiques du programme Ecofit qui étudie les
paléoclimats des forêts tropicales et revient d’une mission
sur les lieux. Avec en filigrane, l’étude du passé du climat
guyanais et la compréhension du cycle du mercure.
Tout commence en 1996. Appelé pour une
évacuation sanitaire au village amérindien de Trois-Sauts,
enclavé au sud-est de la Guyane, un hélicoptère du Samu de
retour vers le centre hospitalier de Cayenne est dévié de
son parcours à cause d’un orage tropical. A bord, le docteur
Gerald Egmann, membre de l’association d’explorateurs
Alabama: «On a vu une sorte de montagne avec, autour du
dôme, une couronne de nuages et en bas de l’eau. C’était
comme dans un film de King-Kong». Trois ans plus tard,
le médecin repasse au même endroit. Il aperçoit de nouveau
l’étendue d’eau. Cette fois là, il n’omet plus de noter les
coordonnées qui s’inscrivent sur le GPS.
Le 18 décembre 2001, cinq membres d’Alabama sautent d’un
hélicoptère dans le lac avec des canoës gonflables pour
rentrer vers Cayenne à la pagaie. Le lac de forme ovale
mesure 120 mètres de diamètre sur sa longueur, un peu moins
de 100 mètres de large. Cette reconnaissance confirme
l’intérêt du site. En juillet 2002, Gérald Egmann et Eric
Pellet, président d’Alabama, déposent leur découverte à la
préfecture de Guyane, à l’IGN et à la Société des
explorateurs à Paris. Arrêtée pour octobre, l’expédition,
d’un coût de 50 000 euros, est présentée aux pouvoirs
publics dans un dossier où figure un faux itinéraire, afin
de préserver l’endroit des curieux.
Le 5 octobre, quinze personnes bardées chacune de trente
kilos sur le dos, quittent Cayenne pour remonter le fleuve
Oyapock à la frontière du Brésil, puis la rivière Camopi
avant d’ouvrir un layon de cinq kilomètre en forêt jusqu’au
lac baptisé Toponowini. En remontant la rivière Camopi, le
groupe croise un anaconda de sept mètres de long. Pour
Aïmawalé Opoya, un amérindien de l’ethnie Wayana participant
à l’expédition, c’est un signe «selon les légendes de son
peuple, l’anaconda est le gardien du lac», raconte
Nicolas Brehm, ichtyologiste, délégué en Guyane pour Nancie,
le Centre international de l’eau et membre de l’expédition.
Jean-Philippe Champenois, entomologiste pour Entomed, (un
laboratoire de recherche de médicaments à partir d’insectes)
les rejoint alors par hélicoptère. Il collecte 300 spécimens
d’insectes toujours en cours d’identification. Mi-décembre,
il estimait avoir «peut-être trouvé une nouvelle espèce
de coléoptère longicorne». Enfin, en douze jours de
présence, l’expédition ne repère ni trace d’un passage de
l’homme, ni vestiges de la ville de Manoa, une cité
amérindienne de légende recouverte de feuilles d’or que le
mythe situe en Amazonie au bord d’un lac. «Retrouver
l’Eldorado, c’était aussi notre espoir» confie Eric
Pellet. Mais, selon les géographes en pointe sur le sujet,
l’Eldorado, s’il existe, se situerait bien plus au nord dans
une région comprise entre le sud du Guyana et l’Etat
brésilien du Roraima.
Une possible découverte du passé de l’Amazonie
En revanche, le Toponowini suscite l’espoir d’une avancée
scientifique: «C’est une découverte exceptionnelle. Les
lacs sont rares en forêt tropicale» souligne
Marie-Antoinette Mélière, membre de l’équipe Ecofit (Ecosystèmes
et paléosystèmes des forêts intertropicales). Cette
enseignante, chercheur en géophysique de l’environnement à
l’Université de Grenoble a d’ores et déjà acquis «la
certitude que le lac remonte au moins à plusieurs centaines
d’années, voire même à plus du millénaire si l’on se fie à
l’épaisseur des sédiments lacustres recueillis, un mètre ce
qui est considérable pour un lac d’altitude en Amazonie».
Une estimation corroborée, selon Philippe Gaucher, de la
mission pour la création du Parc du sud de Guyane par «la
hauteur des arbres autour du lac».
Les carottes d’un mètre, analysées au carbone 14, livreront
leur verdict dans plusieurs mois. Les scientifiques espèrent
alors pouvoir commencer à remonter le passé climatique de la
Guyane sur des milliers d’années. «Si le lac a 5000 ans,
on pourra peut-être prouver qu’autour, à l’époque, s’y
trouvait de la forêt sèche ou de la savane», escompte
Philippe Gaucher.
Concernant la faune, seules trois espèces de poissons ont
été répertoriées, ce qui s’explique par la position
originale du lac, en tête de bassin versant et ajoute
d’ailleurs à sa rareté. Deux caïmans à lunettes et quelques
hérons égayent aussi les lieux. Enfin, concernant la flore,
«une fougère du littoral guyanais pousse sur les rives du
lac, ce qui est étonnant» confie Nicolas Brehm.
En 2000, un autre lac avait été «redécouvert» au
centre de la Guyane par Scott Mori du New-York Botanical
Garden après avoir été repéré en 1972 par un botaniste,
Jean-Jacques de Granville avant d’être perdu de vue. Ce lac,
le Matechou, situé au nord-ouest de la petite commune de
Saül, serait «moins intéressant» selon Philippe
Gaucher «car les arbres sur la rive tombent au fond du
lac et le perturbent ce qui ne semble pas le cas pour le
Toponowini, beaucoup plus large».
Les explorateurs d’Alabama, pour leur part, ne semblent pas
prêts à s’arrêter en chemin. Il y a plusieurs années, ils
s’étaient lancés sur les traces de l’explorateur Jules
Crevaux rejoignant le fleuve Amazone à pied depuis la
Guyane. Aujourd’hui, ils viennent de repérer leur deuxième
lac «toujours au sud-est de la Guyane et a priori
tout aussi inconnu» assure Eric Pellet.
L'argent qui manque, toujours
... :
La faune et la flore françaises sont heureuses
d'apprendre que, pour les protéger mieux, le gouvernement vient de créer la
Fondation Scientifique Française pour la Biodiversité;
celle-ci réunit les 8 Instituts français de recherche, les grandes ONG écolos et
les entreprises; mais ce grand "machin" est peu financé par l'Etat : les caisses
sont vides !!
Beurk ... :
La peur des serpents et des araignées serait innée. Un
héritage génétique de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, qui se méfiaient de
leurs piqûres. Deux psychologues de l'Université de Virginie l'affirment, après
avoir constaté que des enfants de moins de 5 ans auxquels on présente des images
complexes repèrent quasi instantanément ces animaux. (Psychological Science).
A Antibes, alerte aux abeilles
butineuses-chieuses :
Soumis à un bombardement de déjections
d'hyménoptères, les habitants ne peuvent même plus jouir de leurs jardins.
Depuis quelques jours, les habitants d'Antibes sont victimes de
mystérieux bombardements; un déluge de gouttes d'un jaune sale, avec des pointes
de marron et parfois de rouge, qui s'écrasent sur leurs balcons et éclaboussent
le linge dans leurs jardins. Du coup, dans certains quartiers, on ne mange plus
dehors. Comme explications, les scientifiques locaux privilégient la thèse de
ruches clandestines. Selon le Pr. Faucon, responsable de l'Unité de recherche
sur les abeilles de l'Agence de sécurité sanitaire des aliments, il s'agit de "chiures
d'abeilles; quand elles ingurgitent du pollen, explique t-il, elles
assimilent l'intérieur du pollen mais ne digèrent pas l'enveloppe." Les
insectes, particulièrement actifs au printemps, stockent ces déchets dans leurs
"ampoules rectales" et lâchent le tout en vol. Après la sardine qui a bloqué le
port de Marseille et le sanglier nageur du Lavandou, voici l'abeille chieuse
d'Antibes. Ah, la Provence !!
(d'après Marianne)
Tueuse de parasite :
On découvre parfois des espèces au hasard des explorations
scientifiques. Mais, quand ils ont commencé leurs recherches, ces 2
entomologistes australiens savaient ce qu'ils cherchaient : un "lutteur
biologique capable de protéger les eucalyptus. "Chez nous, il existe des
centaines de petite guêpes qui provoquent des galles chez cet arbre, précise
J. La Salle. Heureusement, elles causent rarement de problèmes, car
d'autres guêpes se nourrissent de leurs larves,
limitant leur nombre ! Pourtant, certaines de ces guêpes nuisibles pour l'arbre
se sont répandus en dehors des frontières australiennes, notamment jusqu'au
Bassin méditerranéen". En Israël, en particulier, les pertes économiques
dues à Leptocybe invasa, sont telles que les entomos. se sont mis en
quête d'une solution. Ils ont alors commencer à étudier de près la guêpe "utile"
qu'est Silitrichodes kryceri; ils l'ont identifiée puis décritent, puis
ont vérifié qu'elle pouvait s'adapter en Israël sans perturber l'écosystème.
Après une période de quarantaine et 4 années d'étude, S. kryceri a été
officiellement déclarée apte à protéger les eucalyptus d'Israël; elle s'est
avérée un parasitoïde efficace : un organisme qui, au
contraire de nombreux parasites, tue son hôte. Aujourd'hui, les
hyménoptères représentent près de 10% de toutes les espèces décrites; ils
comprennent des espèces très petites, hyperspécialisées, qui font de ce groupe,
encore mal connu, le plus diversifié chez les insectes; ils dépassent même les
coléos. de ce point de vue.
Gare aux supermoustiques :
Mylène Weill n'en est toujours pas revenue; dans son
laboratoire de l'institut des Sciences de l'Evolution, à l'Université de
Montpellier, la chercheuse du CNRS a vu sous son microscope un "double mutant";
comprenez, un supermoustique équipé de gênes le rendant résistant aux 2 familles
d'insecticides les plus utilisés dans le monde. "D'habitude, quand un
moustique fabrique une résistance, c'est pour un seul insecticide et, en prime,
il le paie d'un fardeau génétique qui le rend moins véloce pour échapper aux
prédateurs ou encore moins prolifique" explique Mylène, qui vient de
cosigner une étude sur le sujet (1). Or, là, les double mutants gardent la
forme. Résultat : la stratégie qui consistait, quand un moustique devenait
résistant aux pyrétrinoïdes, à lui vaporiser des organophosphorés, et vice et
versa, tombe à l'eau. Pour l'instant, ces supermoustiques n'ont été identifiés
qu'en Afrique mais, d'après les scientifiques, ils devraient augmenter en nombre
et vite se répandre sur la planète. Une menace qui arrive au plus mauvais
moment. "Nous n'avons quasiment plus de médicaments
efficaces contre les maladies véhiculées par les moustiques, prévient
Mylène; il faudrait développer au plus vite de
nouvelles molécules. Mais apparemment ce n'est pas suffisamment rentable pour
l'industrie pharmaceutique ..."
1 : "Costs and benefits of multiple resistance to insecticides for
Culex quinquefasciatus mosquitoes"
(Le Point 1860)
Les insectes et l'Art , Simon
Messagier :
Simon
Messagier est peintre, graveur, céramiste. Né à Paris en
1958, il est le fils cadet de Jean Messagier, peintre, graveur,
sculpteur et de Marcelle Baumann, céramiste.En même temps que
son passage aux Beaux-Arts de Paris et à l'Académie Charpentier,
il fréquente le MNHN, où il hante la section d'entomologie.
Passion profonde, il exerce le métier d'entomologiste de 1976 à
1984 pour se consacrer finalement à l'art, puis unir ces deux
centres d'intérêt.
Il travaille alors à la transcription des points de jonction
entre art et science. D'une part, avec l'apport de la nature et
d'autre part avec sa représentation artistique grâce aux moyens
du dessin, de la peinture et de la céramique. Ses recherches
débouchent au début des années 2000 sur "Révélaberration",
alliance non seulement de l'art et de la science, mais aussi
d'une dimension psychologique et sociale évidente liée aux deux
domaines.
Décelant dans l'aberration de l'Ornithoptera victoriae
epiphanes, exemplaire unique de papillon en vente à Drouot,
toute la richesse de la contradiction du monde actuel, il décide
de le signer et de revendiquer lors d'un "manifeste" regroupant
plusieurs acteurs des domaines concernés cette évidente
aberration, traversée de l'inconscient.
http://www.simon-messagier.com
Ses chers papillons :
2 840 909 €, c’est le prix d’un tableau rectangulaire de 8,23 m de large,
entièrement réalisé avec des ailes de Lépidoptère soigneusement collées, qui
vient d’être vendu directement (aucune galerie n’a touché de pourcentage) aux
enchères chez Sotheby à Londres, 4 fois sa valeur estimée. Intitulée Ascended,
datée de 2008, l’œuvre (à voir
ici) est signée Damien Hirst (d'où sa valeur monétaire).
Les 33 autres « butterfly paintings » proposés – les plus anciens étant de 2005
- ont trouvé également preneur, à des prix inespérés. Il y aurait de 300 à 400
œuvres de cette lignée dans le monde. Et aussi, du même, des « fly paintings »
comme cette étoile géante recouverte d’un enduit fait de mouches (bien
cadavériques – détail
ici).
D. Hirst a déclaré arrêter la production (il a une kyrielle d’assistants) de
tableaux d’insectes pour se consacrer plus à sa série de bocaux de formol géants
conservant un zèbre, une licorne, un veau…
Un fossile vivant de fourmi :
Une espèce de fourmi, jusque là inconnue et appartenant à une
lignée de ces insectes remontant à 120 millions d'années a été découverte en
Amazonie. "Elle est probablement la descendante des plus anciens ancêtres de
ces insectes" a déclaré Christian Rabeling, entomologiste de l'Université
d'Austin, qui a mis au jour ce spécimen.
Septembre 2008
Une tribu inconnue découverte
au coeur de l'Amazonie :
Ils vivent dans l'enfer vert amazonien. Ils habitent des
huttes de paille, se peignent le corps entièrement en rouge ou en noir; ils
cultivent le manioc; et lorsqu' un hélico les survole, ils décochent des flèches
contre cet intrus... En somme, ils ignorent tout de la civilisation; et il vaut
mieux pour eux. La Fondation nationale de l'Indien, la FUNAI, vient de publier
quelques rares photos d'une tribu sans aucun contact avec le monde extérieur, un
des peuples les plus isolés du globe. Une révélation pour le reste de
l'humanité, même si la FUNAI connaît leur existence depuis une vingtaine
d'années ! Mais la fondation avait gardé le secret pour préserver la
tranquillité de ce berceau oublié de l'humanité.
Si la FUNAI a décidé de montrer ces clichés, c'est parce que ce petit peuple est
menacé par l'avancée inexorable de bûcherons pilleurs de forêts, de chercheurs
d'or ou de planteurs de coca. Pour échapper à ces peu glorieux représentants de
l'espèce humaine dans le secteur, les tribus sont obligées de se déplacer.
Pour José Carlos dos Reis Meirelles, de la FUNAI, "leur avenir dépend de
nous. Si ces région sauvages, qui de toute façon ne sont pas cultivables, ne
sont pas préservées, ces indiens mourront". Pour lui, pas question d'aller
faire de la sociologie avec ces hommes d'un autre espace-temps : les étudier, ce
serait les détruire.
(La Dépêche du Midi)
Une tribu isolée découverte au Brésil (2008)
:
Par Ségolène de Larquier

L'une des dernière tribus isolées d'Amérique du sud a été
repérée et photographiée au Brésil © GLEISON MIRANDA/FUNAI
L'une des dernière tribus isolées
d'Amérique du sud a été repérée et photographiée au Brésil,
dans l'État d'Acre, à la frontière du Pérou, a annoncé le 29
mai 2008 le département brésilien pour les affaires indiennes (
Funai ).
Les photos aériennes (
voir
toutes les photos ) montrent des membres de la
tribu, peints en rouge, brandissant arcs et flèches, ainsi
que leurs habitations. Selon
l'ONG
Survival International , près de 100 tribus isolées
seraient présentes dans le monde, essentiellement au Brésil
et au Pérou. Elles sont menacées par la déforestation.
"Nous avons survolé la zone pour montrer leurs maisons et
pour prouver leur existence", a expliqué José Carlos dos
Reis Meirelles Junior, qui travaille à la Funai. "C'est très
important, dans la mesure où certains doutent de la présence
de ces dernières tribus" en Amazonie, lesquelles sont dans
l'isolement le plus total.
Un vrai "Koh Lanta" :
Aurélien Brulé s'apprête à vivre son Koh Lanta
personnel. Le 17 septembre 2008, ce jeune français de 29 ans se fera déposé par
hélicoptère (pas très écolo, ça !) en plein milieu d'une des dernières forêts
primaires de Bornéo, très loin de tout village habité; il emportera avec lui 10
kilos de riz et quelques croquettes pour son chien, un golden retriever, "pour
protéger mon camp des ours et des panthères", explique-t-il avec le sourire;
mais aussi pour l'avertir si jamais quelques Dayak et Punan (autrefois coupeurs
de tête ...) approchaient ... Pourtant, ce grand gaillard n'est pas une tête
brûlée : voilà 10 ans qu'il vit à Bornéo où il a fondé l'Association Kalaweit,
qui récupère les gibbons, utilisés comme animaux de compagnie, pour les
rééduquer à la vie sauvage. En s'immergeant durant un mois dans l'une des
jungles les plus menacées de la planète, Chanee (c'est son nom indonésien)
désire attirer l'attention du monde entier sur la nécessité de la préserver;
encore lui faudra-t-il revenir avec toute sa tête !!
Mules :
Farcis à la cocaïne (3 g chacun), une centaine
de longicornes péruviens – déclarés insectes morts – ont été pris à l’aéroport
d’Amsterdam, en juillet 2007. Vus au scanner, ils avaient une drôle d’allure.
Effectivement, leur abdomen était incisé (dorsalement !) et agrafé
(maladroitement !). Une faute entomologique qui aura fait perdre aux trafiquants
8 000 €.
HORREUR ! L'air "pur" des
montagnes serait finalement plus pollué que celui des villes !
Les forêts produisent naturellement de grandes quantités
d'hydrocarbures (surtout les conifères); si, au gré des vents, les oxydes
d'azote, produits par la pollution "classique" des voitures, survolent une
forêt, ils réagissent immédiatement avec les hydrocarbures naturels pour créer
de l'ozone (réactions chimiques qui sont favorisées par le fort rayonnement
solaire !).
Ainsi : le taux d'ozone en forêt de Rambouillet peut-être 12 fois supérieur à
celui du XIIIème arrondissement de Paris !
De fortes concentrations ont été mesurées dans les forêts des Landes !
Au Pic du Midi, le taux d'ozone a été multiplié par 5 depuis le siècle dernier !
Les randonneurs n'avalent pas moins de 100μg
d'ozone par m3 d'air; soit la valeur admise par l'OMS sur une durée
de seulement 8h!
Une si vieille nouvelle espèce
:
"Dans notre métier, on voyage régulièrement; mais bien
souvent, c'est en traversant le couloir qu'on découvre de nouvelles espèces".
Thierry Deuve, entomologiste au Muséum d'Histoire naturelle depuis 1989 parle
d'expérience. Conservée dans la collection de coléoptères du Muséum (ndlr : la
plus importante du monde), l'une des dernières espèces qu'il a décrite -
Brachinus solidipalpis, un carabique de la Famille des Bombardiers -
attendait qu'on veuille bien l'étudier depuis ...1843 ! D'après l'étiquette qui
les ornait, les sept spécimens existants ont été collectés à Manille
(Philippines). Depuis, plus aucune trace d'eux dans la nature. Les bombardiers
vivent en forêt et, aujourd'hui, il ne reste plus guère d'arbres dans la
capitale philippine, l'une des villes les plus peuplées du monde. Deux
hypothèses : soit l'espèce a bel et bien disparu, soit elle vit discrètement
dans une autre forêt de cette région. "Même si l'on sait que
la déforestation et l'usage des pesticides sont à
l'origine de beaucoup d'extinctions d'insectes, nous n'avons pas la
preuve formelle de la disparition de B. solidipalpis", assure T.
Deuve, résolument optimiste. La destruction d'un coléoptère a-t-elle tant
d'importance, dans un Ordre qui en compte des centaines de milliers ? "Oui,
car c'est ça la biodiversité. Les différences entre ces espèces peuvent être de
l'ordre de celles qui existent entre la panthère et le jaguar : c'est énorme,
mais seuls les entomologistes les voient". La preuve, c'est que
les carabiques ont fait parler d'eux dans la première moitié du XXème siècle :
l'étude de leur répartition en Asie du sud a servi à
défendre la Théorie de Wegener sur la dérive des Continents. Du coléoptère aux
mouvements des terres, il n'y avait qu'un pas.
(National Geographic, juin 2008)
Le bed bug :
Il a ressurgi vers l'an 2000
en Amérique du Nord, après un demi-siècle de discrétion presque absolue. Le
changement de millénaire n’y est pour rien. La Punaise des lits, Cimex
lectularius (Hém. Cimicidé) sévit désormais dans les meilleurs hôtels, les
dortoirs des collèges les plus chers, les appartements les mieux placés, ainsi
que dans les abris des sans logis. L’insecte était absent du Sheraton d’Arligton
(Virginie, États-Unis), qui a accueilli les 300 participants à une conférence de
2 jours sur le sujet. Lesquels se sont accordés sur le fait qu’on manque
d’insecticides efficaces, depuis le bannissement du DDT, et que les méthodes de
lutte alternatives restent à mettre au point.
Depuis l’an 2000, la Punaise des lits pullule. On la trouve toujours dans les
matelas et les meubles mais aussi dans les téléphones portables et les claviers
d’ordinateur.
Un scorpion géant :
Une pince fossile ayant appartenu à un scorpion de mer,
trouvée dans le sud de l'Allemagne, a récemment été étudiée. Elle suggère que ce
maxiscorpion nommé Jaekelopterus rhenaniae, qui dominait les mers vers
350 Ma (Dévonien inférieur), mesurait 2,50m ! De quoi émettre l'idée que
d'autres arthropodes géants (libellules, mille-pattes ...) ont pu atteindre de
telles proportions à cette époque, jusqu'à ce que de terribles amphibiens ou
poissons armés jusqu'aux dents ne viennent les faire disparaître ...
Le commerce des papillons
sauve les papillons !
http://pronaturafrance.free.fr/papillon.html
L'ambre du Liban :
Les
informations contenues dans les inclusions biologiques de l'ambre du Liban sont
capitales, car il s'agit de l'ambre le plus ancien du monde. Entre 125 et 135
millions d'années : "Nous possédons le plus vieux lézard (130 millions
d'années) pour une lignée que les chercheurs croyaient âgées d'à peine 30
millions d'années", explique Dany Azar, paléoentomologiste au MNHN. Ainsi
que le plus vieil accouplement et le plus ancien phénomène de parasitisme. Mais
aussi le plus vieux papillon et le plus vieil insecte social : un termite. En 6
ans, un grand nombre de nouvelles espèces ont été décrites : 76 au total ! "Nous
n'avons pu étudier que 3 gisements sur les 75 découverts à ce jour. Avec le
pillage de l'ambre du Liban, c'est une partie du patrimoine mondial qui est
perdu pour la Science. Il est donc essentiel que l'Etat libanais protège par des
lois cette mémoire de la vie".
(National Geographic de mai 2001)
Une araignée microscopique :
Le fossile d'une minuscule araignée, appelée
Cenotextricella simoni (53 Ma), découverte dans de l'ambre du bassin
parisien, a été étudiée par un paléontologue britannique et une équipe belge
grâce à une technique habituellement réservée au milieu médical. En effet, une
tomographie aux rayons-X a été pratiquée (technique dite VHR-CT ou Volumetric
High-Resolution Computed Tomographie). Des images en 3 dimensions ont ainsi été
obtenues et ont permis de visualiser les organes internes fossilisés.
L'ambre de Charente :
Des paléontologues de l'Université de Rennes ont découvert 356 insectes,
araignées et acariens dans 640 pièces d'ambre du Crétacé de Charente, grâce à
une technique très sophistiquée qui permet de mettre en 3D ces minuscules
animaux (ndlr : sans doute la même technique que dans la rubrique précédente
...) qui sont inclus dans l'ambre opaque de cette région. Pour plus
d'informations et quelques images :
www.esrf.eu/PressAndMedia/pressreleases/amber/
Dernières nouvelles : une
faune du Crétacé tirée de l'ambre :
Elles étaient prisonnières de 2kg de petits cailloux
jaunâtres; et voilà que grâce au synchrotron de Lyon, la faune et la flore de la
Charente-Maritime d'il y a 100 millions d'années refait surface dans toute sa
diversité ! Les rayons X à haute densité de l'accélérateur français ont révélé
pas moins de 356 "inclusions' animales et végétales, qui attendaient bien cachés
dans 640 petits morceaux d'ambre complètement opaques; les frêles empreintes ont
été laissées par une armée de gastéropodes, insectes, araignées et plantes qui
vivaient en France à l'époque des dinosaures; de ces reliques, on distingue
désoemais le moindre poil, que ce soit sur des modèles virtuels ou sur des
moulages en résine que Paul Tafforeau, paléontologue à l'ESRF tient aujourd'hui
dans ses mains. Un trésor et un coup de maître pour les scientifiques
français...
Tout a commencé en 2000, lorsque le paléontologue Didier Néraudeau ramène d'une
carrière charentaise 60kg d'ambre, antique résine fossile; en 4 ans, lui et son
équipe parviennent à faire parler le bel ambre translucide couleur de miel, qui
dévoile sans pudeur toute la faune et la flore tombée dedans lors de sa
formation; mùais le chercheur aimerait bien aissi faire parler son disgracieux
cousin opaque, qui représente 80% de sa récolte ! La solution ? L'ESFR de
Grenoble .........."si l'ambre conserve les formes 3D, les inclusions sont
vides : ce sont des moulages en creux; les rares fois où de la matière organique
a été identifiée dans l'ambre, elle était toujours altérée". Le rêve de
trouver une tique ou un moustique et d'en tirer une goutte de sang (donc de
l'ADN) antédiluvien n'a donc guère de chance de se réaliser ! .........
Les spécimens récupérés mesurent de 0,8mm pour une sorte de mite à 4mm pour une
guêpe, avec, entre les 2, tout un cortège de mouches, araignées, crustacés,
fourmis ... 53% seulement des familles sont connues et, même si on peut
rapprocher un individu d'une famille, il est inconnu comme espèce. On prend
enfin la mesure de la biodiversité de l'époque que peinait à raconter le bel
ambre translucide.
Et les inclusions révèlent bien d'autres choses ....(Lire la totalité de
l'article dans l'excellent "Science et Vie d'août 2008)
On a retrouvé une toile d'araignée vieille de 140 millions
d’années :
Les araignées ont appris à tisser
des toiles plus tôt qu’on ne le pensait auparavant, comme en témoigne le
fragment découvert emprisonné dans l’ambre et daté de 140 millions d’années.
Hemiptera Ibaeidae :
Pourquoi entreprendre des expéditions coûteuses à la recherche d’une espèce
d’insecte nouvelle pour la science ? Il suffit d’un ou deux clics, sur son
micro, chez soi.
Mindarus harringtoni (Hem. Aphididé) vient en effet s’être découvert
(2007) par Richard Harrington, vice-président de la Royal Entomological Society
du Royaume-Uni, dans un bout d’ambre vieux de 50 millions d’années acheté 20
livres sur ebay.
Découverte d'insectes fossiles
dans l'ambre d'Amazonie (28 août 2006).
" Au Nord du Pérou, il y a 15 à 12 millions d'années, des insectes,
acariens et autres arthropodes se sont fait piéger dans la résine le long de
troncs d'arbre ou de branches. Une équipe internationale de paléontologues et de
géologues les a retrouvés fossilisés dans l'ambre. Cette découverte est la
première du genre en Amazonie occidentale. Grâce à elle, les chercheurs prouvent
l'existence précoce d'une grande biodiversité terrestre dans la région, dans un
environnement forestier et sous un climat chaud et humide". Ces résultats sont
publiés en ligne sur le site des Proceedings of the National Academy of
Sciences.
Termitière fossile :
La plus grande et la plus ancienne termitière fossile du monde a été trouvée
au Tchad. Celle-ci a révélé un âge de l'ordre de 3 à 7 Ma et s'étend sur un
hectare (?!). Bien que découverte en 1997, elle n'a été authentifiée que
récemment.
Un éphémère de
300 millions d’années :
Des chercheurs
de l'Université Tufts ont découvert ce qu'ils croient être le plus ancien
fossile d'un insecte volant dans un affleurement rocheux près de North Attleboro,
dans le Massachusetts.

L'empreinte
retrouvée à North Attleboro (Crédit : Tufts University / Richard J. Knecht et
Jacob Brenner)
L’empreinte,
d’environ sept centimètres de long retrouvée sur un éperon rocheux à proximité
d’un centre commercial, représente le thorax, l’abdomen ainsi que six pattes
d’un insecte dont l’aspect extérieur rappelle une libellule. Selon son
découvreur, géologue à l’Université de Tufts, il serait en réalité un très
lointain cousin des éphémères.
Le fossile a été retrouvé dans une couche de boue solidifiée d’aspect rouge
bordeaux, vieille de 312 millions d’années. Il constitue la plus ancienne trace
de passage d’un insecte vivant enregistrée dans la roche, elle est sans doute
due au bref atterrissage de l’animal sur une nappe de boue. Sur la roche, il n’y
a aucune trace d’ailes mais les chercheurs ont découvert les restes fossilisés
d’une aile, appartenant probablement à la même espèce, à proximité du site.
Il y a 312 millions d’années les insectes constituaient déjà une classe
largement répandue sur la Terre tandis que les premiers reptiles, ancêtres des
dinosaures, commençaient à peine leur essor. A cette époque, le sud de la
Nouvelle-Angleterre (région qui correspond au nord-est des Etats-Unis) était
beaucoup plus proche de l’équateur ce qui suggère que cette région pourrait être
une source importante de découvertes dans l’avenir.
Mort aux vaches ! :
Le slogan fait fureur en ce moment dans le lobby
aéronautique; accusées d'être en partie à l'origine du réchauffement planétaire,
plusieurs compagnies aériennes ont récemment pointé du doigt, dans une campagne
de publicité, la responsabilité des élevages bovins dans le dérèglement
climatique. Les chiffres leur donnent raison : les éructations et les
flatulences de nos placides ruminants sont responsables de près de
20% des émissions mondiales de méthane, l'un des gaz à effet de serre les plus
nocifs.
Les vaches larguent dans l'atmosphère une centaine de millions de tonnes
de méthane, dont le pouvoir de réchauffement est considérable; une molécule de
méthane provoque un effet de serre vingt fois plus important qu'une molécule de
CO2 .Un pot catalytique spécial bovin ayant peu de chances de voir le jour, les
chercheurs travaillent depuis plusieurs années à la modification du régime
alimentaire des ruminants ...
Les émissions de gaz à effet de serre
du secteur herbivore représentent 11% des émissions nationales; 80% de ces
émissions proviennent des bovins (19 millions de têtes en France, 90 millions en
Europe, 1379 millions dans le monde ...). Selon un rapport des Nations Unis paru
en 2006, le secteur de l'élevage émet dans son ensemble 18% des gaz à effet de
serre de la Planète, les Transports 26% et l'industrie 22%.
S'il y a
tant de vaches, de Transports, et d'Industrie, c'est qu'il y a trop d'humains !!
Et les gaz produits par les
humains ? J'en connais qui en dégage vraiment beaucoup !!
Dénatalité !!! Et décroissance
?!
Il n’y a pas que les vaches.
Les insectes aquatiques contribuent au réchauffement planétaire par leurs
flatulences. Des bactéries de leur tube digestif produisent en effet, à partir
de nitrates, du protoxyde d’azote. Ce gaz, connu sous le nom de gaz hilarant,
est un psychotrope (en vente libre) qui provoque (tant qu’il est inhalé) une
sensation de bien-être et inhibe la douleur. Il est aussi un très puissant gaz à
effet de serre.
Comme chez les vaches, la quantité produite dépend beaucoup de l’alimentation :
plancton ou dépôts.
Le phénomène vient d’être mis en évidence par une équipe danoise (institut
Max-Plank de Brème, Allemagne), sur plusieurs animaux dont des chironomes.
Un homme meurt écrasé par une foule d'acheteurs à New York :
Aux Etats-Unis, le "Black Friday", jour suivant la fête de Thanksgiving,
marque traditionnellement le début des achats de Noël avec notamment des
soldes très importantes dans les magasins qui ouvrent leur porte dès le
petit matin. Vendredi 28 novembre, cette tradition a pris une tournure
tragique dans un magasin Wal-Mart de Long Island, dans l'Etat de New York.
Un employé qui venait d'ouvrir les portes pour laisser entrer une foule
impatiente a été écrasé par les acheteurs qui se ruaient sur les produits.
L'homme, âgé de 34 ans, est mort de ses blessures.
Dénatalité !!! Et décroissance
?!
Un site néerlandais sur les insectes de
Nouvelle-Guinée :
http://www.papua-insects.nl/about%20us/about%20us%20fr.htm
Le palmarès 2OO8 des Ig Nobels :.
Cocorico ! L’Ig Nobel de biologie est
décerné à la France (Marie-Christine Cadiergues, Christel Joubert et Michel
Franc). Ils ont montré que les puces des chiens sautent plus haut que les puces
de chat !!
On continue à persécuter les
entomologistes pour des motifs absurdes, alors que le grand massacre de La
Nature s'amplifie :
Dear Colleague,
>
> You might be aware of the incident of the arrest of Dr. Petr Švácha,
> the scientist who is arrested by the forests officials in West
> Bengal, India for collecting Beetles and beetle larvae in Singalila
> National Park, Darjeeling. They have apparently been accused of
> collecting for the 'Chinese Medicine market', and the beetles they have
collected have been valued
> at 6000-7000 rupees EACH SPECIMEN!
>
Une pétition circule que tous les entomologistes
se devraient de signer ...
Les insectes se
reproduisent par millions; si certains sont menacés, c'est par l'intolérable
prolifération humaine et tous ses effets néfastes; comme la déforestation,
les insecticides, les diverses pollutions, les voitures ...
Pas à cause des entomologistes !
Quand va-t-on
arrêter d'emmerder les entomologistes !?
Dear friends and
colleagues
Today (July 16,
2008), I was speaking with the Czech embassy as well as with Emil Kucera.
I was advised by our embassy to initiate a new petition organized by the
Czech Entomological Society. The reason is the real risk of splitting their
case into two separate trials where Kucera would be sentenced.
Text of the
petition can be found here:
http://www.petitiononline.com/h3e09s05/petition.html
For the moment,
the petition has been signed by the members of the Committee of the Czech
Entomological Society. I am sincerely asking you to support this petition by
your sign and disseminate the link on it to your colleagues – entomologists
as well as to your friends and acquaintances.
Sincerely
Vladislav
Malý
50 species per day
discovered in 2006
(5/27/2008) 16,969 species were
discovered in 2006 according to a report compiled by Arizona State University's
International Institute for Species Exploration, the International Commission on
Zoological Nomenclature, the International Plant Names Index, and Thompson
Scientific.
Faut pas être dégoûté !
Des chercheurs britanniques ont découvert une nouvelle espèce
de bactéries dans la bouche humaine; baptisée Prevotella histicola, cette
bactérie n'est qu'une des millions présentes dans notre bouche, aux côtés d'une
énorme variété de microbes incluant virus, champignons, protozoaires ...
"Chaque millilitre de salive en contient 100 000 000, explique le Pr.
William Wade, et il y a plus de 600 espèces différentes de bactéries dans la
bouche. Environ la moitié d'entre elles restent à décrire". Cette découverte
devrait permettre de mieux comprendre la composition des micro-organismes de la
bouche, et aider les chercheurs à imaginer de nouvelles mesures de prévention et
de nouveaux traitements contre les caries et gingivites, les plus courantes des
maladies infectieuses de la bouche.
Et le vagin alors !!!!!!!
Dans le même esprit ...
Pas la peine de rechercher bien loin la biodiversité : notre
peau abrite au moins 112 000 espèces de
microbes différentes. Les chercheurs de l'Institut national de recherches sur le
génome humain ont eux-mêmes été étonnés par cette extraordinaire moisson
récoltée sur 2 sites (nez, coude, utérus ...) de 10 volontaires (lavés ou pas
???!). Cet inventaire est réalisé pour mieux comprendre comment la peau agit
comme première ligne de défense contre les envahisseurs !
revue "Sciences"
L'entomologiste au service de
la biodiversité :
La tâche de l’entomologiste est multiple. D’une part il
classe et décrit les espèces d’insectes afin d’inventorier la biodiversité, d’en
connaître l’évolution : cette activité constitue ce que l’on appelle la
systématique.
Avec le concours d’autres zoologistes, et par le biais de diverses méthodes,
l’entomologiste systématicien met en regard cette évolution avec celle des
autres animaux, contribuant en quelque sorte à établir la "généalogie" de tous
les êtres vivants qui peuplent la planète. D’autre part, l’entomologiste étudie
la biologie des insectes : de quelles plantes ou de quels animaux se
nourrissent-ils ? Dans quelles conditions particulières se développent-ils ?
Quels sont les milieux favorables aux
imagos(forme
adulte, définitive, de l'insecte sexué) ? Quels comportements adoptent les
différentes espèces ? Ces recherches s’inscrivent au sein de diverses autres
disciplines, comme l’écologie
et l’éthologie.
Par le passé, ces études étaient généralement réalisées dans l’optique d’une
recherche fondamentale pure. Aujourd’hui, elles s’effectuent de plus en plus
souvent dans le cadre de programmes de conservation. À l’échelle de l’Europe
tout d’abord, pour des programmes émanant de
Natura 2000(engagements
des États membres afin de conserver les habitats et les espèces sur les zones
appartenant au réseau écologique européen Natura 2000). Au plan national
ensuite, où, plus localement, elles peuvent être sollicitées par l’État, une
région, un département, une commune ou une association, dans l'objectif
d'établir un état des lieux et de définir les zones à sauvegarder (réserves
naturelles, etc.).
Ainsi,Gérard Luquet a participé entre 1996 et 2003 à une étude
pluridisciplinaire des pelouses calcaires du sud de l’Essonne. En raison de leur
forte valeur patrimoniale, ces pelouses ont été retenues pour faire partie du
futur réseau Natura 2000. Elles hébergent en effet des espèces telles que
l’écaille chinée (papillon) et le lucane cerf-volant (coléoptère), classées
d’intérêt européen, et bien d’autres espèces remarquables. Par ailleurs, ces
pelouses calcaires sont rares et menacées, car elles évoluent spontanément vers
la forêt depuis la disparition de l’agropastoralisme.
À terme, la banalisation de la flore et de la faune menace. L’intégration dans
le réseau Natura 2000 constitue un gage aux termes duquel le site sera conservé
dans son état actuel ; aucune artificialisation n’y sera admise. Plus
localement, à Saint-Cyr-la-Rivière, l’élaboration du PLU (Plan Local
d’Urbanisme)s’est appuyée sur une étude naturaliste, comportant un volet
entomologique, afin d’éviter toute construction dans certaines zones dont le
caractère exceptionnel avait été mis en évidence. Dans le sud-ouest de
l’Essonne, les membres du Groupe d’Inventaire des Lépidoptères d’Île-de-France
(GILIF) ont, quant à eux, engagé une étude afin de recenser la faune
lépidoptérique du site du Bajolet. Celui-ci abrite de nombreuses espèces
protégées à l’échelon régional ; pour certaines d’entre elles, ce site
représente leur dernière station connue en Île-de-France. L’association compte
se fonder sur ces études pour s’opposer à l’exploitation des carrières d’argile
que le site recouvre.
Pour autant, l’entomologiste n’a pas vocation à "mettre sous cloche" tous les
rubans de verdure sur lesquels il travaille. Son rôle consiste aussi à
conseiller les propriétaires pour qu’ils conservent davantage la biodiversité de
leurs espaces. En 2006, Gérard Luquet a par exemple rendu un avis sur la
transformation d’une prairie de Gif-sur-Yvette en pâture destinée aux chevaux. "Nous
n’avons pas déconseillé cette entreprise, nous avons formulé des recommandations
pour limiter les pertes de faune : éviter les charges trop importantes en
bétail, maintenir les haies et les végétaux autochtones en place, conserver des
îlots de broussailles et, surtout,surveiller l’usage des helminthicides
(traitements contre les vers intestinaux)." En effet, ces substances
médicamenteuses se retrouvent dans les défécations équines dont se nourrissent
les insectes coprophages. Ceux-ci s’empoisonnent, victimes de la très forte
toxicité des helminthicides vis-à-vis des insectes.
L’entomologiste du Muséum a également participé à la rédaction de la Charte de
l’Environnement. Celle-ci s’adresse aux responsables de communes franciliennes,
afin de les guider vers une gestion plus écologique. En les incitant, par
exemple, à planter des érables ou des chênes plutôt que des platanes d’origine
asiatique ; des genévriers (autochtones en plaine) et non d’autres résineux
(originaires des montagnes).Globalement, la prise de conscience est indéniable.
Mais l’équilibre entre préservation des milieux naturels et développement du
tissu socio-économique demeure un exercice difficile. En somme, un travail de
développement durable.

Lucane cerf-volant (Lucanus cervus ; ordre des
coléoptères). La gestion forestière, en éliminant les vieux arbres et le bois
mort, élimine à la fois son habitat et sa nourriture. Aussi, comme la plupart
des coléoptères mangeant du bois, il est en forte régression dans nos forêts et
tend globalement à se raréfier. C'est pourquoi il est protégé au niveau
européen. © H.Guyot/OPIE

Les pelouses calcaires du Sud de l’Essonne ont été retenues
pour faire partie du réseau Natura 2000. Elles hébergent en effet des espèces
comme le coléoptère lucane cerf-volant et le papillon écaille chinée, classées
d’intérêt européen. Ce classement garantit la conservation du site dans son état
actuel. © CENS/DENV/CG91-2004
Des milliers d'insectes rares
en quête d'un nouvel écrin :
Plus de dix mille spécimens, parmi lesquels des papillons
rarissimes, des araignées géantes, des scorpions de plus de quarante centimètres
et des centaines d'insectes dont certains n'ont jamais pu être répertoriés.
C'est le trésor que cache, pour quelque temps encore, le petit musée éducatif
d'entomologie dirigé par Murielle Mouflard. Une richesse que cette passionnée de
la vie animale partage bénévolement depuis quatre ans avec tous ceux qui en
expriment le souhait. Ses principaux visiteurs étant avant tout les enfants des
écoles du département.
Une collection fabuleuse
Tous les ans, Murielle fait ainsi découvrir sa fabuleuse collection à une
trentaine de classes. C'est toujours elle qui dirige la visite, renseigne,
explique et répond aux questions des enfants. Pour découvrir son musée il suffit
de l'appeler et de prendre rendez-vous. La visite est gratuite. Car à lui seul
cet exercice, qu'elle maîtrise désormais parfaitement, la comble de bonheur.
Mais hélas son activité est sérieusement compromise depuis que la propriétaire
des murs, contrainte par des raisons économiques, a demandé à Murielle de
libérer cet espace d'une centaine de mètres carrés en vue de le louer.
Mais hélas son activité est sérieusement compromise depuis que la propriétaire
des murs, contrainte par des raisons économiques, a demandé à Murielle de
libérer cet espace d'une centaine de mètres carrés en vue de le louer.
« Les deux subventions d'un total de 1200e que m'octroient la commune et le
département, couvrent à peine les frais de fonctionnement et d'entretien,
déplore Murielle. Ne pouvant payer ce loyer, je vais donc devoir partir et
stocker toute la collection dans mon garage. »
Tous
les ans, Murielle fait ainsi découvrir sa fabuleuse collection à une trentaine
de classes. C'est toujours elle qui dirige la visite, renseigne, explique et
répond aux questions des enfants. Pour découvrir son musée il suffit de
l'appeler et de prendre rendez-vous. La visite est gratuite. Car à lui seul cet
exercice, qu'elle maîtrise désormais parfaitement, la comble de bonheur.
Une perspective que la conservatrice envisage en désespoir de cause.
« Je suis prête à léguer ma collection à la commune
qui me proposera un local et m'acceptera comme conservatrice bénévole »,
annonce-t-elle depuis plusieurs jours à qui veut l'entendre.
Et d'ajouter : « On m'a proposé de me racheter une partie de la collection.
Mais ce sont mes bêtes. Et je préférerai encore les brûler plutôt que de les
vendre. »
Si ça, ce n'est pas de la passion...
Un berger contre le criquet
hérisson :
"Et les 200 000 obus tirés par les militaires à Canjuers,
ils ne le dérangent pas, eux, le criquet hérisson ?" peste sans
retenue le
berger de Bauduen, dans le haut Var, contre le président de l'Association pour
la protection des lacs et cites du Verdon, qui, pour bloquer le permis de
construire de sa future bergerie, invoque la présence sur place d'une espèce
rare : le criquet hérisson, ou Prionotropis hystrix azami, un orthoptère
protégé par un arrêté ministériel de 2007 . ...........
(La totalité de l'article dans le JDD du dimanche 27/VII/2008)
A l'écoute de la biodiversité
:
Pour explorer la Nature, certains ont l'oeil. L'équipe menée
par l'entomologiste Alain Sueur, du MNHN, préfère tendre l'oreille ! Jusqu'ici,
pour connaître l'état de la biodiversité d'un territoire, il fallait passer par
son inventaire : la collecte et le piégeage des différentes espèces, puis leur
identification; une somme de travail, parfois indispensable, mais coûteuse en
temps et en argent. "Nous proposons une autre approche, rapide, peu onéreuse
et, surtout, non invasive, avance J. Sueur.
Accessible avec un micro, un bon enregistreur et un simple logiciel,
téléchargeable gratuitement. Le principe est simple : une partie des
animaux se manifestent par leur production sonore; les oiseaux chantent, les
mammifères crient, les amphibiens coassent et les insectes par leurs appels
sexuels très variés; un enregistrement de cet
environnement sonore global donne une mesure relative, un indice de la
biodiversité ". Plus l'ambiance sonore est complexe et riche en
fréquences différentes, plus le lieu étudié est riche en espèces. L'indice
acoustique obtenu ne permet pas d'identifier les espèces ni même les groupes
d'animaux présents; en revanche, il pourrait s'avérer un support utile à la
gestion et à la protection des milieux "Nous avons testé notre indice dans
2 forêts sèches de Tanzanie, l'une intacte, l'autre dégradée; les résultats sont
très probants". Reste à affiner cet outil en mesurant les sons au cours du temps
(dans la journée, la nuit, à diverses saisons ...) et à différentes hauteurs;
voire dans des rivières ! Une idée qui devrait faire du bruit !
(Dans National Geographic de mars 2009)
Voitures papillon :
Un jour viendra où les constructeurs de voiture proposeront,
comme teinte de carrosserie, une "iridescence papillon" ou un "noir scarabée".
Des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie sont parvenus à imiter la
coloration des insectes basée non pas sur des pigments, mais sur la structure de
la surface. D'où une moindre pollution.
Octobre 2008
Le travail des abeilles est estimé à 153
milliards d'euros :
Une étude de l'INRA et du CNRS a chiffré la
valeur de l'activité de pollinisation des insectes, majoritairement
des abeilles, à 153 milliards d'euros sur les principales cultures
alimentaires de l'homme.
"La majorité des cultures fruitières,
légumières, oléagineuses et protéagineuses, de fruits à coques,
d'épices et de stimulants (café, cacao), bénéficie de
l'activité pollinisatrice des animaux" expliquent les
chercheurs français et allemands qui ont réalisé l'étude.
35 % de la production mondiale de nourriture est directement
dépendante des pollinisateurs, 60 % provient des cultures comme les
céréales qui ne dépendent pas de ces insectes, et pour 5 %,
l'importance du rôle des pollinisateurs est encore inconnue.
L'étude a calculé la valeur totale du service de
pollinisation des insectes, dont l'estimation a été
réalisée sur la base des prix en vigueur en 2005 : le montant
s'élève à 153 milliards d'euros, soit 9,5% de la
valeur de la production agricole mondiale.
"Les résultats montrent que les équilibres alimentaires mondiaux
seraient profondément modifiés pour trois catégories (les fruits,
les légumes et les stimulants) en cas de disparition totale
des pollinisateurs : la production mondiale ne
suffirait plus à satisfaire les besoins aux niveaux actuels.
Les régions importatrices nettes comme l'Union européenne seraient
plus particulièrement touchées.", expliquent l'INRA et le CNRS.
Le déclin des abeilles et autres insectes pollinisateurs aurait un
impact catastrophique sur l'agriculture mondiale : il diminuerait la
production agricole, et augmenterait les prix de l'alimentation,
aggravant
la crise
alimentaire mondiale qui sévit actuellement.
"Pour évaluer cette perte, les chercheurs ont émis différentes
hypothèses en termes de réaction des prix à une offre agricole
diminuée. Selon ces hypothèses, la perte pour le consommateur serait
comprise entre 190 milliards d'euros (faible réaction des prix) et
310 milliards d'euros (forte réaction des prix)" explique
l'étude.Elle réaffirme l'importance de la préservation des abeilles,
dont des
colonies
entières sont décimées de façon très inquiétante,
notamment par les
pesticides
utilisés dans l'agriculture.
Lundi 22 septembre 2008
Les "curiosités" de NKM :
Elle
appelle ça son "cabinet de curiosités", Nathalie Koscinsko-Morizet, secrétaire
d'Etat à l'Ecologie, a transformé le bureau qu'elle occupe à l'hôtel de
Roquelaure en "show-room" du Muséum National d'Histoire Naturelle. Cet été
(2008), elle a en effet fait venir plusieurs pièces qui croupissaient dans les
coulisses du muséum. Entre autres raretés exposées derrière les portes vitrées
de la pittoresque bibliothèque, à côté du portrait du chef de l'Etat : un ibis
rouge empaillé, des crânes d'hommes de Cro-Magnon et de Neandertal, des
grenouilles dans un bocal de formol, l'énorme patte d'un allosaure ou un
cadre contenant des espèces de charançons ...
(ndms : sur la photo, c'est un cadre de Papillio ulysses que l'on
aperçoit ...).
Et même, bien en vue sur son bureau, la pointe d'une flèche extraite de la
défense d'un éléphanteau : Avis à ces rivaux !! Manière pour la secrétaire
adjointe de l'UMP, qui roule dans une petite 308 écologique et s'éclaire aux
ampoules basse tension, de valoriser la biodiversité.
Amateur de libellule :
"Cette libellule est la première espèce que je décris"
Laurent Juillerat en est encore tout ému. Toute nouvelle espèce qu'il soit, ce
mâle Neoneura angelensis ne présente pourtant rien de très spécial ...
tout comme la majorité des millions d'insectes des forêts tropicales qui restent
à identifier (ndms : si on fout un peu la paix aux entomologistes qui veulent
chasser avant études !!). Sauf que notre découvreur est un taxonomiste amateur.
"Mon but n'est pas de collectionner des spécimens, mais de faire de la
recherche sur la faune", précise Laurent Juillerat.
Car, pour lui, comme pour tout taxonomiste, amateur ou
non, mettre en lumière une espèce inconnue constitue l'aboutissement d'une
passion. La taxonomie, qui décrit le vivant
et établit la classification des espèces, est d'ailleurs la seule science, avec
l'Astronomie, pratiquée très largement par des non-professionnels éclairés. Ils
ont décrit plus de la moitié des nouvelles espèces européennes ces dernières
années - notamment chez les mollusques et les insectes. "Les entomologistes
amateurs ont un rôle très important dans la description du vivant" note
Jean-Yves Rasplus, un ancien taxonomiste amateur devenu entomologiste à l'INRA.
"Ils investissent beaucoup dans les recherches qu'ils développent, et
produisent, pour certains, des travaux de haute qualité dans le domaine de la
systématique descriptive". L'apparition de nouvelles méthodes
d'investigation (moléculaire, micro-anatomique ....) au cours de la
dernière décennie a rendu plus difficile pour les amateurs d'explorer le vivant
de la même manière que les professionnels. Leur apport reste cependant très
précieux pour sa connaissance. Une chance, car les amateurs de libellules ne
sont pas près de baisser leur filet.
(Cette très intéressante chronique est dans le dernier
National Geographic : achetez-le !)
Beaucoup plus d'espèces qu'on ne le croit (et,
en particulier, que ne le croient nos collègues américains)
Une girafe masai mâle, avec des taches irrégulières,
peut-elle s'accoupler avec une femelle réticulée aux motifs ronds ? Dans les
zoos, peut-être, mais pas dans une savane d'Afrique de l'Ouest; des études
génétiques suggèrent une explication : au lieu d'une
seule espèce de girafe, comme on le pensait, il pourrait en exister au moins 6 !
Pour la reproduction, les girafes s'en tiennent à leurs semblables - un signe de
spéciation - sans doute en observant les dessins du pelage. Il faudra
des années pour que la classification change ...
La "Fourmi de Mars" se
cachait en Amazonie :
Complètement aveugle, plutôt pâle, avec d'imposantes
mandibules au-dessus de la tête, une étrange fourmi adaptée à la vie souterraine
a été dénichée au Brésil, dans la forêt amazonienne, par des entomologistes
américains et allemands; ce qui lui a valu le nom de "fourmi de Mars" ou
Martialis heureka. Ne ressemblant à aucune autre lignée, elle a été classée
dans une nouvelle Sous-Famille. L'analyse de son ADN indique que cette lignée
serait vieille d'environ 120 millions d'années.
Le rêve !
You may well ask “Just what the heck is a weevil person doing writing an article
in
Scarabs?”
Well, this past summer I had the opportunity to visit the southern state of
Chiapas, México and on one fine sunny day high in the mountains I experienced
what can only be described as the scarab collector’s wet dream! Let me tell you
about it. For a number of years I have been working in Chiapas in collaboration
with ECOSUR, a small college located in San Cristobal de las Casas in the Altos
of Chiapas. My project has been surveying the leaf litter inhabiting weevils of
mid and high elevation forests. We’ve been fortunate to visit and sample
numerous forests, some only small fragments, and many otherwise inaccessible
unless one has proper permission from the indigenous inhabitants. Often this
requires meetings with officials from the local ejido, then a town meeting to
approve permission. But enough of logistics, let’s get to the real story!One
area we have worked is the La Sepultura Biosphere Reserve, located about 25
kilometers southwest of the town of Villaflores in the Sierra Madre de Chiapas
of western Chiapas. We work out of a small town named Sierra Morena at about
1,200 meters elevation. Sierra Morena sits in a valley between two higher
mountains, Cerro Bola to the south and Tres Picos to the north. Cerro Bola
(16º.13464 N 93º.60077 W) is just under 2,000 meters and is a nice sharp peak
with a definite summit. Leaf litter faunas change as one moves up in elevation
so this one day, June 14, we thought it worthwhile to spend the 3 hours to walk
up to the peak and take some samples, which we suspected would be quite
different from the samples from between 1,400 meters and 1,600 meters we had
previously taken. The day was sunny and the rains had not yet arrived so things
were quite dry. Quite a few trees had not leafed out and the litter was dry and
sandy. When we arrived at the peak we noticed that the litter here was moister,
perhaps due to clouds collecting at the summit and depositing moisture in the
form of mist or light rain. Within a few minutes of our arrival my keen
coleopterological eye spotted a large green beetle on a leaf about 10 feet up in
one of the taller trees right at the peak. I asked one of my much younger, spry
and lighter colleagues if he could climb up that tree and fetch me that beetle.
“Sure” he said and promptly scaled the trunk. As he reached out for the beetle
he commented “There’s another one over there” and pointed to another, clearly
visible on another leaf. He then noted as he scanned the upper foliage of the
tree that “there are quite a few of these up here.” I approached him and peered
up to get a better look. Sure enough I could now see about 10 or more beetles
clinging to the branches and leaves of the tree. “Why don’t I just shake the
tree and they should fall down?” he asked. I agreed that this seemed a suitable
arrangement, so he shook the tree. At this point I must suggest that the true
scarab enthusiast find a comfortable seat, sit down, close your eyes, relax and
try to imagine this scenario. Picture the tree shaking and the large, bright
green beetles falling. First one or two, then 10, 20… then a hundred, then
hundreds. It was literally raining
Chrysina!!

As
they fell, some took wing, some hit the ground and stayed there, some ended up
on my clothes and on me, some fell onto lower vegetation. Then a few seconds
later, as if on some magical cue they all started to fly. At first I grabbed a
few from my clothes but soon my hands were full and being a weevil guy, my
biggest vial would only hold half a hind leg of one of these easts, so employing
my quick PhD-given thinking skills, I decided to use one of the pillow cases
that I use for bagging the leaf litter samples downhill. Stuffing the